Seven : Le jeu de tous les péchés (French Edition)
Grand Hyatt. Chambre 412.
Deuxième péché :
Grand Hyatt. Chambre 412.
Feras-tu preuve d’orgueil ?
d’inconnu s’est emparé des lieux. La tension entre mon sublime partenaire L’ambiance dans la chambre est pour le moins particulière quand Judith se joint à nous. Un mélange envoûtant d’envie, d’appréhension et et moi-même est montée d’un cran. Sa nudité ajoute un peu plus à l’excitation ambiante. Théo est une pure merveille ; son corps imposant et d’une perfection flirtant avec l’indécence me captive complètement. Je ne peux le quitter des yeux, ce qui n’est pas plus mal, puisque mon rôle, dans cette première étape, est celui d’observatrice. La jeune femme qui nous tient compagnie n’a pas encore fait le moindre nœud, pourtant, mon entrejambe commence à palpiter, réclamant son dû.
C’est le cœur battant que je la regarde ouvrir cette petite mallette rouge posée sur le lit et elle en sort deux grandes cordes noires.
— Je les ai voulues de la couleur de tes yeux, expliqué-je à Théo qui me dévore du regard.
— Merveilleux choix, miss Bailey.
— Tu es prêt, Théo ? lui demande alors Judith.
— On ne peut plus prêt.
Judith contourne Théo tout en faisant glisser la corde autour de son torse pour faire le premier nœud.
— Peux-tu croiser tes bras dans le dos, s’il te plaît.
Théo obéit et Judith reprend son ouvrage. La voir la manipuler avec autant d’aisance est impressionnant. Elle l’enroule plusieurs fois sur le haut de son corps ce qui forme progressivement un tressage autour de ses bras et de son buste pour finir autour de ses poignets. Elle revient face à lui sans jamais être perturbée par sa nudité.
Lentement, elle la passe le long de sa nuque et recommence le même exercice jusqu’à épuisement de la première corde. Tout n’est pas fini et je le trouve déjà incroyablement sexy.
Voir ce cordage recouvrir peu à peu sa peau ne fait qu’accroître mon désir. Judith saisit la deuxième corde et la fixe dans son dos en la faisant passer dans celle qui entoure déjà son corps. Elle se lance alors dans une nouvelle opération. Comme pour le haut de son buste, elle l’encercle, mais en réalisant cette fois une suite d’anneaux qui descendent le long de son ventre.
Arrivée à hauteur de son entrejambe, elle se tourne vers moi.
— Je vais te mettre à contribution, Ava.
Je m’approche rapidement et doucement, je fais glisser ma main le long de son pénis sans jamais le quitter des yeux. Je vois alors son torse se soulever plus profondément. Je le sens durcir dans le creux de ma main.
Judith fait passer la corde à plusieurs reprises autour de son sexe et de ses testicules. Une fois qu’elle a fini, je le lâche afin de faire courir mes doigts le long du cordage réalisé par Judith.
— Tu es sublime.
— Ravi que cela vous plaise, ma dominatrice.
Judith termine de nouer la corde sur ses cuisses avant de s’éloigner.
— Et voilà !
— J’adore ! m’enthousiasmé-je en le contemplant attentivement. C’est vraiment très beau. Comment te sens-tu ?
— Impatient...
Si sa réponse m’enchante, elle ne manque pas de faire sourire Judith.
— Je vais bientôt vous laisser. Ava, je vais te montrer comment fonctionne le nœud coulissant pour lui détacher les bras, m’informe ma nouvelle amie.
Je la rejoins et suis ses instructions en prenant soin de bien mémoriser ses indications. Quand elle a fini, je m’éloigne légèrement et admire l’œuvre de Judith. Cet homme de toute beauté avec ce cordage noir qui l’entrave. Théo me regarde, un grand sourire irradiant son visage.
— Je suis tout à toi Ava, me dit-il avec malice.
— Il semblerait.
— Je pense que vous n’avez plus besoin de moi, nous dit notre invitée, en réunissant ses affaires.
— Merci infiniment.
— Il n’y a pas de quoi. Au revoir Théo.
— Au revoir et merci.
Elle quitte la chambre.
— Je reviens, ne te sauve pas !
— Je me demande bien où je pourrais aller dans cet accoutrement.
Je ris en quittant la pièce pour reconduire Judith. Quand je la retrouve, elle est prête à s’en aller.
