Seven : Le jeu de tous les péchés (French Edition)

Un mois plus tard… Théo !

Épilogue

 

Un mois plus tard… Théo !

Ma main quitte le bois sur lequel elle

repose et, dans la seconde, Théo agrippe

mes cheveux d’une poigne ferme et assurée. Ma main reprend sa place. Je frémis quand ses lèvres brûlantes se pressent contre mon oreille.

— Je ne vous ai pas autorisée à bouger, miss Bailey, me rappelle-t-il

durement tandis que son autre main empoigne la chair de mes fesses.

Son gland se présentant contre mon sexe vibrant de plaisir, il revient

en moi d’une poussée franche et vigoureuse. C’est plus fort que tout, je ne peux réprimer un cri stupéfait.

— Chut, susurre-t-il toujours penché sur moi. Ou je vais devoir arrêter. — Non, couiné-je.

— Je peux finir de te baiser, c’est bon ?

— S’il te plaît…

— Sois sage !

Et Théo reprend sa cadence infernale. Il me besogne si fort que mes

cuisses cognent contre le rebord du bureau à chacun de ses coups de reins. Ma joue, appuyée contre le bois de son bureau, frotte en rythme avec ses assauts. Tout comme mes seins broyés contre son espace de travail. C’est délicieusement douloureux.

Tout m’excite à cet instant : le contexte, l’endroit où nous sommes, la

perspective de nous faire surprendre, cette position avilissante, ce déchaînement avec lequel il me pilonne. Lui aussi doit sentir cette attraction hallucinante autour de cet instant.

Les battements de mon cœur s’emballent répondant aux pulsations

entre mes cuisses. Malmenant toujours mes cheveux comme pour me signifier son emprise sur moi, il fait claquer son corps contre le mien dans un bruit sonore encore et encore.

— Théo, m’étranglé-je en plaquant ma main contre ma bouche quand

je sens que tout est en train de m’échapper.

De nouveau, je sens que ses doigts s’enfoncent dans ma chair, qu’ils la

malmènent, son sexe plonge plus loin en moi. Tout mon être se tend. Mes pieds, fermés dans ses chaussures à talons, se crispent quand mon corps cède à l’orgasme. Je me sens exploser, parcourue par cette décharge qui me balaie d’une violence inouïe.

Mon bel amant se plante une nouvelle fois en moi avant que son corps

épouse le mien.

— Ava chérie, dit-il amoureusement quand il se fige pour jouir à son

tour. Merde, je t’aime.

Son souffle entrecoupé s’écrase contre ma joue. Je me faufile dans ses

cheveux noirs.

— Je t’aime…

Il reste ainsi blotti contre moi pendant quelques instants avant de se

relever après un baiser. Théo m’a allégée de son poids, mais je reste à ma place, je ne bouge pas. Il ricane après une bonne minute pendant laquelle il se rhabille.

— Tu sais que tu as le droit de bouger, mon ange ? Prenant appui sur mes avant-bras, je me redresse. Théo m’enroule de

ses bras.En homme galant, il fait glisser ses mains le long de mes jambes pour remettre mon tanga en place puis ma robe avant de me faire tournoyer. C’est à mon tour d’arranger sa chemise et sa cravate.

— Tu crois qu’ils auront remarqué notre absence ? Je secoue la tête avant de m’asseoir sur son bureau pendant qu’il enfile

son gilet et sa veste de costume.

— Alors, dis-je en croisant lentement mes jambes devant lui. Si on

parlait de mon augmentation, monsieur le PDG…

Il éclate de rire. Je bats des cils.

— J’en ai besoin pour acheter toutes ses tenues affriolantes qui

rendent mon mec totalement dingue.

— Tu as donné de ta personne, mais la réponse est non. — Et si je te dis que je veux financer les travaux de nos tulipes ? — Laisse notre maison comme elle est. Elle est parfaite. Je saute du bureau et viens passer sa tenue en revue. — Mais je veux que tu t’y sentes chez toi.

— Ava, je n’ai plus passé une nuit ailleurs que dans notre maison

depuis le jour où j’y ai mis les pieds pour la première fois. Je n’ai jamais quitté Bailey aussi tôt que depuis que nous y vivons. Les faits parlent d’eux-mêmes, non ?

