Seven : Le jeu de tous les péchés (French Edition)

Mon week-end m’a laissé des saveurs douces…

Flirter…

 

Mon week-end m’a laissé des saveurs douces et délicieuses, mais aussi très Inutile de préciser qu’un drôle d’état d’esprit m’a envahi lorsque je me rends au travail en ce lundi matin. déstabilisantes, si bien que ces pensées désordonnées ne me permettent pas de me concentrer suffisamment pour me mettre au travail. Ma présentation ayant lieu dans moins d’une heure, c’est très fâcheux. Serais-je prête à affronter le jugement de mon PDG et de mon directeur ? J’en doute. Comment avoir la tête bien en place après cette soirée ?

Cet épisode me hante depuis.

La sensation de son corps contre le mien de sa peau contre la mienne ne me quitte plus depuis. Et que dire des mots qu’il m’a soufflés…

J’ai passé mon dimanche à rêver du moment où j’allais le revoir. Si je ressens cette impatience, j’ai l’appréhension de le revoir et de me rendre compte que j’ai fantasmé tout ça. Et si ce n’était que le fruit de mon imagination ?

Ou la conséquence des nombreux verres de vin que Théo m’a offerts…

Tourmentée par cette hésitation, je franchis les portes de Bailey. Je suis arrivée avec un peu d’avance pour finir de préparer mon entretien et passer mon travail en revue une dernière fois.

Et ça ne sera pas du luxe vu que j’ai préféré rêver au beau Théo que de bûcher sur ce dossier.

En traversant le hall, mon regard se balade de droite à gauche et je vois Molly en poste à l’accueil. Elle m’avait très gentiment accueilli lors mon premier jour. Depuis, nous avons eu quelques occasions de bavarder et voilà plusieurs jours que je me dis qu’il faudrait qu’on fasse plus ample connaissance. Ce matin, je me jette à l’eau et me présente à elle.

— Bonjour, Molly. Comment était ton week-end ?

— Bonjour, Ava, me salue-t-elle en retour.

Elle a toujours un sourire chaleureux et authentique à mon égard, c’est ce qui fait que je l’apprécie.

— J’ai passé un très bon week-end. Et de ton côté ?

— C’était plutôt parfait. Serais-tu libre pour le déjeuner demain midi ? On pourrait se faire un resto toutes les deux. Qu’en dis-tu ?

— Que ça me plairait beaucoup.

— Super ! Je suis très contente.

Nous échangeons un sourire. Après lui avoir souhaité une bonne journée, je m’apprête à marcher vers les ascenseurs, mais Molly me retient.

— Je voulais t’avertir que tu es attendue.

Tiens donc…

— Par qui ?

— Monsieur Allen. Il est arrivé, il y a une vingtaine de minutes et m’a demandé de lui signaler ton arrivée.

Tu as entendu ça, ma Betty ? Ne serions-nous pas les seules à être impatientes ?

— Oh…

Difficile de ne pas me dandiner de joie devant Molly.

— Je te laisse l’appeler dans ce cas. À plus tard.

— Passe une bonne journée.

Rendue au huitième étage, je prends la direction du bureau de Théo pour le saluer, mais, à ma grande surprise, il est vide. Déçue de cette occasion manquée, je fais demi-tour et me rends dans le bureau d’en face. La tête perdue dans mes pensées, je pousse ma porte quand :

— Miss Bailey !

Je relève vivement la tête, attirée par cette voix plus sensuelle qu’à l’accoutumée, et m’étonne de trouver mon directeur confortablement assis sur ma chaise.

S’il est toujours aussi élégant, je ne m’attarde pas sur son allure du jour, mais bien plus sur les deux tasses de café posées sur mon bureau.

C’est pour ça qu’il nous attendait, ma Betty, pour nous offrir un café.

Elle roule des yeux.

Comme quoi les gens changent, Ava, me nargue-t-elle.

— Oh… bonjour, Théo.

— J’ai un aveu à te faire…

Il m’indique ma chaise.

