Seven : Le jeu de tous les péchés (French Edition)
Trouver un terrain d’entente
Quand la nuit tombe sur ma première journée de travail et enveloppe la ville de Seattle de cette obscurité profonde, je suis toujours à mon poste de travail. C’est l’arrivée d’un SMS provenant de mon père qui me décide à abandonner mon projet d’équipe sur lequel je planche depuis le déjeuner. Il m’indique qu’il vient de quitter Bailey et je préfère en faire autant, car je dois encore repasser chez moi avant de le rejoindre. Je me presse donc de sauvegarder mon travail histoire de mettre les voiles quand :
— Si tu crois m’impressionner en faisant des heures supplémentaires, c’est vraiment mal me connaître.
Je lève le nez en direction du propriétaire de cette voix si rugueuse. Théo est accoudé à la porte. Sa réflexion me fait rouler des yeux.
— Si tu crois que je cherche à t’impressionner…
— Rentre chez toi ! m’ordonne-t-il un rictus en coin.
— Je m’en allais, justement. On m’attend pour dîner et j’aimerais repasser par mon appartement avant.
— Tu es à Seattle depuis deux jours et tu as déjà un rencard ?
Mes affaires personnelles récupérées, je me dirige vers la porte et constate que la sienne est close.
— Tu partais ?
— Affirmatif !
— Dans ce cas…
Je le pousse gentiment à l’extérieur. Je jette un dernier coup d’œil dans mon bureau. Je me fais alors la remarque que cette première journée était vraiment géniale. La lumière éteinte, je claque la porte et me lance dans le couloir en direction des ascenseurs.
— Un bon repas en charmante compagnie, dis-je rêveuse alors que nous y entrons. C’est le point final parfait à cette journée !
— Si je peux me permettre, ne fonde pas trop d’espoir sur ce rencard.
— Et pourquoi pas ?
— Si tu es là depuis vendredi, ça doit être la première fois que tu rencontres ce gars, non ?
— En fait, nous sommes très proches et je sais qu’il attendait avec impatience que je vienne vivre près de lui.
— Charmant… mâchouille mon voisin.
— Et en ce qui te concerne ? Quels sont tes projets pour la soirée ?
— Je vais me rendre à la salle de sport.
— Tu t’entraînes seul ?
Il acquiesce.
— Ce n’est pas plus motivant à plusieurs ?
— Si !
Il me met un petit coup d’épaule.
— Pourquoi tu ne m’accompagnerais pas la prochaine fois afin qu’on se motive l’un l’autre ?
— Est-ce que se gaver de crème glacée devant The Walking Dead est un sport qu’on pratiquerait dans ta salle de sport par hasard ?
— Pas du tout.
— Très peu pour moi, dans ce cas !
— C’est ça, ton unique passe-temps ? Rester le cul vissé à ton canapé ?
— Je suis également une championne des week-ends sous la couette.
Je saisis trop tard le double sens de ma phrase et regrette immédiatement mes paroles.
Heureusement, l’ascenseur vient d’arriver au rez-de-chaussée. Ni une ni deux, je me faufile entre les portes pour le distancer en priant pour qu’il passe à autre chose, mais lui et ses grandes jambes ne font qu’une bouchée de moi.
— Tiens donc ! s’exclame-t-il en déboulant sur ma droite.
Quelle idiote tu fais, Ava !
— Est-ce que papounet est au courant que sa petite princesse est une championne en matière de lubricité ?
— Au risque de te surprendre, il y a des gens normaux qui apprécient de s’attarder sous leur couette sans que ce soit sexuel !
— Quel est l’intérêt si ce n’est pas pour baiser ?
— Pour se prélasser et se reposer peut-être…
— J’espère que ce pauvre type à la même définition des week-ends sous la couette ou il va profondément s’ennuyer !
Beurk !
— Je dîne avec mon père ! m’exclamé-je écœurée.
Mon voisin lui se marre comme un bienheureux.
