Seven : Le jeu de tous les péchés (French Edition)

Hôtel Ballard. Chambre 204.

Premier péché :

 

Hôtel Ballard. Chambre 204.

Assouviras-tu mes envies ?

 

d’excitation… Il n’y a pas de mot assez fort pour décrire ce que j’ai éprouvé en poussant la porte de l’hôtel Ballard, ce samedi soir ; un enivrant mélange d’appréhension et

Pour être parfaitement honnête, j’ai manqué de faire demi-tour à plusieurs reprises. J’étais pétrie de peur à la pensée de ne pas réussir à gérer ce que nous nous apprêtons à vivre, Théo et moi.

Heureusement, ma curiosité de connaître le déroulement de cette soirée et mon envie d’épater Théo ont pris le pas sur mes angoisses. Molly et moi avons longuement échangé sur les émotions que ce genre d’expériences permet d’appréhender et j’ai envie de vivre cela. Avec Théo plus qu’avec n’importe qui.

Cet homme m’a toujours attiré. Il est mon crush, mon fantasme, mon angoisse et, ce soir, mon plus grand challenge.

Une fois n’est pas coutume, je suis ma pire ennemie. Je doute de tout : de le surprendre, de le contenter, de ne savoir pas attiser son envie, d’être à la hauteur de son expérience en matière de femmes. Même avec Molly pour me guider et me convaincre que j’ai pris la bonne décision en mettant en place ce jeu, je redoute qu’il ne voie pas le moindre exotisme dans ce que je m’apprête à partager avec lui.

Je prends un risque, mais je dois le faire et vivre cette histoire pour découvrir où elle me mènera.

Dans les bras de Théo de préférence ! me fait remarquer ma Betty.

Moi aussi, je ne rêve que de cela et j’ai bien l’intention d’œuvrer en ce sens.

Si j’ai demandé à Théo de me rejoindre directement dans notre chambre d’hôtel, c’est que je devais réaliser quelques préparatifs. Puis, je me suis accordé le temps de me délasser sous le jet d’eau chaude avant de passer une tenue légère. Pour ce soir, j’ai choisi une marjolaine en soie et en dentelle noire. J’ai soigné mes boucles comme il aime que je le fasse et me suis maquillée légèrement.

Il est tout juste 21 h lorsque la main de Théo s’abat contre la porte de la chambre 204. Et je suis au bord de l’évanouissement quand je vais lui ouvrir. Il me faut rassembler une bonne dose de courage pour reprendre mes esprits et en tourner la poignée.

Les paroles de Molly me reviennent en tête lorsqu’elle m’a encouragé à mettre de côté les enjeux de notre rendez-vous et de le vivre pour ce qu’il était : un moment d’abandon et d’intimité avec l’homme qui fait chavirer mon cœur en guimauve depuis mes dix-sept ans.

Forte de cet encouragement, j’ouvre à mon invité.

— Bonsoir, Théo.

— Bonsoir, Winy.

N’étant que légèrement vêtue, je le fais rapidement entrer dans la chambre. Il n’y a qu’une fois la porte close qu’il peut me découvrir dans mon intégralité. Et la manière dont il le fait en dit long sur le pouvoir de ma nuisette sur lui.

— Tu es… bégaie-t-il. Sublime.

Je m’approche et découvre, touchée, que Théo a choisi la cravate qu’il portait lors de mon premier jour chez Bailey. Je la prends entre mes doigts.

— Merci, Théo.

— J’ai cru comprendre que tu l’aimais bien…

— C’est vrai.

Je lui propose de se mettre à l’aise dans ce petit salon avant que nous rejoignions la chambre attenante.

— Comment te sens-tu ? le questionné-je en coulant mes mains dans les siennes.

— Intrigué, murmure-t-il en pressant sa bouche contre la mienne avec envie. Prêt à me faire clouer le bec par ma déesse.