Je joue des épaules.

— Tu veux être certaine que je sois parfaitement heureux et ça me

touche plus que je ne saurais te le dire, mais arrête de stresser et laisse-nous savourer.

— Depuis que tu nous as dit toutes ces choses lors des fiançailles de

papa et Molly, je ne cesse de penser à toi et à toutes ces attentes que tu as eues toute ta vie. Je veux que tu oublies tout ça et que plus jamais tu n’aies l’impression d’être le laissé pour compte du destin.

Sa main sur ma joue, il me fait lever le nez vers lui. — Comment peux-tu penser ainsi ? J’ai passé ma vie à courir après

quelque chose d’irréel. Ce que j’espérais de mon père était naïf et absurde. Oui, la donne n’a pas été idéale à la base, mais tout a changé quand j’ai rencontré Alex. Sans lui, je n’aurais rien de tout ce que je possède aujourd’hui.

Il embrasse mon nez.

— Toi surtout.

J’ai un sourire diabolique.

— Finalement, ce n’est pas si mal que ce ne soit pas véritablement ton

père, hein ?

— Je me suis dit exactement la même chose lors de ton premier jour

quand il m’a appris que tu étais sa fille.

Je ris.

— Ce n’était que physique, mais je t’ai désiré dès que je t’ai vue. Il grimace.

— Bizarrement, le désir s’est vite fait la malle du moment où tu as

commencé à ouvrir la bouche.

— Espèce d’enfoiré, sifflé-je en le poussant.

— Pourtant, c’est ce qui m’a fait tomber amoureux. — Quoi ? dis-je faussement vexée. Ma bouche ? — J’allais dire ta répartie, mais maintenant que tu en parles du

moment où elle a fini sur ma…

— Mon père a raison, lancé-je en me défaisant de son étreinte. T’es

qu’un trou du cul !

Cet imbécile se marre pendant que je remonte notre bureau jusqu’à la

porte d’entrée. Quand je l’ouvre, je tombe nez à nez avec Molly qui remonte le couloir.

— J’en étais sûre ! râle-t-elle.

— Quoi ? ricané-je.

Théo sort à son tour.

— En fait, il faut vous surveiller sans arrêt tous les deux. — Tu noteras l’effort, cette fois-ci on s’est rhabillés, se marre mon

voisin.

Arrivée face à nous, elle prend mon menton et tourne mon visage pour

examiner ma joue.

— Mais qu’est-ce que…

Elle gronde Théo du regard.

— Tu cherches à te faire tuer ?

— Je me suis un peu emporté, j’avoue.

— Et comment vous allez expliquer cette jolie joue toute rose ? Je hausse les épaules avant de prendre Molly par le bras. — Ne t’en fais pas, je gère papounet.

Traversant le couloir qui donne sur les ascenseurs, je constate que

Molly a une superbe paire de talons aiguilles de couleurs rouges aux pieds.

— J’adore tes chaussures. Elles sont superbes. — Je pourrais te les prêter si tu veux. J’ai les pieds qui gonflent

tellement que je vais finir par les déformer et ça m’embêterait. C’est Heather qui me les a offerts pour un anniversaire. Elle me les a ramenés d’Italie.

— Parce que tu connais Heather ? rebondit Théo derrière nous. Oups…

Molly et moi-même nous nous figeons instantanément avant de nous

observer du coin de l’œil. Elle mime un désolé. Je me tords le cou vers Théo.

— Quoi ? dis-je en feintant d’avoir mal entendu. Sans vraiment oser un regard en direction de Molly, Théo insiste : — Ava, pourquoi elle connaît Heather ?

— Ce n’est pas la même Heather, mens-je.

Il arque un sourcil.

— Molly, l’appelle-t-il alors. Est-ce que c’est toi qui as initié Ava à

tout ça ?

— À tout quoi ? demande-t-elle naïvement.

— J’ai peur de comprendre : c’est Molly qui est accessoirement la

future femme de ton père et la mère de ton frère qui t’a appris tous ces trucs ?

Je me pince les lèvres et Théo se prend la tête dans les mains. — Mais dans quelle famille de fous je suis tombé moi ?! dit-il pour

lui-même.

— Pour ma défense, je ne savais rien de leur relation quand on a

commencé le jeu.

