Seven : Le jeu de tous les péchés (French Edition)

rythme encore plus endiablé que son prédécesseur.…

Un cœur brisé

 

 

rythme encore plus endiablé que son prédécesseur. J’adore cette chanson ! Je valide les propos de Mackenzie d’un sourire entendu avant de caler mes pas de danse sur ce

Le moins que l’on puisse dire et que cette semaine a connu un départ un plutôt compliqué. Les tensions avec mon père et ma soirée ratée avec Théo ont donné le ton. Forcément, en passant les portes de Bailey, lundi, je me sentais au trente-sixième dessous. La journée a apporté son lot d’explications et j’ai pu voir une lueur d’espoir dans tout le chaos de ces derniers jours.

Mon père et Molly gèrent la nouvelle du mieux qu’ils peuvent. Il faut dire qu’une telle situation implique de se poser pas mal des questions, de faire des ajustements et de s’adapter.

À propos de Théo, les choses progressent doucement. J’ai fait la folie d’accepter de me rendre à la salle de sport et j’ai vécu un vrai moment de solitude seule sur mon vélo avec cette musique criarde qui hurlait dans les enceintes. Lorsque je suis descendue de cet engin de torture, j’avais les jambes en chewing-gum et le postérieur en coton. Heureusement que Théo était là pour me soutenir, j’aurais été incapable de retourner au vestiaire toute seule.

En rampant peut-être, me raille Betty.

Si ce petit con s’est bien marré de me voir dans cet état, je dois reconnaître que son idée de relâcher la pression tombait à pic. Comme promis, on a dîné au restaurant, mais j’ai choisi de rentrer chez moi après. Même si ses mots m’ont touchée, j’étais drôlement secouée et me retrouver un peu seule ne pouvait pas me faire de mal. Depuis nous nous sommes vus au travail uniquement alors, quand il m’a parlé de cette soirée organisée par Jacob, je n’ai pas eu à cœur de lui refuser de l’accompagner.

J’ai sauté sur l’opportunité pour passer un moment avec ma meilleure amie et qu’elle ne fut pas ma surprise lorsqu’elle a accepté de se joindre à nous. Son Jules lui a laissé un peu de répit, visiblement. Alors je profite d’elle et je me détends avec mes amis. D’ailleurs, c’est un mot qui revient souvent chez Théo depuis quelques jours : se détendre. Lui ne l’est pas du tout à la perspective de notre rendez-vous de demain soir et je me régale de le voir tout mettre en œuvre pour que je sois de bonne humeur.

De toute évidence, il a une petite idée de ce qui l’attend…

Mais ce soir, je ne pense plus à rien d’autre que m’amuser, entourée de Mack et Abby. J’ai proposé à Molly de se joindre à nous, pour ne pas qu’elle se sente lésée sous prétexte qu’elle ressemble de plus en plus à une belle-mère, mais elle a décliné l’offre. J’ai bien cru que Mack allait faire une syncope lorsque je lui ai raconté. Je pense que c’est aussi pour cette raison qu’elle est là ce soir. Elle s’est dit que sa présence me ferait du bien et elle a vu juste.

— Il y a un beau blond à 10 h et il te dévore des yeux, me dit-elle à l’oreille.

Je remue les épaules pour lui indiquer que cette information m’importe peu.

— Tu as le droit d’être flattée quand même !?

— Il n’y a qu’un homme qui sait me flatter dans ce restaurant, rigolé-je.

J’embrasse ma meilleure amie.

— D’ailleurs, je vais me faire payer un verre par le beau ténébreux en question.

Mack repart dans sa danse tandis que je quitte la piste pour rejoindre la bande toujours installée à notre table habituelle. Théo bavarde avec Jacob et Sam ainsi que deux autres hommes que je ne connais pas, mais que j’ai déjà vus dans les parages. Assis sur un tabouret, Théo me tourne le dos, je l’enlace à la taille avant de lui mordiller l’oreille.

