Ovnis - Du secret officiel aux limites de la science
Poser de nouvelles questions et abandonner
Poser de nouvelles questions et
abandonner les vieux schémas mentaux
Les ovnis existent. Cette affirmation est désormais une certitude. Nous devons nous imprégner de l’idée que les ovnis sont bien réels et que cette réalité est aujourd’hui largement démontrée. Les ovnis ne sont ni le produit de l’imagination, ni celui d’une hallucination ou d’un canular, ni une vulgaire illusion générée par la rumeur publique, ni le symptôme d’un dérèglement de l’esprit des témoins. Ils sont bien là. C’est une évidence dont il faut tenir compte et en tirer toutes les conséquences. Ils sont réels et ils se déplacent en toute liberté dans notre environnement terrestre sans que les forces militaires des pays concernés par ce phénomène ne puissent les en empêcher. Ceux qui préten draient encore douter de ces vérités élémentaires sont, au mieux, des gens de bonne foi qui ne connaissent pas le dossier très volumineux des ovnis, au pire, ce sont des menteurs qui pour des raisons obscures ne veulent pas que ces vérités se sachent et qui cherchent à maintenir, coûte que coûte, le secret sur ce sujet. Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’aborder dans la présente étude cette ambiguë question du « secret » qui entoure tout ce qui touche de près ou de loin au phénomène ovni. Ce secret peut prendre plusieurs formes, mais dans tous les cas, il montre que cette question des ovnis est un sujet extrêmement sensible.
Le lecteur l’aura compris, ce livre n’a pas pour but de démontrer l’existence des ovnis. Ce stade de la recherche ufologique est derrière nous maintenant. Les ufologues les plus avancés dans ce domaine sont allés beaucoup plus loin pour tenter de comprendre ce que sont les ovnis, d’où ils viennent, comment ils pourraient fonctionner, et même si nous ne pourrions pas prendre l’initiative de les contacter. On trouve de nos jours (2020) d’excellents travaux, réalisés par des chercheurs sérieux, compétents et crédibles, qui répondent de façon définitive à la question de savoir si les ovnis existent. Nous pensons que cette question est aujour d’hui dépassée car la réalité du phénomène ovni est mainte‐ nant largement démontrée. C’est un acquis irréfutable.
La finalité de ce travail n’est donc pas de présenter de nouveaux cas d’observations d’ovnis, ni d’analyser ces cas dans le détail pour prouver leur existence. Nous dispo sons (« nous », c’est-à-dire les chercheurs indépendants regroupés au sein de l’association privée Ovni Investigation et du Réseau national d’enquêteurs) à ce jour d’une importante base de données informatisée qui comporte plus de 1100 cas d’observations d’ovnis dûment répertoriés et analysés. Cette base, qui représente un précieux outil de travail, nous donne, dès maintenant, un échantillonnage représentatif du phénomène ovni dans son ensemble. À partir de cette base de données nous pouvons d’ores et déjà dresser une sorte de « portrait-robot » provisoire du phénomène, et nous faire une idée assez précise de la façon dont il se manifeste. C’est ce que Gilles Pinon appelait la sémiologie du phénomène ovni. Le terme sémiologie utilisé dans ce contexte se rapporte à l’ensemble des « signes » manifestés par le phénomène ovni dont de nombreux aspects nous échappent encore. Nous y reviendrons plus loin. Je précise cependant que si l’existence des ovnis est amplement démontrée cela ne signifie pas que nous devons abandonner la recherche sur le terrain et ne plus faire d’enquêtes auprès des témoins. Comme je le dis souvent à ceux qui m’interrogent sur mon travail d’ufologue, la collecte de témoignages est une activité fondamentale. C’est la base indispensable à toute recherche sérieuse dans ce domaine. C’est d’ailleurs un point que j’ai amplement
développé dans mon livre sur les ovnis triangulaires1.
Si donc l’existence des ovnis est aujourd’hui abon damment démontrée, à quoi cela sert-il d’écrire un nouveau livre sur ce sujet ? La réponse est simple : si j’ai réalisé cette étude, c’est parce que je crois que la réflexion au sujet des ovnis et loin d’être achevée et que les chercheurs doivent s’orienter vers d’autres domaines d’interrogations. L’ufologie du XXIe siècle n’est plus celle des précurseurs. Notre rapport au phénomène ovni a évolué, et il est en train de franchir une nouvelle étape. Nous devons nous préparer à de grands changements dans ce domaine, et envisager sérieusement la possibilité de contacts de plus en plus nombreux et rapprochés entre les ovnis et des groupes d’humains prêts pour ce type de « rencontre ».
