Seven : Le jeu de tous les péchés (French Edition)

Me suivras-tu dans la luxure ?

Troisième péché :

Demeure des Matthews

Me suivras-tu dans la luxure ?

 

rendez-vous. Le samedi suivant, il est convenu que je vienne chercher Théo au pied de son immeuble pour nous rendre à l’endroit où se déroulera notre

Cette nouvelle étape de notre jeu n’est pas celle avec laquelle je suis la plus à l’aise. Elles ont toutes quelque chose de particulier qui impose de se surpasser, mais ce soir, c’est ma timidité et la peur du regard des autres que je vais devoir affronter pour m’adonner à la luxure avec Théo.

Plus serein que moi, son visage rayonne d’un grand sourire quand il s’installe sur le siège passager.

— Miss Bailey 

Il est d’une humeur radieuse, ce soir.

On se demande bien pourquoi ? s’amuse ma Betty.

— Comment a été ta journée ?

Je reprends la route.

— Longue ! ricane-t-il. Et la tienne ?

— J’ai lu un manuscrit incroyable aujourd’hui.

— Une belle histoire d’amour…

— Oui, et c’était très complet. Les personnages sont bien exploités et les sentiments très profonds. Le tout brodé autour d’une histoire forte et difficile, mais qui nous oblige à reconsidérer nos vies et d’en savourer chaque minute.

— Ta journée a été plus intéressante que la mienne, visiblement.

Je lui lance un coup d’œil complice.

— On a du pain sur la planche, monsieur le directeur. Je veux voir ce bijou paraître chez Bailey.

— Vos désirs sont des ordres, ma très prometteuse directrice. Tu me le transmettras. J’aimerais le lire.

— Vraiment ?

— S’il t’émeut autant, je veux savoir pourquoi. Tes choix en disent plus long sur toi que tu ne te l’imagines.

— Alors je te l’apporterais lundi en même temps que ton courrier.

— Très bonne initiative !

Nos petits bavardages nous ayant occupés, nous arrivons enfin dans ce quartier pavillonnaire et très chic de Seattle. Nous roulons quelques instants dans ces allées impeccables avant de nous arrêter devant un majestueux portail en fer forgé.

— Avant que nous franchissions ce portail, je dois t’expliquer les détails de notre soirée, car une fois que nous serons à l’intérieur, il nous sera impossible de faire marche arrière.

Appuyé contre l’accoudoir, il me signifie que j’ai toute son attention.

— Derrière cette grille se trouve la maison de madame et monsieur Matthews. Il est courant qu’ils organisent chez eux des parties fines. Ce soir, ils se sont entourés de quelques-uns de leurs amis et ils aimeraient leur offrir un spectacle de choix. J’ai pensé que nous pourrions leur rendre ce service.

— À quoi pensez-vous, ma jolie dominatrice ?

— Il y a entre les murs de cette maison une chambre dont la particularité est qu’elle est dotée de vitres sans tain. Derrière se trouvent quatre salons privés. Notre rôle ce soir est de faire le spectacle, tu comprends ?

— Je crois oui : on s’envoie en l’air et eux nous regardent ou font autre chose…

J’étouffe un gloussement.

— C’est un bon raccourci.

Théo fronce le nez.

— Tu as de drôle d’amis, tu sais…

— Pourquoi dis-tu ça ? rigolé-je.

— Moi je t’ai présenté mes potes, mais ils sont normaux, sérieux ! On va dîner au resto, on sort en boîte, mais on ne baise pas devant des inconnus.

— C’est d’un commun, dis-je en roulant des yeux. Qu’est-ce que tu en dis, Théo ?

— Si ce sont des couples dans l’assistance, ça veut dire qu’il y aura des hommes.

— Assurément.

— Ils vont te voir nue.

— C’est une bonne remarque : ils vont me voir nue, c’est vrai. Cela dit, il ne tient qu’à toi de leur montrer que tu es le seul à me posséder. 

Ses yeux s’embrasent.

— Vous avez une force de persuasion redoutable, ma déesse.

— Je peux en déduire que tu es d’accord.

— Tu peux, affirme-t-il.

Ayant obtenu le consentement de Théo, j’abaisse ma vitre et appuie sur le bouton de l’interphone. Il ne faut que quelques instants de patience avant que le portail s’ouvre. Il ne nous reste plus qu’à remonter l’allée de gravier pour nous stationner au pied de cette immense demeure.

À l’extérieur de la maison, j’invite Théo à me suivre. Suivant les indications que j’ai reçues préalablement, je pousse la porte de service, réservée aux employés de la maison.