— J’attends ce moment depuis des jours, lui confié-je en glissant ma main dans ses cheveux tout en gardant mes lèvres sur les siennes.

— Mon cerveau a fumé toute la journée, glousse-t-il en m’embrassant toujours avidement.

— Je ne vais pas te tourmenter davantage et te…

Le bruit d’une bouteille de champagne que l’on débouche résonne dans la pièce voisine. Ce bruit met Théo sur ses gardes. Le front plissé, il m’observe incrédule.

— Tu n’es pas seule ?

Je lui adresse un sourire somptueux.

— Je vais te présenter.

J’aimerais le guider vers la chambre, mais Théo me retient.

— Ava, qui se trouve à côté ?

Il est inquiet, c’est très clair. Je fronce le nez.

— Tu te souviens du but de notre jeu, Théo ? La confiance.

Je tire à nouveau sur son bras et, cette fois, il se laisse guider. Collé à moi, il me suit.

On en parle de son bras qui nous enlace comme s’il craignait qu’on vienne nous prendre à lui, me lance ma Betty. Il est tendu, je le sens dans tout son être.

Il nous faut que quelques pas pour entrer dans la chambre et lever le voile sur la personne qui s’y trouve. Comme je l’avais présagé, Théo est surpris en découvrant la jeune femme se tenant près du lit.

— Bonsoir, Théo, l’accueille Heather.

Lors de notre première rencontre, j’ai été immédiatement séduite par Heather et par sa grande beauté, qu’elle doit à une épaisse chevelure blonde, à ses grands yeux bleus très expressifs, mais surtout à ses lèvres pulpeuses d’un rose, d’une perfection presque agaçante. Au-delà de son physique avantageux, Heather est très agréable. Elle a su me mettre à l’aise et c’est pour cela que je l’ai choisie pour vivre cette aventure.

— Euh… mâchouille mon voisin. Salut.

Si je ne devais pas être sérieuse et assurée, je serais morte de rire de le voir si désarçonné.

Tu paries combien qu’il s’imagine déjà vous avoir toutes les deux pour son plaisir ? me dit Betty.

Qu’il s’imagine ! répliqué-je. Il va bientôt déchanter…

— Veux-tu du champagne ? se renseigne Heather auprès de mon voisin qui n’ose plus bouger.

— Eh bien…

Finalement, il s’empare du verre qu’elle lui propose.

— Merci.

— Ava, ma belle, tu en veux aussi ?

— Volontiers !

Nous trinquons tour à tour et je savoure une gorgée de ce liquide doré et délicieux quand Théo se penche à mon oreille.

— Je peux en savoir un peu plus sur ce qui se passe ici, ma Winy ?

Je dépose un baiser sur ses lèvres.

— Impatient, monsieur Allen ?

— Et curieux.

Il lance un coup d’œil en direction de notre invitée.

— Très curieux…

Je lui indique le fauteuil placé dans un coin de la chambre, au pied gauche du lit.

— Assieds-toi, je t’en prie.

Il obtempère. Lorsqu’il est là où je le voulais, je capture dans ma bouche une nouvelle gorgée et me plaçant face à Heather, je la fais basculer suffisamment pour verser le champagne dans sa bouche. Ce contact est d’autant plus électrisant que les mains d’Heather remontent le long de mes jambes jusqu’à venir pétrir mes seins.

Je m’abandonne au baiser qu’elle me donne. Sa bouche divinement charnue me fait un effet de dingue. J’en apprécie chaque seconde tandis qu’Heather se promène toujours sur mon corps. Quand je la délaisse, tout mon être papillonne et en réclame tellement plus. Pourtant, je ne peux pas ignorer l’individu tapi sur son siège et les questions qui doivent le marteler. Et son expression en dit long sur son désappointement, mais il ne cache pas cette lueur d’excitation qui illumine son regard.

— Tout va bien, Théo ?

Il reprend un peu de sa constance.

