Seven : Le jeu de tous les péchés (French Edition)
Los Angeles nous voilà
soir, nous avons la soirée rien que pour nous. Un détail qui n’est pas pour Le vol qui nous conduit à Los Angeles atterrit à destination aux alentours de 20 h. Le séminaire débute à 9 h demain matin. Ce qui fait que ce me déplaire. Après cette affreuse entrevue avec mon père, nous sommes retournés chez moi et nous avons passé le reste de la soirée avec Mack et Jacob. Un moment agréable. J’ai eu le plaisir de constater que Mackenzie écoute mes conseils ; elle laisse une chance à Jacob de la séduire et il se donne du mal pour y parvenir.
Cette soirée est tombée à point nommé, car après la scène entre ces
deux têtes de mules, la seule chose qui me faisait envie était de me détendre avec mes amis. Ce qui fut pleinement le cas. Le mutisme de Théo à ce propos est la preuve qu’il n’a pas l’intention d’en discuter davantage. Je préfère ne pas chercher à aller contre cela pour l’instant. Le temps fera son œuvre et Théo apprendra à me confier ce qui le bloque dans sa relation avec mon père. J’aimerais tellement qu’ils s’entendent sans que la moindre étincelle vienne mettre le feu aux poudres.
L’hôtel qui accueille la conférence de demain se trouve au cœur de la
ville. Établissement moderne, il offre un confort très appréciable.
Sur place, Théo se charge de récupérer la clef de notre chambre pendant
que j’appelle mon père pour lui faire part de notre arrivée. Notre chambre, au septième étage, n’offre pas le luxe que nous trouvons dans celles que nous occupons le samedi soir, mais j’aime qu’elle soit dotée d’un balcon.
Après avoir posé ma valise, c’est le premier endroit que je visite. Ici, les
températures sont bien plus chaudes qu’à Seattle. Les lumières de la ville s’étendent à perte de vue sous mes yeux dans une symphonie de klaxons, de sirènes et bruits en tout genre.
— Avec une vue sur l’océan, ça aurait été vraiment parfait, non ? Théo, qui vient de me rejoindre, m’enlace à la taille. — Tu crois qu’on aura le temps d’aller s’y balader ? lui demandé-je. — Si on repousse notre vol de retour à samedi, c’est possible. Demain
soir, il y a une réception à laquelle on ne pourra pas échapper.
Je pivote dans ses bras pour m’y blottir.
— Que peux-tu me dire sur ces séminaires ? Ils sont barbants, non ? — Eh bien, tout dépend des thèmes abordés. Là, nous parlerons de la
diffusion numérique. Le but étant de simplifier le procédé et de l’accélérer.
— Ce qui doit être assez technique.
— Effectivement.
— Je sens poindre la grosse migraine.
— En attendant, tu veux que nous sortions dîner ? Je me suspends à son cou.
— Je ne veux vous partager avec personne ce soir, monsieur Allen. — On commande ?
J’acquiesce.
— Ensuite, on se glisse sous la couette pour se peloter, le provoqué-je. — Histoire qu’on soit comme des fous samedi soir ? — Tu as tout compris.
— Moi ça me va.
Après un moment à profiter de l’air relativement chaud de la Californie,
nous rentrons et, pendant que je me douche et que je passe une tenue plus confortable, Théo s’est chargé de nous faire monter à dîner. Celui-ci engloutit, mon bel amant s’est éclipsé dans la salle de bain pour se doucher à son tour. J’ai profité de son absence pour commander une bouteille de champagne. Quand il m’a rejoint, j’étais étendue sur le lit et vêtue d’une nouvelle tenue aguicheuse, une coupe de champagne dans chaque main et une fraise entre les lèvres.
Quelques bulles plus tard, c’est à son tour d’être allongé tandis que je
suis assise à califourchon sur lui.
— As-tu prévenu ta mère que tu étais bien arrivé à L.A?
Tout en posant cette question, je récupère une fraise dans la coupelle
posée sur le chariot près du lit et la présente à ses lèvres. Théo, dont les mains ont élu domicile sous ma nuisette, me répond :
— Ce n’est pas parce que nous sommes proches que je lui fais un
rapport de mes moindres faits et gestes.