— Sois prudente, Ava.
— Ne te fais pas de souci.
— Tu as mon numéro, appelle-moi si besoin.
— Je n’hésiterai pas.
— Amuse-toi bien.
— Je n’y manquerai pas.
— Il est très beau garçon, me dit-elle, en souriant.
— Je suis bien de ton avis.
— Et il est entièrement à ta merci.
— Je vais prendre beaucoup de plaisir à le lui démontrer.
— À bientôt, dit-elle, en ouvrant la porte de la suite.
— Oui, au revoir Judith.
Après avoir fermé derrière elle, je trottine en direction de Théo. J’ai l’agréable surprise de le trouver assis près la tête de lit.
Pile poil où je le voulais !
Hé ! Partage un peu, me gronde Betty.
Où on le voulait, me corrigé-je.
— Miss Bailey, m’accueille-t-il d’une voix voluptueuse.
Encore une fois, je suis stupéfaite par sa splendeur dans cette situation sensuelle.
— Monsieur Allen, dis-je sur le même ton.
Pressée de donner suite à notre rendez-vous, j’entreprends de déboutonner ma robe pour la faire glisser lentement le long de mon corps et de dévoiler à ses yeux affamés ma guêpière noire.
— Merde, siffle-t-il entre ses dents.
— Vos yeux sont-ils conquis ?
Il les fait cligner à plusieurs reprises.
— Ils ont bien du mal à croire ce qu’ils voient.
— Et dire que vous n’aurez même pas le loisir de me l’ôter…
— Il ne tient qu’à vous de me défaire de cette entrave.
— Pourquoi ? Tu es parfait comme ça !
Lentement, je grimpe sur le matelas et progresse tel un fauve guettant sa proie jusqu’à le chevaucher. Je parcours le cordage sur son corps.
— La semaine passée, j’ai pu constater que la rumeur selon laquelle tu avais une anatomie légendaire est avérée.
Théo remue sous moi lorsque j’y fais allusion.
— Au milieu de toutes ces rumeurs à ton sujet, je crois avoir entendu quelque chose au sujet de ta langue.
— Et tu aimerais procéder à quelques vérifications, je me trompe ?
— Tu commences à me connaître…
Je me redresse suffisamment pour lui offrir une vue privilégiée sur mon tanga et le fais glisser le long de mes jambes sans oublier de passer mes doigts sur mes lèvres déjà moites.
Noyée dans son regard de diable, je laisse échapper un long gémissement en léchant mes doigts humectés de mon plaisir. Sa respiration se fait plus profonde, plus bruyante.
Prenant appui sur ses épaules, je pavane mon sexe sous son regard de braise. Je finis de retirer ce bout de dentelle avec une lenteur insupportable et passe une jambe au-dessus de lui, lui offrant ainsi une fenêtre sur mon intimité. Je m’accroche à la tête de lit d’une main tandis que l’autre s’empare de sa chevelure.
— Je veux que tu me lèches, Théo, lui dis-je quand sa bouche entre en contact avec mon sexe.
Et je n’ai pas besoin de me répéter, Théo s’exécute sans tarder. Sa bouche se referme sur mes lèvres et m’aspire si vivement qu’un cri m’échappe. Déterminé à me supplicier, il m’investit de sa langue.
— Oh oui, plus fort ! m’exclamé-je en malmenant un peu plus sa chevelure.
Théo en profite pour s’offrir un tête-à-tête avec mon clitoris. Mon corps se tend sous l’effet de cette électrisante rencontre, et percevoir son souffle qui s’écrase sur mon infime tapis de poil qui habille ma féminité me rend littéralement folle. Entre ça, et sa langue qui va-et-vient frénétiquement en moi, je suis de plus en plus excitée.
— Continue, Théo ! réclamé-je en jetant ma tête en arrière.
Il me lèche avec ardeur et ses dents me mordillent avec soin. Prisonnière du désir qu’il crée en moi, ma main se referme sur sa nuque et je commence à onduler contre lui sans le ménager. Respirer ne doit pas être facile pour lui, mais impossible pour moi de ralentir la cadence. Je veux seulement qu’il me dévore l’entrejambe jusqu’à jouir dans sa bouche.
— Putain, j’adore !
Dans l’euphorie, je passe ma deuxième jambe sur son épaule le forçant à se pencher en arrière et à tirer sur ses liens. Je bouge de plus belle contre sa bouche pendant qu’il absorbe toujours mes lèvres.