— Et il vaut mieux que tu sois assise quand tu entendras ce que j’ai à te dire.

Je ricane intérieurement, mais demeure très sérieuse devant lui. J’obéis et Théo dépose une des deux tasses sous mes yeux.

— J’y ai passé bien dix minutes, mais je t’ai fait couler ton café moi-même.

Je ris de bon cœur lorsqu’il m’annonce cette nouvelle avec tant de fierté.

— Dix minutes ? dis-je entre deux ricanements.

Le nez retroussé, il m’avoue :

— Même plutôt quinze…

— Heureusement, tu es plus rapide dans ton travail, le taquiné-je.

— J’aime les choses bien faites…

Il me fait un clin d’œil.

— Et je sais prendre mon temps quand cela est nécessaire, voire très appréciable.

Mon visage se ferme lorsqu’il fait cette allusion des plus ambiguë.

Il parle vraiment de sexe là, Betty ? Avec nous ???

Oui, oui, oui, chantonne-t-elle en sautillant sur ses pieds. Il est chaud, Théo !

— L’important c’est que… bredouillé-je avant de toussoter. Que le travail soit bien fait…

Théo retient un rire. Je vois seulement ses lèvres se pincer alors qu’il se contient.

— N’est-ce pas !

Ignorant du mieux possible, mes joues enflammées et la moiteur de mes paumes de main, je récupère ma tasse et prends une gorgée du café qu’il m’a préparé. Il me regarde faire avec intérêt.

— Il est très réussi, lui annoncé-je, sûre qu’il attend mon avis.

Je prends une seconde gorgée.

— Si j’assure autant avec le café, tu peux imaginer comment je me débrouille pour le reste.

Je manque de m’étouffer avec ma boisson quand il me provoque. Un spectacle qui le rend hilare.

Il est chaud bouillant ! se réjouit ma Betty.

Elle se marre tandis que, de mon côté, j’aimerais seulement me cacher sous ma chaise. Et je suis à deux doigts de le faire quand la porte de mon bureau s’ouvre.

Entre cette intrusion soudaine et les propos suggestifs tenus par Théo, inutile de dire que je suis tendue. À tel point que je manque de renverser ma tasse quand mon père apparaît.

Sa mine enjouée fond comme neige au soleil en trouvant Théo assis à mon bureau autour d’un café. Pris de court, celui-ci se lève trop brusquement pour que tout cela ait l’air totalement innocent.

— Bonjour, Alex.

— Théo.

Et je n’aime pas la manière dont ils se dévisagent l’un et l’autre. Soucieuse de couper court à cette mascarade, je vais embrasser mon père.

— Bonjour, papa.

— Bonjour, ma chérie.

Pour autant, mon père ne lâche rien et continue à observer Théo en chien de faïence. Il poursuit :

— Aurais-je loupé un mail annonçant qu’Ava devait nous présenter son projet plus tôt que prévu ?

— Du tout ! J’ai seulement demandé à Théo de m’accorder quelques minutes pour que nous parlions de mon plan budgétaire. J’avais besoin de ses lumières…

— Eh bien, vcomme je suis là, je vais m’en charger.

Je réponds d’un sourire entendu pour mon père sans oser un regard vers celui qui vient de se faire congédier.

— Dans ce cas, je vous laisse, dit-il posément.

Même s’il tente de donner le change, je pense qu’il est blessé d’être ainsi mis à l’écart. Avant de sortir, il m’adresse ces quelques mots :

— Tu es prête, alors arrête de paniquer. Fais-toi confiance. 

Tout ce que j’avais besoin d’entendre en somme. J’aimerais lui dire combien ses encouragements me touchent, mais la présence de mon père m’en empêche. Je me contente de le remercier poliment et regrette de le voir partir.

Pour affronter seule le regard noir que mon père me lance à la seconde où la porte se referme.

— Ava Bailey !

— Quoi ?

Eh oui, je préfère jouer la carte de l’innocence. Après tout, nous ne faisons rien de mal. Tout cela est sûrement dans ma tête, d’ailleurs…

— Je peux savoir ce qu’il faisait ici ?

