Seven : Le jeu de tous les péchés (French Edition)

Mise au point

 

offrir le plus beau cadeau aux personnes que nous chérissons, la joyeuse J’ai toujours aimé la période de Noël, l’esprit festif qui s’en dégage et tout le folklore qui accompagne cette célébration. J’adore le fait de se creuser la tête pour excitation entourant les réunions de famille et ce moment tant attendu autour d’un bon dîner dans un décor étincelant où chante la magie de Noël.

Cette année n’est pas mon premier Noël à Seattle. J’ai souvent eu l’occasion de passer les fêtes de fin d’année ici, mais cette fois, c’est différent : je vis ici, auprès de lui. Bien sûr, j’aurais voulu retourner en Floride pour voir ma mère, mais le lancement de Romance est trop proche pour faire le voyage.

En attendant les célébrations en famille, me voilà en train de me préparer pour la soirée de Noël qui se tiendra chez Bailey. Après ce soir, nous aurons trois jours de repos avant l’arrivée de ma nouvelle équipe et le coup d’envoi de notre nouvelle collection.

Un sifflet contemplatif – c’est ce qui me détourne de mon reflet. Mack vient d’apparaître dans ma chambre.

— J’adore !

Ce soir, j’ai opté pour une robe patineuse dorée et des chaussures assorties. Après un moment à me battre avec mes cheveux, j’ai réussi à les placer sur mon épaule droite en les maintenant avec des attaches. Ajoutez à cela un maquillage discret et le tour est joué.

Mack n’est pas en reste, ce soir. Elle porte une longue robe rouge à encolure et outrageusement fendue. Avec sa grande taille, c’est idéal. Ses cheveux sont parfaitement lissés. Comme à son habitude, elle est sublime.

— On assure de fou, ma poupée, s’amuse-t-elle en coulant son bras sous le mien.

Je ris avec elle. Prêtes, nous quittons ma chambre.

— Je crois que je vais apprécier la voiture que mon père nous a commandée. Je ne me vois pas conduire avec ces talons.

— Ton père est tellement classe ! C’en est presque honteux.

Parées de nos manteaux, nous sortons de l’appartement.

— Moi qui voulais faire profil bas maintenant que j’ai repris mon nom de famille, c’est mal barré…

— Tu t’en fous de tes collègues. Laisse-les rager. Et puis quand tu seras la patronne, tu pourriras ceux qui t’ont emmerdée.

— Quelle merveilleuse mentalité, me moqué-je.

À la sortie de l’ascenseur, nous saluons Duncan et la manière dont il louche sur Mackenzie est juste à mourir de rire. Rien d’étonnant en soi, c’est toujours ainsi avec Mack : elle fait tourner les têtes.

Sur le trottoir, je sors de ma réflexion quand ma voisine lâche un juron.

— Non, mais je rêve…

La bouche m’en tombe en découvrant la somptueuse limousine noire longue de plus de quatre mètres devant nous.

— Mais il est tombé sur la tête.

— C’est officiel, je suis fan de ton père, se marre Mack.

Le chauffeur ouvre la portière à notre approche.

— C’est tellement cool !

Je suis moins extatique que ma voisine devant cette nouvelle folie de mon père.

— Bonsoir, mesdames, nous salue le chauffeur.

— Bonsoir, lui répondons-nous d’une même voix.

D’un geste de la main, il nous invite à monter.

— Je vous en prie.

Et l’intérieur de cette limousine est renversant. Nous prenons place sur une banquette de cuir blanc en forme de L. En face de nous se trouve un bar éclairé de lumières LED de couleur bleue. Dessus sont posés un seau à champagne contenant une bouteille débouchée et deux coupes déjà remplies.

— Je rêve…

Je pousse un cri de douleur quand Mack entreprend de me pincer le bras.

— Tu es folle !

— Au moins tu sais que tu ne rêves pas.

Elle récupère nos coupes de champagne et nous trinquons en riant comme deux folles.

— On peut y aller, mesdames ?

Le chauffeur vient de s’installer derrière son volant.

— Mais bien volontiers ! s’enthousiasme Mack en buvant son champagne.

Je roule des yeux. Mack est à fond dans son rôle.

— C’est bon, Ava, se lamente-t-elle. Profite, bon sang ! Ton père est seulement fou de toi.

Elle a raison et je suis touchée par toutes ces attentions, bien sûr.

— Je sais, mais je suis toujours un peu gênée quand il s’agit de mon travail. Tu imagines la tête de mes collègues en me voyant débarquer dans cette voiture.

Nous échangeons un regard complice avant d’éclater de rire et d’entrechoquer nos verres.