— Théo, dis-je les dents serrées, totalement aux prises de mon plaisir. Je vais jouir.
Ces trois mots lui font redoubler ses efforts. Le front contre le mur, je vis ce plaisir qu’il m’offre avec excellence. Je m’abandonne dans cette chevauchée sauvage. Je ne sens que sa présence dans mon intimité ; il l’envahit divinement. Sentant les prémices de cet illustre orgasme, je me cambre prête à l’accueillir. Mes deux mains s’agrippent à ses cheveux si forts qu’il grogne. Un rugissement qui se répercute dans mon antre. Et je bascule. J’accepte cette redoutable délivrance en un gémissement laborieusement contenu. Terrassée par cet orgasme retentissant, vidée de mon énergie, je relâche la pression que j’exerçais contre sa bouche tout en savourant le bonheur de cette délectation.
Nos regards se cherchent et se croisent finalement. Y lire l’émerveillement et le désir sont un frisson de plus qui me traverse le corps.
— Hé…
— Tu es parfaite, Ava, dit-il fasciné. Incroyablement parfaite…
Délicatement, j’abandonne ses épaules pour apprécier son sexe durci tandis que mes doigts redessinent sa bouche mouillée de mon nectar.
— Suis-je à la hauteur des rumeurs qui circulent chez Bailey ? se renseigne-t-il sans rompre notre contact visuel.
— Apparemment…
Je l’embrasse pour le remercier du plaisir qu’il m’a offert ; mes baisers et mes caresses sont langoureux et doux. Progressivement, je descends plus au sud sans jamais toucher la corde jusqu’à finir près de cette légende au garde à vous. Je donne le ton en la parcourant d’un coup de langue. Il se tend.
— Ava !
— Ne bougez pas, monsieur Allen ! lui ordonné-je.
Son regard me supplie.
— Pas ça, s’il te plaît.
Le sourcil haut, je le dévisage incrédule.
— Tu es en train de me demander de ne pas te sucer ?
— Mais je ne peux pas te toucher, c’est de la torture !
— Je t’ai prévenu, Théodore : tout ne sera pas toujours aussi facile que la semaine passée.
Me penchant pour le tenir à bout de lèvres, j’ajoute :
— Je vais te prendre dans ma bouche et tu vas me supplier de te laisser jouir.
— Alors, détache-moi !
Je secoue la tête.
— Tu n’es qu’une garce.
— Je suis une adversaire à ta hauteur, mon cher Théo.
Il jure en se laissant retomber contre la tête du lit. Pendant ce temps, je me replace entre ses cuisses et le lèche à nouveau. Ma bouche se referme autour de lui, ce qui lui arrache un gémissement étouffé.
Je vais et viens lentement, l’avale entièrement en réitérant mon geste au gré des réactions de son corps. Très attentivement, je guette le moment où il va rompre. Je n’ai pas encore envie de lui accorder sa délivrance. J’accélère le rythme et Théo grossit de plus en plus dans ma bouche. Son orgasme étant imminent, je bouge énergiquement et quand arrive ce moment de crispation qui précède celui de sa délivrance, je l’abandonne, le laissant choir sur le lit.
— Mais qu’est-ce que tu me fais ? s’écrie-t-il.
Le regard innocent, je feins de ne pas comprendre son agacement et recommence à le torturer. Cette fois, Théo joue du bassin pour atteindre l’orgasme plus rapidement, mais je n’accède pas à sa requête et me retire au dernier moment.
Il lâche un juron remuant comme un fou. Il essaie de se détacher.
— Reviens !
Frustré, il me lance un regard noir. Loin de m’en vexer, je m’en régale.
— Tu veux que je finisse ce que j’ai commencé ?
— Tu le sais très bien. J’ai saisi le message. Laisse-moi jouir.
— Ça sonne comme une supplication à mon oreille, le taquiné-je.
— À genoux ! Je t’implore à genoux ! Ava, je t’en prie, donne-moi ta bouche.
— Bien.
J’accède à sa demande et le reprends entre mes lèvres. Je le suce toujours aussi avidement en serrant ma main à la base de son sexe.
— Merde, c’est bon, siffle-t-il.
Le sentir si extatique me fait lever les yeux vers lui et le voir les yeux clos, la tête basculée en arrière en pleine jubilation est d’un érotisme dingue. Je continue de le faire venir et lui réserve le même sort en le lâchant au moment décisif.