— La lubricité n’est donc pas héréditaire chez les Bailey.
— Pardon ?
— Disons que ton père est loin d’être un saint. Crois-moi, s’il passe un week-end sous la couette…
Il se penche légèrement vers moi.
— C’est pour baiser, chuchote-t-il à mon oreille.
— Mais tais-toi ! me récrié-je, en le poussant. Il s’agit de mon père et de ton patron qui plus est.
— La belle affaire ! Tu n’es pas née dans une rose, Ava.
Devant les immenses portes de verre qui ornent la devanture, Théo se hâte de me devancer pour en ouvrir une et me laisser le passage.
— Miss Bailey…
— Chut ! le réprimandé-je en passant devant lui.
Sur le trottoir bordant le bâtiment de Bailey, j’ajoute :
— Aussi constructive que peut-être cette conversation, je vais t’abandonner et te dire à demain.
Je m’apprête à faire volte-face pour prendre la direction de Terry Avenue quand :
— Tu as l’intention de rentrer à pied ?
— Je vis à deux pas d’ici.
— Mais il fait nuit.
Je lève les yeux au ciel.
— Je suis on ne peut plus sérieux ! Même si ton appartement est à côté, tu n’es pas à l’abri de faire une mauvaise rencontre sur le chemin.
— Pourquoi cherches-tu à me faire peur ? Je ne vais pas prendre ma voiture pour un si court trajet, c’est ridicule.
— Pars avant la nuit ou prends un taxi, mais soit plus raisonnable.
— J’y penserai…
Une réponse qui ne récolte qu’un regard noir de sa part.
— Tu n’irais pas jusqu’à m’agresser juste pour me prouver que tu as raison, si ?
Ses yeux ébène s’enfoncent dans les miens.
— Va savoir !
— Bon, je vais le prendre ton fichu taxi, m’agacé-je en me ruant sur l’avenue pour en héler un. Ce que tu peux être agaçant !
Théo vient à ma rescousse et, grâce à sa taille généreuse, m’en dégote un en moins de deux. Lorsque celui-ci s’immobilise près de nous, il m’ouvre la portière.
— Si miss Bailey veut bien se donner la peine.
Je passe devant lui.
— Je ne désespère pas de te faire comprendre qui est le patron.
— Bon courage, chantonné-je, parée de mon plus beau sourire. À demain, Théodore.
Lorsqu’il claque la porte, je l’entends encore rouspéter contre sa mère. J’indique mon adresse au chauffeur qui démarre.
***
Le bâtiment accueillant mon appartement est un immeuble haut de vingt étages de haut standing. Ici tout est fait des plus beaux matériaux dans un style clair et élégant. Je vois aussi ce qui a plu à mon père dans cet endroit : le côté sécuritaire. Personne, à part les résidents, ne peut entrer ici et encore moins se rendre dans les étages sans se faire annoncer.
J’échange quelques politesses avec le jeune homme installé derrière le comptoir et prends la direction des ascenseurs. Je viens d’en appeler un lorsque mon téléphone se met à sonner et la photographie qui apparaît sur mon écran me provoque un sourire franc. Je décroche folle de bonheur de parler à ma meilleure amie, Mackenzie.
— Hello !
— Ava !
— Comment vas-tu ?
— Je me sens comme déchirée en deux.
— C’est dur pour moi aussi, Mack.
— Et tu n’es partie que depuis deux jours.
J’entre dans l’ascenseur quand il arrive.
— Dis-moi que ce connard a été odieux, que tu as démissionné et que tu es, en ce moment même, en route pour l’aéroport.
— Ce connard a été odieux, je n’ai pas démissionné et je ne prendrai pas l’avion. Nous avons réglé certaines choses, lui et moi. Je pense que nous allons pouvoir travailler dans de bonnes conditions.
— C’est bien ma veine…
— Je me souviens de t’avoir demandé de venir avec moi et tu as dit non.
— Tu sais parfaitement ce qui me retient.
