Seven : Le jeu de tous les péchés (French Edition)

Hôtel Sex & Love.

Quatrième péché :

Hôtel Sex & Love.

Chambre Soumission.

Apaiseras-tu ma colère ?

 

étrange, mais après réflexion, je pense que c’est assez judicieux que ce Notre rendez-vous de ce soir nous conduit dans un quartier excentré de Seattle. Sur le moment, j’ai trouvé cela relativement genre d’établissements soit placé dans un endroit à l’abri des regards.

D’extérieur, le bâtiment est un peu piteux, mais à l’intérieur, c’est autre chose. Ici, l’ambiance est singulière et assez sombre. J’ai demandé à Théo de me rejoindre à cette adresse bien précise. Afin de mettre un point final à mes préparatifs, je me suis assurée d’être sur place avant lui. À l’accueil, j’ai été reçue par une jeune femme très gentille. Ensemble, nous sommes montées dans la chambre réservée quelques semaines plus tôt. Elle m’a présenté les équipements dont celle-ci est dotée puis j’ai installé tout ce dont j’ai besoin pour le déroulement de notre soirée. Maintenant, il ne me reste plus qu’à attendre mon cher Théo.

Comme à son habitude, il est ponctuel. Je le rejoins lorsqu’il se gare près de ma voiture.

— Bonsoir, Théo, l’accueillis-je quand il descend.

— Bonsoir, ma chérie.

Il balaie les environs.

— J’ai cru m’être trompé d’adresse. Mais où est-ce que tu nous as amenés ?

— Je sais, ça ne paraît pas très engageant comme ça, mais l’intérieur est plus sympa…

Enfin, ça dépend pour qui, souligne ma Betty.

— Je suis curieux de voir ça, dans ce cas…

Je glisse ma main dans la sienne pour l’attirer vers l’hôtel. C’est avec un certain intérêt que je l’observe guettant la moindre de ses réactions quand il découvre les murs recouverts d’une peinture fuchsia et ornés de photographies mettant en scène des couples dans des contextes plutôt surprenants. Je l’entends déglutir bruyamment.

— Est-ce que tout va bien ?

— Je croyais que ça devait être plus engageant une fois la porte franchie.

J’étouffe un rire.

— Notre chambre est juste là, l’informé-je quand nous atteignons le premier étage.

Sur le palier, il y a deux portes : la nôtre est sur la gauche. Un bandeau noir repose sur la poignée, je le ramasse.

— J’aimerais que tu le passes. Dans un premier temps, je préfère que tu ne voies pas ce qu’il y a derrière cette porte. Es-tu d’accord ?

Pour seule réponse, il se penche suffisamment pour que je puisse le nouer à l’arrière de sa tête. Une fois ses yeux bandés, je glisse la clef dans la serrure et pousse lentement la porte. Autant dire que j’ai le trac en revenant dans la chambre avec Théo. Je le guide, le ventre noué à l’idée qu’il refuse de jouer cette partie.

Dans la pièce, d’enivrantes senteurs d’huiles essentielles d’acore et de giroflier nous chatouillent les narines ; une agréable musique, aux notes Chill-Out, nous caresse les oreilles.

— Je vais te déshabiller et tenter de te faire découvrir, à l’aide d’indices, ce que j’attends de toi. Quand tu l’auras deviné, tu me donneras ta réponse définitive. Acceptes-tu mes conditions ?

— Je les accepte.

Mes mains remontent sur son torse afin de le dévêtir. Je lui retire sa veste et sa chemise d’un même geste. Elles finissent sur le sol. Mes lèvres parcourent ses pectoraux saillants tout en m’occupant de sa ceinture. Avec mon aide, son pantalon tombe à ses pieds. Il ne porte plus que son boxer quand je m’agenouille devant lui. J’en fais jaillir son sexe et l’enrobe de ma bouche.

— C’est un indice ça ?

Mes caresses font leur petit effet.

— Vois ça comme un petit bonus, dis-je en revenant à la charge.

Sa respiration se fait plus bruyante, plus oppressante quand je l’avale de toute sa longueur. Langoureusement, je vais et je viens autour de cette imposante légende qui ne cesse de grossir sur ma langue. Sa main puissante se referme sur ma nuque tandis qu’il bouge en rythme avec moi. Je place ma main sur son entrejambe et le masse fermement. Il lâche alors un soupir d’approbation.

— Tu me rends fou, mon amour, articule-t-il le souffle court. Ta bouche est d’une perfection…

J’accélère la cadence en titillant son gland de ma langue. Ses doigts raffermissent leur prise dans mes cheveux.

— Je t’attends depuis des jours. Si tu ne veux pas que je vienne dans ta bouche, ralentis un peu.