— Mais putain, arrête !
Complètement dépassé par ce qui lui arrive, il se place sur ses genoux en tirant à nouveau sur ses cordes, sa frustration est à son paroxysme.
— J’ai envie de toi, Théo…
— Viens, gémit-il, visiblement à bout. Je te veux…
Lui tournant le dos, je lui présente ma croupe. Son gland trouve naturellement le chemin de mon antre.
C’est un homme très différent qui s’empare alors de moi. Me pénétrant d’une poussée vigoureuse, il me besogne, évacuant dans chacun de ses coups de reins la frustration que j’ai créée en lui. Sa démonstration de force est si impressionnante qu’il ne faut pas longtemps pour que l’orgasme gronde de nouveau entre mes cuisses. Il en est de même pour lui. Je l’ai tellement éprouvé qu’il est à deux doigts de rompre. C’est dans une succession de gémissements à peine retenus que Théo se perd en moi dans de longues et intenses poussées qui suffisent à m’emmener. Mes mains capturant le couvre-lit entre elles tandis que j’accepte plus calmement que la première fois, ce second orgasme.
Ébranlée par ces orgasmes successifs, je me laisse choir sur le matelas à bout de force.
— Détache-moi…
Mais je n’ai pas le temps de me laisser aller. Le ton suppliant dont il vient d’user me met sur mes gardes. Je me redresse.
— Théo ?
— Ava, je t’en conjure, libère-moi.
Le sentant en souffrance, je me jette sur lui et je défais son nœud, les mains tremblantes. Je tire sur la corde et Théo est libre de ses mouvements.
Je finis soulevée dans ses bras avant qu’ils nous fassent basculer sur le lit, son corps enveloppant le mien. Je voudrais lui demander s’il va bien, mais Théo se loge une nouvelle fois en moi, me forçant à m’arcbouter sous lui. Le front pressé contre mon épaule, nos mains jointes et plaquées au-dessus de ma tête, il s’active en moi avec douceur, ses coups de reins sont profonds et délicats. Il semble savourer l’instant jusqu’à se figer en moi, se perdant une nouvelle fois dans la jouissance, son souffle s’écrasant contre mon oreille formant mon prénom comme une prière.
— Est-ce que ça va ? me renseigné-je après de longues secondes pendant lesquelles il s’est laissé retomber contre moi, épousant toutes les formes de mon corps, sa tête posée sur mes seins.
— Ava, murmure-t-il doucement. Tu m’as rendu fou.
Soulagée de le sentir si apaisé, je l’enlace.
— C’est un peu ce que je cherchais à faire…
— C’est horrible de ne pas pouvoir te toucher. J’aime te sentir vibrer sous mes doigts.
— Tu n’as pas aimé ? demandé-je attristée à l’idée qu’il n’ait pas vécu cette expérience aussi intensément que moi.
— Si…
Prenant appui sur son coude, il dépose un baiser sur mes lèvres.
— J’ai adoré tout ce qui vient de se passer, Winy, mais ne pas être libre de te toucher est une torture.
— Merci de m’avoir fait confiance, Théo.
Je sens son sourire sur ma joue.
— Je ne sais pas pour toi, mais je suis mort. Je n’ai plus la force de rien.
— Je suis dans le même état.
— Alors, tu restes avec moi ici ?
— Bien sûr !
— Mais tu vas te sauver avant que je me réveille, non ?
— Il faut garder un peu de suspense pour après, tu ne crois pas ?
— J’aurais tous tes réveils après. Hein ?
— Il n’y aura plus de règles, une fois le jeu fini.
Théo, visiblement très fatigué, s’accroupit devant moi.
— J’ai besoin de toi pour m’enlever la corde.
— Oui, bien sûr.
Je m’y active. Quand j’ai fini, il me passe lentement en revue.
— Si je peux me permettre, ma dominatrice, vous avez fait une erreur, ce soir.
— Vraiment ? Et laquelle ? m’amusé-je.
Il foule le tissu de ma nuisette.
— Je vais te la retirer.
Je glousse et le laisse me déshabiller avant de venir me blottir dans la chaleur de ses bras. La douceur de ce moment, des caresses dont me gâte Théo ne tardent pas à me faire lentement sombrer. J’abandonne la lutte contre la fatigue sur ces quelques mots de Théo :
— À lundi, ma jolie chérie.
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