Ovnis - Du secret officiel aux limites de la science

Les civilisations galactiques de Type III

En partant de ce qui vient d’être dit au sujet des civili sations de Type II, elles pourraient être de bon « candidats » pour expliquer l’origine des ovnis. Comme elles sont capables d’explorer et de coloniser leurs systèmes stellaires voisins, les ovnis pourraient donc provenir d’une étoile située à quelques centaines d’années-lumière de notre Soleil.

 

Les civilisations galactiques de Type III

 

Le Type de civilisation le plus fascinant est sans doute le Type III, parce qu’on peut dire qu’une civilisation de Type III est quasiment immortelle, ou du moins, nous pouvons estimer que sa durée de vie peut atteindre des millions ou même des milliards d’années. Aucune catastrophe ordinaire répertoriée par notre science n’est en effet capable de détruire complètement une civilisation de Type III. Confrontée aux effets dévastateurs d’une supernova proche par exemple, elle disposerait de plusieurs solutions pour échapper à une extinction totale. Elle pourrait, soit modifier le cours de l’évolution de l’étoile géante rouge sur le point d’exploser en supernova, soit quitter définitivement son système stellaire d’origine et se lancer dans l’aménagement (terraformation) d’une planète éloignée des effets dévastateurs de la supernova, ou encore fuir à bord de gigantesques « vaisseaux-mère » capables de faire vivre des millions d’individus. À ce propos, il n’est peut-être pas inutile de remarquer que la vie à l’intérieur de vastes vaisseaux, confortables et rapides, pourrait être une meilleure option que celle de se poser sur des planète plus ou moins hostiles. Les représentants d’une civilisation de Type III pourraient ne jamais se poser sur les planètes des systèmes stellaires qu’ils visitent. Une solution simple et sans danger consisterait à n’envoyer que des sondes automatiques sur les planètes intéressantes et à ne faire travailler que des robots pour exploiter les matières premières indispensables. Même une planète comme la Terre, qui par rapport à ses sœurs du système solaire est certainement la plus accueillante pour la vie, abrite malgré tout une foule de dangers pour d’éventuels explorateurs galactiques. Les bactéries et les virus, la composition chimique de l’atmosphère, la pesanteur, la température, et d’autres facteurs que nous ignorons, pourraient représenter des menaces graves pour des visiteurs d’un autre monde. Ils préfèreraient sûrement rester dans leurs vastes vaisseaux en orbite autour de la Terre et obser ver de loin ce qui s’y passe, plutôt que de s’y poser eux-même.

Les civilisations galactiques de Type III sont théori quement en mesure d’exploiter les ressources en énergie de tous les systèmes stellaires d’une galaxie. Cette volonté de coloniser d’autres systèmes stellaires s’explique par le fait que l’énergie libérée par une seule étoile (voir le Type II) n’est plus suffisante pour satisfaire leurs besoins éner gétiques qui sont devenus gigantesques. Les représentants du Type III sont théoriquement capables de se déplacer n’importe où dans leur galaxie de référence (pour nous la Voie Lactée). Cependant, il semble y avoir quelques obstacles majeurs à la naissance et à l’expansion d’une civilisation de Type III. Les civilisations de Type II qui voudraient passer au niveau supérieur devront tenir compte des lois de la théorie de la relativité et de toutes les contraintes qu’elles entraînent pour les voyages spatiaux entre les systèmes stellaires. Freeman Dyson estime que ces obstacles relativistes, c’est-à-dire des obstacles imposés par les lois exprimées par la théorie de la relativité, pour raient retarder la transition vers une civilisation de Type III de quelques millions d’années. Nous pouvons cependant imaginer que ce qui paraît être des obstacles insurmontables à notre science du XXIe siècle ne le sera peut-être plus pour la science du XXIIe e , ou celle du XXIII siècle. Force est de constater que nos connaissances des lois physiques de l’Univers évoluent très rapidement. Il suffit, par exemple, de comparer la physique de 1850 à celle de 1950 pour prendre conscience du bond prodigieux de nos connaissances dans ce domaine en l’espace d’un siècle seulement. Si nous tenons compte de ce paramètre d’évolution rapide de la compréhension des lois de l’Univers, l’estimation de Dyson sur la durée nécessaire pour passer du Type II au Type III est peut-être trop pessimiste. L’accroissement exponentiel de nos acquis scientifiques nous poussent à croire que le retard de transition ne pourrait être que de quelques milliers d’années seulement. Certes, dans une galaxie, les distances entre les étoiles sont si grandes, et les systèmes planétaires hostiles à la vie si nombreux, qu’une civilisation de Type III devra nécessairement se poser la question de savoir quel est le moyen le plus effi cace pour explorer les centaines de milliards d’étoiles qui forment une galaxie ? En ce qui me concerne je crois qu’une telle exploration s’est déjà produite il y a des milliards d’années. Aujourd’hui, la plupart des exobiologistes sont favorables à l’idée de l’existence de civilisations galactiques. Nous reconnaissons, cependant, que nous avons beaucoup de mal à imaginer comment cette exploration galactique pourrait se faire.