— Rien de plus que ce que je viens de te dire. Je n’étais pas très à l’aise avec mon plan budgétaire et Théo m’a proposé de revoir ma présentation, point final !

— Vraiment ?

Décidément, le convaincre n’aura rien d’évident.

— Tu n’es pas sortie avec lui samedi soir ?

— Avec lui et quatre autres personnes ! Papa, soupiré-je en ôtant mon manteau. Qu’est-ce que tu cherches au juste ?

Je m’installe à la place que tenait Théo.

— Dois-je te rappeler qu’il est censé me former et que tu étais d’accord pour qu’il me présente ses amis ? J’ai sympathisé avec deux jeunes femmes que Théo m’a permis de rencontrer et elles sont adorables. Nous sommes sortis en club. Il n’y a rien de mal à ça, si ?

— Pardon, ma chérie. Je suis toujours très méfiant lorsqu’il s’agit de Théo. Je ne veux pas que tu souffres.

Visiblement, j’ai réussi à calmer la bête.

— Ce qui n’arrivera pas vu que nous sommes seulement collègues. J’ai besoin de lui pour le lancement de Romance. Je dois m’en faire un allié.

Mon père vient m’embrasser.

— Excuse-moi. J’ai eu peur pour toi, c’est tout. Je sais que trop bien le succès qu’il a auprès des femmes et je ne veux pas que tu tombes dans le panneau toi aussi.

Ça, pour avoir du succès… rêvasse ma Betty.

Ça, pour tomber dans le panneau ! la provoqué-je.

— Oublions ça !

Je lui présente la chaise face à moi.

— Maintenant vu que tu as fait fuir mon mentor, peux-tu m’accorder deux minutes pour revoir ma présentation ?

— Volontiers !

Mon père parcourt mon travail pendant que mes yeux s’attardent en direction de la porte. Forcément, je pense à Théo. Comment ignorer les risques qu’il prend en flirtant avec moi ? Mon père est trop sur la défensive. Qu’importe où cette histoire peut nous mener, je vois surtout ce qu’elle peut lui coûter. Comment prendre un tel risque ?

***

— Théo —

Déjeuner à 12 h 30 au resto où je t’ai amené la première fois. Tu seras

gentille de laisser ton père là où il est. D’ailleurs, mieux vaut qu’on se

retrouve sur place. Quelque chose me dit qu’il va me faire surveiller.

Bonne chance pour ta présentation. Tu vas assurer ! Me voilà pressé de te

voir me clouer le bec ! C’est très mal barré cette histoire. Bye

Prendre connaissance de ce SMS à peine deux minutes avant de les rejoindre lui et mon père pour ma présentation n’était peut-être pas une super idée. Je suis déjà bien assez stressée.

Comment vais-je pouvoir gérer tout ce bazar ? Je ne dois pas perdre de vue mes objectifs !

Et ils n’étaient pas de tomber dans les bras du beau Théo, n’est-ce pas Betty ?

Elle joue des épaules.

Il peut être la cerise sur le gâteau, non ? Une délicieuse cerise…

Je la congédie, furieuse qu’elle soit ma pire ennemie depuis mon retour à Seattle.

Je devais le haïr, lui faire regretter sa cruauté envers moi et me voilà à minauder devant lui…

Le cœur affolé, j’entre dans le bureau de mon père pour mon entretien. À cette seconde, mon instinct me répète que je vais me planter. Pourtant mon père m’a rassuré, mais je ne suis pas sereine pour autant.

Et rien ne va mieux quand je ressors du bureau, une bonne heure plus tard, bien au contraire.

Il y avait comme de l’électricité dans l’air à l’intérieur. Rien à voir avec mon plan qui a semblé plutôt les satisfaire l’un comme l’autre. Non, c’était ce silence glaçant qui m’a fait frissonner à quelques reprises. Finalement, ils ne se sont pas perdus en bavardages et Théo a vite pris le large. Après avoir brièvement parlé avec mon père, je suis retournée à mon poste avec une furieuse envie de m’y terrer pour le reste de la journée histoire d’occulter toutes ces ondes négatives.