— Ça serait une bonne manière de te débarrasser de tous tes problèmes.
— Si seulement c’était aussi simple… Mais oublions ça et raconte-moi ta journée avec Théo.
— Figure-toi qu’il ne m’a même pas reconnue !
— Sérieusement ?
— Et il s’est permis de me mater comme un vulgaire bout de viande.
— Ava, ne le laisse pas te faire douter de toi ! Tu es belle, tu es intelligente, tu as du talent et lui n’est qu’un...
— Pur canon, dis-je mollement en me laissant aller contre le miroir présent dans l’ascenseur.
— Mais non ! se récrie Mack. Le plan, c’est de lui rendre la monnaie de sa pièce, certainement pas de minauder devant lui.
— Et ce n’est pas du tout mon intention, mais j’ai des yeux pour voir et il est toujours aussi séduisant.
— N’oublie pas ce qu’il s’est permis de te faire quand tu as la culotte qui mouille.
Je lève les yeux au ciel.
— Je te promets de m’en souvenir.
Me voilà arrivée devant la porte de mon appartement.
— Mack, je vais devoir t’abandonner. Je dois aller dîner chez mon père.
— OK !
Je sens au son de sa voix que d’avoir à raccrocher lui est pénible. Tout comme à moi d’ailleurs…
— Je te rappelle demain, ça te va ?
— Entendu.
— Je t’adore, tu sais…
— Moi aussi…
À contrecœur, je coupe la conversation, mais j’ai encore des choses à faire avant de retrouver mon père.
Je pousse la porte de mon logement en pensant à combien j’aimerais que ma meilleure me rejoigne sans vraiment y croire.
Mes premiers pas dans mon appartement me mettent dans le même état de stupéfaction que la première fois où je l’ai découvert. J’ai du mal à réaliser la chance qui est la mienne d’avoir un endroit aussi splendide où vivre. Mon père m’a fait un présent exceptionnel.
D’ailleurs, il ne s’est pas contenté de me l’offrir. Comme si ce n’était pas déjà incroyable, il l’a fait entièrement décorer et le résultat est spectaculaire. Les murs ont été peints en blanc ivoire et le sol est recouvert d’un parquet clair avec un effet vieilli dont je suis totalement fan. La pièce principale est volumineuse et très bien éclairée grâce aux vitres qui la traversent d’un bout à l’autre. La vue sur la ville est stupéfiante. La cuisine, très moderne et de couleur noire, est ouverte sur le salon. De l’autre côté de la pièce se trouvent les deux chambres, un dressing d’une taille indécente et une salle de bains tout aussi renversante que le reste de l’appartement. Mon père a choisi un style très épuré parfait pour moi. Cet endroit me ressemble et j’ai été touchée de voir à quel point mon père me connaît bien.
Mais je dois me dépêcher, car j’ai hâte de le rejoindre justement.
***
Mon père vit dans la banlieue de Seattle. Il y a acheté une très jolie maison après le divorce. Je n’y ai jamais vécu, excepté pendant les vacances. Je mets une trentaine de minutes pour me rendre à son domicile et, à mon arrivée, le portail est ouvert. Je remonte l’allée de graviers, éclairée par des lampes au sol, avant de me garer près de la fontaine placée devant la façade de la maison. D’un pas pressé, je monte les quelques marches du perron, passe entre les immenses colonnes blanches avant de pousser la porte vitrée qui me paraît toujours aussi lourde.
— Coucou ! dis-je pour m’annoncer.
— Dans le salon, ma princesse.
Je contourne l’escalier trônant au centre de l’entrée pour remonter un immense couloir de quelques pas seulement pour bifurquer sur la gauche. Le salon donne sur le jardin arboré et illuminé.
Mon père patiente dans l’un des sofas de style classique qui meublent la pièce et siègent autour de la cheminée en pierre où crépite un agréable feu. Il sirote un verre de bourbon. J’ôte mon manteau avant de venir l’embrasser.