Il est vrai que nous nous sommes posé jusqu’à présent de nombreuses questions au sujet des ovnis, mais il n’est pas certain que nous ayons posé les bonnes questions. Les nouvelles questions auxquelles je pense nous offriront peut-être l’opportunité d’aborder le phénomène ovni sous un angle nouveau et en y incluant d’autres perspectives. Si les ovnis sont bien des « vaisseaux » extraterrestres conçus et fabriqués par une civilisation hyper-évoluée, ils nous offrent alors l’opportunité de réfléchir sur le concept de civilisation et de mettre en perspective l’avenir de notre propre civilisation. Peut-être nous montrent-ils ce qu’est une civilisation hyper-évoluée qui a surmonté toutes les difficultés auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui. Les ovnis existent, et ils nous donnent l’occasion de nous lancer dans une passionnante aventure intellectuelle et même spirituelle. Certes, la réalité des ovnis est de nos jours bien établie, mais leur présence persistante dans notre environnement terrestre pose problème et représente un véritable défi pour notre raison. Cette présence est dérangeante parce que nous ne parvenons pas à l’expliquer. Elle comporte encore de vastes zones d’ombre. De nombreuses questions restent en effet pour le moment sans réponse :
– Que sont au juste les ovnis ?
– Que viennent-ils faire dans notre système solaire ?
– Sont-ils pilotés par des entités extraterrestres qui viennent étudier notre planète ?
– Sont-ils uniquement matériels ?
– Ne nous montrent-ils pas que la réalité est plus comp lexe que nous l’imaginions ?
– Quelle réalité se dissimule derrière ce phénomène complexe et polymorphe ?
– Les ovnis ne sont-ils que des machines automatiques entièrement programmées ?
– Sont-ils au contraire pilotés par des êtres vivants, intelligents et conscients ?
– Et dans ce cas, quels buts poursuivent-ils ?
– Que cherchent-ils sur notre planète ?
– Que veulent-ils nous montrer ?
– Pouvons-nous comprendre leurs motivations ?
– Quels sont leurs desseins à notre égard ?
– Ont-ils un plan ?
etc.
Toutes ces questions, et nous pourrions en poser beaucoup d’autres, hantent l’esprit de ceux qui s’intéressent à la question dérangeante des ovnis. Poser les bonnes questions c’est déjà accomplir la moitié du chemin pour résoudre un problème. C’est donc un nouveau questionne‐ ment au sujet des ovnis que nous proposons au lecteur. Nous croyons, en effet, que c’est en formulant des interrogations novatrices que nous avancerons encore un peu plus dans la compré hension du phénomène ovni. Cette méthode a fait ses preuves. Elle a toujours porté ses fruits tout au long de l’histoire intellectuelle et spirituelle de l’Humanité. Schémati quement, trois grands domaines de réflexion semblent désormais s’ouvrir aux chercheurs qui veulent progresser dans l’étude du phénomène ovni :
1) Essayer d’élaborer une définition aussi claire que possible du phénomène ovni. En premier lieu, les chercheurs doivent s’efforcer de faire un travail d’identification des manifestations qui appartiennent en propre au phénomène et mettre de côté tout ce qui ne relève pas de sa réalité. La complexification croissante des manifestations liées – ou supposées liées – au phénomène ovni, oblige à faire un tri entre ce qui appartient réellement au phénomène et ce qui lui a été rattaché de façon plus ou moins arbitraire. Voici par exemple des manifestations qui posent problème : les crop circles (cercle de culture en français ou agroglyphe), les abductions ou enlèvements de personnes à bord des ovnis, les mutilations du bétail, les hommes en noir (MIB), les « contactés » (personnes qui prétendent recevoir des messages des extraterrestres), les apparitions mariales. Ces manifestations sont-elles liées d’une manière ou d’une autre au phénomène ovni ? Si oui, comment s’opère ce lien et quelles sont les conséquences d’un tel rattachement pour la compréhension du phénomène ?
2) Essayer de définir l’origine du phénomène ovni. D’où vient-il ? Son origine est-elle extraterrestre ou est-elle plus mystérieuse encore ? L’hypothèse extraterrestre est-elle pertinente ? Permet-elle d’expliquer toute la phénoménologie et la sémiologie du phénomène ovni ? Ne faut-il pas « perfectionner » et affiner l’hypothèse extraterrestre en y intégrant des domaines de la connaissance comme la spiritualité, l’étude des phénomènes liés au mysticisme, l’étude des phénomènes psychiques, les EMI (Expériences de Mort Imminente), les sorties hors du corps (OBE), etc. Ne faudrait-il pas élargir l’hypothèse extraterrestre classique et en proposer une nouvelle, qui inclurait d’autres dimensions de la réalité ?
3) Tenter de définir le sens qu’il convient de donner aux manifestations du phénomène ovni. Que viennent faire les ovnis chez nous ? Quels buts poursuivent-ils ? Quelles sont les intentions qui se cachent derrières toutes ces manifestations ? Pouvons-nous établir un contact physique et psychique avec les entités qui pilotent de ces ovnis ? Mieux encore, pouvons-nous mettre au point un protocole qui permettrait un tel contact ?