Mais ce midi, j’ai un engagement. C’est pour cela que je remonte l’avenue, en direction ce fameux restaurant où Théo doit sûrement m’attendre.

Je m’annonce à l’hôtesse qui me conduit à notre table et je dois dire qu’un poids s’envole de mes épaules quand il m’accueille avec son sourire de mangeur de culottes.

Peut-être que tout est tranquille entre nous, mais il n’en est pas de même en ce qui les concerne lui et mon père et ce climat délétère commence à me poser un gros problème.

— Ava, c’est bon ! Relâche la pression, me dit-il d’un ton rassurant quand je garde le silence. Ce que tu as fait est très bien. J’ai reçu ton mail avec ton plan budgétaire, je vais l’étudier plus en détail, corriger les deux ou trois choses dont nous avons parlé ce matin et tout ira bien !

— Je sais…

Mes épaules s’affaissent.

— Ce n’est pas ça le problème.

— Dans ce cas, éclaire-moi.

— Parce que ça ne te saute pas aux yeux ?

— Apparemment, non.

— Mon père n’a pas apprécié de te trouver dans mon bureau…

Il pouffe et, avec une nonchalance outrageante, sa main fend l’air.

— C’est ça qui te prend la tête ? Oublie ça, ce n’est rien !

— J’aimerais que ce soit aussi simple…

— Je bosse avec Alex depuis bientôt dix ans et ce genre de frictions, ça fait partie de la routine pour nous. Il y a longtemps que je n’y prête même plus attention.

— Je peux savoir pourquoi vos relations sont si compliquées ?

Il arque un sourcil vers moi.

— Je te retourne ta question : ça ne saute pas aux yeux ?

Je secoue la tête.

— Pour la même raison qu’il ne peut pas y avoir deux mâles alpha dans une même meute ou qu’il y a un seul lion à la tête du groupe.

— Tu te fiches de moi ?

— Absolument pas ! Ton père se sent obligé de montrer les crocs pour démontrer qu’il est toujours le boss. Je pense que tu m’as assez bien cerné pour savoir qu’il n’est pas dans mon tempérament de courber l’échine.

Intéressant… Eh oui ! La discussion entre papa et moi lors de notre dîner me revient en mémoire. Selon lui, Théo convoite sa place. Quelle merveilleuse opportunité d’en apprendre plus ses intentions ?

— Donc, tu veux être le roi de la jungle ?

Une remarque qui le fait bien rire.

— Et tu me crois assez stupide pour parler de ça avec sa progéniture ?

— Espèce de, mâchouillé-je les dents serrées.

Il rit plus fort, mais cesse rapidement pour sonder mon regard avec le plus grand sérieux.

— Envers qui serais-tu fidèle si le problème se posait ?

— C’est ce que tu espères de moi ?

Enfonçant son menton dans la paume de sa main, il me dévore des yeux.

— Je crois que tu commences à entrevoir ce que j’attends de toi, non ?

Hein ? Quoi ?

— Ou je ne suis pas encore assez clair…

— Et toi, Théo ? Qu’attends-tu de mon père ?

J’ai parlé plus fermement. Il est bien mignon de me lancer toutes ces piques subjectives, mais j’aimerais bien comprendre ce qu’il cherche.

— Qu’il me lâche ! histoire que je puisse te séduire en paix.

— Je ne parle pas de ça, mais de Bailey.

Il ronchonne.

— C’est ton père qui a un problème avec moi, pas l’inverse ! C’est comme ton embauche. Il a agi dans mon dos pour me mettre la pression. Pourquoi ? Parce que tu es sa fille ? Pour me montrer qu’il y a du Bailey sous le pied ? Je viens de passer dix ans à me défoncer pour sa maison d’édition et c’est toute la reconnaissance qu’il a pour moi ? Me montrer que je n’ai pas le prestige qu’il exige ? Le bon nom de famille ? Il le laisse sous-entendre depuis des années, alors j’ai plutôt bien saisi le message.