— Ma petite colère, murmure-t-il en m’offrant sa bouche.

Je l’embrasse doucement, m’attarde sur ses lèvres, sans pour autant que ce baiser paraisse aguicheur.

— Tu t’amuses bien ?

— Pas aussi bien qu’avec toi…

— Je vois le genre d’amusement auquel tu fais référence, mais il y a des règles, tu te souviens ?

— Une seule en vérité, dis-je en montant sur le tabouret voisin.

— Aimerais-tu un verre de vin ?

— Est-ce que tu me ramènes chez moi après ?

— Bien sûr !

— Alors, c’est d’accord.

Théo abandonne sa place et prend la direction du bar, mais s’arrête après avoir repéré quelqu’un sur sa droite.

— Je vais au bar, dit-il à Mack qui s’est décidée à revenir. Mojito ?

Cette bougresse grimace, mais ne résiste pas à l’appel du mojito. Elle accepte son offre et vient s’asseoir auprès de moi. Je l’observe les yeux grands ouverts.

— Quelle gentille proposition. Merci Théo. C’est très aimable à toi, lui dis-je contrariée qu’elle se montre aussi imbuvable avec lui.

— C’est bon, détends-toi, Ava ! Je vais le remercier ton Théo.

— J’aimerais bien que tu sois plus agréable avec lui.

— J’attends de voir…

— Je t’arrête tout de suite, Mack ! la coupé-je. Il n’y a que moi qui sois à même de juger de sa capacité à me rendre heureuse ou à s’améliorer si tant est qu’il en ait besoin d’ailleurs. Ce n’est pas mon père et toi qui me dicterez ma conduite, mais uniquement moi ! Je vous aime tous les deux, mais c’est ma vie et je la mène comme je l’entends. Vous me rendriez service en l’acceptant une bonne fois pour toutes.

Mackenzie, dont l’expression s’est refroidie, ouvre la bouche, signe qu’elle va riposter, mais Théo revient avec nos boissons. Ce qui lui cloue le bec.

Tant mieux ! se rebelle ma Betty. Nous n’avons pas vraiment envie d’entendre ce qu’elle pourrait nous dire de toute manière.

Je fais un clin d’œil à ma Betty.

— Voilà pour vous, mesdames.

Je le remercie d’un sourire tendre.

— Merci, Théo. C’est cool, lui dit Mack sur un ton un poil forcé, mais courtois quand même.

— Mais il n’y a pas de quoi, Mackenzie. Aussi incroyable que cela puisse paraître, je sais être sympa.

— Ça, ça reste à voir, marmonne-t-elle.

— Mack !

— Ne t’en fais pas, intervient Théo en déposant un baiser sur ma tempe. Je sais être patient aussi.

Il adresse un clin d’œil à Mackenzie qui fait rouler ses yeux avant de glisser sa paille entre ses lèvres. Théo se penche à mon oreille et y murmure :

— Laisse couler, Winy. Ne fais pas de moi un problème entre toi et ton amie. Les choses finiront par se tasser.

Sur cette recommandation, il retourne auprès de ses amis et reprend ses bavardages. Faisant abstraction du comportement de Mackenzie, je profite de l’avoir près de moi pour la questionner sur son travail, histoire d’établir un dialogue plus léger. Et ça marche ! Je découvre très vite que ma meilleure amie est intarissable à ce sujet. Syd et Abby finissent par nous rejoindre et nos discussions se poursuivent un bon moment.

Il commence à se faire tard, la fatigue commence à se montrer et je pense de plus en plus à mon lit quand l’attitude de Mack m’interpelle tout à coup.

Si elle était rieuse et impliquée dans notre conversation, elle s’est totalement figée tandis que son regard s’est braqué dans un coin du restaurant. Je le suis et Mack semble captivée par une bande de jeunes gens au nombre de six attablés près de la devanture. Il y a quatre hommes et deux femmes. L’une d’entre elles est suspendue au cou d’un grand brun aux cheveux plutôt longs avec un physique très avantageux. Ce n’est pas mon genre, mais bien celui de ma voisine.

