Ovnis - Du secret officiel aux limites de la science
Arguments en faveur de l’hypothèse extraterrestre
Arguments en faveur de l’hypothèse
extraterrestre
En tant que chercheur ayant la prétention de faire partie du groupe des ufologues que nous avons qualifié plus haut de « raisonnables » (groupe que nous avons distingué de celui des ufologues « imaginatifs ») et qui sont favorables à l’hypothèse extraterrestre (Guérin, Greslé, Bourdais, Nolan, Velasco, Meessen, Poher, Petit, Pinon, Picard, Seval), il est en quelque sorte de notre devoir de présenter une argumentation qui permette de fonder d’une façon scientifique et rationnelle l’hypothèse extraterrestre. À remarquer que cette obligation intellectuelle fait d’ailleurs partie de l’hypothèse elle-même : une hypothèse raisonnable doit être fondée rationnellement. Les ufologues du groupe des « imaginatifs » n’ont pas, selon nous, cette obligation, puisque leurs hypothèses ne sont pas entièrement fondées sur les acquis de la science et elles utilisent bien souvent des informations qui lui sont étrangères. Les théories des « imaginatifs » ne sont donc pour le moment que des intuitions et des spéculations. Notons tout de suite que nous respectons ces intuitions et ces spéculations et que nous n’avons nullement la prétention ni de les juger, ni de les dénigrer. Chacun est libre de penser ce que bon lui semble, et nous sommes opposés à toute idée et à toute théorie qui voudrait s’ériger en dogme et en vérité absolue. L’histoire des sciences montre abondamment que le dog matisme tue l’esprit et empêche la connaissance de progres ser. Pour en revenir à notre argumentation, il nous a paru logique de chercher son point d’ancrage dans la cosmologie moderne. C’est en effet dans cette discipline relativement nouvelle de la science que nous allons trouver des arguments forts en faveur de l’hypothèse extraterrestre. Je rappelle à ce propos ce que disait Jean Heidmann (1923-2000) dans son livre
Intelligences extraterrestres 30 : « Première hypothèse : la vie sur Terre est le résultat de l’évolution naturelle de processus physiques du cosmos. Deuxième hypothèse : ce qui est arrivé sur Terre a pu arriver ailleurs. Troisième hypothèse : l’intelligence humaine n’est pas le nec plus ultra de ce que le cosmos a pu produire. » Bien que nous ne partagions pas les vues des partisans du pro gramme Seti sur la question des ovnis, nous souscrivons en partie (la première hypothèse est discutable selon moi) aux hypothèses formulées par Jean Heidmann.
Rappelons brièvement que la cosmologie est l’étude de la structure, de l’origine, et de l’évolution de l’Univers considéré dans sa totalité. Dans son sens le plus global, la cosmologie concerne tout à la fois la physique, l’astronomie, l’astrophysique, l’histoire des sciences, et la philosophie. Il faut distinguer la cosmologie observationnelle et la cosmologie théorique. La cosmologie théorique s’efforce de bâtir des modèles de structure et d’évolution de l’Univers en s’appuyant, d’une part, sur quelques principes fonda mentaux, et d’autre part, sur un cadre mathématique qui est celui de la théorie de la relativité générale découverte par Einstein en 1915. La cosmologie observationnelle s’efforce de collecter le maximum de données sur l’Univers en étudiant, par exemple, la distribution de la matière à grande échelle, le mouvement général des galaxies (mouve ment lié au rythme de l’expansion de l’Univers), les pro priétés du rayonnement du fond de ciel, etc. Depuis le début du XXe siècle, les observations astronomiques ont révélé que notre Univers est peuplé de nombreuses galaxies, qu’il est en expansion, et qu’il est rempli d’un rayonnement thermique qui se manifeste sous la forme d’un flux d’ondes radioélectriques provenant de toutes les directions de l’espace : c’est le rayonnement du fond de ciel. Par ailleurs, nous commençons à avoir une bonne vision de la distribution des galaxies dans l’Univers. Les galaxies sont rarement isolées, mais elles sont au contraire regroupées en « paquets » qui vont d’une dizaine à plusieurs centaines de membres. On parle de groupe de galaxies ou d’amas de galaxies selon l’importance du rassemblement observé. Le Groupe Local est composé d’une trentaine de membres qui sont les deux Nuages de Magellan, trois grandes galaxies spirales qui sont la Voie Lactée, la galaxie d’Andromède (ou M31, située à environ 2,5 millions d’années-lumière) et M 33 du Triangle. Le reste du Groupe Local est formé de galaxies naines elliptiques ou sphéroïdales. La Voie Lactée est une galaxie spirale