Ovnis - Du secret officiel aux limites de la science
Explorer la Galaxie en utilisant des « raccourcis »
Explorer la Galaxie en utilisant des
« raccourcis » ?
Après avoir exposé les modes de propulsion dits « classiques », qui devraient nous permettre d’explorer la Galaxie à des vitesses inférieures à celle de la lumière (voyages lents), voyons maintenant quels sont les moyens – encore très théoriques il est vrai – qui s’offrent à nous pour une exploration rapide (supra-luminique) de la Galaxie. Les scientifiques et les auteurs de science-fiction ont ima giné un certain nombre de moyens théoriques pour dépasser la vitesse de la lumière. Cependant, même la plus séduisante de ces théories reste pour le moment purement spéculative. Dans ce contexte, l’utilisation de « trou de ver » semble la plus pertinente pour les prospectivistes des voyages interstellaires. Ils sont appelés « trous de ver » parce qu’ils sont comparables à des tunnels creusés par des vers dans une pomme et permettent de passer plus rapidement d’une région de la surface de cette pomme à une autre région. On ne sait pas si l’existence des « trous de vers » est réellement possible, mais il existe des solutions de l’équation de la relativité générale qui prédisent leur existence. L’événement qui a sans doute le plus contribué à faire connaître la théorie des « trous de ver », est la publication d’un article par Kip Thorne et ses collègues en 1988. Les chercheurs y montraient que les équations de la théorie de la relativité générale contenait une solution décrivant un « trou de ver » macroscopique traversable et qui pouvait être maintenu ouvert de façon artificielle. Selon cet article, les lois de la physique autorisaient les voyages interstellaires en utilisant des « raccourcis » spatio-temporels, tels qu’ils sont décrits dans les œuvres de science-fiction.
La première idée qui vient à l’esprit lorsque l’on songe à des déplacements très rapides d’un point à un autre de la Galaxie, est celle de l’utilisation de « raccourcis » dans le continuum d’espace/temps. Des chercheurs ont suggéré qu’au lieu de suivre « les interminables et monotones lignes droites » (en fait les déplacements ne se font jamais en ligne droite) de l’espace interstellaire, qui sont empruntés par des vaisseaux lents, pourquoi ne pas « couper à travers champs » et prendre des raccourcis dans l’espace/temps. En 1988, Carl Sagan demanda à Kip Thorne et Richard Morris, deux chercheurs au California Institute of Technology (le Caltech de Pasadena), de lui fournir une solution plausible démontrant qu’il est possible d’exploiter un « trou de ver » à une échelle macroscopique afin d’explorer l’Univers à une vitesse supérieure à celle de la lumière. Carl Sagan avait besoin de cette information pour son roman
Contact38 dans lequel son héroïne était amenée à voyager dans l’espace en utilisant un « trou de ver ». Thorne et Morris découvrirent qu’il était possible de maintenir un « trou de ver » macroscopique ouvert à condition d’utiliser de la « matière exotique », de grandes quantités d’énergie ou de l’antimatière. En se pliant aux exigences du roman de Carl Sagan, Thorne et Morris ont déterminé certaines conditions d’existence d’un « trou de ver » macroscopique. Premièrement, le « trou de ver » devrait disposer d’un double sens de circulation permettant un voyage aller et retour pour un vaisseau spatial. Deuxièmement, les voyageurs ne devraient pas être sujets à de fortes accélérations pour ne pas risquer d’être écartelés par les forces de marées gravitationnelles. Le champ gravitationnel est si intense près d’un « trou de ver » et les différences de forces entre vos pieds et votre tête sont si élevées, qu’elles peuvent vous disloquer en une fraction de seconde. Lorsque Thorne et Morris imposèrent ces contraintes romanesques aux équations de la relativité générale, ils mirent en évidence un ensemble de solutions permettant la traversée d’un « trou de ver ». Il devenait donc possible, du moins théoriquement, d’emprunter un « trou de ver » pour voyager plus vite que la vitesse de la lumière.
L’idée de ces « raccourcis » dans l’espace/temps était certes ingénieuse, mais le problème c’est que leur création nécessiterait l’emploi d’une énergie colossale. Pour une civilisation de Type II ou III, cette question de l’énergie devrait pouvoir trouver sa solution grâce notamment au contrôle de la mystérieuse énergie de Planck (1019 MeV). Concrètement parlant, il n’est pas du tout certain que la physique quantique autorise la fabrication de « trou de ver » stables et macroscopiques pour des voyages entre les étoiles, mais en principe ses lois ne l’interdisent pas. Des civilisations hyper-évoluées maîtrisant une technologie dont nous n’avons pas encore la moindre idée, pourraient utiliser des « trous de ver » pour effectuer des déplacements entre des points éloignés de l’Univers, entre la Voie Lactée et Andromède par exemple (distance : 2,5 millions d’années-lumière), dans des temps raisonnables, c’est-à-dire compatibles avec la durée de vie d’un individu.
Ci-après : Un vaisseau spatial pourrait passer par un « trou de ver » pour franchir très rapidement les distances entre les étoiles. Le vaisseau partant de notre système solaire situé en « À », se retrouverait dans un autre système stellaire situé en « B ». Le « trou de ver » devrait cependant disposer d’un double sens de circulation permettant un voyage aller et retour, et les voyageurs ne devraient pas être sujets à de fortes accélérations pour ne pas risquer d’être écartelés par les forces de marées gravitationnelles. (Illustration Daniel Robin.)