— Tu le connais ? lui demandé-je en cherchant à attirer son attention, mais elle ne sourcille pas. Mack, dis-moi ce qui se passe !

Elle reporte son intérêt vers moi et croiser ses yeux et ses joues trempés ne me dit rien qui vaille.

— Qui est-ce ?

Un sanglot lui échappe avant qu’elle bondisse de son tabouret pour se ruer vers la sortie.

— Ce n’est pas vrai…

Il y a fort à parier que ce mec soit celui qu’elle voit depuis quelques semaines et pour qui elle semble avoir un peu plus qu’un béguin.

Je la regarde sortir, mon esprit réalisant doucement ce qui est en train de se produire quand le type en question remarque la présence de Mackenzie. Il repousse la fille qui lui chatouillait les amygdales et se met à courir derrière elle. J’en fais de même et traverse la salle de restaurant au pas de course. Lorsque je sors sur le trottoir, je suis saisie par la vague de froid. Je mets quelques secondes à localiser Mackenzie qui se débat tandis que son inconnu tente de la retenir dans sa fuite. Je cours et, sans réfléchir, je pousse cet enfoiré pour qu’il la relâche. Ce qu’il fait. Je me dresse entre lui et ma meilleure amie.

— Va-t’en ! hurlé-je. Ne t’approche plus d’elle.

— Et t’es qui toi ? s’emporte-t-il en me fustigeant du regard.

J’entends Mack renifler dans mon dos, sa main dans la mienne.

— On va retourner à l’intérieur ! Toi, tu prends ta nana et tu te tires !

— Je veux lui parler. Casse-toi !

— Mack, on y va, dis-je sans quitter ce petit enfoiré des yeux. Théo va nous reconduire à la maison.

Ma meilleure amie accepte en tirant sur mon bras, mais ce connard m’empoigne à son tour pour nous empêcher de nous éloigner.

— Lâche-moi ! lui ordonné-je en me débattant.

Dans la seconde, je suis libre, mais je dois ma liberté à l’intervention de Théo qui vient de propulser le mec de Mack contre la voiture garée en bordure du trottoir à la simple force de son bras.

— Si je te reprends à poser la main sur elle ! lui lance-t-il en guise d’avertissement.

Il m’interroge du regard.

— C’est l’inconnu de Mackenzie et il était en charmante compagnie à l’intérieur.

Je lui indique la fille en question qui contemple la scène depuis l’entrée du restaurant. Il l’examine une seconde avant de lancer un regard compatissant en direction de Mack qui pleure dans ses mains.

— Tu disparais ! tonne-t-il en direction de l’homme qui vient de briser le cœur de ma meilleure amie. Et plus jamais tu ne te présentes devant Mackenzie.

— Putain, mais t’es qui pour me parler…

Théo le bouscule à nouveau avortant sa tentative de rébellion et presse son bras replié sur son torse pour le garder maintenu contre la voiture.

— Celui que tu viens de contrarier pour avoir posé tes mains sur sa femme, alors tu te barres vite fait avant que je me montre beaucoup moins conciliant.

La menace de Théo fait son effet et l’homme se hâte de s’éloigner en récupérant sa copine au passage. Théo revient vers moi et me tend les clefs de sa berline.

— Allez dans la voiture, je vais chercher vos affaires et je vous ramène chez vous.

Puis il s’intéresse à Jacob qui a assisté à toute la scène.

— Reste avec elles.

— Ça marche.

Théo fonce en direction du restaurant tandis que Jacob se rapproche de Mackenzie. Il la soutient par la taille.

— Allez, la Floride, il est l’heure d’aller au lit !

Je leur emboîte le pas jusqu’à la voiture de Théo. Là, Jacob se charge d’aider Mack et l’installe sur la banquette arrière.