dont notre système solaire fait partie. On l’appelle également « la Galaxie », avec un « G » majuscule pour la différencier des autres galaxies. Le Groupe Local occupe un volume ellipsoïdal d’environ sept millions d’années-lumière d’extension maximale, et sa masse totale est estimée à 650 milliards de fois celle du Soleil. Il est lui-même situé à la périphérie d’un ensemble de galaxies beaucoup plus important, le Superamas Local qui est un immense système légèrement aplati et centré sur l’amas de la Vierge contenant une cinquantaine de groupes de galaxies plus ou moins semblables au Groupe Local. Les superamas représentent les structures fondamen tales de l’Univers à très grande échelle. En moyenne, un superamas rassemble une dizaine d’amas dans un volume dont le diamètre est de l’ordre d’une centaine de millions d’années-lumière. Le Superamas Local, dont fait partie la Voie lactée, est l’un des superamas les plus importants que nous connaissons. Les travaux du Centre d’Astrophysique de Harvard (États-Unis) ont permis d’établir que l’Univers observé à grande échelle possédait une structure en éponge avec de vastes zones vides. À ce niveau, les galaxies semb lent se répartir à la surface de gigantesques bulles contiguës. Les zones vides ne seraient cependant pas des trous isolés, comme dans un gruyère, mais auraient une continuité entre elles, exactement comme dans la structure interne d’une éponge. La première zone vide de galaxies qui a été mise en évidence se trouve dans la constellation du Bouvier, d’où son nom « le vide du Bouvier ». Cette zone vide occupe un espace grossièrement sphérique d’environ 160 mil lions d’années-lumière de diamètre. Les amas de galaxies sont souvent alignés suivant des structures en forme de filament.
Les observations récentes effectuées par nos télescopes les plus performants montrent qu’il existe plus de 100 milliards de galaxies dans l’Univers visible. L’un des plus merveilleux instruments d’observation dont disposent les astronomes aujourd’hui est le télescope spatial Hubble. Rappelons que Hubble fut mis en service le 25 avril 1990 et qu’il fait le tour de la Terre une fois toutes les quatre-vingt-dix-sept minutes à une altitude de 600 kilomètres. Pour « regarder » le ciel profond, Hubble dispose à son bord d’une caméra qui compte plus de seize millions de pixels. Grâce à ses puissants instruments d’observation Hubble nous a donné les Hubble Deep Fields Nord et Sud, qui représentent l’une des contributions scientifiques majeu res du télescope spatial. Les Hubble Deep Fields sont des images du ciel profond prises, l’une dans l’hémisphère Nord dans la constellation de la Grande Ourse (Ursa Major), l’autre dans l’hémisphère Sud dans la constellation du Toucan (Tucana). Quiconque a vu ces images extra ordinaires n’a pas pu resté insensible devant l’immensité et la beauté de l’Univers. Ce qu’a découvert le télescope spatial Hubble au-delà des étoiles de notre Galaxie, dans une portion du ciel qui pour un œil humain n’est pas plus grande que le chas d’une aiguille, ce sont des millions de galaxies lointaines. Pendant dix jours consécutifs, en décembre 1995, Hubble a fixé une unique et minuscule portion de l’espace, guettant la moindre source de lumière en quelques 350 prises de vue. Ces clichés ont ensuite été combinés pour réaliser le Deep Field (champ profond), nous faisant ainsi découvrir les profondeurs du cosmos avec des galaxies à perte de vue. En scrutant ces images, le vertige s’empare de nous car nous prenons soudain conscience que chaque petite zone de lumière est une galaxie entière qui abrite peut être en son sein plus de 100 milliards d’étoiles. Mais le plus surprenant c’est que ces images du champs profond nous font aussi remonter le temps. Hubble a d’ailleurs été qualifié de machine à voya ger dans le temps, car il est capable de recueillir la lumière émise dans un passé très reculé. Les Hubble Deep Fields représentent les incursions les plus lointaines dans l’histoire de notre Univers. Si la lumière des plus proches étoiles des Deep Fields n’a voyagé que quelques milliers d’années, la lumière des galaxies les plus lointaines a entamé son périple vers la Terre il y a plus de dix milliards d’années. À cette époque l’Univers n’était âgé que de un ou deux milliards d’années. Entre la lumière des plus proches étoiles et celle des plus lointaines galaxies, c’est environ 90 % du temps cosmique qui est désormais accessible à l’observation, et grâce à Hubble nous commençons à com prendre les mécanismes de développement de l’Univers.