Je hausse les épaules.
— Il n’y a rien de mal à ça. J’ai appelé mon père… Cet imbécile a un rire moqueur avant de croquer dans le fruit. Je m’empare de ma coupe de champagne et en prends une gorgée que je
garde prisonnière entre mes lèvres. Penchée au-dessus de Théo, je viens la déverser dans sa bouche. Après l’avoir avalé, il nous fait rouler dans le lit.
— Ma chérie se serait-elle mis en tête de me faire regretter de ne pas
avoir changé les modalités de notre jeu ?
— À ton avis…
Coulant mes mains dans ses cheveux, je l’embrasse. Lui joue du bassin
contre moi.
— On peut toujours en discuter, l’encouragé-je en redescendant vers ses
fesses.
— Tu es une vraie diablesse, grogne-t-il en mordillant ma peau en
direction de mes seins.
Il les nargue, mais sans jamais franchir la barrière de ma nuisette. Théo
continue son exploration en la remontant sur ma taille, dévoilant mon tanga rose poudré. Son nez vient titiller mon clitoris à travers la dentelle.
— Théo…
Je me frotte contre lui avec envie.
— Viens, l’imploré-je.
Mon corps se cambre quand sa respiration vient s’échouer contre mon
sexe déjà bouillonnant. Sa langue vient me tourmenter quand elle se faufile entre mes lèvres.
— Jouis, ma déesse, m’invite-t-il en revenant à la charge. Sa langue reprend son ouvrage en agaçant mon clitoris. Il le lèche, le
suce, le met au supplice. Son doigt se joint à la fête et s’introduit en moi. Je m’arcboute.
— Ava, gronde-t-il contre mon sexe.
Ma jambe vient se poser sur son épaule pendant que je bouge
frénétiquement contre sa bouche, ses doigts s’agitant plus vite. J’ajoute ma seconde jambe, les enroule autour de son cou et me soulève pour remuer plus fermement sous sa langue. J’imagine combien cette position doit être difficile à tenir pour lui, mais ce désir grossissant entre mes cuisses me rend si impétueuse et affamée que j’oublie tout le reste. Seule sa présence compte. Sa langue me provoquant, ses doigts m’avilissant à ce plaisir charnel, il n’y a que cela qui m’importe à cet instant.
Je crois que je vais céder, que je suis prête quand Théo ajoute un
nouveau doigt en moi ramenant leur nombre à quatre.
— Théo ! crié-je quand il me gâte de cette imposante présence. Si sa main demeure logée entre mes jambes, lui remonte pour venir
m’embrasser.
— Tu en veux plus, ma chérie ?
Je l’interroge du regard.
— Je veux bien contourner la règle, mais pas l’enfreindre totalement.
De toute évidence, tu es d’une curiosité sans limites et il n’y a rien qui dit que toi seule doives nous faire découvrir toutes ces pratiques.
Ses doigts reviennent à la charge.
— Est-ce que tu as envie d’aller plus loin ?
Je hoche la tête avant qu’il m’embrasse à nouveau. — Tu es tellement trempée que ça ne sera pas bien difficile. Sa main formant un poing, il se présente à moi. Mes poumons se
bloquent quand je sens cette pression s’exercer contre mon ouverture.
— Respire, mon ange, m’intime-t-il quand je me tends. Accrochée à la tête de lit, mes pieds s’enfonçant dans le matelas, je me
laisse envahir par cette appréhension due à l’intrusion de Théo, par cette sensation que mon corps se déchire. C’est déroutant, mais incroyablement excitant.
Je crois devenir totalement folle lorsque ses dents viennent emprisonner
mon téton pour le chahuter.
— Théo, réclamé-je en fermant ma main sur son poignet comme un
encouragement à continuer.
Ce qu’il fait. Et plus il progresse, plus mon besoin de jouir devient
incontrôlable. Je vais à la rencontre de son poing qui s’enfonce plus loin.
— Oh mon Dieu ! me récrié-je quand il s’introduit entièrement entre
mes cuisses.
— Allez, ma puce, m’incite-t-il en sentant que je bouge autour de son
bras. Je sens que tu aimes ça.