— J’aimerais bien en savoir un peu plus sur ce qui se trame ici…

— Je comprends et nous n’allons pas te faire languir plus longtemps. La carte disait : « Assouviras-tu mes envies ? », et l’une d’entre elles est, comme tu l’auras sûrement supposé, faire l’amour avec une femme en la personne d’Heather. Ton rôle sera celui d’observateur. Penses-tu pouvoir relever ce défi ?

L’expression qui se dessine sur son beau visage est véritablement à mourir de rire : j’y décèle une certaine méfiance, de l’hésitation, mais surtout de la stupéfaction. Ce mélange est juste hilarant.

— Ce que tu es en train de me dire, c’est que je dois rester assis là pendant que toi, tu t’envoies en l’air avec ton amie ? me demande-t-il prudemment.

— C’est ça !

Toujours aussi dépité, il insiste :

— Tu es vraiment sérieuse ?

Il pointe l’index sur Heather.

— Tu vas coucher avec elle ?

— Effectivement. Je te le demande : veux-tu rester ou t’en aller ?

— Et comment que je reste ! s’exclame-t-il enthousiaste. Il faudrait être complètement fou pour refuser un truc pareil !

Sa réaction enjouée me donne envie de sourire et garder mon sérieux n’est pas simple. L’excitation et le désir dans sa voix m’amusent et nous voir faire notre petit numéro va le torturer.

— Très bien, dis-je sur un ton contenu.

Au fond de moi, je meurs d’envie de sauter de joie.

Je rejoins Heather, déjà installée sur le matelas, et je m’agenouille face à elle.

— Salut, me dit-elle dans un grand sourire.

— Salut.

— Tu es parfaite, alors relax, me chuchote-t-elle. J’ai très envie de toi.

Je passe lentement mes doigts dans ses cheveux avant de retrouver sa bouche. Dans un premier temps, ce baiser est timide et tendre, mais mon souhait d’ébahir Théo me donne de l’audace et, très vite, j’en prends pleinement possession.

Je me laisse guider par mes ardeurs, tout en vivant cet échange avec le plus d’intensité possible. N’étant pas coutumière de cette pratique, j’aborde les courbes de ma jolie partenaire avec une certaine appréhension.

Mes mains glissent le long de ses bras, puis de ses épaules, avant de finir leur douce exploration sur ses seins. Heather raffermit son emprise sur ma nuque pour accentuer notre baiser. Elle agrippe le bas de ma nuisette et me la retire dans un mouvement fluide ; je me retrouve vêtue d’un simple tanga en dentelle noire.

Ses lèvres plantureuses se lancent à la découverte de ma poitrine, saisissant mon téton en leur creux, leur infligeant de délicieux tourments. Je me cambre sous l’effet de cette confrontation.

Désireuse de dévoiler à mon attention, mais également à celle de Théo, les formes dissimulées par ce joli bustier de couleur sombre que porte Heather, j’entreprends de le lui retirer, faisant jaillir à mes yeux conquis sa beauté cachée. Je m’arrête un instant afin de me repaître de cette femme splendide qui se divulgue à moi. Mes émotions se bousculent ; cette expérience est aussi terrifiante qu’alléchante. Le pouce d’Heather effleure la chair pulpeuse de ma lèvre inférieure alors que son regard d’un bleu azur s’accroche au mien.

— Je te veux, Ava.

Sa voix voluptueuse me transporte un peu plus loin dans l’érotisme de ce moment, faisant s’envoler les barrières qui me bridaient encore. Ma langue épouse sa peau douce et ferme jusqu’à son buste où je dessine des cercles autour de son mamelon durci avant de l’aspirer totalement.

— Ava, gémit-elle doucement.

Je capture ses seins dans la paume de mes mains et renouvelle mon geste. L’euphorie qu’éveille en moi le fait de lui infliger ce traitement est tout simplement grisante ; en résulte une violente tension qui vient assiéger mon sexe.De façon inattendue, je me retrouve basculée sur le lit.