Selon les estimation les plus récentes, l’âge de notre Univers serait de 13,7 milliards d’années (estimation fournie grâce aux données du satellite WMAP de la Nasa avec une précision de 1 % environ). Dans notre Galaxie, la Voie lactée, il y a environ 200 milliards d’étoiles. Si chaque galaxie de l’Univers abrite en moyenne une centaine de milliards d’étoiles, le nombre approximatif d’étoiles dans l’Univers est donc de cent milliards multiplié par cent milliards, soit 10 000 000 000 000 000 000 000 (1022), ou dix mille milliards de milliards d’étoiles. Ces informations chiffrées – que l’on a d’ailleurs beaucoup de mal à imaginer ou à se représenter – relatives à l’âge de l’Univers, à ses dimensions, et à la quantité de matière visible qu’il contient, sont fondées sur des observations scientifiques rigoureuses. Ce ne sont ni des inventions nées de l’imagination fertile d’un écrivain de science-fiction, ni les résultats des spéculations hasardeuses d’un savant fou. Ce sont des découvertes scientifiques récentes qui ont été possibles grâce aux progrès spectaculaires des technologies d’observation de l’espace. Pour se représenter l’immensité de l’Univers la meilleure solution est de prendre une comparaison simple. Si nous réduisions, par exemple, la taille de notre Galaxie à celle de la France, les dimensions du système solaire (Pluton inclue), égaleraient celles d’une pièce de vingt centimes d’euros. Dans le même exemple, la galaxie d’Andromède, notre plus proche voisine, serait tout de même à 25000 kilomètres. M33, la troisième galaxie spirale du Groupe Local, serait à 30000 kilomètres. Quand au Groupe Local lui même, il occuperait un volume ellipsoïdal d’environ 70000 kilomètres dans son extension maximale. La comparaison du diamètre du Groupe Local (70000 kilomètres), avec celui du système solaire (le diamètre d’une pièce de 20 centimes d’Euros), permet d’avoir une idée des distances à l’échelle des galaxies. La conclusion simple, mais riche de conséquences, que nous pouvons d’ores et déjà dégager de ces nombres si impressionnants, c’est que notre Univers est très vaste et très âgé. La détermination de plus en plus précise des paramètres de temps, d’espace, et de matière propres à notre Univers, s’avère fondamentale pour comprendre comment l’apparition de la vie est possible dans un univers possédant ces caractéristiques. Mais il faut aussi tenir compte d’autres paramètres pour saisir toute la complexité de la question de l’apparition de la vie. Ces autres paramètres ce sont les constantes de la physique.
L’Univers tel qu’il nous apparaît aujourd’hui n’existerait pas si les constantes de la physique n’étaient pas celles que nous connaissons. Les exemples les plus connus de constantes universelles sont la vitesse de la lumière, la constante gravitationnelle, la constante de Planck, la masse de Planck, la longueur de Planck, et le temps de Planck. Il existe aussi d’autres nombres qui contrôlent l’intensité des forces nucléaires forte et faible, l’intensité de la force électromagnétique, et ceux qui déterminent la masse des particules élémentaires (proton, neutron, électron, etc.). Ces constantes, comme leur nom l’indique, ne varient ni dans l’espace ni dans le temps, et elles sont les mêmes partout dans l’Univers. Aucune théorie, à ce jour, n’a pu expliquer pourquoi ces constantes avaient ces valeurs plutôt que d’autres. Ce chapitre de la physique reste un mystère complet. Il faut savoir que les valeurs de ces constantes physiques jouent un rôle décisif dans l’évolution de l’Univers. Elles déterminent non seulement la taille, la forme, et la masse, des galaxies, des étoiles, et de toutes les planètes connues, mais aussi toutes les caractéristiques des êtres vivants. Que ce soit la forme d’une étoile de mer, la hauteur d’un chêne, la taille d’une bactérie, les dessins de la robe du léopard, le nombre de dents d’un requin, ou les caractéristiques de la structure du cerveau humain, toute forme de vie sur la Terre est intrinsèquement liée aux constantes de la physique. La réalité quotidienne serait autre si les constantes physiques avaient des valeurs même légèrement différentes. Si les conditions initiales de l’Uni vers et les constantes physiques n’étaient pas celles que nous connaissons aujourd’hui, il est certain que l’Univers serait dépourvu de vie. Un changement infime entraînerait sans aucun doute la stérilité de l’Univers. Nous ne débat trons pas ici la question de savoir si l’ajuste ment précis des constantes physiques est le fruit d’un pur hasard, ou au contraire la preuve qu’il existe un « grand horloger » de l’Univers qui aurait tout planifié au départ pour que la vie apparaisse. Un débat est aujourd’hui ouvert qui tourne autour du concept de finalité. Dans ce débat, le problème est de savoir si l’évolution de l’Univers, depuis l’explosion originelle du Big Bang (le « Grand Boum ») a pour finalité de créer la vie et la conscience. Le principe anthropique fort postule que l’Univers a un sens (il est orienté), et que l’apparition d’être conscients est absolument nécessaire pour lui donner ce sens. En somme, cela revient à dire que l’Univers n’existe que parce qu’il porte en lui, et cela depuis l’origine, le « projet » de la vie et de la conscience. Ce point de vue, qui tient à la fois de la cosmologique et de la métaphysique, ouvre des perspectives fascinantes sur le caractère véritablement sacré de la vie et de la conscience. L’Univers serait-il une sorte de « machine » ayant pour seul but de créer des créatures conscientes ? La question est posée, mais nous n’entrerons pas ici dans ce débat. Ce qui nous intéresse, c’est simplement de vérifier que l’Univers tel que nous le comprenons avec nos outils scientifiques du XXIe siècle autorise l’apparition de la vie. Et de fait, il apparaît de plus en plus clairement qu’avec ce que la physique, la cosmologie, et l’astronomie, savent de l’Univers aujourd’hui, l’apparition de la vie semble partout possible.