Maintenant que nous y sommes autant que nous savourions l’instant. Hein, ma Betty ?

J’attends de voir la tête de Théo ! dit-elle de son rire de diablesse.

Un moment que je dois attendre quelques minutes de plus, car le chauffeur emprunte un itinéraire plus long ; sûrement sur une demande de mon père.

Après une bonne vingtaine de minutes à tourner en ville, je reconnais l’avenue où sont implantés nos bureaux. Tout est illuminé ici et mon père a fait installer de fastueuses lumières de Noël sur la devanture et un immense sapin frôlant le plafond trône au centre du hall d’entrée. C’est ici qu’a lieu la fête.

J’ai une certaine appréhension alors que la limousine se gare au pied du bâtiment. La portière s’ouvre aussitôt et Mackenzie, qui était prête à descendre de la voiture, se fige en découvrant l’homme venu pour nous ouvrir.

— Bonsoir, Mackenzie, la salue très poliment Théo.

— Bonsoir, répond-elle avec beaucoup moins de courtoisie.

Elle me lance un coup d’œil désapprobateur. Je hausse les épaules.

— Quoi ?

Comme si j’étais responsable de sa présence. Elle finit par sortir. Quand je l’imite, Théo m’offre sa main.

— Un peu tape-à-l’œil comme arrivée, miss Bailey, badine-t-il.

— Ne m’en parle pas ! Je ne sais plus où me mettre, gémis-je en m’accrochant à son avant-bras histoire de ne pas finir sur les fesses.

Entre mes talons et le tiroir verglacé, j’apprécie qu’il me soutienne. Théo a un geste de la tête vers Mack qui s’apprête à entrer dans le bâtiment.

— Elle est toujours aussi charmante…

Je lui adresse un sourire navré et nous entrons dans le hall.

— Il faut que je te raconte une anecdote plutôt surréaliste qui vient de m’arriver, glisse-t-il à mon oreille en m’aidant à me débarrasser de mon manteau. Ton père m’a chargé d’aller t’accueillir.

— Vraiment ?

Il acquiesce, tout aussi incrédule que moi.

— Surprenant, n’est-ce pas ?

— Comme tu dis, c’est surréaliste…

Mon manteau retiré, je note le regard de Théo qui s’attarde sur ma robe.

— Il faut que… bafouille-t-il sans réussir à détourner ses yeux de mon décolleté en cache-cœur. J’aimerais te voir avant que tu partes.

J’ai envie de rire de le voir loucher sur moi de la sorte.

— Rien de grave ?

— Du tout. J’ai seulement besoin de te parler avant Noël.

J’aimerais lui dire que je n’y manquerai pas, mais mon père et Mackenzie se joignent à nous.

— Ava, mon ange, tu es superbe !

Mon père m’embrasse.

— Merci pour la voiture. C’était un peu exubérant, mais merci.

— C’est Noël, trésor !

— Si c’est Noël alors…

Mon père fait signe à un serveur passant près de là et lui dérobe quatre coupes de champagne. Il lève la sienne.

— À cette soirée, mais surtout, à cette nouvelle année qui nous apportera, j’en suis convaincu, son lot de bonnes surprises.

— Oh, oui ! se réjouit Mackenzie. Cette nouvelle année va être palpitante !

— À Ava et à Romance, ajoute Théo qui tend sa coupe vers moi.

— C’est très aimable de me mettre un peu plus la pression, ricané-je en trinquant avec lui.

Il me fait un clin d’œil.

— Tu n’as besoin de personne pour ça.

S’ensuit entre nous une œillade trop douce pour qu’elle soit parfaitement innocente et encore moins discrète. Je m’en détourne bien vite en me rappelant que mon père est à deux pas de nous. Heureusement, je ne crois pas qu’il l’ait remarquée. Il s’intéresse à sa voisine. 

— Alors, Mackenzie, et ton travail ?

— Je m’y sens très bien ! Merci encore, Alex.

— Mais il n’y a pas de quoi.

Mon père et Mack échangent encore quelques mots tandis que la main de Théo se pose au creux de mes reins pour me chuchoter à l’oreille :

— N’oublie pas, Winy, on doit se voir avant que tu ne disparaisses pour les trois prochains jours.

Je lui réponds d’un sourire entendu. Il s’excuse et nous laisse tous les trois, mais nous ne le restons pas longtemps, car mon père est demandé par madame Dewitt.

— Ava, tu devrais faire une petite visite des lieux à ton amie, me conseille-t-il. Présente-lui tes collègues.

— Bien sûr.

Il s’éloigne et Mack vient glisser son bras sous le mien.

— Tu as entendu ton père, ma poupée !

