Ovnis - Du secret officiel aux limites de la science

Piloter les machines par la pensée

 

En 1982 est sorti le film de Clint Eastwood intitulé Firefox, l’arme absolue, dans lequel Gant, le héros du film, devait s’introduire en Union soviétique pour s’emparer d’un prototype d’avion ultra secret, le MIG-31 Firefox. Gant avait pour mission de pénétrer sur une base secrète soviétique où le prototype avait été mis au point, il devait ensuite neutraliser un des pilotes d’essai, revêtir son équipement de vol, monter à bord de l’appareil et le rame ner en Alaska sur le territoire américain. Pour réussir sa mission, Gant devait « penser » en langue russe pour pouvoir utiliser le système d’arme de l’avion contrôlé par une interface machine/cerveau. Cette fiction produite en pleine guerre froide, pourrait bien préfigurer les prochaines avancées en matière de pilotage d’avion par la pensée, et l’interface neurale du MIG-31 Firefox pourrait bien être une réalité courante dans les prochaines décennies.

Dans le cadre du projet Brain Flight développé par la société Tekever et financé par l’Union européenne, des informaticiens et des spécialistes en neurosciences allemands ont montré qu’il était possible de piloter un avion par la pensée. Certes, cette prouesse technique reste pour le moment cantonnée à des essais avec un simulateur de vol, mais ce premier résultat très encourageant marque une étape décisive dans le développement des interfaces machine/cerveau, ou machine/pensée. Lors de ces essais, le pilote était coiffé d’un casque équipé de 32 électrodes et il était relié à un électroencéphalogramme. Un algorithme, développé par l’université technique de Berlin, interprétait les signaux électriques émis par son cerveau et les associait à des commandes de vol. Aujourd’hui, en 2020, une per sonne tétraplégique peut contrôler ses quatre membres en commandant un exosquelette par la pensée. C’est possible grâce à un implant constitué de 64 électrodes, mis au point par des médecins et chercheurs de Clinatec (CEA), à Grenoble. Cependant, je pense que cette façon assez rudimentaire d’opérer le lien machine/cerveau n’est que la première étape d’un processus de développement plus général. Elle repose en effet sur une conception matérialiste du cerveau (c’est l’activité chimique et électrique du cer veau qui produit la conscience et la pensée), et elle n’utilise que des signaux électriques générés par son activité. Notons d’ailleurs que ces signaux électriques produits par le cer veau sont porteurs de très peu d’infor mations dans le cas de l’électroencéphalographie (EEG). En ce qui me concerne, je pense que les prochaines étapes de cette technologie devraient progressivement intégrer la dimension psycho-spirituelle (non-matérielle) de l’être humain et réaliser une véritable symbiose homme/machine comme celle qui est peut-être à l’œuvre dans les ovnis. Cette sym biose suppose une véritable possession de la « machine » par la pensée, la conscience, et la force psychique du pilote.