Je le fais, mais le gâte encore un peu de ma présence avant de l’abandonner. Puis, je pars en quête d’un des objets posés sur le couvre-lit. J’en sélectionne un et me délecte quelques secondes de la somptueuse nudité de mon bel amant. Mon sexe palpite déjà entre mes cuisses.

Me positionnant dans son dos, je viens flatter la courbe de ses fesses à l’aide de l’outil que je tiens au creux de ma main tout en remontant dans son dos.

— Est-ce que ça t’éveille quelque chose ?

— Le cuir, me dit-il, sûr de lui.

— Bien vu, monsieur Allen. Un second indice ?

— S’il te plaît.

Je m’empare d’un autre instrument. Encore une fois, j’aborde sa sculpturale musculature en lui révélant une nouvelle sensation qui parcourt sa peau. Dans un mouvement aérien, je lui chatouille l’échine.

— Et ceci, qu’est-ce que ça t’évoque ?

— Des franges en daim, il me semble.

— Impressionnant ! As-tu une idée plus précise de ce que j’attends de toi cette nuit ?

— Pour être honnête, j’avais déjà mon idée sur la question avant de venir ici.

— Voyez-vous ça !

— C’est le but du jeu, non ? D’en apprendre plus sur toi. Je commence à te cerner et je ne pense pas prendre trop de risque en avançant que tu aimerais me fouetter.

— J’aime ta perspicacité, mon cher Théo.

Je le vois glousser discrètement.

— Puis-je en déduire que tu as déjà une idée de ta réponse ?

— Effectivement, ma décision était prise quand je me suis garé près de ta voiture. J’ai un peu hésité en découvrant ce drôle d’endroit, mais tes désirs sont des ordres alors…

Je souris franchement quand il accepte ma proposition. Il y a deux péchés que je redoute vraiment et la colère est l’un d’eux.

— Si tu m’y autorises, je voudrais te fouetter à cinq reprises. Je te laisse le choix entre mon premier indice qui est une cravache, ou le second qui est un martinet.

— Avant tout, j’ai besoin de comprendre quel est l’intérêt de cette épreuve ?

— C’est une question de confiance. Tu dois remettre ton corps entre mes mains et avoir foi en moi pour me laisser te flageller sans crainte et même avec une certaine envie…

— Et c’est uniquement ça que tu cherches à démontrer ?

— J’aimerais également découvrir les sensations que cet acte éveillerait en moi.

— Dans ce cas, allons-y !

Mes lèvres se pressent doucement contre les siennes tandis que mon corps épouse parfaitement ses formes.

— Ça me touche que tu acceptes de te livrer à cet exercice. Merci infiniment, Théo.

— Je t’aime, Ava.

— Il y a un dernier détail dont nous devons discuter avant que nous commencions.

— Entendu.

— Tu m’accordes une minute ?

— Mais je t’en prie. Je suis tout à toi.

Avec empressement, j’enlève ma robe noire afin de laisser apparaître une nuisette portée si près du corps qu’elle se dévoile être comme une seconde peau sur moi. Sa dentelle totalement transparente arbore un élégant mélange de rouge et de noir. Une fois que je suis prête, je reviens vers Théo et lui retire son bandeau. Immédiatement, il me scrute de la tête aux pieds et ma légende montre un signe évident d’approbation.

— Tu es si belle.

Son regard passe au-dessus de mon épaule. Je vois ses yeux s’écarquiller quand il aperçoit l’objet derrière moi.

— Théo, est-ce que tout va bien ? demandé-je, en ravalant un gloussement.

— C’est quoi ce machin ?

— Ne me dis pas que tu n’as jamais vu une croix de Saint-André.

— Jamais en vrai. Tu veux m’attacher à ce truc ?

— C’est le dernier détail sur lequel nous devons tomber d’accord.

Le front plissé, il m’observe avec sérieux.

— Éclaire-moi sur un point.

— Je t’écoute, dis-je amusée.

— Tu as conscience qu’un jour prochain tu n’auras plus le monopole de la domination et que j’affectionne particulièrement la notion du donnant-donnant ?

J’emprisonne ma lèvre entre mes dents et la relâche dans une lenteur sensuelle.

— Tu promets ?

Il s’esclaffe.

— Mais sur quelle fille je suis tombé moi ?

— Je t’ai prévenu dès mon premier jour, Théo : je ne suis pas seulement ambitieuse, je suis bien d’autres choses.

— Et tu n’as pas menti. C’est un plaisir de le découvrir, ma déesse.

— Tu es d’accord pour que je t’attache ?

— Je veux bien.