Poser des questions c’est très bien, et nous pensons que toute recherche fructueuse se doit d’apporter un soin minu tieux au questionnement, mais trouver des réponses c’est encore mieux. Or si les questions pertinentes ne manquent pas, les réponses satisfaisantes ne sont pas légion.
L’énigme des ovnis est à la fois irritante et frustrante. Nous avons beau la retourner dans tous les sens, l’explorer, l’examiner sous toutes les coutures, la disséquer, l’analyser, nous sentons confusément qu’il y a quelque chose qui nous échappe et que nous ne parvenons pas à cerner. Énigme, mystère, rébus insoluble, le phénomène ovni excite notre curiosité mais ne comble pas les exigences de notre entendement. Nous sommes devant le problème des ovnis comme quelqu’un qui chercherait à reconstituer un puzzle très compliqué composé de 3000 pièces, sachant par ailleurs qu’il lui manque au moins 2000 pièces et qu’en plus, des pièces totalement étrangères au puzzle (désinformation) ont été habilement mêlées aux autres. Voilà le défi à relever. Il ne faut donc jamais oublier que les ovnis représentent une réalité et un ensemble de phéno mènes très complexes. Ce sujet est beaucoup plus complexe que pouvaient l’imaginer les ufologues au début de leurs travaux après la fin de la seconde guerre mondiale. Nombreux sont les chercheurs, amateurs obscurs ou scientifiques réputés, qui s’y sont « cassé les dents » si je puis dire et ont fini par jeter l’éponge. Nombreux sont ceux qui se sont perdus dans des théories fumeuses, ou qui se sont réfugiés dans des hypothèses hasardeuses. Il n’y a rien à faire, l’énigme des ovnis semble résister à toutes nos analyses et à toutes nos tentatives pour la faire entrer (avec plus ou moins de force et de talent) dans une grille explicative (forcément étroite et limitative) formulée selon des critères que nous jugeons rationnels. Cependant, il faut garder à l’esprit qu’une grille explicative n’est toujours dans le fond qu’un cadre théorique qui ne fait que refléter le niveau d’avancement de celui qui l’érige en vérité. Cette grille ne peut être que limitée et fragmentaire. Elle ne peut en aucun cas représenter une solution définitive. C’est important de le souligner, et c’est une règle que nous nous appliquons à nous-même. Nous n’avons donc pas la prétention de formuler un cadre théorique définitif et figé, mais seulement de tenter de comprendre – autant que faire se peut et avec nos faibles moyens – un phénomène d’une très grande complexité, je le répète. Notre objectif est simple : faire avancer la recherche dans ce domaine en se basant sur les connaissances scientifiques existantes et en explorant aussi de nouvelles pistes.
Après avoir fait ce premier constat d’impuissance, nous nous sommes amusés à un petit jeu en essayant d’imaginer quelles étaient les attitudes qu’un esprit humain ordinaire (comme le nôtre par exemple) pouvait adopter vis-à-vis, non seulement de l’agaçante énigme des ovnis, mais aussi vis-à-vis de toute forme d’énigme en général. Nous avons alors découvert que l’esprit humain ne pouvait adopter qu’un nombre limité d’attitudes. Pour simplifier, nous avons postulé qu’il n’y avait que trois types de comporte ments généraux possibles (attitudes intellectuelles, positions, voies, chemins, postures, etc.) face à un problème apparem‐ ment insoluble :
1) Le chercheur confronté à une énigme s’entête et s’acharne jusqu’à l’épuisement pour tenter de résoudre cette énigme à l’aide de schémas intellectuels dépassés et de théories surannées. Malheureusement, il ne se doute pas qu’il s’est engagé sur une fausse piste, qu’il s’égare, qu’« il tourne en rond », et que finalement il perd son temps et son énergie. Il ne peut résoudre cette énigme parce que les postulats de départ sur lesquels il fonde sa tentative d’explication sont inadaptés, insuffisants, étroits.
2) Après de nombreux efforts infructueux pour tenter de résoudre son énigme, le chercheur prudent s’en détourne et devient indifférent. Il reconnaît alors en toute honnêteté qu’il ne trouvera jamais la solution car il la juge défini tivement hors de portée de ses capacités d’analyses. Il s’en détourne pour préserver sa tranquillité d’esprit. C’est en général cette seconde attitude qui est adoptée vis-à-vis du phénomène ovni. Ce qui explique peut-être l’indifférence ambiante.
3) Le chercheur prend du recul par rapport au problème qu’il tente de résoudre et il essaye de l’aborder avec un « œil neuf ». Dans le même temps, il s’aperçoit qu’il dispose d’un certain nombre d’outils intellectuels et expérimentaux nouveaux grâce auxquels il pense pouvoir approcher au plus près de la solution. Il fait le recensement de ces outils, mesure leur efficacité, et utilise ceux qu’il juge appropriés pour faire son travail d’investigation. Il abandonne les postulats anciens et essaye d’en formuler de nouveaux. Il aborde le problème sous un angle différent en ayant aucun a priori. Il ouvre son esprit et ne rejette aucune piste.