— Pour ma part, je ne vois pas ce que ça change. Ava est mon amie. — Et tu apprends à toutes tes copines à fouetter leur mec ? lui lance-t-

il avec provocation.

Molly devient plus revancharde.

— Seulement celles qui ont des mecs qui méritent bien un ou deux

coups de fouet.

Je reçois un regard noir de la part de Théo.

— Bon, c’est Molly, et après ? On s’est bien amusé grâce à elle et, plus

important, on s’est découvert.

J’avance jusqu’à lui, mes mains remontent sur son torse, mes yeux se

perdent dans les siens.

— Si tout est tellement intense entre nous, c’est parce qu’un jour elle a

eu le courage de me parler d’elle. Je ne sais pas si nous aurions la même vie intime sans son aide.

Plus docile, Théo m’embrasse avant de se pencher à mon oreille. Là, il

murmure :

— Elle est vraiment au courant de tout ?

Ma Betty s’esclaffe.

Il m’emprisonne dans son regard attendant ma réponse. Je sors ma

moue la plus franche qui soit et me contente de répondre non d’un mouvement de tête.

— Eh merde, soupire-t-il. Si au moins tu savais mentir, ma vie aurait

pu redevenir… normale…

Je pouffe de rire.

— Bon allons-y, finit-il par dire. Ton père va nous attendre… Il se remet en route et passe devant Molly.

— Je vais prendre l’escalier histoire de… m’habituer à l’idée… — Il y a huit étages, lui fait remarquer Molly.

— Ça risque d’être un peu juste, je suis d’accord, répond-il avant de

disparaître derrière la porte de la cage d’escalier.

Molly se tourne vers moi et nous rions quand nos regards se croisent. — Il est d’une nature pudique, lui dis-je quand nous montons dans

l’ascenseur.

— Tu crois que ça va aller ?

— Mais oui ! Au pire, il sera un peu bizarre en ta présence pendant

quelque temps, mais ça ne durera pas.

L’ascenseur arrive au rez-de-chaussée et les portes s’ouvrent.

Accompagnée de Molly, je rejoins le hall d’entrée investi de notre cinquantaine d’invités. Comme lors de la fête de Noël, nous l’avons réaménagé pour y accueillir un orchestre ainsi que ce magnifique buffet où champagne et petits fours font le bonheur de nos convives. De longues guirlandes lumineuses brillent au-dessus de nos têtes et d’immenses compositions florales finissent de décorer l’endroit.

Ce soir, nous célébrons un double évènement : le départ de papa en

retraite et la nomination au poste de PDG de Théo. Pour l’occasion, mon père a mis les petits plats dans les grands. Tous nos employés et leurs familles ont été conviés. Ce moment étant important pour Théo, Melinda est là ainsi que ses amis. La seule à ne pas être présente, c’est Sydney. J’ignore si c’est elle qui a rejeté l’invitation ou si Théo a omis de lui en envoyer une, mais elle n’est pas présente. Je choisirais la première option, car d’après Mackenzie, ils auraient discuté et décidé de ne plus se voir pendant un temps. Cependant, je n’ai pas cherché à en savoir davantage. Je ne suis pas heureuse d’être la cause de conflits entre Théo et Syd, mais il semble évident qu’elle nourrit des sentiments pour lui, alors je m’en moque un peu. Il nous protège et ça, c’est rassurant.

Depuis le soir de son anniversaire, nous sommes devenus inséparables

Théo et moi. Notre nouvelle vie nous a totalement accaparés entre son retour à Bailey et notre maison aux tulipes, et je reconnais bien volontiers que nous ne nous sommes focalisés que sur nous, oubliant un peu le reste du monde. Il n’y a eu que quelques dîners en famille. Melinda est venue nous rendre visite également. Théo voulait lui annoncer qu’il vivrait avec moi dorénavant. Elle est restée deux jours et j’ai apprécié apprendre à connaître cette femme très douce. Une vie plus calme et posée. Une vie basée sur ce roc qu’est notre amour.

***

Virevoltant sur la piste de danse, je reviens dans les bras de Théo

quand il m’y ramène du bout des doigts. Ses lèvres m’accueillent d’un tendre baiser lorsque je me love contre lui.

