Seven : Le jeu de tous les péchés (French Edition)

plaisante. J’ai apprécié discuter avec Sawyer et…

Un voyage improvisé

 

plaisante. J’ai apprécié discuter avec Sawyer et partager avec lui mes Le reste de mon après-midi se déroule plus tranquillement. Et ce n’est pas pour me déplaire. La fin de notre déjeuner a été premières impressions sur mon travail chez Bailey. J’ai pu écouter ses propres expériences et cela a été très instructif d’échanger avec une personne plus neutre que mon père ou même que Théo. Il peut me soutenir que notre relation n’influe pas sur le regard qu’il porte sur mon travail, j’ai toutes les difficultés à y croire.

Finalement, tout laisse à penser que mon père a souhaité que j’assiste à

ce repas pour que je rencontre Sawyer. Il se doutait bien que, naturellement, il se rapprocherait de moi et que notre discussion pourrait éventuellement m’apporter quelques éclaircissements sur mon avenir chez Bailey. Je ne suis pas dupe et je doute qu’il abandonne l’idée de prendre du recul. Encore moins maintenant que Molly est enceinte de leur bébé.

La bonne nouvelle est que sa grossesse se déroule à merveille et j’en

suis heureuse. Mon père est changé depuis que je connais la vérité sur leur relation et que ce bébé est attendu. J’aimerais lui offrir ce qu’il désire et le libérer de cette charge titanesque que représente Bailey, mais j’en suis incapable. Je n’ai ni l’expérience ni les qualités requises. Comment le soutenir dans cette nouvelle phase de son existence ? Je ne suis pas à la hauteur. Au moment où il a le plus besoin de moi, je n’ai aucun moyen de le seconder.

Le menton enfoncé dans la paume de ma main, je fixe mon écran

incapable de dire ce que j’y fais d’ailleurs. Perdue dans mes songes, je m’attarde sur la petite horloge qui s’y trouve et regarde les minutes s’égrener au fil de ma réflexion.

— Où es-tu, ma chérie ?

Surprise par cette voix puissante et rugueuse, je sursaute sur ma chaise. — Très loin, visiblement, ricane Théo en se posant sur la chaise. Laisse-

moi deviner ! Tu rêves à ce beau brun. Comment s’appelle-t-il déjà ? Sawyer ?

— Si c’est pour ça que tu es descendu, tu peux repartir. Je n’ai pas de

temps à perdre avec ces sottises.

Après un bref coup d’œil sur mon écran, il réplique : — Tu es trop occupée à ne rien faire sur ton ordi, c’est ça ? Quand tu fais semblant de travailler, pense au moins à ouvrir un fichier,

histoire de donner le change…

— Tu es fâchée à cause du resto ? Ava, je n’ai rien fait de plus que… — C’est bon ! le coupé-je la main levée. J’ai bien compris ce que tu

cherchais à faire. Avec toi, c’est donnant-donnant, je suis au courant.

— Si ce n’est pas ça qui te met de mauvaise humeur, je peux savoir ce

que c’est ?

— Rien ! affirmé-je en me levant.

J’enfile mon manteau.

— Tu rentres avec moi ou je prends un taxi ?

Plus sérieux, il m’examine attentivement.

— Je suis venu te chercher, bien sûr. Ava, qu’est-ce qu’il y a ? — J’ai seulement envie de rentrer et de me changer les idées. Je récupère mes affaires et fonce vers la sortie, mais c’est sans compter

sur Théo qui me retient d’une main autour de ma taille.

— Pas si vite ! Je vais te reconduire chez toi et te laisser tranquille si

c’est ce dont tu as envie, mais explique-moi pourquoi tu en ressens l’envie.

— Parce que je suis censée tout te dire ?

— C’est la base d’un couple, Ava : le dialogue ! Je pensais qu’on

s’entendait sur ce point.

— Tout se dire, tout partager, articulé-je la voix chevrotante. — Surtout si ça nous concerne ! Au-delà de ça, j’ai envie d’être ton

confident.

D’une main sur ma joue, il me ramène dans ses bras. — Mon amour, parle-moi.