Avec une impatience difficile à contenir, ma main saisit la sienne, je le conduis à l’endroit où je le désire. Docile, il se positionne face à la croix en bois en prenant soin de placer ses pieds près des fixations. Je m’accroupis et attache autour de sa cheville le lien en cuir maintenu à la croix par un crochet. Je le contourne pour faire de même du côté opposé. Lorsque je me redresse, Théo tend son bras vers le lien à sa gauche. Nous nous scrutons d’un œil complice tandis que je le ligote. Son attitude est rassurante, il semble serein pendant que je l’entrave. L’épreuve de ce soir est celle qui exige le plus d’aplomb et de précision de ma part et le sentir conciliant et confiant est d’un grand soutien pour moi ; Théo accepte de remettre son corps entre mes mains et ce geste d’abnégation me rend extrêmement fière, mais aussi très nerveuse. Je souhaite prendre du plaisir, mais avant tout, lui en procurer, ceci sans le blesser.

— Il ne nous reste plus que le choix de l’instrument : la cravache ou le martinet ?

— Le martinet.

— Voilà une bonne idée.

Je me dirige vers le lit et m’empare du martinet aux franges rouges et noires en daim et au manche en cuir tressé, sous le regard attentif de mon beau soumis.

— Nous avons donc décidé ensemble que je te fouetterai à cinq reprises à l’aide de ce martinet.

— Oui, maîtresse.

J’arque un sourcil.

— Quoi ? badine-t-il. Je respecte le scénario. Comme tu me vois, je suis à fond dans mon personnage.

Je pouffe de rire, mais son amusement mute en une drôle de fierté.

— Je le savais, dit-il en me fixant avec adoration. Tu rayonnes quand tu prends le pouvoir. Tu es faite pour lui.

— Et ça ne te fait pas peur ?

— Ça serait sûrement plus sage, mais ça me rend encore plus amoureux. Mais continue !

Je souris avant de me positionner derrière lui.

— Avant que nous débutions, tu dois me promettre de m’arrêter si tu ne veux plus poursuivre. J’ai pleinement conscience de t’en demander beaucoup, mais tout ce que je désire est que nous vivions un instant particulier qui nous comblera tous les deux. Tu ne dois pas seulement le faire pour me contenter, mais y trouver une certaine satisfaction. Tu comprends ?

— Je veux essayer et je te promets de te dire « stop » si je ne le supporte plus.

— Merci Théo.

Mon excitation grandissante me donne soudainement de l’assurance, je resserre fermement mes doigts sur le manche. Voir le galbe parfait de son postérieur augmente considérablement l’euphorie de ce moment. La musique, à la mesure lascive et lente, me donne le rythme. Je lève mon bras et le rabats brusquement. Le daim vient heurter la chair ferme de sa croupe dans un bruit cinglant qui résonne dans la pièce, faisant écho à cette fantastique décharge qui se propage dans tout mon être pour s’installer entre mes cuisses. Je le vois se tendre subitement dans un gémissement contenu. Ses bras tirant sur ses entraves dans un bruit métallique.

Je meurs d’envie de m’assurer qu’il va bien, mais je dois lui faire confiance et le laisser se manifester au besoin. Je me tais et annonce :

— Plus que quatre.

Ma main s’abat une nouvelle fois à l’endroit précis où je l’ai flagellé, il y a quelques instants. Théo grogne en se cambrant à nouveau.

— Plus que trois, dis-je avec une pointe d’émerveillement dans la voix.

Celle-ci est due à ce sentiment très particulier qui s’impose en moi face à cette scène totalement hallucinante. Comme précédemment, mon corps réagit violemment à ce troisième coup, mon sexe palpite de plaisir à chaque collision entre le daim et sa peau. Cette fois, il l’accueille sans broncher.

— Plus que deux.

Je l’entends expirer profondément sous le poids du martinet qui claque de façon tapageuse sur la cime de ses fesses. Avec délicatesse, je laisse mes doigts parcourir sa peau rougie.

— Plus qu’un, murmuré-je, alors que je le gâte de cette douce caresse.

Je reprends ma place initiale et lui assène un ultime châtiment. Théo étouffe un juron quand, de mon côté, je perçois très clairement mon sexe transpirant de moiteur qui se révèle à l’accomplissement de cet acte de soumission.

— Encore, siffle-t-il, entre ses dents.

Quoi ? Je n’ai pas rêvé, il…

Il en redemande ! s’exclame ma Betty en sautant de joie comme une folle furieuse.

— Qu’est-ce que tu as dit ? dis-je d’une voix blanche certaine d’avoir mal compris.

— Je t’en prie, encore !

Aussi stupéfiante que soit sa requête, j’accède à sa demande et le bats de nouveau. Il se raidit en ravalant un cri.

— Encore ! dit-il d’une voix torturée et haletante.