Pour résumer notre argumentation en faveur de l’hypo thèse extraterrestre nous mettrons en exergue les cinq points forts suivants :
a) Nous savons, grâce à la cosmologie observationnelle, que l’Univers est très âgé (13,7 milliards d’années) et très vaste. Cette immensité dans l’espace et le temps a permis de mettre en place des processus évolutifs lents et fragiles capables d’engendrer sur le long terme la vie et la conscience.
b) Nous savons aussi que l’Univers est peuplé de plu sieurs centaines de milliards de galaxies abritant chacune en moyenne plus de cent milliards d’étoiles. Ce nombre très élevé d’endroits dans l’Univers où la vie et la conscience ont pu émerger représente un argument probabiliste fort : ce qui est arrivé sur Terre (la vie et la conscience) a de grandes chances de s’être produit ailleurs.
c) Nous savons que les lois de la physique étant partout les mêmes dans l’Univers (c’est le principe d’homogénéité), les constantes de la physiques sont universelles et autorisent, quand les conditions externes sont requises, l’apparition de la vie et de la conscience. Il n’y a pas d’endroits pri vilégiés dans l’Univers qui bénéficieraient de conditions spéciales pour permettre à la vie d’apparaître (des sortes d’« îlots de vie » isolés du reste). C’est plutôt le contraire qui est vrai : la vie apparaît partout où c’est possible. Dès que les conditions sont favorables, la vie apparaît. Nous savons aussi que les conditions qui permettent à la vie d’apparaître sont parfois très rudes. Il suffit de constater que sur Terre, les endroits où la vie est apparue, sont d’une étonnante diversité. La vie peut se développer dans des milieux physiques qui sont hostiles (températures extrêmes, pression extrême, manque total de lumière). Nous savons aussi que les molécules indispensables à la vie seraient même très abondantes dans le milieu interstellaire.
d) Les astronomes découvrent tous les mois de nouvelles exoplanètes, ou planètes extra-solaires. Au mois de décembre 2019, 4 135 exoplanètes ont été découvertes dans 3 073 systèmes planétaires. Plusieurs milliers d’exopla nètes supplémentaires qui ont été découvertes au moyen de télescopes terrestres ou d’observatoires spatiaux comme Kepler, sont en attente de confirmation. En extrapolant à partir des découvertes déjà effectuées, il existerait au moins 100 milliards de planètes rien que dans notre Galaxie. Certes, nombre de ces découvertes ne concernent encore que des planètes de type jovien (Jupiter), mais d’ici peu, une vingtaine d’années environ, les nouveaux télesco pes de plus de 10 mètres de diamètre permettront sûrement d’observer directement des planètes de type tellurique (Terre). L’existence de systèmes planétaires autour des étoiles est plutôt la règle que l’exception. Et comme il y a de nombreuses étoiles dans l’Univers, il existe donc de nombreuses planètes où la vie a pu apparaître.
e) Nous savons que les sciences physiques évoluent et que de nouvelles formes de matière et d’énergie restent à découvrir. L’évolution de la physique, la découverte de nouvelles propriétés de l’espace-temps, ainsi que les progrès dans les technologies de déplacement dans l’espace, permet tent d’imaginer que les voyages interstellaires pourront être maîtrisés dans le futur. Les voyages spatiaux vont certainement se développer dans les années à venir, car l’espace est la prochaine grande aventure technologique de l’Humanité. Et comme ce qui est apparu sur Terre a de grandes chances de s’être produit ailleurs, cela veut dire que les voyages interstellaires et intergalactiques sont des pratiques courantes pour de nombreuses civilisations. Mais au fait, combien pourrait-il y avoir de civilisations dans l’Univers ? C’est ce que nous allons essayer de découvrir dans la prochaine partie.
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