— Je sais que ça fait mal, lui dit-il alors. Mais il est préférable pour toi d’avoir vu son vrai visage maintenant.

Je m’occupe de nous réchauffer.

— Et je doute franchement que ce mec mérite la moindre de tes larmes. Quand on a la chance d’avoir une fille comme toi dans sa vie, on ne joue pas au con !

Non, mais c’est qui ce mec, sérieux ?! se marre Betty. Elle vient de se rendre compte que son mec la trompe et il l’asticote ? Trop classe le Jacob…

Théo nous rejoint et me confie nos affaires personnelles.

— Monte avec Mack, m’encourage-t-il.

J’obéis et retrouve ma meilleure amie à l’arrière. Elle se hâte de venir se blottir contre moi.

— Je suis navrée, ma poupée, lui dis-je en la cajolant.

— Je croyais que ça serait différent cette fois.

Mon Dieu, je l’ai entendu si souvent tenir ces propos… Quand trouvera-telle enfin un mec qui la traitera avec bienveillance ?

— Ce n’est pas de ta faute.

Théo s’installe derrière le volant avant de lancer un regard inquiet dans le rétroviseur.

— Ça va aller ?

J’acquiesce.

— Comment ça pourrait aller ? Je ne pense pas que ta menace suffise à le calmer.

— Tu as fait sa connaissance au travail ?

Elle fait non de la tête.

— Il bosse dans le journal juste à côté et je doute qu’il me fiche la paix aussi facilement.

— Je vais te conduire et venir te chercher pendant les prochains jours pour m’assurer qu’il ne se montre pas insistant, lui assure Théo.

— Ce n’est pas la peine, tente de protester Mack.

— Je serai là, fin de la discussion !

Le regard qu’il lui lance dans le rétroviseur en dit long sur sa détermination à la faire capituler.

— Juste le temps de vérifier qu’il n’a pas dans l’idée de t’importuner, dis-je pour temporiser les choses. La présence de Théo peut l’en dissuader. Vu ce qui s’est passé, je pense aussi qu’il risque de chercher à entrer en contact avec toi.

— Je te dépose et je te ramène, il n’y a rien d’insurmontable, si ?

— Si je n’ai pas le choix…

Théo qui vient de se garer en bas de chez nous semble dépité par l’entêtement de mon amie. Je mime un merci confus. Il descend de la voiture et nous ouvre la portière. Mack, qui opte pour un silence total, patiente près de l’entrée de notre immeuble pendant que je rejoins Théo.

— Tu peux monter, si tu veux.

— Elle a besoin de toi et ma présence n’est pas propice à ce moment. Va la rejoindre et occupe-toi d’elle. Moi, je vais aller me coucher.

Je l’enlace.

— Merci de t’être proposé pour l’accompagner au travail et désolée qu’elle n’apprécie pas ton geste comme elle le devrait.

— Ce n’est rien. Et puis, tu connais mon côté protecteur.

Je souris.

— Si Mack est importante pour toi, alors elle l’est pour moi, même si elle me déteste.

— Elle ne te connaît pas, c’est tout.

— Espérons que ce covoiturage vienne à bout de son ignorance à mon sujet.

Nous rions ensemble et Théo m’embrasse.

— Va te mettre au chaud maintenant. Je n’aimerais pas que tu sois malade demain.

— Je ne raterai ça pour rien au monde, monsieur Allen. Cela dit avec de la fièvre et le nez qui coule, ça risque d’être moins sexy.

Ses mains emprisonnent mon visage.

— Je t’aime, Ava. Dors bien, ma déesse.

— À demain.

Après un dernier baiser, il retourne à sa voiture. Il disparaît dans l’habitacle avant de démarrer. Après un dernier signe de la main, je rejoins Mack et nous rentrons chez nous.

Je n’ai plus qu’à réparer son cœur brisé…

 

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