Si nous nous basons sur nos connaissances actuelles en physique, plusieurs solutions s’offrent à une civilisation de Type III qui voudrait se lancer dans la colonisation de la Voie Lactée. Schématiquement, nous pouvons classer ces solutions en deux grandes catégories :

– La colonisation lente de la Galaxie avec l’utilisation de technologies dites « classiques ».

– La colonisation rapide de la Galaxie avec l’emploi de technologies dites « exotiques ».

Je précise d’emblée que l’examen de ces deux solutions suppose que de nombreux problèmes ont été résolus qui sont directement liés au vide interstellaire, au froid extrême des espaces intersidéraux, aux radiations ionisantes, aux micro-météorites, et à l’absence gravité. Si ces problèmes ne sont pas résolus, quelque soit la formule adoptée, le voyage interstellaire sera un échec. Dans le cas de missions habitées, c’est-à-dire qui embarquent des équipages humains, il faudra résoudre les problèmes de l’isolement, du confine ment, de la promiscuité, de l’éloignement de la Terre, s’occuper aussi des conflits et des violences qui pourraient naître au sein du groupe et faire face à bien d’autres maux, dont certains sont imprévisibles, d’origine psychologique et/ou physiologique. Je n’évoque même pas les difficultés liées à l’approvisionnement en air, en eau et en nourriture. Comme dans le film 2001, l’Odyssée de l’espace, la solu tion pourrait être d’« endormir » ou de mettre en hibernation l’équipage du vaisseau pendant toute la durée du voyage. Il faut aussi garder à l’esprit qu’une fois engagé dans l’espace intersidéral, un vaisseau spatial ne pourra compter que sur lui-même. Il ne pourra pas demander de l’aide à la Terre. En cas de panne, il doit pouvoir être réparé avec les moyens du bord, et ce ne sera pas facile car dans ce genre d’expédition, le taux de défaillance des systèmes embar qués est très élevé compte tenu de leur complexité et de la durée du voyage. Comme on le voit, le voyage interstellaire n’est pas une entreprise aisée. Outre les problèmes techno logiques, ces projets demandent des moyens financiers colossaux qui devrons mobiliser d’importantes ressources économiques des pays impliqués. Un constat s’impose : une telle entreprise n’est pas encore à la portée de la civilisation terrienne actuelle. C’est un point que nous devons toujours garder à l’esprit lorsque nous étudions le phénomène ovni qui pourrait, comme je le crois, avoir une origine extraterrestre. Si les ovnis sont des « vaisseaux » habités par des entités vivantes, consciences et intelligentes, qui on été capables de franchir les immensités interstellaires, cela en dit long sur le niveau de leur technologie et les capacités psychologiques de leurs équipages.