— Tu es comme ça toi ? Tu entres chez les gens sans prévenir ?

— Les Matthews et leurs convives doivent être en train de dîner. Le mieux est de ne pas les déranger. J’ai planifié cette soirée avec eux et je ne fais que suivre leurs instructions.

Derrière la porte, il y a une porte donnant sur la cuisine face à nous et sur notre gauche, un escalier menant précisément à cette chambre où nous voulons nous rendre.

Théo m’emboîte le pas dans ce couloir sombre, faiblement éclairé par quelques luminaires accrochés au mur jusqu’à cette fameuse porte.

— Tu es déjà venue ici ?

— Madame Matthews m’a fait visiter, il y a quelques jours. Ils aiment que tout soit réglé comme du papier à musique.

Je pousse la porte et invite Théo à pénétrer dans ce salon plutôt cosy destiné au couple se mettant en scène pour leur plaisir. Au milieu de la pièce, de grands bancs en cuir noir capitonné sont disposés dans le sens de la longueur. Sur le mur de droite, une grande armoire en bois massif accueille une panoplie d’accoutrements et d’objets permettant d’instrumentaliser nos ébats. Je me régale de regarder Théo les examiner de son air perplexe.

— Ne me dis pas qu’on est obligés d’utiliser ces trucs.

— Qu’est-ce qu’il y a de dérangeant ?

Théo m’indique un godemiché de couleur rouge d’une taille indécente.

— Il ne te rappelle pas quelqu’un ?

— Ce que tu peux être bête, gloussé-je.

Il l’examine de plus près.

— Non, mais c’est troublant la ressemblance…

Je secoue la tête dépitée.

— Tu as vu quelque chose d’intéressant ? me renseigné-je après qu’il a passé en revue le contenu de l’armoire.

— Il n’y a rien là-dedans de plus attrayant que ce que la nature m’a donné, ma chérie.

Je retiens mon rire entre mes lèvres.

— Quand nous irons dans la chambre, nous ne devrons plus nous appeler par nos prénoms. Les Matthews tiennent beaucoup à la notion d’anonymat.

Je récupère une boîte cadeau posée sur l’un des bancs de cuir et propose à Théo de l’ouvrir, il y découvre un masque vénitien.

— Nous devrons porter ça…

Il examine son masque dans le détail.

— Joli ! J’aime bien.

— Je vais passer dans le salon à côté pour me changer.

— Et tu me laisses tout seul ici ?

— Mon grand garçon aurait-il les jetons ?

— Tes amis sont bizarres et leur maison est flippante .

Il pointe du doigt l’armoire.

— Fréquente des gens normaux et je me sentirais plus à l’aise.

— J’aimerais passer quelque chose de plus coquin sans te priver du plaisir de la surprise.

— Si j’y trouve une compensation…

— Tu as une salle de bains, lui appris-je en lui indiquant la pièce en question. La seconde porte donne sur la chambre où nous nous retrouverons dans quelques minutes. Quand tu viendras, je te demande de porter ton masque et ton pantalon, d’accord ?

— À vos ordres, ma dominatrice !

— N’oublie pas de prendre ce que tu désires dans l’armoire.

— Je vais y songer.

— Je te vois dans dix minutes.

— J’ai hâte d’y être.

Je lui adresse un dernier sourire avant de disparaître dans la pièce voisine. Là, je commence par me déshabiller, laissant apparaître un joli corset en satin rose poudré et son string assorti. Je libère ma chevelure bouclée avant d’ouvrir la boîte qui contient mon propre masque vénitien du même coloris que mes sous-vêtements. Je le noue à l’arrière de ma tête puis je patiente sagement que le moment arrive de rejoindre mon beau partenaire.

À cet instant, je suis tiraillée entre mon impatience de retrouver Théo et mon appréhension de me livrer à un acte aussi intime devant un public. Toute la complexité de cette épreuve est de faire abstraction de ce détail et de me concentrer sur mon amant sans me soucier de ce qui se passe au-delà des murs de cette chambre.

À l’heure prévue, je m’y rends. Cette pièce est de forme octogonale et de grande taille. En son centre se trouve un immense lit rond recouvert de draps et de coussins en satin de couleur ivoire. L’endroit est beaucoup plus lumineux que dans mes souvenirs. Contre les murs de droite et de gauche sont installés des sofas de cuir blanc. Sous l’une des grandes vitres sans tain, une petite commode de style contemporain accueille une petite chaîne hi-fi. J’avance jusqu’à elle pour mettre de la musique qui, je l’espère, me calmera un peu. Après quelques manipulations, un ravissant air classique se fait entendre. Au bruit d’une porte qui se referme, je fais volte-face et je découvre mon beau Théo. Il est sublime avec son pantalon de costume noir à moitié défait laissant entrevoir la naissance de son entrejambe.