J’évite scrupuleusement le regard de Théo, assis à deux pas de nous. Cette idée ne fait que d’ajouter au surréalisme de ce moment. Cependant, je suis encore trop intimidée pour oser l’affronter.

Dans une lenteur insoutenable, Heather fait rouler mon tanga le long de mes jambes jusqu’à me l’ôter complètement avant de se redresser et de m’admirer avec avidité.

— Place tes mains au-dessus de ta tête et ne bouge plus. Si tu n’obéis pas, j’arrêterai ! m’ordonne-t-elle avec le plus grand sérieux.

Accroupie devant moi, elle mordille les endroits les plus érogènes de mon corps. Les yeux clos, je savoure chaque sensation qu’elle provoque en moi. Ses dents remontent jusqu’à mon flanc ce qui me fait réagir. Elle rit.

— Tu es chatouilleuse, ma belle…

Elle continue sa descente tout en câlinant l’intérieur de mes jambes, s’approchant un peu plus de mon intimité. Je m’ouvre à elle, l’invitant à poursuivre.

— Tu t’impatientes ?

— C’est si bon.

— Dis-moi ce que tu veux.

— Je veux sentir ta bouche entre mes cuisses.

Elle me répond dans un gémissement libidineux.

— Ta bouche est si belle, soupiré-je.

Ses lèvres retrouvent les miennes une ultime fois avant de revenir narguer mon entrejambe. Sans plus attendre, elle m’offre ce que je lui réclame et ses lèvres se referment sur la chair transpirante de mon plaisir.

— Tu es tout humide.

— Et c’est de ta faute, m’amusé-je.

Je la sens clairement glousser contre moi, faisant frémir mon corps au passage. La pointe de sa langue s’intéresse à mon clitoris, le titillant longuement avant de le confisquer entre ses lèvres. Bouleversée par ce tumulte sensationnel, je me mords violemment l’intérieur de la joue, tout en m’agrippant à l’oreiller, espérant ainsi contenir ce virulent besoin d’accentuer la pression exercée sur mon bouton. Elle achève son incursion et absorbe ma pulpe brûlante de désir. Mes doigts se contractent fermement sur les coussins.

— Un délice, murmure-t-elle, dans un souffle qui me parcourt à un endroit des plus inhabituels.

Son index se glisse sans plus attendre dans ma fente insatiable.

— Je veux que tu te goûtes, me dit-elle, en le présentant à ma bouche.

Avant de l’accueillir entre mes lèvres, je lance un coup d’œil vers Théo, assis sur le rebord du fauteuil. Les premiers boutons de sa chemise sont défaits, son torse bouge frénétiquement au rythme de sa respiration qui s’emballe. Tout dans son comportement trahit son trouble. Je plante mon regard dans le sien avant d’enrober de ma langue le doigt d’Heather pour le sucer lentement. J’admire notre spectateur tandis que sa mâchoire se contracte nerveusement devant la scène qui se joue devant lui.

— Délicieux, susurré-je à son attention.

Théo s’affale grossièrement dans son siège dans un grognement guttural. Ma jolie Heather reprend sa place entre mes jambes et recommence à me supplicier avec une ardeur accrue, impactant considérablement mon excitation.

Son doigt est de nouveau en moi, remuant vigoureusement, m’obligeant à onduler contre elle pour intensifier notre étreinte. Cette étourdissante impulsion au creux de moi est de plus en plus omniprésente, s’emparant de mon corps à une vitesse vertigineuse. J’abandonne le coussin que je tenais fermement, prête à désobéir aux ordres de cette magnifique blonde que je tiens entre mes cuisses, cédant à l’impatience de me faufiler dans sa chevelure.

— Ava ! me gronde Théo de sa voix éraillée.

Son avertissement résonne à mes oreilles et me tétanise. Mes bras retombent sur les oreillers. J’esquisse un sourire.