— Je sais ce qu’il espère de moi, mais ce n’est pas ce que je suis,

bredouillé-je. Il veut profiter de sa nouvelle vie avec Molly et leur bébé et j’aimerais plus que tout pouvoir être celle qui lui offrirait cette liberté en reprenant Bailey en main, mais en plus de ne pas y être préparée, je n’en ai pas envie.

— J’en ai bien conscience.

Lovée contre lui, je le laisse me réconforter.

— Il n’ira pas à l’encontre de ce que tu désires, j’y veillerai, mais je

t’interdis de te culpabiliser. Certainement pas à cause de son obsession.

Prenant mon visage en coupe, il me fait lever les yeux vers lui. — En toute sincérité, je ne crois pas que ce déjeuner était un moyen de

te convaincre. Je pense simplement qu’il est fier de toi, de la femme que tu es devenue. Tu sais que je suis le premier à le remettre à sa place quand il va trop loin, qu’il dépasse les bornes. À la limite, il espérait que tu tombes éperdument amoureuse de ce petit merdeux de Sawyer histoire de m’évincer.

Mon rire vient mourir contre son manteau.

— Tu n’y crois pas vraiment, n’est-ce pas ? C’est juste une

plaisanterie ?

Je m’immerge dans le noir profond de ses yeux. — Parce qu’en toute sincérité, monsieur Allen, je pense qu’il a tenu à

ce que tu sois là simplement pour te prouver que tu as ta place chez Bailey et dans ma vie.

Il me sourit.

— Ton père aura ce qu’il désire et tu joueras parfaitement ton rôle. Tu

n’es pas seule, je suis là. On forme une équipe tous les deux. Et ce bébé n’est pas encore là, on a le temps de penser à la suite.

Me dressant sur la pointe des pieds, je lui vole un baiser, mais il ne lui

suffit pas. Ses doigts dans mes cheveux, il accentue la présence de ses lèvres sur les miennes. Sa langue vient me narguer et je la laisse faire. Accrochée à lui, je réponds à son ardeur et le laisse me ramener à nous après ce moment de doute.

Je m’égare dans ce baiser et Théo aussi semble en perdre le contrôle si

j’en juge la façon dont il empoigne mes fesses. Il s’apprête à me soulever contre lui quand un raclement de gorge nous fait redescendre très brusquement sur terre.

Théo se tourne pour découvrir comme moi qui vient se présenter dans

mon bureau. Même si j’en ai une petite idée…

— Alex ! lance Théo d’une voix assurée.

À l’entendre, on ne croirait pas que mon père vient de nous surprendre

en pleine séance de pelotages. Ce dernier fait quelques pas dans mon bureau pour venir d’adosser à l’une de mes étagères.

— Ce n’était pas vraiment le but de ma visite, mais je crois que le

moment est idéal pour une petite mise au point.

— Ça s’annonce amusant, ricane Théo.

— Arrête, râlé-je en lui donnant un coup de coude. — Il serait très bénéfique à notre bonne entente que vous gardiez ce

genre de batifolages pour des moments plus propices. Par exemple quand je suis très, mais alors très loin de vous et qu’il n’y a aucune chance que je puisse tomber sur vous.

— Tu es déjà deux étages au-dessus, ce n’est pas assez loin ? — Si c’est pour faire ce genre de remarque, mieux vaut peut-être que tu

te taises ! lui objecté-je.

— Tu me dis de me taire à moi ? se vexe-t-il comme un enfant. — Papa, je suis désolée. Je comprends et nous serons plus discrets. Théo bougonne dans son coin.

— Je ne m’inquiète plus pour ça, mon ange. Théo finira par

comprendre.

— C’est bien connu : j’ai l’habitude de t’écouter, tiens ! — Tu ne m’aides pas là !

— T’aider à quoi ? dit-il posément avant de se tourner vers mon père.

Vas-y, Alex, dis-moi ce que je dois faire encore pour trouver grâce à tes yeux ?

— Il n’est pas question de ça, mais il s’agit de ma fille, bon sang ! — Et il s’agit de la femme que j’aime et avec qui je rêve ma vie !

Réveille-toi Alex, et commence à te faire à l’idée parce que je n’irai nulle part.

— Qu’est-ce que tu crois que je fais ?!

— Ça suffit ! tenté-je de m’interposer. Vous êtes ridicules !

