Seven : Le jeu de tous les péchés (French Edition)

Dans la douleur

 

n’est pas vraiment une enfant de chœur, nous avons connu bien des soirées Par le passé, j’ai eu mon lot de réveils pénibles et franchement lamentables. Ayant fait mes études universitaires en compagnie de Mackenzie, qui de beuverie où j’ai bu plus que de raison. Mes lendemains n’étaient pas glorieux, mais alors pas du tout ! Les maux de tête, les nausées, ou le corps endolori d’avoir trop dansé ; il y a des matins où je me suis réveillée dans quelque chose qui s’avoisine probablement au corps d’une femme de quatre-vingts ans.

Tout ce qui est en vérité de bons souvenirs si on pense à l’insouciance avec laquelle j’ai vécu ces années-là n’a rien de comparable à ce que j’éprouve en me réveillant dans ce lit d’hôpital. Je suis comme une sculpture de verre qu’on aurait brisée puis recollée à la va-vite avec une colle bon marché. Mon corps est un hématome géant. Le moindre soulèvement de poitrine, le plus petit battement de paupières est une douleur lancinante qui me traverse d’un bout à l’autre. Mes yeux me font souffrir alors qu’ils essaient de s’habituer à la lumière du soleil. Ma tête est comme un gong grandeur nature dans lequel un diablotin s’entêterait à frapper au gré des bips perpétuels de cette machine à laquelle je suis reliée.

— N’essaie pas de bouger...

Je grimace. Le gong est encore plus fort. J’ouvre les yeux et le visage de mon père est la première image qui m’arrive. Son sourire tendre est comme l’un de ces bisous qu’il me donnait quand j’étais petite et que je m’étais blessée.

— Ma tête, mâchouillé-je. Elle va éclater.

— C’est normal que tu aies mal ; tu as fait une hémorragie cérébrale, on a dû t’opérer.

J’apprécie qu’il se mette à chuchoter pour me donner ces détails. Mon cerveau lui en est très reconnaissant.

Tu es restée au bloc près de huit heures. Depuis, tu as été placée dans le coma pour laisser ton cerveau au repos le plus possible. Il y a dix jours qu’on attend que tu te réveilles.

— Quoi ? articulé-je doucement.

Je suis vraiment restée inconsciente si longtemps…

— Tu as eu la chance que les secours soient arrivés très vite. On a gagné un temps précieux. Et tu as été prise en charge par l’un des meilleurs neurochirurgiens de ce côté si du pays.

— Je suis ici depuis dix jours…

J’ai vraiment du coton en guise de cervelle et l’impression de pédaler dans la semoule. Mon père me parle, m’explique, mais un mot sur cinq arrive à destination.

— Les médecins sont contents de l’avancement de ton état. C’est pour cette raison qu’ils te laissent te réveiller plus tôt que prévu. Le but était de limiter la pression sanguine dans ton cerveau d’où le coma.

— Je ne me rappelle pas très bien. J’étais dehors et tout à coup, il y a cette voiture qui fonçait droit sur moi.

— Apparemment, tu étais sur le trottoir et tu t’es mise à traverser la route comme ça, sans prendre la peine de regarder sur l’avenue. Une voiture est arrivée à ce moment-là. Heureusement, le conducteur ne roulait pas trop vite. Il n’a même pas eu le temps de t’éviter. Tu t’es comme jetée sous ses roues.

Un nouveau bruit vient m’assommer et mon père se lève.

— Elle a très mal à la tête.

Je vois alors un homme vêtu d’une blouse blanche puis une jeune femme habillée de la même manière apparaître au pied de mon lit.

— Nous allons lui donner quelque chose pour les maux de tête.

Le médecin, dans la quarantaine, s’approche par la gauche et commence à m’examiner.

— Ravie de vous voir enfin réveillée, la belle au bois dormant. Je suis le docteur Barrett et voici mon interne, le docteur Craven. Savez-vous où vous êtes ?

— À l’hôpital de Los Angeles.

— Et quel est votre petit nom ?