Et nous voilà parties à déambuler au milieu des invités avec qui nous échangeons quelques politesses. Avec Mackenzie, il est bien plus simple pour moi d’entrer en contact avec les autres personnes dans le hall.

***

Il y a un bon moment maintenant que Mackenzie et moi avons fini de faire le tour de Bailey et ma meilleure amie a disparu après ça. Elle s’est excusée pour se rendre aux toilettes et je ne l’ai plus revue. J’ai tenté de retrouver Molly avec qui nous avons brièvement bavardé tout à l’heure, mais sans réussir à lui mettre la main dessus. Je décide d’aller jusqu’à mon bureau afin de m’assurer qu’elles n’y soient ni l’une ni l’autre. Ce qui n’est pas le cas. Finalement, je leur envoie un SMS. Je préfère rester ici.

J’aime cet espace de travail dédié à Romance. Ce n’est pas immense, mais bien suffisant pour s’y sentir bien. J’ai mon propre bureau d’une taille égale à celui qu’on m’avait attribué au huitième étage, Molly a aussi son endroit à elle. Le reste de mon équipe sera installé dans un espace en open-space contenant quatre bureaux. C’est lumineux et gai grâce au parme et au blanc habillant les murs et il me tarde que nous donnions le top départ à cette nouvelle aventure.

— Ne me dis pas que tu es montée pour bosser ?

Je ne me retourne pas au son de cette voix capable de se répandre dans chaque parcelle de mon corps avec une aisance redoutable.

— Je cherchais Mack et Molly, mais elles sont introuvables.

— Je ne les ai pas vues…

J’entends Théo se déplacer derrière moi. Sa main vient se poser sur mon ventre tandis que son nez remonte le long de mon cou.

— Winy, dit-il dans un souffle chaud qui me fait frissonner.

Laissant ma tête retomber contre son épaule, je remonte ma main dans son épaisse chevelure noire de jais et savoure la pluie de baisers qu’il dépose le long de ma nuque dégagée.

— Théo…

— Je deviens fou sans toi. Tu me tortures…

Il abandonne mon ventre pour dériver vers mes hanches et descendre jusqu’au revers de ma robe.

— Qu’est-ce que je dois faire, Ava ?

— Je l’ignore, murmuré-je la gorge sèche alors que mon corps se réveille à son contact. 

— De quoi as-tu besoin pour avoir enfin confiance en moi, mais aussi en toi ?

— De toi, susurré-je mes lèvres pressées contre son oreille. J’ai besoin de toi…

Sa main se faufile entre les pans de ma robe et remonte sur mes cuisses. Il se fige quand il sent la dentelle de mes bas sous ses doigts.

Il jure et je hoquette quand il me soulève contre lui. Si j’en crois cette érection contre mes fesses, les découvrir lui fait perdre la tête. J’aimerais m’en délecter et même m’en saisir, mais Théo me manipule et je retombe assise sur mon bureau. Face à moi, il empoigne mes cuisses et les écarte pour s’y glisser. Je renoue avec cette bosse proéminente qui se dessine sous son pantalon.

Un simple contact et je sais que je ne ferai plus marche arrière. Je vais céder à cette pulsion et vivre cette soirée à fond. Plus rien ne compte.

Je m’allonge devant lui, son prénom passant entre mes lèvres dans un soupir lascif. Il s’allonge sur moi.

— Qu’est-ce que tu désires, Winy ? grogne-t-il avant d’enfoncer sa langue dans ma bouche.

Voulant lui faire comprendre mes intentions, je redessine les formes de ses fesses et me frotte contre son sexe. Il dénoue ma robe et en fait jaillir mon soutien-gorge. Une découverte qui le fait ralentir. Il balaie mes seins du bout des doigts dans un geste aérien.

— Tu es si belle…

Sa douceur ne dure pas et, très vite, il les empoigne avec fermeté. Je gémis. Toujours plus déterminée à aller jusqu’au bout, je saisis sa ceinture, l’ouvre et défais son bouton pour faire descendre son pantalon sur ses hanches. Il n’y a plus que son boxer pour me séparer de l’objet de ma convoitise.

— Prends-moi, Théo, l’imploré-je.

Il revient à la charge avec un nouveau baiser avide tout en s’intéressant de plus près à mon tanga qu’il fait disparaître avec une agilité déconcertante. Je ne porte plus que mes bas. À cet instant, je ne pense plus qu’à une seule chose : qu’il m’investisse. Je passe mes mains sous la ceinture de son boxer pour en libérer son sexe au garde à vous.