— Oui ! dis-je comme une démente alors qu’il pousse davantage en
moi. Je vais jouir !
— J’en ai envie moi aussi, m’apprend-il d’une voix bien plus rauque
que d’habitude.
J’ondoie au gré de ce désir grandissant qui m’embrase le ventre. Je le
laisse me ravager jusqu’à ce que je ne puisse plus lutter contre, que je n’ai pas d’autres choix que vivre cet orgasme qui s’annonce redoutable.
— Jouis pour moi !
Une main toujours attachée à son poignet, l’autre plaquée à l’arrière de
sa tête, je viens écraser ce cri de délivrance contre sa bouche quand je suis frappée par cette foudre de plaisir. Un plaisir qui se propage partout en moi. Je rugis dans sa bouche pendant que mon corps est habité de cette folie pure. Un cri m’échappe quand Théo se retire.
— Soulève ta nuisette si tu ne veux pas que je la ruine, me prévient-il
en faisant jaillir son sexe de son pantalon.
J’obéis et me dénude pour répondre à sa requête pressante. Mon tanga
est roulé sur mes cuisses quand Théo se redresse et entreprend de se masturber vigoureusement. Mes cuisses se serrent devant cette vision sulfureuse.
— Tu m’as rendu dingue, putain, mugit-il. Regarde-moi ! Regarde-moi
quand je jouis pour toi !
Et je n’ai aucune intention de détourner le regard de son sexe dressé
qu’il astique à vive allure. Tous ses muscles se tendent, ses traits sont déformés par l’imminence de sa jouissance.
— Eh merde, siffle-t-il en capitulant dans un grognement guttural. Incapable de décrocher de ce spectacle, je me régale de le voir se
répandre sur moi, de sentir cette chaleur recouvrir mon intimité.
— Tu es parfait, m’extasié-je en me mettant à l’équerre pour enfoncer
ma langue dans sa gorge alors qu’il n’a pas encore repris son souffle.
— Je t’aime, souffle-t-il en y répondant avec bien plus de tendresse. Je retombe sur les oreillers sans jamais rompre ce baiser qu’il m’impose
plus doux. Sa respiration encore saccadée se calme petit à petit.
— Tu es très forte pour me faire désobéir au règlement. Après avoir baisé mon sein dévoilé, il se laisse retomber à ma droite.
— Comme tu l’as dit, ce n’est qu’une petite entorse, gloussé-je en
l’agaçant de ma bouche. Mais dis-moi, tu as fait des recherches très intéressantes on dirait…
— J’ai lu un livre très instructif « 20 secrets pour ne pas s’ennuyer au
lit ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne regrette pas les trois heures passées à le parcourir.
— Mais où as-tu été cherché ça ? ricané-je.
Il est sur le point de répondre, mais je ne lui en laisse pas l’occasion. — Non, attends, j’ai une meilleure question : tu avais peur que je
m’ennuie avec toi ?
Il pouffe en roulant des yeux.
— Je n’ai jamais rien entendu de plus ridicule ! J’ai une moue boudeuse.
— Et quelle Bailey indigne tu fais !
— Mais ! Hé !
— J’ai seulement fouillé dans nos archives et j’ai retrouvé ce bouquin
qui a été publié, il y a un bon moment maintenant.
Il se pince les lèvres choqué.
— Que dirait papy Bailey en apprenant que sa descendance ne connaît
pas par cœur tous les ouvrages parus dans sa maison ! D’ailleurs, tu crois que, celui-ci aussi, il l’a lu ?
Eurk…
Théo éclate de rire quand je mime un haut-le-cœur. Gentiment, il
embrasse mon épaule.
— J’ai aimé ce que tu as dit l’autre jour au cours du déjeuner. Tu es
attendrissante quand tu parles de lui. Ma jolie passionnée…
— J’aurais voulu plus le connaître, lui confié-je en posant mon front
contre le sommet de sa tête.
— Et il aurait adoré te voir grandir, sans aucun doute. Deux minutes
avec toi suffisent à comprendre la chance qui s’offre à nous d’avoir quelqu’un tel que toi dans nos vies.