— Ça y est, mon chéri, le monde entier connaît tes talents de danseur. — L’ordre naturel des choses va s’en trouver bouleversé, tu t’en rends

compte ? Être aussi parfait n’est pas concevable pour le commun des mortels.

— Tu es heureux ? lui demandé-je en jouant avec ses cheveux. — Comment ne pas l’être ? J’ai réussi un coup de maître ! J’ai viré ton

père, je lui ai pris son entreprise, sa fille et sa maison.

— Tu es diabolique, ris-je contre sa bouche.

— Tu sais ce qui me manque maintenant ?

— Dis-moi ! l’encouragé-je enthousiaste. Je te donnerai tout ce que tu

désires, affirmé-je en enroulant mon bras autour de son cou.

— Que penses-tu de Bailey-Allen ?

Je recule pour l’examiner d’un air incompris.

— Je me doute que tu ne vireras pas Bailey pour qu’il n’y ait plus que

mon nom et je peux comprendre.

— Tu veux que…

Je me tais et fouille le fond de ses yeux sans vraiment comprendre ce

qu’il attend de moi.

— Théo, je…

Nous nous arrêtons de nous mouvoir sur la piste. — Je ne comprends pas, bégayé-je.

Sa bouche se tord en un sourire ravi. D’une main sur la chute de mes

reins, il me plaque contre lui.

— C’est simple pourtant : Ava Holly Bailey Allen… — Quoi ?

Entendre mon nom à côté du sien entre ses lèvres est vertigineux. Je

suis emportée par ces mots, par ce que cela peut signifier, par ce qu’il cherche à me dire. Si ma tête ne percute pas, mon corps est comme balayé. Mes jambes deviennent lâches et je dois m’accrocher à sa veste pour ne pas tomber. Théo s’en aperçoit et me tient plus fermement à la taille. Son regard s’assombrit.

— Hé ! Reste avec moi, mon ange…

Sa main épouse ma joue. Je m’abandonne en son creux, mes forces

m’ont brusquement quittée et mon esprit flotte dans cet état second, comme un rêve que je ferais tout en étant éveillée.

— Ava, m’appelle Théo. Chérie, regarde-moi ! J’ouvre les yeux et les traits du visage de Théo sont flous sous mes

paupières.

— Je sais que je te fais de l’effet, mais si tu pouvais ne pas tomber

dans les vapes…

— Qu’est-ce que tu veux ? le questionné-je d’une voix aussi molle que

mon corps qu’il maintient contre lui.

— Si je te le dis, tu me jures de ne pas t’évanouir ? J’opine du chef.

— Je t’assure que ça va, je savoure l’instant.

— Tu savoures de m’avoir mis à tes pieds ?

Je glousse en enroulant mes bras sur ses épaules. — Je ne vaux pas mieux que toi, alors faisons-le ensemble… — Sérieusement ? dit-il le sourcil arqué.

Visiblement, ma proposition l’emballe et l’amuse. — À trois ?

Un immense sourire lui mange le visage.

— Un…

— Deux…

— Épouse-moi, Théo.

— Ava, deviens ma femme.

Nous avons parlé de concert et nous voilà partis à rire comme deux

idiots au milieu de la piste de danse.

— Oui, Théo, je veux devenir ta femme, accepté-je en fonçant sur sa

bouche.

— Pour ma part, il faut que je prenne le temps de réfléchir, je ne suis

pas certain d’être prêt pour ce genre d’engagement…

— Tais-toi et embrasse-moi, lui ordonné-je en accentuant notre baiser. — Je t’aime, dit-il dans ma bouche en me soulevant de façon à ce que

je le dépasse d’une tête.

Entourés de cette ambiance feutrée, au son de cette douce musique

nous nous embrassons encore et encore, nos regards accrochés l’un à l’autre.

— Enlève-moi, le supplié-je. Reconduis-nous à la maison et aime-moi

toute la nuit.

Mais la musique a cessé autour de nous et la piste a été désertée. Il n’y

a plus que nous quand un raclement de gorge résonne dans les enceintes.

Théo me repose.

— Bientôt, me dit-il en me faisant un clin d’œil. — Si vous avez fini, dit alors mon père qui a pris place auprès de

l’orchestre.