Mon esprit revient à Heather et à ce bien-être qu’elle m’impose avec adresse et dévotion, me promettant quelque chose de bien plus fort.

— Heather, lâché-je dans un murmure lascif.

Sa langue vient tenir compagnie à son doigt et s’harmonise à cette cadence dont elle me gratifie. Sa main libre trouve mon clitoris, le flattant de ses faveurs, m’amenant au plus près de cette récompense finale.

— Heather ! m’écrié-je, flirtant un peu plus à cette rupture tant attendue. J’en veux encore.

Elle me gâte d’un deuxième doigt qui a raison de moi. Dans une longue et profonde complainte, je me délecte de cet orgasme saisissant et singulier qui me broie d’un plaisir unique et troublant.

— C’est tellement incroyable, marmonné-je, savourant pleinement les bienfaits de cette surprenante folie.

Le côté surréaliste de cette déroutante expérience tient plus du fait que ce soit une femme qui m’ait procuré cette jouissance plutôt que l’acte lui-même.

Je profite de cet instant de béatitude qui s’ensuit alors qu’Heather remonte vers moi en chatouillant ma peau du bout de la langue avant de s’approprier mes lèvres, m’offrant la découverte de ma moiteur dans sa bouche.

— Ta chatte est parfaite, glisse-t-elle à mon oreille.

Je glousse dans son cou.

— Merci.

Mon nez vient caresser sa nuque.

— Je veux te goûter, Heather.

Elle se redresse, me faisant un sourire ravi.

— J’espérais bien que tu me le proposes…

À son tour, elle s’allonge sur le dos, dans une invitation silencieuse à prendre possession de son corps. Je commence par la dénuder totalement, me régalant de sa belle nudité que je câline du bout des doigts.

Je m’intéresse d’abord à sa poitrine généreuse avant de descendre vers son sexe. Je devine sa féminité et cet exercice est fabuleux. Bien sûr, je suis comme toutes les filles, j’ai déjà parcouru ma propre intimité, curieuse d’en apprendre plus sur mon corps et sur le plaisir qu’il pouvait connaître. Cependant, ce que j’expérimente ce soir est totalement différent et je trouve cela complètement ahurissant. Je me réjouis de constater qu’elle aussi est humide, le sentir de façon aussi significative me transporte, et cette merveilleuse tension s’éveille de nouveau en moi.

— Ava, j’ai besoin de toi, me dit-elle d’une voix implorante.

Je progresse doucement, caressant ma belle invitée avant de me retrouver là où Heather me convoite. La voir ainsi étendue, s’offrant à mes yeux affamés, les jambes légèrement entrouvertes, me présentant une vue imprenable sur son mont de vénus, me paraît plus évident, mais aussi plus naturel que je ne l’aurais crue quand j’imaginais cette épreuve, et cela me rend intrépide.

— Ma somptueuse beauté…

Sans hésitation, j’apprécie sa vulve avant de la lécher pour en déguster toute sa saveur, et c’est tout bonnement divin. Je m’attarde quelques instants sur son clitoris avant de descendre vers son ouverture. Je la pénètre de ma langue que je fais tournoyer dans son antre en y mettant la même fougue dont elle m’a comblée précédemment, elle y consent dans un cri de plaisir soutenu. Mais cette entrevue charnelle me met à rude épreuve, m’ordonnant de me laisser aller au désir une fois de plus, de jouir à nouveau. Je me retire et son beau sourire s’envole.

— Quelque chose ne va pas ?

J’arrive à sa hauteur et dépose un chaste baiser sur ses lèvres.

— J’ai envie de lui.

Elle me sourit.

— C’est à toi de décider, Ava. Tu mènes le jeu. Propose-lui de se joindre à nous si c’est ce que tu souhaites.

Je la remercie d’un sourire avant de me planter face à Théo. Il m’observe curieusement.

— J’ai envie que tu viennes avec nous, Théo.