Théo se tend brutalement, l’obligeant à tirer sur ses chaînes alors que je le cingle comme il me l’a demandé.

— Mon amour, j’ai besoin de toi.

Sa complainte me saisit d’effroi. Je cours pour le libérer certaine d’avoir été trop loin.

— Laisse-moi jouir en toi, m’implore-t-il quand je le rejoins.

Le martinet tombe sur la moquette rouge et mes mains se faufilent sous ma nuisette pour me débarrasser de mon tanga. Quand je me glisse dans l’interstice entre son corps et la croix, je découvre, bouleversée, l’expression de son visage : il m’adore, me vénère, me supplie…

Prenant appui sur ses épaules, je m’enroule sur sa taille avant de m’empaler sur son sexe dressé sans jamais rompre ce contact visuel qui véhicule à lui seul un flot d’émotions éloquentes, parfait reflet de l’intensité de ce que nous vivons dans cette chambre.

Immédiatement, Théo me martèle de coups de reins puissants et pressants, m’écrasant lourdement contre le bois qui s’enfonce douloureusement dans ma peau.

Avec frénésie, mon corps se confronte au sien dans un bruit sourd. Ce claquement vif et régulier s’harmonise avec cet air suave qui envahit l’espace.

En cet instant, les mots sont devenus parfaitement dérisoires entre nous. Nous ne sommes plus qu’une seule et même personne en quête d’une délivrance salvatrice à cette frustration charnelle qui l’entrave. Notre désir commun est à son paroxysme. Je vois ce plaisir ravageur surgir dans ses beaux yeux sombres qui sondent les miens à la recherche d’une réponse. Sans qu’aucun son ne lui échappe, je le sens se répandre au plus profond de mon être et cette sensation a raison de moi. Je jouis longuement alors que son sexe vibre toujours ardemment dans mon intimité. La cadence de notre échange est si insistance qu’il nous faut quelques secondes pour que nous nous apaisions enfin, nous laissant tremblants dans les bras l’un de l’autre. Le regard de Théo ne m’abandonne pas, cependant il reste muet. Rien dans son langage corporel ne me délivre la moindre information sur l’état d’esprit dans lequel il se trouve et ce constat accroît mon angoisse d’avoir était trop exigeante avec lui.

— Théo, j’ai besoin de savoir ce qui se passe dans ta tête, lui dis-je, en capturant son visage dans mes mains. Parle-moi.

— Je t’aime, bafouille-t-il en m’embrassant avec ardeur. Ava…

Mon prénom n’est qu’un gémissement, un couinement entre ses lèvres. Il disparaît dans mon cou, ses lèvres s’attardant sur ma peau.

— Théo, dis-moi que tu vas bien, pleuré-je en sentant sa propre émotion.

Mes larmes redoublent quand il fait non de la tête.

— Tu m’as marqué à jamais, Winy. Plus rien ne sera jamais pareil.

Son front se presse contre le mien, il m’embrasse.

— Il faut que je gagne. Je ne peux pas te perdre. Rien ne sera plus jamais possible sans toi.

Ses yeux mouillés se présentent au mien.

— Tu m’as enchaîné à toi. Je suis perdu, Ava.

Je pose une main sur sa joue, tout aussi émue que lui.

— Ou alors tu t’es trouvé…

Un rire nerveux meurt sur mes lèvres.

— Merci, mon amour…

— De quoi ?

— De faire de moi un homme… ton homme…

J’ai un sourire un peu niais pour lui.

— Ma chérie, continue-t-il dans un soupir.

— Oui ?

— Tu peux me détacher, s’il te plaît.

— Oh…

Je retrouve le sol ferme.

— Pardon…

Il rit de me voir m’affairer sans tarder à lui retirer ses liens.

— Tu veux qu’on aille chez moi ? lui demandé-je en m’occupant de sa cheville.

— Je ne sais pas. Tu as de la crème pour me masser le cul ?

Je me redresse en grimaçant.

— Je ne crois pas qu’on en soit encore là.

— Quoi ? s’étonne-t-il en riant. Tu viens de me fouetter ! On est plus à un petit massage près. Tu crois qu’il y a encore des barrières entre nous après un truc pareil ?

— Quelques-unes.

Je lui fais un clin d’œil.

— Après tout, il reste trois péchés.

— Qu’est-ce que tu vas me faire encore ?

Je m’amuse de la lassitude dans sa voix.

— Tu le sauras en temps voulu. En attendant, je peux consentir à m’occuper de ton postérieur.

— Tu es bien aimable.

Théo libre, nous nous habillons avant de récupérer nos voitures respectives pour rentrer chez moi. Cette soirée a été au-delà de tous mes espoirs.

 

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