Théo se tourne vers lui en me gardant à ses côtés. — C’est bon ? Je peux y aller ?

— Vas-y ! l’incite Théo. Je ne voudrais pas te priver de ce plaisir. Je

sais combien tu aimes faire tes grands discours.

Les gens rient autour de nous.

— Tu veux bien venir me rejoindre ? l’invite mon père un sourire en

coin.

Théo obtempère et m’amène avec lui. Une fois que nous sommes avec

lui, il dit :

— Ne le prends pas pour toi, commence-t-il en s’adressant à Théo. Tu

sais combien j’aime te donner tort et il n’y aura pas de grands discours de ma part, ce soir.

L’assistance s’amuse de la répartie de mon père. — Tout simplement parce que j’ai dit tout ce que j’avais à dire et fait

tout ce que j’avais à faire. C’est bien pour cela que je me retire. Cette semaine, je suis passé vous voir tous individuellement pour m’entretenir avec vous et vous remercier pour cette collaboration. C’est ce qui me semblait le plus approprié.

Il reçoit de la part de son équipe, une pluie d’applaudissements en

guise de réponse.

— J’ai appris tout ce que je savais à Théo. Pas sûr qu’il est tout

retenu…

Le regard bas, les mains jointes devant lui, Théo sourit. — Près d’une décennie plus tard, après bien des moments houleux, et

maintenant que tu m’as volé ma fille, je t’offre mon fauteuil de PDG.

Dépitée de leurs enfantillages, je les observe du coin de l’œil en

secouant la tête.

— Tu sais ce que j’attends de toi et je t’ai déjà dit tout ce que

j’espérais pour vous. Aujourd’hui, je te confie cette société qui, je le sais, te tient à cœur. Toutes les personnes ici présentes te font confiance et je te sais capable de grandes choses, Théo. C’est à toi de jouer maintenant !

Je zieute les personnes présentes devant l’estrade et trouver Melinda

admirant fièrement son fils, une larme au coin des yeux me donne envie d’aller la réconforter. Cette femme a tellement d’amour pour son fils et la réciproque est on ne peut plus vraie.

Mon père se décale et indique le micro pour encourager Théo à

prendre la parole. Celui-ci le remercie et s’y installe avec aisance.

— Merci, Alex. Visiblement, c’est à moi que revient l’honneur des

grands discours maintenant.

Tous deux échangent un regard provocateur.

— Avant toute chose, je crois que nous pouvons remercier Alex pour

avoir dirigé cette entreprise d’une main si habile et toujours avec beaucoup de cœur pendant toutes ces années.

Théo applaudit et l’assemblée l’imite immédiatement. Mon cœur se

serre quand mon père reçoit cette salve d’applaudissements. Je ne peux qu’imaginer ce qui doit se passer dans sa tête à cet instant.

— Bailey, c’est avant tout une aventure familiale et l’honneur n’en est

que plus grand pour moi d’accepter cette place que tu m’offres. Je prends très à cœur la mission de veiller sur cet héritage pour que tu puisses te concentrer sur ta famille. Personne ne le mérite plus que toi.

Mon père le remercie d’un sourire sincère.

— Nous travaillons tous ensemble depuis des années et je sais que je

peux compter sur vous pour faire perdurer le savoir-faire des Bailey et rendre hommage à celui qui restera le seul et unique PDG à la tête des Éditions Bailey : Alexander Bailey !

Un nom qui suffit à soulever une nouvelle vague d’applaudissements.

Théo lui offre une poignée de main. Mon père l’accepte, mais cette fois, ils sont bien plus solennels que dans le contexte familial.

— Merci, Alex. Pour la confiance dont tu as fait preuve en me laissant

une partie de toi.

Il se tourne vers moi et me tend sa main pour m’inviter à m’approcher.

Ce que je fais. Une fois à ses côtés, il passe son bras sur mes épaules.

— Je sais que tu m’as déjà beaucoup donné, mais j’ai encore une

faveur à te demander.

Mon père frotte cette nouvelle barbe qu’il laisse pousser depuis

quelque temps. Visiblement ne plus être PDG lui donne envie de se relâcher.

— J’ai bien peur de voir où tu veux en venir, soupire-t-il. — Peur ? s’étonne Théo.