— Je ne te demande rien d’autre que de respecter le fait qu’elle est ma

fille ! Tu comprendras quand tu seras père à ton tour.

— Mais j’ai bien l’intention d’en arriver là avec Ava. — Arrête ! s’époumone alors mon père en me faisant frémir au passage.

Arrête de me répéter, de tenter de me prouver par tous les moyens qu’elle n’est plus vraiment à moi. Toute ma vie, on me l’a prise. Sa mère et maintenant toi !

Son aveu me brise le cœur, une nouvelle fois. J’ai conscience que mon

départ lui a fait beaucoup de peine et la séparation a été éprouvante pour tous les deux, mais l’entendre l’exprimer à voix haute, l’écouter dire qu’on m’a arraché à lui me retourne toujours les tripes. Sûrement parce que je l’ai vécu de la même manière : comme un véritable déchirement.

— Dix ans ! s’écrie-t-il. J’ai dû attendre dix ans pour qu’elle revienne et

tu as foutu ta merde, Théo.

Théo ne réplique pas pour une fois. Je pense qu’il réalise mieux ce que

mon père lui « reproche » vraiment. Même si ce n’est pas tout à fait de cela qu’il est question.

— Je peux accepter que tu fasses partie de la vie d’Ava, mais accepte

qu’elle est ma chair, bordel ! Ce n’est pas un foutu concours entre nous là ! Il s’agit du bonheur de ma fille !

— Je peux la rendre heureuse, se défend Théo. — Il me faudra plus que quelques paroles pour me rassurer. Déteste-

moi pour ça, mais n’oublie jamais ce que je te dis aujourd’hui : pense à moi le jour où tu verras ta fille s’envoler pour se poser dans les bras d’un homme.

Le voilà en train de désigner Théo du doigt.

— Tu te plais peut-être à oublier quel homme tu as été, mais ce n’est

pas mon cas.

— Arrêtez, gémis-je en m’accrochant au cou de mon père. S’il vous

plaît, arrêtez.

— Tu attendras ! s’écrit mon père en agitant un bras tandis que l’autre

me serre contre lui. Le moment viendra peut-être et tu attendras.

— Je suis désolée, sangloté-je contre lui. J’en ai tellement souffert moi

aussi.

Mon père m’étreint plus fort.

— Mon ange, rien n’a jamais compté plus que toi.

Puis il glisse à mon oreille :

— Je ne te perdrais plus. J’ai commis cette erreur une fois, je ne

recommencerai pas, qu’importe ce que ça pourrait me coûter.

Mon visage finit prisonnier de ses mains fortes et rugueuses. — J’ai voulu me battre avec ta mère pour te garder, mais tu nous avais

déjà trop vu nous déchirer.

— Je voulais seulement être avec toi, papa, sangloté-je. C’est tout ce

que je souhaitais.

— Pardonne-moi de ne pas avoir mené cette bataille jusqu’au bout.

J’aurais dû…

— Je suis là, maintenant, dis-je en l’imitant. Je suis avec toi. — Rien ne pouvait plus me combler que de t’avoir près de moi. Surtout

maintenant que je vais être père à nouveau.

Plus tempéré, il s’intéresse à Théo.

— Je suis venu pour vous demander de représenter Bailey à la

conférence de Los Angeles qui se tiendra jeudi et vendredi. Je vous prends un peu au dépourvu, mais…

— On va le faire, le rassuré-je aussitôt. Tu dois rester auprès de Molly. — Je pourrais m’en charger, intervient Théo. Ava peut très bien rester

avec toi.

— J’aimerais qu’elle y assiste. Ça sera une bonne expérience pour elle. — Mais il y a Romance et tout le reste. Avec elle, ça sera plus… — Molly sait parfaitement ce qu’elle a à faire lorsque je ne suis pas

présente, je ne me fais aucun souci. J’ai très envie d’y aller.

— Je doute que ce soit une bonne idée.

— Et pourquoi ça ?

Pourquoi il n’a pas envie que je l’accompagne ? — Rien de plus que la raison que je viens de te citer. Maintenant si tu

insistes, nous irons tous les deux.