Je lance un regard inquiet à mon père.

— Vous ne vous en souvenez plus ? insiste le médecin.

— Je n’ai pas l’impression que sa mémoire lui pose problème. Nous avons discuté. Elle se souvient de l’accident.

Il revient vers moi.

— Je vais vous embêter avec quelques questions pour être certain que

tout rentre dans l’ordre.

J’acquiesce. En tout cas, j’essaie de le faire.

— Votre cerveau a subi un grand choc et je dois mesurer les éventuels

dégâts qu’il a pu subir.

— Je m’appelle Ava. Ava Bailey. J’ai vingt-deux ans. — Très bien. Votre père m’a parlé de votre travail. — Je suis éditrice dans notre maison d’édition. — Impressionnant. Ma fille adorerait vous rencontrer. C’est une férue

de romance. Elle passe sa vie le nez plongé dans ses livres.

— Il y a peu de chance que ça change un jour… — J’ai entendu dire que vous êtes une coriace. Ravie de voir que ce

qu’on raconte de vous est vrai.

Je le remercie d’un sourire.

— À première vue, tout semble en ordre, Ava. Bien sûr, nous allons

vous surveiller comme le lait sur le feu. Pour votre genou…

— Mon genou ?

— Vous avez une fracture du genou, mais qui ne nécessite pas

d’intervention chirurgicale. Nous vous avons mis une belle attelle et, pour le moment, interdiction de poser le pied parterre, et ce, avant six semaines.

— Très bien.

Il récupère sa tablette dans les mains de son interne et la manipule. — On va vous donner un petit quelque chose pour la douleur.

Maintenant, dans votre état, je veux que vous vous reposiez un maximum.

— Combien de temps je vais devoir rester ici ? — Et elle veut déjà nous fausser compagnie, s’amuse le docteur Barrett,

un coup d’œil vers mon père.

— C’est que je suis loin de chez moi…

— Je comprends, mais je vais vous garder auprès de moi au moins

quinze jours de plus.

Il me fait un clin d’œil.

— Histoire qu’on fasse connaissance vous et moi. — Je suis une petite veinarde…

— Vous n’avez pas idée. Dans quinze jours vous me supplierez de ne

pas vous laisser partir. En attendant, nous reviendrons vous examiner de façon régulière. Pour le moment, je veux que vous vous reposiez.

Puis il s’intéresse à mon père.

— Pour les visites…

— Ne vous inquiétez pas, le coupe-t-il. Une personne à la fois et on ne

la fatigue pas.

Le médecin me regarde d’un air espiègle en pointant son pouce vers

mon père.

— Il retient tout ce que je lui dis, c’est fou !

Un léger gloussement filtre entre mes lèvres.

— Je peux partir l’esprit tranquille, ma patiente est entre de très bonnes

mains.

— Ça, c’est sûr, dis-je en glissant ma main dans celle de mon père. Un geste simple, mais sacrément douloureux. Le docteur Barrett et son

interne quittent ma chambre et mon père revient s’asseoir sur le fauteuil près de mon lit. Avec tendresse, il dégage les mèches de mon front.

— Je lui avais dit que tu allais le coiffer au poteau. — Je ne me sens pas hyper glorieuse là tout de suite. — Pourtant, tu viens de mener un sacré combat pour rester avec nous,

mon ange. Barrett n’était pas optimiste quand tu es entrée au bloc.

Il dépose un baiser sur ma joue.

— J’ai eu la peur de ma vie, me confie-t-il d’une voix émue. — Je suis désolée, papa.

— Ce n’est pas de ta faute, chérie. Si tu n’avais pas été dans cet état… Son élocution devient plus sévère tout à coup. C’est moi ou il est furax le papounet ? commence cette fouine de Betty. Non ! Non ! Et non ! Toi, tu dégages !

Hé ! Mais hé ! Qu’est-ce que j’ai fait au juste ? Moi aussi, je me suis

écrasé le crâne contre un trottoir !