— Pardon ?

— Rejoins-nous, s’il te plaît.

Il s’apprête à se lever, mais renonce aussi vite. Le sourcil rehaussé, il me jauge.

— C’est un piège, c’est ça ?

— Bien sûr que non ! J’ai envie de toi.

Je tends ma main vers lui.

— Théo, viens…

Il cède et s’approche. Rapidement, je déboutonne sa chemise et lève le voile sur le mystère de son corps d’Apollon.

Et il renversait cet Apollon ! bave ma Betty.

Tous les muscles de son buste sont taillés, mis en relief et atrocement appétissants.

— Tu es magnifique, le complimenté-je en parcourant le haut de son corps du bout des doigts.

L’éclairage tamisé de la chambre m’empêche d’en avoir la certitude, mais je crois le voir rougir.

— Qu’attends-tu de moi ?

Bien évidemment, je le veux pour mon unique plaisir et j’aimerais qu’il ne désire que moi, mais Heather étant une belle jeune femme, elle a dû attiser ses envies et je dois le laisser choisir pour en apprendre plus sur ses intentions.

— Dans la mesure où nous sommes toutes les deux devant toi, j’aimerais que tu vives cette soirée comme tu le souhaites. Tu peux faire ce choix et me dire ce que tu désires.

Ses beaux yeux frémissants d’envie se plongent dans les miens. Sa main caressant délicatement ma joue.

— Je ne désire que toi, Winy.

Il ne désire que nous, Ava ! chantonne Betty qui danse sur mon épaule.

Je souris, ravie de sa réponse. Son pouce passe sur mes lèvres avec une sensualité qui en dit long sur son besoin de prendre possession de moi.

Ressentant la même chose à son endroit, je m’intéresse à sa ceinture et la lui retire. Son pantalon tombe sur ses chevilles et découvre ce boxer qui cache cette fameuse légende. Théo se débarrasse de ses chaussures et de son pantalon. Il n’y a plus que ce fin tissu en coton entre moi et cette légende dont j’ai tant entendu parler. Trop impatiente de procéder à quelques vérifications, je me hâte de le lui retirer.

Peut-on vraiment parler de légende si les faits sont avérés ?

— Mais il n’y a pas de chaussette ! dis-je d’un ton faussement étonné.

Il rit timidement.

— Tu es grandiose, Théodore, affirmé-je, après m’être mordue la lèvre de façon provocante, alors qu’il me dévisage avec intérêt.

Son pouce vient la titiller.

— Il n’y a que toi, Winy.

Le regard bas, intimidée par la tendresse avec laquelle, il vient de prononcer ces quelques mots, je lui avoue :

— J’ai le cœur qui bat à toute vitesse…

Théo emprisonne ma main et la pose sur son cœur.

— Un peu comme ça ?

— Théo, murmuré-je en pressant mon front contre son torse alors que les battements de son cœur pulsent à toute vitesse sous mes doigts.

— Je crois que tu es très attendue, ma déesse, dit-il dans mes cheveux.

Amusée, je retourne auprès d’Heather en invitant Théo à me suivre.

— Pardon.

— Mais c’est votre soirée.

Sentant la présence de Théo dans mon dos, je glisse mon bras autour de son cou et l’emporte dans un baiser avide auquel il répond avec une ardeur très prometteuse, son sexe frottant contre mes fesses, ses mains explorant mes seins. Cet aparté avec Théo a brièvement apaisé mes pulsions, mais elles reviennent bien vite à la charge grâce à ce baiser endiablé que nous partageons.

— Viens, l’imploré-je dans sa bouche. Je veux te sentir.

S’appliquant à combler mes attentes, Théo se place à l’entrée de mon sexe, mais se fige le temps de capturer mon visage dans le creux de sa main et de harponner ses yeux dans les miens.

— Je veux te voir, dit-il dans un soupir éperdu contre ma bouche sans rompre notre contact visuel.