Il nous nargue le bougre !

Son masque vénitien gris lui couvre une partie du visage et celui-ci lui va à ravir. Lui aussi s’attarde sur ma tenue.

— Tu es si belle, susurre-t-il d’une voix pleine d’adoration.

Je le rejoins et laisse mes mains apprécier son torse dénudé et parfaitement sculpté. Très vite, ma bouche succède à mes mains et le goûte avec la plus grande attention.

— Tu es parfait.

Lorsque je l’abandonne, il me présente une ceinture de satin.

— Regarde ce que j’ai trouvé.

— Tu as une idée derrière la tête ?

— Disons que tu vas découvrir le supplice de ne pas pouvoir me toucher.

— Revanchard, mon cher Théo ?

— Il est possible que vous le découvriez à vos dépens, ma jolie dominatrice, me dit-il sur un ton sulfureux.

— Il me tarde de voir ça !

Penché à mon oreille, il y chuchote :

— Je vais me faire un plaisir de leur montrer comment on adore une femme aussi sublime que toi.

Glissant ma main dans la sienne, je nous guide jusqu’au lit où nous nous installons.

— Il ne nous reste plus qu’à attendre qu’ils soient prêts. Ils éteindront la lumière principale quand ça sera le cas.

Ce qui ne tarde pas à arriver. Quand l’éclairage se coupe, il ne reste plus que les lampes pour tamiser l’ambiance. Et mon cœur bondit dans ma poitrine quand je réalise que plus rien ne pourra repousser ce moment.

Je vais m’évanouir, Betty. Mon Dieu, mais quelle idée j’ai eu ?!

Je me posais la même question justement !

Si je n’en mène pas large, j’ai la chance d’avoir à mes côtés un Théo débordant d’assurance. Il est le premier à se lever et m’invite à l’imiter en m’offrant sa main. Je l’accepte et le laisse me faire tournoyer sur mes pieds de sorte que je lui tourne le dos.

D’une main sur mon ventre, il me ramène contre lui et murmure :

— Tu es fabuleusement sublime, ma chérie, et je t’aime.

C’est la première fois que l’entendre me confier ses sentiments me détend. Doucement, je me laisse choir contre son torse d’acier.

— Il n’y a que nous, ma déesse, alors détends-toi.

— Merci…

Grâce à la douceur de ses encouragements, je trouve la force de me laisser aller à vivre cet instant sans prise de tête et savoure la présence des doigts de Théo parcourant mon corps jusqu’à mon string, glissant sous le tissu pour agacer mon clitoris alors qu’il dévore toujours la peau fine de mon cou. Les premiers signes de mon excitation se font sentir à l’endroit précis où sa main se trouve. Théo frotte son érection contre mes fesses dans un mouvement lent comme pour me démontrer que cette excitation est réciproque, puis il me contourne.

Agenouillé devant moi, il tire sur mon string, libérant ainsi aux yeux de tous ma féminité ; je vois alors son beau visage disparaître, sa langue se hasardant à sa conquête, goûtant avec gourmandise sa saveur. Je me maintiens à ses larges épaules pour ne pas flancher.

Théo finit par m’abandonner. Il se redresse pour s’intéresser de plus près à mon corset. Il tire sur les lacets et j’entends le bruit du tissu qui se déchire. Ma poitrine jaillit et ma nudité n’est plus un secret pour personne. Quand mon corset retombe sur le sol, je constate les dégâts causés par Théo.

Hé ! Mais quel goujat ! Il était sublime, ce corset, râle ma Betty.

Chut ! la réprimandé-je.

Comme je suis nue, il prend le temps de sillonner les formes de mon corps, un peu comme s’il leur en offrait une visite détaillée. Il revient à hauteur de ma tête.

— Puis-je prendre ma revanche maintenant ?

— Avec joie.

— Dans ce cas, je vais vous demander de me présenter vos poignets.

J’obéis et les lui présente. Avec agilité, il fixe la ceinture autour et m’entrave à mon tour, laissant suspendre une certaine longueur de tissu.

— J’aurais besoin que vous vous étendiez sur le lit, si vous y consentez bien sûr.

— Mais j’y consens...

Nous échangeons un regard rempli d’une complicité qui me noue les entrailles tant elle est authentique. Répondant à sa demande, je me hisse sur le matelas et me place là où il me désire.