Je vais me passer de tes remarques, surtout de tes conseils, et

apprendre à me débrouiller toute seule.

Alors ça, c’est vraiment trop injuste !

D’une pichenette, je la fais voler dans un endroit de ma tête et ferme

cette porte derrière laquelle je veux la faire disparaître. J’en ai fini avec ça. Il est temps de grandir et d’arrêter de penser comme une fichue guimauve.

— Où est Molly ?

— À l’hôtel. Elle se repose.

— Mais si tu es là, qui s’occupe de Bailey ?

— Tu ne lâches jamais rien toi, ricane-t-il.

Prenant ma main dans la sienne, il la ramène à ses lèvres. — Phil a gentiment proposé que Sawyer passe quelques semaines à

Seattle pour me remplacer.

— Oh…

Je fronce les yeux.

— Tu as appelé maman ?

— Je n’ai pas vraiment eu le choix, trésor. Tu as été opérée et placée

dans le coma. Tim est là lui aussi. J’ai aussi fait venir Mackenzie. Ils sont tous partis déjeuner.

Je hoche lentement la tête en écoutant les paroles de mon père et

j’aimerais continuer, mais rester éveillée commence à me demander un gros effort.

— Papa…

— Endors-toi, mon ange.

— Mais maman ?

— Elle comprendra. Repose-toi. Tu la verras à ton réveil. — Tu crois que tu peux me prendre dans tes bras ? — Bien sûr, dit-il en venant s’installer près de moi. Je bouge tant bien que mal pour venir me blottir contre le corps

naturellement rassurant de mon père.

— Tu restes là, hein ?

— Je ne vais nulle part, mon trésor. Je suis là et il ne t’approchera plus

jamais. J’y veillerai.

— Oh, papa, murmuré-je en enfouissant mon visage dans son pull en

sentant mes larmes tenter de se frayer un chemin.

Et cela suffit à ce qu’une nouvelle douleur vive ne me transperce le

crâne.

— Chut, me console mon père. Je m’occupe de tout. Théo Allen

appartient au passé, fais-moi confiance.

C’est dans la douceur de ses bras, mais aussi de ses tendres paroles que

je finis par succomber à cette fatigue qui me ferait presque tout oublier. La douleur dans mon corps, cette impression que mon cerveau tourne au ralenti, le fait que par ma faute tous mes proches ont vu leurs vies chamboulées depuis des jours. Mais il y a une chose que l’épuisement n’emporte pas sur son passage : le chagrin.

C’est peut-être pour ça que tu as autant mal à la tête, tu essaies

d’enfermer tout ça dans une boîte…

Toi, je ne veux plus te voir ! Disparais !

Je renvoie cette rabat-joie dans son coin et reviens à cette étreinte

sécurisante. Mon meilleur atout pour tirer un trait sur cette déception.

***

Lorsque je me réveille pour la seconde fois, je suis heureuse de

constater que mes maux de tête sont moins virulents que précédemment. Mes yeux papillonnent un moment avant de s’habituer à mon environnement. Il faut dire que je ressens encore une fatigue pesante. D’ailleurs, je me demande combien de temps j’ai pu dormir. Le soleil brille dehors comme lorsque j’ai repris connaissance. Mon père m’a rapporté que tout le monde était parti déjeuner.

Je fais le tour de ma chambre avec un peu plus de curiosité. J’étais

tellement abrutie par la douleur que je n’y ai pas prêté attention.

Je devais être trop occupée à souffrir le martyre… Mais heureusement, le traitement que m’a ordonné le docteur Barrett

semble me soulager et ma tête ne sonne plus comme un maudit clocher d’église.

Mon tour du propriétaire fini, je m’intéresse aux deux personnes

présentes dans la pièce et les voir ici aurait tendance à me faire flipper. Il faut dire que la dernière fois que je les ai vus ensemble, le ton est monté et les reproches ont fusé. Mais les circonstances étant ce qu’elles sont, je pense que mes parents sauront se tenir. Pour l’instant, ils sont très calmes ; d’un côté, ma mère lit une revue et mon père travaille sur son ordinateur.