— J’ai déjà prévenu du changement et l’hôtel était déjà réservé. Je me

suis occupé d’ajouter une réservation sur le vol de demain soir. Ma secrétaire vous a sûrement envoyé un mail avec toutes les modalités.

— Entendu.

— Merci de me remplacer au pied levé. Je n’avais pas le cœur à laisser

Molly et, après le déjeuner d’aujourd’hui, j’ai pensé que l’occasion était idéale de vous laisser partager ça.

Mon père m’embrasse une nouvelle fois.

— Je dois y aller maintenant. Molly m’attend. — Bien sûr. Sois tranquille, tout ira bien.

Mon père s’apprête à partir, mais renonce pour venir se planter devant

Théo.

Le doigt pressé sur son torse, il lui dit :

— Je t’ai tout donné Théo : un travail, ma confiance, mon respect et

mon affection, et tu en as fait ce que tu as voulu. Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est en partie de ma faute, mais tu as commencé à te couper de moi. Je n’ai pas eu besoin que tu me parles de ton père pour comprendre que tu n’as eu aucune image paternelle dans ta vie. Ta manière d’agir avec moi, ce refus de mon autorité m’a raconté ton histoire bien avant que tu te décides à le faire. 

Si je suis touchée que mon père parle à Théo avec tant de franchise, je

ne suis pas tranquille quand celui-ci se met sur la défensive.

— Tu as fini ?

— Le problème, c’est que je n’ai pas commencé. Tu t’es tiré à

Sacramento en te moquant de mes avertissements en ce qui concerne la famille Tindle.

— Tu m’as assez reproché d’être parti, Alex ! Combien de temps encore

vais-je devoir ramer pour que tu oublies cette histoire ?

— Nous n’en serions pas là si tu ne dépensais pas autant d’énergie à te

confronter à moi. Tu attends que je te laisse une place dans cette famille, tu exiges que je t’accorde une chance de me prouver ton attachement pour Ava, mais quand as-tu fait la même chose pour moi ?

— De quoi est-ce que tu parles ? Je n’ai pas besoin de toi ! — Pourtant tu es toujours là ! Ce n’est pas moi qui suis perdu, c’est

toi ! 

— Je sais où je vais !

— Avec ma fille, je le pense oui. Mais tu as besoin d’un peu plus que ça

pour trouver ta place dans ce monde. Le problème, c’est que tu ne fais confiance à personne.

— Désolé de te l’apprendre, mais mon monde ne tourne pas autour de

toi. Le fait que je ne te fasse pas confiance ne veut pas dire que j’en sois incapable.

Mon père laisse échapper un soupir nerveux avant de jeter sa tête dans

ma direction.

— J’espère qu’il trouvera la force d’affronter ce qu’il garde pour lui,

sinon, ça risque de vous péter au visage un jour ou l’autre.

— On va se passer de tes conseils, continue Théo toujours aussi braqué. — On ne construit pas de bases solides avec un tel manque affectif. — Personne ne me manque ! s’écrie Théo.

— Ce n’est pas avec moi que tu as un problème, mais avec ce que je

représente : avec l’homme !

— J’ai un problème avec toutes personnes qui viendront entacher ma

relation avec ma femme, réplique-t-il toujours aussi sévèrement.

— Tu es trop borné, s’exaspère mon père. Tu n’écoutes rien ! — Ravi de voir qu’on s’entend à ce sujet !

C’en est trop pour la patience déjà bien entamée de mon père qui tourne

les talons. Un dernier baiser plus tard, il sort et je n’aime pas le voir s’éloigner les traits aussi songeurs.

Seule avec Théo, je suis sans voix. Que dire après ce qui vient de se

passer entre eux ? Je ne peux que me ranger à l’avis de mon père : Théo a un véritable problème avec l’image qu’il renvoie. Celle d’une présence protectrice, un guide bienveillant : l’image du père. Non pas que mon père ait tenté de remplacer qui que ce soit. Cependant, ils se connaissent depuis des années. Ils ont travaillé ensemble et mon père l’a formé. Forcément, des liens se sont tissés entre eux. Mais le départ de Théo a jeté un voile sur leur entente et depuis leur relation est franchement tumultueuse.