Il se redresse. Je grimace quand il s’éloigne.
— Ce petit con de Sawyer l’a très bien pigé lui aussi. Amusée, je décide de le taquiner :
— Jaloux, monsieur Allen ?
Il rehausse un sourcil dans ma direction.
— Sois un peu sérieuse, ma puce.
— Tu es incroyablement arrogant !
— Faux ! Je suis réaliste ! La preuve en est : ce n’est pas lui qui vient de
te fister, mais moi !
— Espèce de…, mâchouillé-je les dents serrées en lui balançant un
oreiller alors qu’il vient de sauter du lit.
— Heureusement pour nous, tu baises mieux que tu vises ! — Mais quel goujat !
Riant de sa bêtise, il me tire par les pieds.
— Il me semble, mon ange, que tu n’es plus très propre. Ça fait
vraiment désordre tout ça…
Me voilà soulevée contre lui.
— À la douche, miss Bailey.
Sous l’eau chaude, Théo entreprend de faire disparaître les traces qu’il a
laissées sur moi et je ne me plains pas de m’en remettre à lui après ce que nous venons de partager. Je suis épuisée et mon corps est délicieusement endolori.
***
Il est un peu avant 9 h lorsque je me présente dans le grand hall
précédant la salle de conférence où se déroulera le séminaire aujourd’hui. Il y a déjà de nombreux participants agglutinés, bavardant et attendant le droit d’entrer. Dans un coin, un stand a été installé sur lequel sont entreposés les badges pour les éditeurs conviés. Je m’y rends pour signifier ma présence à la jeune femme qui y est assise.
— Bonjour, je suis Ava Bailey des Éditions Bailey. Elle me salue en retour et cherche mon nom sur sa liste. — Monsieur Allen devait participer également. — Il va descendre d’une minute à l’autre. Puis-je récupérer son badge
pour lui ?
— Bien sûr !
Elle me présente son document.
— Il me faudra deux signatures.
— Entendu.
Je signe son bout de papier et m’empare des deux tours de cou qu’elle
me tend. Après l’avoir remercié, je reviens sur mes pas. Le badge de Théo rangé dans la poche de mon manteau, je passe le mien sans y prêter attention. Dans ma grande maladresse, je ne regarde pas où je mets les pieds et bouscule légèrement une personne sur ma droite. Je me redresse pour m’excuser. En face de moi, j’ai deux jeunes femmes dont l’âge doit avoisiner celui de Théo.
— Je suis navrée, dis-je confuse.
— Il n’y a pas de mal, me dit la plus blonde des deux. Elle jette un coup d’œil à mon badge quand son amie, et collègue vu
qu’elles viennent toutes deux de la même maison, lui donne un petit coup de coude.
— Le voilà !
Je suis leurs regards et découvre que la personne qu’elles ont dans le
collimateur n’est nul autre que Théo. Il vient d’entrer dans le hall et je crois, à sa façon de sonder la pièce, qu’il me cherche, mais un homme en costard l’interrompt en le saluant. J’en reviens aux deux commères en me demandant ce qu’elles veulent à mon homme.
— Mais elle n’est pas avec lui, dit l’une.
— Elle ? me renseigné-je de plus en plus intriguée par le comportement. — La fille de monsieur Bailey. J’ai vu son nom sur la liste. Visiblement,
elle remplace son père.
Euh… savoir lire peut s’avérer utile quand tu bosses dans l’édition
non ? se moque ma Betty.
Aussi perplexe que Betty, je vérifie mon badge et celui-ci est en réalité
au nom de Virginia Paters.
Oups… la boulette !
Non, mais franchement, on a une tête à s’appeler Virginia ?! s’indigne
ma chipie.
Ce qui me rassure moins que ce prénom épouvantable, ce sont les deux
cancanières qui me courent après !
Je tourne les talons pour corriger cette erreur avec l’hôtesse derrière son
stand quand :
— Et voilà justement cette pimbêche de Milane qui arrive. Marche arrière toute, ma Betty !
— Qui est Milane ?
À la manière dont me toise ma voisine, je devine qu’elle doit me
prendre pour une ignare.