Visiblement las, comme si ce souci ne datait pas d’hier, il soupire.

— C’est ton père, Ava. Tu l’aimes et il t’adore. Même si tu aimerais que ce ne soit pas le cas, il ne te traitera jamais comme n’importe quel employé.

— Ce n’est pas un tortionnaire non plus !

Théo relève la tête.

— Non, c’est un patron, mais toi, tu ne verras jamais rien d’autre en lui que ton père. Comme lui ne verra jamais que sa fille.

Mouais…

— Pourquoi est-ce que créer Romance ne t’emballait pas plus que ça quand il a évoqué le projet avec toi ?

Il a un rire nerveux.

— J’ai une question : quand as-tu été diplômée ?

— Il y a quatre mois. Quel rapport ?

— Simplement que c’est précisément à cette période qu’il m’a parlé de Romance.

— Qu’essaies-tu de me dire ?

Théo m’observe un moment avant de prendre la parole.

— On va bosser sur ton lancement et s’en tenir là…

S’en tenir là !!! Qu’est-ce qu’il entend par là ? Il ne veut plus nous séduire ???

Toi aussi avec toutes tes questions… Après l’édition, je te conseille de passer à l’écriture. J’ai d’ailleurs le titre parfait pour toi : comment faire fuir l’homme de vos rêves en 5 questions par Ava Bailey…

— Je… bafouillé-je. D’accord…

Je sens mes larmes grossirent sous mes paupières. Du fait, paraître aussi vulnérable devant lui me fait si peur que je ne vois rien d’autre à faire que de me sauver. Impossible de lui donner le pouvoir de me blesser. En tout cas, il ne doit pas savoir qu’il en a les moyens…

— Comme tu voudras, dis-je en posant ma serviette sur la table.

Je me lève pour m’en aller.

— Hé ! Mais qu’est-ce que tu me fais ?

Une main dans la mienne, Théo se met à ma hauteur. Saisissant mon menton entre ses doigts, il me ramène à ses yeux noirs et la chaleur de sa peau me réchauffe la joue quand sa main y remonte.

— Ava, murmure-t-il tendrement en repoussant mes larmes du bout du pouce. Je pense qu’il nous serait profitable de ne plus aborder ce sujet. Je préfère qu’on s’en tienne à ta collection, mais je ne remets pas en question ce qui se passe entre nous.

Je me niche dans sa paume, heureuse qu’il ne me rejette pas.

— Parce qu’il se passe quelque chose ?

— Aurais-je l’imagination trop florissante, miss Bailey ?

Du tout ! s’exclame ma Betty.

— Je veux bien me sacrifier et composer avec ta belle gueule, ton corps d’Apollon et tes talents pour…

Je me tais. Comment trouver l’audace de finir cette phrase ?

Oh mon Dieu, ce qu’il fait chaud d’un coup ! s’enflamme ma diablesse intérieure.

— Le café ? glousse doucement Théo qui me couve toujours d’un œil délicat.

— J’adore le café, chuchoté-je en me laissant aller contre lui.

— Ava, fais-moi confiance et reste concentrée sur ton travail. Je pensais ce que je t’ai dit, ce matin : tu assures vraiment.

Je le remercie d’un sourire comblé.

— Continuons ce petit jeu entre nous et laissons-le nous conduire là où il nous mènera. Ça te convient ?

J’acquiesce tout en me délectant d’être dans ses bras. Qu’importe que nous soyons au restaurant, je suis parfaitement bien à cet instant.

— Et si on déjeunait maintenant ? Il y a déjà bien cinq minutes que la serveuse nous observe pour venir prendre la commande, rit-il.

— D’accord…

Toujours dans cette extase « Théodorienne », je reprends ma place sans parvenir à détourner mon regard de cet homme charmant qui sait me faire oublier le mauvais souvenir de notre première rencontre.

Peut-être un peu trop bien d’ailleurs, non ?

OceanofPDF.com