Je m’agrippe plus durement à sa chevelure ébène.

— Théo…

S’enfonçant en moi avec une lenteur redoutable, rien ne pourrait briser cet instant où nos corps se lient enfin, se découvrent dans une douce intensité qui déforme les traits de son visage lorsqu’il prend possession de ce qu’il convoite depuis des semaines.

— Winy, lâche-t-il dans un souffle tourmenté.

Front contre front, nous remuons en rythme savourant d’avoir franchi cette étape dans notre ébauche de relation.

— Je dois m’occuper de mon invitée, lui expliqué-je sans abandonner ses lèvres.

— J’adore te regarder te servir de ta langue.

Laissant Théo qui demeure logé en moi, je reviens auprès d’Heather et l’embrasse langoureusement avant de reprendre la place que j’occupais quelques minutes auparavant.

Ce qui se produit ensuite est surréaliste. Théo empoignant mes cheveux dans une main et ma hanche dans l’autre commence à me pilonner avec force, ce qui a pour effet de me faire bouger au rythme de ses coups de reins, et d’infliger la même cadence à Heather. Son plaisir grandit de manière perceptible dans ma bouche. Je l’aspire plus fort entre mes lèvres. Je veux lui donner autant de jouissance, autant que je désire que Théo me libère de cette tension envahissante. Ce cycle infernal dure encore et encore. Théo me besognant avec toute la frustration qui a été la nôtre ces derniers temps. Moi qui y réponds entre les cuisses d’Heather. Elle s’agite, enfonce ses ongles dans mes avant-bras et gémit toujours plus fort. Jusqu’au cri de la libération, de la satisfaction qui précède à mon prénom qu’elle formule dans une complainte profonde.

Elle ondoie contre moi et se délecte de son plaisir avant que Théo me ramène à lui et m’enlace d’une force prodigieuse sans cesser de me combler de sa légende.

— Ava, gronde Théo sans ralentir.

Heather s’agenouille face à moi et m’emporte dans un baiser fou. Entre lui et Théo qui se déchaîne en moi, je me sens totalement désemparée. Les doigts d’Heather descendent et continuent de me choyer en laissant sa bouche contre la mienne.

— J’en peux plus, pleurniché-je en sentant mes émotions me submerger.

C’est si puissant, si bouleversant que je perds pied.

— Je viens avec toi, m’apprend Théo caché dans mon cou.

Sa prise sur ma taille se raffermit tandis qu’il se loge au plus profond de mon sexe. Je m’écrase sauvagement contre Heather et mugis quand un second orgasme me terrasse avec une violence inouïe me brisant au passage.

— Mon envie, halète Théo à mon oreille tout en cédant à sa propre jouissance, ses bras me serrant plus fort.

— Théo, dis-je de la même manière en me laissant aller contre lui tandis qu’il vit dans une profonde respiration sa délivrance.

— J’en ai rêvé cent fois et c’était si loin de la vérité, se confesse-t-il à mon oreille.

Heather m’embrasse.

— Il a raison. Tu es stupéfiante.

— J’ai adoré vivre ce moment avec toi, lui dis-je en l’embrassant à mon tour. Merci infiniment, Heather.

Nous nous sourions avant qu’elle descende du lit.

— L’heure est venue de m’en aller. Vous avez besoin de vous retrouver tous les deux.

Elle disparaît dans la salle de bains en me laissant seule avec Théo et je reconnais être troublée par cette réalité. N’ayant pas encore les idées claires, je me contente de rester blottie contre lui tandis que son nez court sur mon épaule.

Assis au milieu du lit, nous n’avons pas bougé, pas échangé un mot quand Heather revient dans la chambre.

— Au revoir, Théo, lance-t-elle à l’intention de l’homme nu qui me cajole.

— Oh… euh… bonsoir, Heather.

Je bondis du lit et ramasse la chemise de Théo pour la passer et suivre Heather jusqu’à la porte de la chambre.