— Tu n’y es pas du tout, se marre mon père. Mais je vais être un jeune

papa et un jeune marié.

— Oh ! ricane Théo. Et tu as peur de prendre un coup de vieux si je te

demande la main de ta fille, c’est ça ? Tu as l’âge que tu as, Alex, et tu as une fille assez grande pour se marier et que je désire épouser.

— Vraiment ? réplique mon père d’un air moqueur. Il pose sa main sur l’épaule de Théo.

— Alors voilà ce qu’on va faire : tu auras ma bénédiction quand tu

auras demandé à sa mère le droit d’épouser sa fille.

— Attends quoi !? se récrie mon voisin. Tu rigoles, j’espère ? Si Théo ne rit pas, c’est loin d’être mon cas.

— Pas le moins du monde.

— Mais Alex ?!

Mon père me fait un clin d’œil avant de donner une tape amicale sur le

bras de Théo.

— C’était un plaisir de te connaître, mon grand. Papa descend de l’estrade pour retrouver Molly.

— Non, mais je rêve, se lamente Théo quand je glisse mes bras autour

de lui.

— Et si on prenait un ou deux jours de repos pour faire un saut à

Miami. Tu rencontrerais Tim et tu pourrais faire ta demande à ma mère.

Si j’essayais de garder mon sérieux, je ne peux m’empêcher de rire. — Je n’arrive pas à y croire, dit-il en pressant ses lèvres contre mon

front. Ta mère me déteste.

— Premièrement, c’est un peu radical comme conclusion. Et

deuxièmement, moi, elle m’aime. Ce qu’elle veut, c’est mon bonheur. Et toi…

Je l’embrasse.

— Tu es mon bonheur, Théodore Allen.

— Je vais voir à me libérer pour qu’on aille en Floride alors. Avant

d’en arriver là, tu pourrais l’appeler pour lui vanter combien je suis tout mignon et tout gentil histoire de préparer le terrain.

— En attendant que je te fasse passer pour le gendre idéal, tu m’offres

une coupe de champagne. Et je pense que ta maman a hâte de passer un moment avec toi.

— Une coupe et après on rentre.

Il me fait un clin d’œil.

— Je n’ai pas oublié que je te dois une nuit d’amour. Bras dessus bras dessous, nous allons à la rencontre de Melinda. — Est-ce que tu veux lui dire ?

Il secoue la tête.

— Ne me dis pas que tu veux attendre l’autorisation de ma mère,

gloussé-je.

— Pas du tout, mais elle, elle va vraiment tomber dans les pommes. — Vraiment ?

— Oh oui.

Il dépose un baiser sur ma tempe.

— Nous lui dirons lorsque nous serons au calme et entre nous.

Après avoir récupéré des coupes de champagne auprès d’un serveur, nous retrouvons Melinda auprès de Mack et Jacob. Un dernier verre avant de rentrer dans notre bulle de bonheur, dans notre maison aux tulipes…

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Épilogue

 

 

Deux ans plus tard… L

e souffle d’une douce brise – je le reconnais cet air provenant de la baie qui se faufile sous les voilages. J’adore l’odeur des fleurs qu’elle amène

avec elle, cette douceur matinale si agréable alors que l’été règne en maître depuis deux semaines déjà. Même la nuit, les températures ont bien du mal à baisser, il n’y a que le mariage de l’aurore et de la baie pour apporter un peu de fraîcheur.

À l’aide de mon pied, je repousse le drap de lin pour libérer mon corps nu et lui faire profiter de ce courant d’air. Je m’étire tel un chat au soleil et m’en délecte quelques instants avant d’abandonner ce lit immense et vide.

— Monsieur Allen, soupiré-je en plongeant la tête dans son oreiller pour respirer son odeur.

Celle de son shampoing, mêlé à son eau de toilette et d’un soupçon de transpiration. Cette nuit encore, nos corps se sont confrontés dans ses draps, ils se sont chevauchés jusqu’à l’extase et cette étoffe en garde tous les secrets.

Cite-moi un endroit dans cette maison qui ne garde pas le secret de cette fameuse extase ?

Bonjour à toi aussi, chipie.