— Désolée, je ne suis pas en avance.
— Houlà ! Ce n’est qu’un dîner en famille, ma chérie.
— Tout juste !
— Je t’ai mis du vin blanc au frais.
— Mon péché mignon…
Mon père me propose de le suivre dans la cuisine. À peine nous sommes entrés dans la pièce que des senteurs très appétissantes viennent chatouiller mes narines et activer mes papilles.
— Mon Dieu ! ce que ça sent bon !
— Donna nous a gâtés.
— C’est adorable de sa part, mais j’imagine qu’elle est déjà rentrée chez elle.
— Malheureusement, oui.
— Je la verrai une prochaine fois.
Je prends place autour de l’immense îlot central tandis que mon père s’affaire à me servir un verre de vin.
— Alors, ce déjeuner avec Théo ?
— Eh bien, nous avons enterré la hache de guerre, lui expliqué-je en me servant dans ce plat de hors-d’œuvre que mon père vient de me mettre sous le nez.
Une fois mon verre servi, il me rejoint.
— Voilà une bonne nouvelle !
— Ça t’inquiétait, je me trompe ?
— Un peu, oui. L’espace d’un instant, j’ai redouté que votre collaboration tourne au cauchemar. Lorsque nous avons évoqué la possibilité que tu viennes travailler chez Bailey, je n’avais pas compris que ton hésitation venait à ce point de Théo.
— C’est qu’il m’a laissé un très mauvais souvenir, dis-je le regard bas tandis que les mots de Théo et Maggie résonnent à nouveau dans ma tête.
— J’ai eu l’occasion de le constater. Même s’il a des défauts, il a aussi de grandes qualités qui sont profitables à Bailey. C’est un bon patron et il peut être un excellent mentor. C’est uniquement pour cette raison que je veux qu’il te forme. Tu apprendras plus avec lui qu’avec n’importe qui dans l’entreprise.
— Pas même avec toi ?
— N’allons pas jusque-là quand même, rit mon père. Mais ton besoin de discrétion fait qu’il n’est pas préférable que je te forme.
— Oui, tu as raison.
Mon père me présente son verre.
— À ton premier jour chez nous, ma chérie. Qu’il soit le commencement de la longue histoire d’Ava Bailey, héritière de la maison Bailey. Ton aventure commence. Pourvu qu’elle te mène bien plus loin que ce siège dans lequel tu es assise pour le moment. Je fonde de grands espoirs sur toi.
Nous trinquons dans un sourire tendre, même s’il vient de faire monter la pression d’un cran de mon côté. Devenir éditrice, je gère ! Lancer Romance, je peux me dépatouiller ! Mais porter si haut le nom des Bailey… là, il y a encore un sacré boulot. Heureusement, papa est là. Il n’y a aucune inquiétude à avoir.
— Pourquoi as-tu fait le choix de ne pas lui dire que tu m’engageais ?
Je fais la moue.
— Il n’a pas du tout apprécié.
— Je lui ai parlé de Romance, il y a plusieurs mois, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’est pas montré très emballé par l’idée. Pourtant, j’étais convaincu que nous devions donner un souffle de nouveauté à la maison. Ce n’est pas parce que nous sommes une valeur sûre dans le monde de l’édition qu’il faut rester sur nos acquis.
— Je suis d’accord.
— Mais Théo a bossé dur pour en arriver là où il est. Il a fait preuve de ténacité et de beaucoup de courage pour franchir tous les échelons. Il a été, de très loin, mon meilleur stagiaire. Cependant, il a beau être compétent, ce n’est pas pour autant que je lui ai mené la vie facile, bien au contraire. Je l’ai poussé dans ses retranchements au maximum afin qu’il donne le meilleur de lui-même. Il est directeur depuis cinq ans et il commence à parfaitement maîtriser les rouages du métier. Du coup, il se complaît dans sa petite zone de confort et je peux le comprendre. Il va avoir trente ans, je l’ai sous mon aile depuis presque dix ans. Je l’ai bousculé et, maintenant, il relâche cette pression que je lui ai imposée pendant sa formation et ça ne me convient pas. J’ai décidé de lancer Romance aussi pour qu’il se bouge, mais ça n’a pas eu l’air de le motiver. J’ai pris la décision de mettre ce projet en stand-by le temps que tu finisses tes études et que tu obtiennes ton diplôme.