— Merci d’avoir accepté mon invitation. J’ai passé un merveilleux moment.

— Merci à toi de m’avoir choisie pour vivre cette aventure.

Elle passe lentement ses doigts dans ma chevelure.

— C’est un sacré veinard, dit-elle avant de m’embrasser une dernière fois.

Je m’empourpre. Heather ouvre la porte et disparaît dans le couloir.

Seule dans cette petite entrée, je ris et m’accorde une minute pour me préparer à affronter le veinard en question.

Lorsque je le retrouve, il s’est allongé contre les oreillers et, à mon arrivée, il me scrute d’une manière indéchiffrable. Impossible de savoir ce qui se passe dans sa tête. Je m’appuie contre le mur en espérant le découvrir rapidement. 

— Monsieur Allen…

— Miss Bailey…

Il tapote sur les draps blancs.

— Rejoins-moi, s’il te plaît. J’ai envie de te sentir contre moi.

Je lui offre ce qu’il me demande et viens me lover dans ses bras.

— J’aimerais te poser une question.

— Je t’écoute.

— Qu’est-ce que tu attendais de moi, ce soir ?

Prenant appui sur mon coude, je lève le nez vers lui.

— Je voulais découvrir si tu serais capable de faire passer mes désirs avant les tiens.

Je me pince les lèvres avant de pouffer de rire.

— Mais je n’ai pas vraiment respecté le scénario initial.

— Tu as suivi ton instinct, c’est le principal.

Emprisonnant mon menton entre ses doigts, il me ramène à lui, à ses lèvres.

— Et je suis parfaitement capable de ne penser qu’à tes désirs, de m’oublier pour ton plaisir ou ton bonheur.

— J’ai aimé que tu ne désires que moi, lui avoué-je timidement.

— Et ça me déchire le cœur que tu le vives comme une victoire. Ça veut dire que tu penses encore que je peux désirer une autre femme que toi !

Soudain, je suis sur le dos, son corps chaud m’enveloppe avec délicatesse.

— Qu’est-ce que je dois faire pour que tu t’enlèves ça de la tête ?

— Continue le jeu, va jusqu’au bout, accepte tout ce que je te demanderai lors de ces soirées.

— Et ça suffira ?

— Si je l’espérais en arrivant ici, j’en suis persuadée maintenant.

Ma vue se brouille.

— Ce que j’ai ressenti est indescriptible. C’était bouleversant.

— Je l’ai ressenti, tout comme toi.

Redessinant la forme de mes seins, il poursuit :

— Le sexe est proscrit en dehors du jeu et je suis d’accord avec ça, mais j’ai le droit de rester avec toi cette nuit, non ?

— À vrai dire, je n’ai pas pensé à ça…

— Ma puce, tout ceci a pour but de nous rapprocher et passer la nuit ensemble est la suite logique de ce que nous venons de vivre. Honnêtement, je ne me vois pas te laisser ici et me tirer chez moi après quelque chose d’aussi incroyable.

Que pourrais-je objecter à cela ? Théo a parfaitement raison, c’est si naturel après notre soirée.

— Je pense que ça peut nous être bénéfique…

— Alors au lit, ma déesse, me dit-il en tirant sur les draps. Tu m’as mis KO.

Nos corps parfaitement imbriqués l’un dans l’autre, nous nous couchons sans cesser de nous câliner.

— Winy, m’appelle Théo après un silence assez long pour que je sente la fatigue s’abattre sur moi.

— Mmm…

— Tu es la première, tu sais…

— La première ? dis-je plus alerte.

— La première avec qui je vis autre chose que du sexe, la première qui me rend accro, la première qui me fait peur…

Je m’enfonce un peu plus dans le bonheur de ses bras.

— Merci de me le confier.

Je reçois un baiser dans mes cheveux.

— Bonne nuit, ma jolie Ava.

— Bonne nuit…

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