— Coucou, me manifesté-je la voix encore enrouée. Sans perdre une seconde, ils se jettent sur mon lit pour m’entourer. — Oh, mon trésor, dit ma mère en me prenant dans ses bras. Je l’étreins du mieux que je peux.

— Maman…

— Salut, mon ange, me dit mon père en m’embrassant quand ma mère

me libère.

— J’ai dormi longtemps ? leur demandé-je tandis que ma mère réajuste

mes draps. Quelle heure est-il ?

— Il est 11 h, trésor.

— Mais…

— Tu as dormi tout le reste de la journée d’hier et toute la nuit aussi… — Oh…

— Barrett a mis dans le mille avec son surnom de la belle au bois

dormant, s’amuse mon père.

— Comment tu te sens ? se renseigne ma mère. — Beaucoup mieux. Mon corps me fait encore mal, mais ma tête me

laisse un peu tranquille.

— C’est déjà une bonne chose.

— Mais je me sens très fatiguée et ma gorge est irritée. — La fatigue est une des conséquences de ton hémorragie. Barrett nous

a prévenus que tu allais beaucoup dormir dans les semaines qui viennent. Tu auras sûrement de belles migraines, des vertiges et des nausées aussi.

Super !

— Il faut aussi surveiller ta mémoire et tes réflexes. Pour le moment, tu

t’en sors bien, mais on doit être prudent.

— Ta gorge, poursuit ma mère. Ça doit être en rapport avec

l’intubation.

Elle se tourne vers mon père.

— Tu ne penses pas ?

— Il y a de fortes chances. Tu as été extubée, il y a trois jours

seulement.

— Papa m’a dit que Tim est là.

— Oui, il va devoir repartir, mais il attendait que tu te réveilles.

— Et Mack est là depuis longtemps ?

— Elle est arrivée le soir même de ton accident. Son ami fait des allers

et retours entre Seattle et L.A.

— Jacob ? Il est là ?

— Pas en ce moment, il est reparti, il y a trois ou quatre jours. Si j’ai

bien compris, il reviendra demain.

— Le docteur Barrett nous a dit de réclamer un plateau à ton réveil. Tu

es probablement affamée, suppose ma mère. Ils t’ont laissé sous perfusion pour le moment.

— Je crois que j’aimerais essayer de manger quelque chose. — Je vais m’en charger, nous annonce mon père quand la porte de ma

chambre s’ouvre.

— Molly ?

Je contemple la fiancée de mon père heureuse de la voir, mais elle, elle

ne me regarde pas. Elle est braquée sur mon père et aux traits de son visage, elle semble inquiète.

— Alex chéri…

Le regard de mon père s’ombrage tout à coup. Il a visiblement compris

quelque chose qui m’échappe. Il s’adresse à moi et je sens au changement dans ses yeux qu’il essaie de me tranquilliser :

— J’arrive avec ton plateau, mon trésor.

Il prend la direction de la porte.

— Reste ici avec elle ! ordonne-t-il à Molly en sortant. Celle-ci fait quelques pas dans la pièce en se triturant nerveusement les

doigts.

Est-ce de se retrouver en présence de ma mère qui la met dans cet état ? Je ne me pose pas plus la question, un éclat de voix vient de retentir

dans le couloir.

— Je t’ai déjà averti une fois et ma patience a des limites ! Sors d’ici !!! — Elle s’est réveillée ?

Théo…

— Eh merde ! grogne-t-il. Elle s’est réveillée et tu ne me préviens

même pas ?!

— Dégage, Allen, où je te jure que…

Je vois des ombres s’agiter devant cette ouverture dans la porte. — Maman ? bredouillé-je, le cœur battant plus fort.

Elle me prend dans ses bras.

— Tout va bien, ma chérie. Ce n’est rien. Il faut que tu restes calme. — Tu ne t’approcheras plus jamais d’elle, tu entends !!! Un boom éclate contre le mur de ma chambre, ce qui me fait sursauter.