Nous assistons depuis quelques années à une véritable explosion des innovations et des projets dans le domaine de la neurotechnologie. Des réseaux de neurones sont désor mais utilisés pour permettre l’interaction entre l’intel ligence biologique et les machines. Ces réseaux de neurones sont capables d’établir une connexion entre le cerveau humain et des appareils externes, comme des ordinateurs ou des robots. La relation entre neurotechnologie et les réseaux de neurones évolue et s’éloigne peu à peu d’une activité à sens unique (du cerveau à l’ordinateur) vers une activité à double-sens. Cela permet donc à des informations d’être transmises de l’ordinateur vers le cerveau. Selon les concepteurs de ces technologies, les bénéfices d’une com munication à double-sens seraient nombreux : une intelligence améliorée et plus rapide, une capacité de mémoire plus importante, une plus grande compréhension et une meilleure santé neurologique. Elon Musk, fondateurs des entreprises Tesla, SpaceX et Hyperloop, a récemment créé Neuralink, une entreprise visant à développer des interfaces cerveau/machine. Ces interfaces permettraient à chacun de communiquer directement avec les machines par la simple pensée. En juillet 2019, Elon Musk a expliqué que sa société avait déjà greffé des cap teurs dans le cerveau d’un singe pour lui permettre de contrôler mentalement un ordinateur. Le 28 août 2020, une puce électronique sans-fil (grâce à la technologie Bluetooth) a été implantée dans le cerveau d’un cochon. La puce, qui mesure 23 mm de diamètre (comme une petite pièce de monnaie) sur 8 mm d’épaisseur se recharge la nuit. L’implant est développé par Neuralink et sert de prototype en vue de développer la version pour les humains qui redonnera la parole et la mobilité aux personnes paralysées. Selon Elon Musk, la puce électronique est censée nous permettre d’arriver à une totale symbiose avec une Intelligence Artificielle (I.A) externe. Le système final envisagé par Neuralink se présen terait sous la forme d’un implant sous la peau, parfaitement invisible, composé d’une ou de plusieurs puces électroniques liées à de nombreux fils qui traverseraient le crâne pour atteindre le cerveau. Un boîtier externe serait placé derrière l’oreille, il se connecterait sans fil à l’implant pour ensuite com muniquer sans fil à un autre appareil, comme un smartphone par exemple. Pour Elon Musk, nous sommes déjà des cyborgs dans le sens où une partie de nous-même est projetée sous forme numérique à travers l’informatique, les terminaux mobiles et l’Internet. Pour lui, nous sommes déjà plus que des entités biologiques, car nous avons aussi une existence numérique. Cependant, le patron de Neuralink ne cache son inquiétude vis-à-vis du développement spectaculaire de l’Intelligence Artificielle (IA). Il a d’ailleurs déclaré, que même dans le meilleur des scénarios, les humains seront de toute façon dépassés par l’Intelligence Artificielle dans un futur proche et que la technologie pro posée par sa société permettrait de fusionner et de collaborer avec l’IA, plutôt que d’être dominée par elle. D’autres projets d’interface cerveau/machine sont en développement. Mary Lou Jepsen ancienne enseignante au MIT (Massachusetts Institute of Technology) et qui a dirigé des services d’ingénierie chez Facebook et Google (chef de projet chez Google X), a créé OpenWater qui annonce les mêmes objectifs que Neuralink. Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, rêve de pouvoir faire communiquer ses utilisateurs sans clavier, directement à partir de leur cerveau. De son côté, Ray Kurzweil professeur au MIT et « icône » du transhumanisme américain, estime que les années 2050 constitueront une période charnière avec l’avènement probable d’une « Singularité Techno-logique », où les progrès de l’IA, des nanotechnologies et des neuros‐ ciences permettront une fusion de l’homme et de la machine. Les capacités cognitives s’en verront démultipliées, devenant potentiellement infinies. Dans une interview accordée au journal Les Échos en mai 2019, le « pape » techno-prophète de la « techno-mystique » transhumaniste évoquait en ces termes sa vision de la « machine » du futur : « Quand je parle de fusion entre nous et les machines, les gens ont parfois des réactions négatives, parce qu’ils pensent aux machines que nous connaissons aujourd’hui, qui nous paraissent froides, pas aussi subtiles, complexes et tendres qu’un être humain. Pourtant, en fonction de la croissance exponentielle des technologies, les « machines » – nous aurions besoin de trouver un mot nouveau – vont devenir aussi subtiles et souples que les êtres humains. C’est ça, la biologie de l’avenir ! Elle ira au-delà de toutes les limitations. Les machines dépasseront nos capacités, et en fusionnant avec elles, nous n’allons pas nous amoindrir ! L’intelligence non biologique va doubler de puissance chaque année, ou même plus vite encore, alors que l’intel ligence biologique est relativement fixe. Au final, la part non biologique prédominera. » Bien que n’étant pas partisan des thèses transhumanistes, je concède cependant que Ray Kurzweil voit juste en ce qui concerne l’avenir des machines qui pourraient devenir « aussi subtiles et souples que les êtres humains ». Le mouvement du transhumanisme se compare volontiers à une sorte de nouvelle « mystique » entièrement basée sur la technologie, mais c’est oublier que cette forme dévoyée de la spiritualité repose sur le modèle d’un cerveau purement computationnel qui ne correspond pas à la réalité du cerveau humain qui n’est, selon moi, que l’interface entre la conscience (immatérielle et non-locale) et le monde extérieur. Je pense que l’erreur fondamentale des transhunamistes est de croire que tout progrès « spirituel » doit nécessairement passer par la technologie et les machines. C’est ignorer que nous sommes déjà des êtres spirituels et que nous n’avons pas besoin des machines pour le devenir et évoluer dans ce domaine.