— Parfait ! s’exclame-t-il, en découvrant le crochet encastré dans le rebord du lit.

Théo s’accroupit devant moi et récupère le bout de la ceinture restant afin de l’y accrocher. Je l’observe faire d’un œil amusé. Il revient vers moi et me contraint à le regarder en soulevant mon menton. Son pouce caresse délicatement mes lèvres qu’il ne quitte pas des yeux.

— Ma dominatrice veut elle leur faire la démonstration de ses talents avec cette jolie merveille ?

Du bout de ma langue, je viens dessiner les contours de ma lèvre supérieure.

— Dois-je prendre cette provocation pour un oui ?

J’opine du chef.

Théo fait disparaître son pantalon et grimpe sur le lit pour présenter son sexe à hauteur de ma bouche.

— Puis-je ?

Je lui réponds en desserrant les lèvres. Sa paume se presse contre ma joue tandis qu’il s’y faufile. La tête jetée en arrière, il souffle bruyamment quand je l’enrobe. Je l’avale avec avidité, le choyant avec adoration, l’excitant de mes agissements. Je le suce avec force, allant toujours plus loin, l’aspirant plus durement, redécouvrant le bonheur de le torturer comme la semaine passée. Sa pression sur ma joue se fait plus assurée. Je le sens frémir. Je n’ai aucun mal à imaginer le tableau que nous dressons à nos spectateurs : mon beau Théo agenouillé sur lit me surplombant de sa hauteur alors qu’entravée, je suis à sa merci. Et j’adore d’être ainsi mise en scène. C’est avilissant et érotique.

— N’allons pas trop vite, ma déesse, dit-il, en se reculant. Vous êtes trop douée pour ma légende qui n’a plus rien de légendaire depuis qu’elle vous connaît.

S’inclinant vers moi, sa langue remplace ce qui occupait ma bouche, il y a une seconde.

— Je vais leur montrer le plus beau cul que je n’ai jamais vu.

Dans la seconde, il remonte sur le lit et enfonce ses mains dans mes hanches. Je pousse un cri de stupeur quand il me fait virer dans le lit de sorte que je finisse sur le ventre. Il me manipule de sorte d’être sur les genoux, mes fesses en l’air.

Mes bras tendus vers le rebord du lit, ma croupe totalement exposée aux yeux des curieux, je suis dans l’incapacité d’effectuer le moindre mouvement alors que Théo est libre d’agir à sa guise. Dans un premier temps, il redessine mes formes avec envie.

— Pourriez-vous écarter les jambes, ma dominatrice ?

Je m’exécute. M’exposant à lui, il ne tarde pas à titiller ma chair déjà enflée de désir, ses doigts investissent mon sexe jusqu’à m’arracher un gémissement satisfait. Il accélère la cadence obtenant des cris de contentement au passage.

Dans une succession de gestes sensuels, maîtrisés et habiles, il bouge entre mes cuisses au vu et au su de tous, leur exposant mon corps comme si celui-ci ne m’appartenait plus, que lui seul en avait l’usage. Ce constat ne fait qu’accroître mon excitation. Je crois que je vais jouir de sentir ses doigts s’agiter si vivement en moi. Je suis toute proche de la délivrance, mais Théo se retire. Comme moi, la semaine passée, je me retrouve pantelante, au bord de l’extase, mais trop vite abandonnée pour avoir le droit d’y céder.

— Pas si vite, ma chérie ! Tu vas m’amener avec toi…

Il retrouve le crochet où je suis attachée et défait le nœud qui m’entrave. Mes poignets sont libres. Me soulevant comme un rien, il me manipule de sorte que je le chevauche tandis qu’il s’installe au centre du matelas.

Sa main épouse ma joue, ses yeux se rivant aux miens.

— Ils vont voir comme tu es belle quand je jouis en toi.

Passant mes bras autour de son cou, je m’appuie sur ses épaules et me soulève suffisamment pour sentir son sexe dressé contre mes lèvres trempées. Je me laisse glisser sur sa longueur sans cesser de le dévisager.

— Bon Dieu, soupire-t-il quand il est pleinement logé en moi.

Il retombe contre les oreillers.

— Laisse-moi m’en charger, lui dis-je, en me cambrant en arrière, me maintenant à ses cuisses musclées.

Ses mains vont et viennent le long des miennes. Sans attendre, je joue du bassin dans un rythme soutenu cherchant à attiser son plaisir. Et ça marche si j’en crois les soupirs torturés qui lui échappent.

— Bordel, c’est bon comme ça !