— Milane Tindle…
Ce nom m’évoque quelque chose…
— Avec son oncle, elle dirige les Éditions Reading à Sacramento. Oh…
C’est donc là-bas que Théo est parti quand il a quitté Bailey. — Et c’est un problème qu’ils se retrouvent tous les deux dans la même
pièce ?
— Tant qu’il y a du monde autour d’eux, ils sauront calmer leurs
ardeurs.
Non, mais c’est quoi cette histoire encore !
— D’où notre intérêt pour Ava Bailey. Théo a un faible pour les femmes portant un nom de famille plutôt prestigieux dans le milieu. Je suis curieuse de savoir si elle est, elle aussi, tombée dans le panneau.
— Elle aussi ?
Cette question m’a quelque peu échappé. Bien sûr, je me demande quel est le sens de ces bruits de couloirs, mais ce n’est pas auprès de ces mégères que j’ai envie d’en apprendre plus.
— Théo a travaillé quelques mois avec Milane et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas leur dur labeur qui les a fait transpirer.
Elle me dit cela en agitant son bras contre moi, fière de sa plaisanterie de mauvais goût.
On abat le messager ou on se contente de le trucider, lui ? m’interroge ma Betty en armant la tronçonneuse.
Elle, tu peux, elle m’énerve ! Lui, il a eu une vie avant nous et j’en ai pleinement conscience.
— Pourquoi il vient vers nous ?
Je balance ma tête sur le côté en entendant l’étonnement dans la voix de la seconde jeune femme. Effectivement, Théo approche. De toute évidence, il m’a repérée.
— Mesdames ! lance-t-il tout sourire en arrivant près de nous.
Tu n’as qu’un mot à dire, insiste Betty. La tronçonneuse est prête !
— Monsieur Allen, bafouillent les deux vipères.
— Vous avez fait connaissance avec notre nouvelle directrice, dit-il avec une fierté qui me ferait presque fondre sur place.
Si on ne venait pas d’apprendre qu’il a couché avec cette fameuse Milane…
Je grimace.
Si seulement c’était la seule présente dans cette pièce…
Les deux radios-ragots écarquillent leurs yeux en grand en se tournant vers moi. Dans leurs regards, je vois tout leur espoir de me voir infirmer ce qu’elles redoutent.
— J’ai été chercher nos badges et il y a une petite erreur avec le mien.
Théo le consulte.
— Virginia Paters doit avoir l’âge de ton père, s’amuse-t-il.
Mais mon manque de réaction le force à se rembrunir. Loin de moi l’idée de lui faire une scène, mais il y a de quoi être un poil agacée, non ? Je plonge la main dans ma poche et lui donne le sien.
— Je vais régler ce problème, dis-je avant de m’adresser à nos spectatrices. Merci pour cet échange, c’était très instructif.
Je leur fais une révérence grossière.
— J’espère avoir été à la hauteur de vos attentes.
Je délaisse ces imbéciles qui m’ont mise de mauvaise humeur pour aller chercher le badge à mon nom. Une méprise vite réglée. Quand je rejoins Théo, je devine à sa tête qu’il se doute qu’un détail me chiffonne.
— Tu veux m’expliquer ce qui ne va pas ? se risque-t-il à se renseigner alors que les gens commencent à se masser vers la salle de conférence.
— Disons que ton manque d’enthousiasme à ce que je t’accompagne vient de m’exploser au visage.
Je lui offre un sourire hypocrite.
— Ava, on a dépassé ça, non ?
— Tu m’excuseras de ne pas être hyper réceptive, mais j’ai un peu de mal à gérer ta mauvaise réputation quand elle me revient comme un boomerang, tu vois !
— On en parlera plus tard, tu veux bien ?
Je fronce le nez.
— Bizarrement, discuter de ton plan cul de Sacramento n’était pas vraiment ce à quoi je rêvais ma soirée.
— Ava, ça suffit !
Je frappe dans mes mains.
— Voilà ! Ça suffit !
Je passe devant lui et entre à la suite des autres participants au séminaire. Je m’installe dans la rangée de chaises la plus proche de la porte et Théo me rejoint sans que nous échangions un mot.
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