Sa bouche toujours pressée contre la mienne, il s’installe entre mes cuisses et mon corps se tend quand sa légende vient se frotter à mes lèvres gonflées de plaisir.

— Tu me fais perdre la tête, Winy, rugit-il en se saisissant de mes cheveux.

Il tire dessus et je lui offre ma gorge. Il la mordille.

— Je t’en prie, le supplié-je en ondulant sous lui.

Comprenant l’urgence de ma supplique, Théo raffermit sa présence entre mes cuisses et la pression qu’il exerce contre mon sexe s’intensifie.

Je me cambre prête à me délecter de le recevoir quand :

— Ava, ton père va…

Théo se fige contre moi en entendant la voix de Molly résonner dans le couloir. Elle est toute proche. Si proche que je n’aie pas le temps de réagir, elle vient d’entrer dans mon bureau.

— Oh mon Dieu ! s’écrie-t-elle en tournant brusquement les talons. Je suis navrée.

— J’arrive dans une minute, lancé-je quand elle sort.

Elle disparaît et Théo, le front pressé contre ma poitrine, laisse échapper un juron. Je me laisse choir contre mon bureau dans un soupir las.

— Je n’arrive pas à y croire, me lamenté-je en portant une main à mon front.

Théo m’abandonne et, le visage fermé, il commence à se rhabiller.

— Non, attends.

Je serre les pans de sa veste.

— Reviens…

— Ton assistante vient de me couper mes effets et…

Lorsque son regard se pose sur moi, il a la délicatesse de refermer ma robe.

— Ce n’est peut-être pas une bonne idée…

— C’est un bon début, non ?

— Ça n’effacera pas tes doutes.

Ses doigts glissent dans le creux de ma cuisse.

— Il y a quelques étapes à franchir avant d’en arriver à cette conclusion.

Sa tenue parfaitement en place, il s’occupe de m’aider à me relever.

— Viens chez moi, lui suggéré-je en l’enlaçant.

— Ava, marmonne-t-il en me prenant contre lui. Je pourrais te raccompagner et te faire l’amour toute la nuit, mais tu n’en serais pas plus sereine me concernant. Tu n’as pas confiance en moi, tu me crois capable de te blesser à tout moment et ce n’est pas ce dont je rêve pour nous. On mérite mieux que ça. J’attends plus de notre histoire.

— Mais je ne sais pas ce que tu attends, dis-je frustrée qu’il ne me dise pas clairement ce que je dois faire pour arranger les choses.

— Que tu croies en moi, Winy, c’est tout ce que j’espère de toi ! Mais j’ignore pourquoi je te fais aussi peur, pourquoi tu ne parviens pas à lâcher prise quand nous sommes ensemble. Une part de toi est toujours sur la défensive.

— Et toi, Théo ? Pourquoi viens-tu me dire toutes ces choses si tu refuses de me laisser une chance ?

— Je te donne toutes les chances que tu souhaites ! Mais je doute qu’on puisse effacer ce malaise entre nous avec deux ou trois mots doux et un peu de sexe. C’est plus complexe !

— Qu’est-ce que je dois faire ?

— Tu dois déterminer ce dont tu as besoin pour que je regagne ta confiance, c’est aussi simple que ça !

— Simple ? m’indigné-je. Tu as l’impression que ça l’est ?

Déçue, je décide de rejoindre Molly et de couper court à cette conversation.

— Excuse-moi, mais Molly voulait me parler et on ne résoudra pas cette énigme, ce soir.

— C’est toi qui en détiens pourtant la clef.

Je lui présente ma main, frustrée qu’on n’ait pas pu aller au bout de cette folie.

— Rends-moi ma culotte, Théo !

— On n’a pas fini.

— Mais ça n’a même pas commencé.

— Dans ce cas, viens la chercher ! me provoque-t-il en croisant les bras sur son torse.

— Tu es vraiment, dis-je les dents serrées en fourrant ma main dans la poche de son pantalon.

Un rictus en coin, il m’observe tandis que j’explore ses poches.

— On dirait qu’elle n’est pas là, s’amuse-t-il.

Je m’intéresse à l’intérieur de sa veste.

— Tu as vraiment le don de…

— T’exciter ? dit-il le sourcil haut.

— De me rendre folle !

Il n’y a aucune trace de ma culotte dans sa veste, mais j’y découvre une enveloppe.

— Tu peux la prendre. C’est pour toi.

Je le fais.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Ouvre !

Je déchire le papier et en sors un billet d’avion pour la Floride.

— Joyeux Noël, ma jolie Ava.

— Mais, balbutié-je en lisant les informations indiquées sur le billet.

Le vol que m’a réservé Théo est pour demain matin.