J’observe mon père d’un air incompris.
— Qu’est-ce que je viens faire dans l’équation ?
— Ton arrivée va le forcer à se mettre sur ses gardes.
— Je ne vois pas bien pourquoi. Et puis, s’il se sent vraiment menacé, il risque de m’en faire baver.
— J’en doute fortement. C’est davantage un compétiteur qu’un calculateur. Et je suis encore là, Ava. Je veille sur toi. C’est d’ailleurs pour cette raison que je tenais à lui dire que tu es ma fille. Ça va calmer ses ardeurs. On se connaît assez bien et je sais qu’il a déjà parfaitement compris quel était le but de la manœuvre. Un peu de concurrence lui fera du bien…
— De la concurrence ? Mais je n’ai aucune vue sur son poste.
— Il ne s’agit pas du poste de directeur, Ava, mais du mien.
— Je veux encore moins de ton poste ! m’insurgé-je. Et Théo n’a pas à le convoiter non plus. Tu es là, il n’y a pas besoin de te remplacer.
— Je vais avoir quarante-sept ans…
— Et alors ? Tu es encore jeune.
— J’aimerais prendre du temps pour moi. Je ne vais pas poursuivre à ce rythme pendant dix ans encore. J’ai déjà donné tellement à cette entreprise.
— Je peux concevoir que tu rêves de me voir prendre Bailey en main, mais je suis éditrice depuis aujourd’hui.
— Ava, si je tenais tant à te faire entrer dans la maison, c’est pour te préparer.
— Papa…
Sentant que je suis réfractaire à l’idée de le voir partir en retraite et, bien plus, que je prenne sa relève, il lève les mains dans un signe d’apaisement.
— Ma chérie, je suis encore là et je m’en irai lorsque je sentirai que tu es prête. Même ce jour-là, je serai toujours là pour te soutenir. C’est notre héritage et c’est ensemble, main dans la main, que nous le ferons perdurer.
— Je ne sais pas si j’aurais un jour le charisme et les compétences pour relever un tel défi. L’enjeu est énorme. À l’idée que je puisse gâcher ton travail et celui de notre famille…
Je porte une main à mon cœur.
— J’en ai la nausée.
Mon père ricane avant de me prendre dans ses bras.
— Ma chérie, dit-il avec tendresse en déposant un baiser sur ma tempe. J’ai pleinement confiance en toi et je sais que tu en es capable. Maintenant, chaque chose en son temps. Tu dois apprendre le métier. De mon côté, je doute d’être prêt à décrocher. J’y pense, mais ça ne veut pas dire que j’en suis là. Et puis, j’ai envie de te transmettre mon savoir-faire. Mon père n’a pas eu vraiment le temps de le faire avec moi. Je veux qu’il en soit autrement pour toi. Concentre tes efforts sur Romance et quand tu te sentiras plus à l’aise, nous commencerons à nous consacrer du temps pour parler de tout ça. Ça te semble plus acceptable ?
— Ça me terrifie, papa. Cependant, comme tu l’as dit, c’est mon héritage et je ne veux pas le renier.
Je lui adresse un sourire entendu.
— Progressons étape par étape.
— Marché conclu !
Il m’embrasse avant de sauter de son tabouret pour s’intéresser à notre dîner qui cuit au four. Je le regarde faire, effarée.
Comment peut-il fonder autant d’espoir sur moi ? Je ne serai jamais à la hauteur de ce qu’il attend de moi. Je vais le décevoir, c’est inévitable…
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