Je redouble d’ardeur autour de son pénis que je sens déjà violemment vibrer. Jamais je ne l’avais perçu si intensément en moi.

Théo s’empare alors de mes seins et les malaxe sans ménagement provoquant une complainte lascive en retour.

— Je ne suis pas loin.

Je continue à remuer frénétiquement. Ma peau se perle rapidement de sueur tant cette rencontre endiable mon corps.

— Tu es si belle quand tu me baises, rugit Théo, en s’enfonçant en moi, ses doigts agrippant la chair de mes fesses. Tu es renversante quand je te remplis de mon foutre, putain !

Il est à bout lui aussi, je le comprends à sa manière de s’exprimer.

— J’ai besoin de te sentir, grogné-je à mon tour comme une démente.

L’orgasme me menace, mais je ne veux pas rompre sans lui.

— Je t’en prie…

— Jouis ! m’ordonne-t-il dans un souffle comme si formuler ce simple mot lui demandait un effort surhumain.

N’ayant plus la force de retenir cet orgasme qui me ravage l’entrejambe, j’accepte dans un cri profond la délivrance que Théo m’accorde par le pouvoir de cet ordre.

Tout se brise en moi quand je succombe à la jouissance et percevoir sa propre libération et les gémissements dans lesquels il l’accueille ne fait que rendre cet instant plus intense. Remuant encore autour de lui comme pour vivre plus longtemps ce moment, je reviens vers lui et le contemple en savourer les bienfaits.

Ma bouche écrase la sienne.

— Winy, souffle-t-il contre elle. Le sexe avec toi ne ressemble en rien à ce que j’ai déjà vécu. Tu m’as captivé.

Il nous fait rouler sur le matelas sans sortir de moi. Son nez danse avec le mien.

— Tu es merveilleuse…

Je l’embrasse avec douceur.

— Tu t’en es très bien tiré toi aussi.

Il hausse le sourcil.

— Tu penses qu’on a contenté ses vieux cochons ?

— On s’en moque, dis-je en retrouvant ses lèvres. On a adoré, c’est le principal.

— C’est bien vu, ma déesse.

— Comme tu t’en doutes, on ne peut pas passer la nuit ici.

Je joue avec ses cheveux.

— Est-ce que tu veux qu’on aille chez toi ?

— J’en ai envie, bien sûr.

— Alors, allons-y !

Théo est le premier à se lever. Il enfile son pantalon tandis que je ramasse le reste de mon corset et mon string.

— Vous avez fait du joli, le réprimandé-je en lui agitant mes sous-vêtements sous le nez.

— J’ai pensé qu’on allait les perdre si je prenais le temps de le retirer comme il faut.

— Tu me dois un corset ! Je l’adorais et l’intégralité de mon salaire passe dans ses tenues affriolantes que j’achète pour te faire plaisir.

— Peut-être qu’il est temps de négocier ton salaire auprès de ton PDG.

Je roule des yeux.

— Je vois ça d’ici : « Papounet d’amour, tu peux me donner plus d’argent histoire que je me paie des sous-vêtements hyper sexy quand je m’envoie en l’air avec mon mec ? »

— Haha ! s’exclame-t-il fièrement en pointant son index sur moi. Tu as dit que j’étais ton mec.

— Ne fais pas le malin ou tu vas rapidement redevenir le mec avec qui je couche le samedi soir.

Il ricane en me tendant sa main.

— On y va ?

Je l’accepte.

— On ne devrait pas faire la révérence ou quelque chose comme ça ?

Je lui mets un coup de coude dans le flanc.

— Arrête.

— Ils pourraient nous applaudir quand même ! On a donné de notre personne pour leur faire plaisir.

Nous entrons dans le salon où nous nous trouvions en arrivant. Théo commence à s’habiller tandis que je file dans la salle de bains récupérer mes vêtements. Je le retrouve et m’habille.

— C’était plutôt marrant, finalement.

— J’ai cru que je n’allais pas y arriver les premières secondes.

Je finis de passer mes talons aiguilles avant de relever la tête dans sa direction.

— Merci de m’avoir donné le courage de me lancer.

Il me fait un clin d’œil.

— À ton service, ma chérie.

Après un silence, il me dit :

— Je ne sais pas pour toi, mais je suis affamé. On se prend à dîner sur la route avant de rentrer ?

— Je meurs de faim, moi aussi.

— Pizza ?

— J’adore !

C’est main dans la main que nous quittons la maison des Matthews en ce samedi soir, ravis l’un et l’autre de ce que nous venons de partager.

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