— J’en ai parlé à Alex avant. Il était d’accord avec moi pour dire que revoir ta mère te fera du bien. Ton équipe arrivera à ton retour mardi et je bosserai lundi avec Molly pour finir votre installation.

Il lève les yeux au ciel.

— Même si je vais avoir du mal à passer une journée en sa compagnie maintenant qu’elle m’a vu en pleine action sur ton bureau.

Je hausse les épaules.

— C’est à peine si tu m’as touchée !

Une remarque qui le fait rire. Ses doigts se perdent dans mes cheveux.

— Si tu pouvais mettre un peu de ton temps libre au profit de ta réflexion à notre sujet, ça nous aiderait à avancer.

— Je le ferai…

J’entends alors qu’on toque à la porte. Confuse, Molly se présente sur le seuil.

— Excusez mon insistance, mais monsieur Bailey attend après Ava pour commencer son discours.

— J’arrive, Molly.

— Je suis désolé que vous ayez assisté à ce spectacle, s’excuse Théo.

— Ce n’est rien, mais ça serait plus prudent de fermer la porte lorsque vous avez besoin d’intimité, dit-elle un sourire en coin.

— Théo aime vivre dangereusement, me moqué-je en finissant de me rendre présentable.

— Je ne te le fais pas dire. Ton père allait monter lui-même pour te chercher. C’est moi qui lui ai proposé de m’en charger.

— Tu es passé à deux doigts de te faire virer, le titillé-je. Encore !

— Je n’ai que des ennuis depuis que je te connais et quelque chose me dit que ce n’est qu’un début.

De nouveau, j’agite ma main sous son nez.

— J’attends toujours !

— Elle est très bien là où elle se trouve.

— Je ne vais pas me balader le cul à l’air !

Molly glousse dans mon dos et ce kidnappeur de culotte l’imite.

— Pourquoi cette idée me plaît autant, miss Bailey ?

Je lui adresse un sourire surfait.

— Parce que tu es un sale pervers !

Je m’apprête à sortir, suivie par Molly, quand Théo l’interpelle.

— Je peux vous confier de la reconduire chez elle après le speech de son père, s’il vous plaît ?

— Parce que tu m’envoies me coucher maintenant ?

— Il me semble que tu as un avion à prendre de bonne heure, demain matin.

— Je me charge de la ramener, monsieur Allen.

— Au point où on est, Théo, ça sera très bien.

— Entendu.

— Ava ne sera pas là lundi, mais je vous aiderai à finir de préparer l’arrivée des membres de votre équipe.

— Je ne suis pas obligée d’y aller…

— Si je te vois ici lundi, je risque de très mal le prendre.

Je ravale un sourire.

— C’est un ordre ?

— Oh que oui !

Je joue des épaules et retrousse mon nez en direction de Molly.

— Il pense que ça m’impressionne.

Elle sourit.

— Merci pour le billet. Ça me touche.

— Si tu veux me remercier, fais ce que je t’ai demandé et reviens avec des réponses à me donner.

— C’est promis. 

— Profite bien et repose-toi. On a du boulot qui nous attend à ton retour.

— Passe un bon Noël, lui dis-je avec un sourire tendre.

Il me le rend.

— Toi aussi, Winy.

Peinée d’avoir à le quitter, je m’engouffre dans le couloir, Molly à mes côtés. J’aimerais lui présenter mes excuses pour ce qu’elle a vu, mais je n’en ai pas le temps.

— Je suis trop curieuse si je te demande ce qu’il entend par là ?

Nous entrons dans l’ascenseur.

— Disons que Théo m’attire vraiment et j’aimerais pousser les choses avec lui, mais il me fait peur et je n’arrive pas à lui faire confiance.

— Il a fait quelque chose en particulier pour que ce soit le cas ?

— Oui, pendant mon stage. Je voudrais passer à autre chose et vivre pleinement cette histoire, mais je n’arrive pas à me détendre.

— Que vas-tu faire alors ?

— Réfléchir au meilleur moyen pour qu’on apprenne à se faire confiance lui et moi.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrent. Je sors dans le hall d’entrée, mais reviens sur mes pas quand je constate que Molly n’a pas bougé.

— Ça va ?

— Je crois qu’il faut qu’on parle toutes les deux, me dit-elle un sourire ravi s’étirant de part et d’autre de son visage.

— À quel sujet ?

— J’ai peut-être une idée pour t’aider…

— Vraiment ?

Elle acquiesce et me happe le bras pour me traîner en direction du sapin de Noël.

— Et je pense qu’on va s’amuser, Ava…

Eh bien, voilà qui est curieux, ma Betty…

Curieusement intéressant !

 

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