Ma mère me berce en susurrant à mon oreille.

— Je dois la voir ! Il faut que je lui parle ! s’époumone Théo. — Je suis sérieux, barre-toi !!!

— Alex, c’est qu’un malentendu, putain ! Demande-lui, bordel ! Elle te

dira qu’elle m’aime !

D’autres voix viennent se mêler à leurs disputes. Des voix d’hommes,

puissantes, qui réclament que cette altercation cesse.

— Alors, faites-le sortir d’ici ! leur conseille mon père. Il n’a rien à

faire là.

— Alex !

— C’est de ta faute tout ça, l’accuse mon père. Elle est dans ce lit

d’hôpital à cause de toi !

— Monsieur, on va vous demander de sortir !

— Pourquoi t’es pas foutu de me faire confiance ? se défend Théo.

Accorde-moi un quart d’heure, je t’expliquerai tout et tu verras qu’Ava ne craint rien avec moi.

— Je t’ai assez entendu !

— Alex, ne me fais pas ça, ne me la prends pas, l’implore Théo. Je t’en

prie.

— Virez-moi ce trou du cul d’ici !

La porte de la chambre s’entrouvre.

— Ava, je t’aime ! crie Théo alors à tue-tête.

La porte se referme aussitôt.

— Mon amour, je suis là ! Je suis près de toi !

Sa voix s’estompe progressivement.

— Je suis prêt, Ava. Il faut seulement que tu m’écoutes ! Le silence fait suite à ces derniers mots jetés au milieu de ce couloir.

Toujours captive des bras de ma mère, je fixe Molly qui me rend ce regard. Le sien est brillant d’une lueur coupable.

— Molly, tout va bien, la réconforté-je.

Celle-ci opine du chef sans pour autant faire disparaître cette mine

navrée.

— Je vais voir où en est ton père, nous apprend-elle avant de sortir. Une fois seules, ma mère s’assied sur mon lit, ses doigts courant dans

mes cheveux.

— Ton père fait ce qui semble le…

— Maman, la coupé-je. Je ne suis absolument pas prête à en parler. Je

suis exténuée, j’ai le cerveau en bouillie et le corps en gelée. Je veux seulement du calme.

— À vos ordres, jeune fille, dit-elle d’un ton plus détendu. Elle retape mes oreillers avant de m’inviter à m’y rallonger, ce que je

fais.

— Hé, me dit-elle alors en me poussant doucement. Tu aurais pu me

parler de ton père, de sa nouvelle amie et de ce bébé en préparation, vilaine. Même si c’était le cadet de mes soucis, je me suis sentie un peu bête en arrivant à l’hôpital.

— Ce n’était pas vraiment à moi de te le dire, si ? Elle hausse les épaules.

— Qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ? Il refait sa vie, la belle

affaire. On a divorcé depuis dix ans.

Elle me fait un clin d’œil.

— Il était temps qu’il se réveille.

— Il lui a fallu du temps pour commencer à s’occuper de lui. Ma mère lève les yeux au ciel.

— On fera l’impasse sur le fait qu’elle est à peine plus âgée que toi,

mais bon…

— Oh, mais c’est qu’elle est mesquine, me moqué-je. Elle retrousse son nez.

— Ce n’est pas terrible, hein ?

Je fais non de la tête.

— Allez, dit-elle en me bordant. Repose-toi. Papa sera bientôt là et tu as

eu ton lot d’émotions.

Je m’enfonce dans l’oreiller pendant que ma mère continue de refaire

mon lit.

Il avait l’air plutôt sincère, non ? tente de s’imposer Betty qui passe

doucement la tête par la porte de sa chambre.

Toi, tu fais comme lui, tu disparais ! J’ai dit que je ne suis pas prête !

La présomption d’innocence, tu connais ? m’attaque-t-elle de son air

narquois.

J’ai suffisamment mal à la tête pour que tu viennes y foutre encore plus

la pagaille ! Fiche-moi la paix !

Comme tu voudras…

Et elle repart en boudant.

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