Mes pieds retrouvent la moquette épaisse et douce et je ramasse mon peignoir en satin pour le passer. D’un pas dansant, je fais un petit tour par la salle de bains où je me rafraîchis. Je fais demi-tour et quitte la chambre pour rejoindre mon beau ténébreux. Depuis le palier de l’étage, je l’entends siffloter. Le bruit de vaisselle en fond sonore m’apprend qu’il prépare le petit-déjeuner.

Miam !

Je dévale les marches pour atterrir dans l’entrée de la maison et bifurque sur la droite pour engouffrer dans le couloir donnant sur la cuisine. Là, je retrouve, comme à notre habitude, mon beau Théo s’activant derrière les fourneaux.

— Bonjour, déesse, m’accueille-t-il sans lever les yeux vers moi.

Il n’a pas besoin de ça pour savoir que je suis là. Je traverse la pièce et le rejoins derrière l’îlot.

— Salut, beau gosse, chantonné-je en venant me coller à lui, l’obligeant à délaisser ses œufs brouillés.

Le bras sur mes épaules, il me ramène à lui.

— Comment a dormi ma petite femme ? se renseigne-t-il en m’embrassant.

— Divinement bien.

Mes mains parcourent les formes saillantes cachées sous sa chemise bleue.

— Tu as fait ce qu’il fallait pour ça.

— À ton service.

Après un autre baiser, je le laisse finir pour m’intéresser à la cafetière où m’attendent deux tasses vides.

Notre début de journée est un véritable rituel, réglé comme du papier à musique. Nous rions souvent de nous-mêmes d’agir comme ce qu’on pourrait aisément qualifier de vieux couple. Pourtant, nous ne changerions nos habitudes pour rien au monde, car cet instant n’appartient qu’à nous. Théo se lève toujours trente minutes avant moi. Il se douche, s’habille et prépare le petit-déjeuner. C’est là que je pointe le bout de mon nez et que nous nous offrons ce tête-à-tête autour de notre repas.

Quand tu n’es pas occupée à polir la table de mamie avec ton postérieur, soulève ma Betty.

Bon, tu ne vas pas raconter tous nos secrets non plus… Un peu de suspense ! Imagine qu’Elma se décide à écrire la suite de nos aventures…

Après avoir pris son café, Théo file au bureau – il a à cœur d’être le premier chez Bailey – et je le rejoins plus tard.

Le café coulé, je m’installe autour de la table ronde idéalement placée devant la baie vitrée. Théo me rejoint et dépose une assiette garnie devant moi.

— Merci.

Je reluque la pile de lettres posées sur la table en attendant avec impatience qu’il s’adonne à l’une de ses habitudes du matin : ouvrir son courrier de la veille. Désireuse de ne pas le perturber dans cet exercice, je prends ma fourchette et avale mes œufs en silence.

Je relève le nez en l’entendant rire.

— Je t’ai affamé, mon ange ?

— C’était sportif cette nuit.

— Je n’ai toujours pas compris comment on a fini derrière la tête de lit.

— Tu fais trembler toute la maison, dis-je le nez dans mon assiette. Rien de surprenant.

— Et toi, tu es un petit ange avec une auréole au-dessus de la tête, c’est ça ?

Je roule des yeux.

— Ben oui…

Il prend une gorgée de son café et tend la main vers sa pile de lettres. Mon cœur se met à tambouriner plus fort quand il s’en empare pour les rapprocher de lui.

— Oh ! Tu n’oublies pas que tu dois déjeuner avec Milane et Mack pour checker...

— La liste des préparatifs du mariage, finis-je pour lui blasée.

Il se marre et pose une main sur mon avant-bras.

— C’est important pour elle. Tu sais qu’elle t’adore que ce mariage compte plus que tout pour elle et que tu es sa demoiselle d’honneur.

— Mack aussi, je te rappelle !

— Winy, c’est ma petite sœur.

— Oui, oui…

Il fouille à nouveau dans son courrier.

— J’avoue qu’elle a tendance à devenir vite hystérique depuis qu’ils ont fixé la date, mais elle t’aime beaucoup.

— Moi aussi je l’adore, mais vivement qu’elle soit mariée et qu’elle arrête de me saouler avec sa robe à froufrou qu’elle veut me faire porter. J’ai l’air d’une barbe à papa.

— Tu es consciente qu’une fois mariée, elle ira vivre à Chicago avec Sawyer et que nous ne la verrons plus aussi souvent ?