Ce qui m’impressionne le plus dans ce que je viens de voir, c’est son

mépris. Pas pour mon père, mais pour cette autorité qu’il dégage de par son rôle dans l’entreprise et maintenant dans ma vie. Tout ce qui se rapproche de près ou de loin à un semblant d’autorité est un véritable défi pour lui. Il s’y confronte, s’y oppose, mais pour quelle raison ? L’absence de son père peut-elle être la seule explication à son manque d’allégeance à toute représentation masculine ? Finalement, rien n’est réglé entre lui et mon père. C’est même tout le contraire.

Je n’ai toujours pas été capable de prononcer un seul mot alors que de

son côté, Théo, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon, fixe ses chaussures quand un SMS me parvient. Je saute sur cette occasion pour mettre de côté cette conversation.

— Mack et Jacob veulent manger chinois pour le dîner. Ils nous

proposent de nous ramener le repas. Qu’en dis-tu ?

— À toi de me le dire, mon ange. Tu n’as peut-être pas envie de

m’avoir sur le dos après ça…

— Selon toi, je devrais me débarrasser de toi ? Ma question n’est pas vraiment sérieuse. J’aimerais seulement adoucir

l’ambiance entre nous. Bien évidemment, il est important que nous parlions de ce qui vient de se produire, mais pas maintenant, pas dans ces conditions.

— Personnellement, je ne préférerais pas. Je n’oublie pas que tu n’as

pas la meilleure place dans cette affaire.

Je lève les yeux au ciel.

— Je ne te le fais pas dire…

Je le rejoins et l’enlace à la taille.

— Je suis effrayée par votre capacité à vous emporter. C’est surréaliste. — C’est comme ça entre nous.

Ses mains se referment sur ma nuque.

— Mais ce n’est pas normal.

Une remarque qui le fait soupirer.

— Je ne veux pas qu’on se dispute. Ça ne nous mènera nulle part. — On est d’accord sur ce point.

— Je reste convaincue que votre manière de fonctionner n’est pas

anodine. On a dépassé le simple problème d’ego là. 

— Et c’est de ma faute ? C’est ce que tu penses ? Il semble vexé.

— Bien sûr que non. Par contre, je crois que tu mélanges beaucoup de

choses.

Il essaie de se dérober, mais je le retiens en emprisonnant son visage. — Ce n’est pas grave, Théo. Tu as le droit d’avoir des failles, de ne pas

tout maîtriser.

— Ava, arrête…

— Tu dois apprendre à plus te livrer.

— À ton père ? demande-t-il comme si c’était grotesque. — Je te parle de nous, de moi.

Je presse ma bouche contre la sienne.

— Tu es en sécurité avec moi. Je veille sur toi.

— Je n’en ai pas…

Je le fais taire d’un baiser.

— Tout le monde a besoin de quelqu’un. Et moi, je suis celle qu’il te

faut.

Liant ses bras sur mes épaules, il me ramène à ses lèvres. Son souffle

chaud vient y mourir. Je cherche son regard et m’y plonge quand il m’y donne accès.

— La perfection n’est pas de ce monde Théo et ce n’est absolument pas

ce que je recherche chez toi. Je veux pouvoir me fier à toi, mais ça ne veut pas dire que tu ne peux pas commettre d’erreur.

— Si on rentrait et qu’on oubliait ça…

— Je préviens Mack qu’on les retrouve à la maison. Théo glisse sa main dans la mienne et m’attire à l’extérieur du bureau,

tandis que, de l’autre côté, je rédige un texto à ma meilleure amie. Dans l’ascenseur, je m’enroule autour de son bras et l’observe curieusement.

— Tu n’as pas envie que je vienne à L.A, n’est-ce pas ? — Ne dis pas n’importe quoi ! C’est juste très compliqué de te faire

quitter Bailey. J’ai pensé que tu préférerais rester là. Si tu veux m’accompagner, ça me convient très bien.

— Tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement, Allen ! — C’est que je fais plutôt bien le job, non ?

— Oh oui ! Tu es très doué. 

— On dirait bien qu’on part à Los Angeles, mon amour, dit-il d’un air

plus réjoui que lorsque nous avons évoqué ce voyage.

Sur cette note plus joyeuse, nous quittons Bailey pour retourner à mon

appartement et j’espère que la soirée finira mieux qu’elle n’a commencé.

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