Oui, oui, vous avez bien lu ! Apparemment, en plus de mes talents d’éditrice et d’organisatrice de soirée, j’ai un talent insoupçonné d’entremetteuse. J’ai eu l’idée de génie d’asseoir Milane près de Sawyer aux fiançailles de papa et Molly et moins de deux semaines plus tard, ils faisaient voler leurs fringues.

Je fais la moue.

Je reconnais que Milane me sort légèrement par les yeux depuis qu’elle est à fond dans les préparatifs de son mariage et plus le grand jour approche, plus je perds patience, mais Théo a raison, si pour le moment elle vit à Seattle dans mon ancien appartement, elle convolera bientôt avec Sawyer et elle repartira avec lui à Chicago et tous les deux s’occuperont de Hartley & Barnes. Une vérité qui me fait un pincement au cœur, car j’adore ma belle-sœur, nous sommes très proches. Elle est juste à fleur de peau…

— Pourquoi tu ne viens pas avec nous ? l’incité-je en lui faisant du pied sous la table.

Une question qui le fait éclater de rire.

— Ben quoi ?! Je te le demande, s’il te plaît.

— C’est mort ! Et puis, j’ai déjà des projets.

— Lesquels ?

— J’ai reçu une invitation du général.

Ouais, bah, tu n’as pas reçu que ça, alors magne d’ouvrir ton fichu courrier, s’impatiente Betty.

— On va aller déjeuner entre hommes.

— Ally sera là ?

— Tu vois ton père aller quelque part sans ton frère ?

— Clairement, non !

— Et dire que je vais le louper pour entendre Milane me dire que je suis magnifique dans cette robe rose bonbon…

— Je vais les inviter pour le week-end, ça te dit ?

— Cool !

— On ira faire du bateau. Ally adore ça.

Je me reporte sur mon assiette quand il saisit enfin les piles de lettres pour les passer en revue. Il en passe une, deux, trois puis quatre avant que l’enveloppe cartonnée de couleur blanche lui apparaisse. Il se stoppe et s’en empare en l’examinant recto verso. Les autres lettres étant pour l’essentiel des factures, je me doutais bien qu’elle attirerait tout de suite son intérêt.

Heureusement que je suis assise tandis qu’il la déchire. Mes jambes tremblent comme ce n’est pas permis, j’ai chaud et froid en même temps. Mon palpitant file à toute vitesse.

Il sort la carte sur laquelle une inscription est imprimée en doré. Ses yeux la parcourent. Impassible, Théo la range dans son enveloppe pour la déposer délicatement devant lui. L’homme d’affaires prend le dessus sur le mari, il croise ses mains en les posant sur la table.

— Très bien, commence-t-il posément. Par où commencer...

Il se racle la gorge.

— Je t’avoue que je suis perplexe.

— Vraiment ? mâchouillé-je sans trop savoir si je dois jouer ou pas.

— On est mariés depuis quinze mois, douze semaines et cinq jours.

Je réprime un rire.

— Tu comptes ? Sérieusement ?

Il me gronde du regard. Et pas n’importe quel regard qui me lance. C’est celui-là même qui annonce une teinte rouge sur mon cul dans les plus brefs délais. Je baisse la tête.

— Pardon…

— Tu ne sauveras pas ton cul, Ava. Tu vas la prendre ta fessée.

Mouais… avec lui, ça marche une fois sur cinq la repentance.

Je lève les yeux au ciel avant de planter mon menton dans la paume de ma main.

— Bon, tu es une plus grosse guimauve que moi, et après ?

— Toi ? Une guimauve ? s’indigne-t-il. Tu es dure comme la pierre.

— Hé ! m’offusqué-je.

— C’est comme ça, dit-il en prenant la carte. C’est quoi ? Un rappel à l’ordre ? Une manière élégante de me dire que tu t’ennuies ?

— Mais on a fait le tour du manuel, Théo ! En même temps 20 secrets, ça n’allait pas faire un pli vu qu’on passe notre temps à baiser.

— Et c’est quoi ce rendez-vous ? Qu’est-ce que Molly a encore bien pu t’apprendre ?

Je lève la main droite.

— Je jure solennellement…

— Que tes intentions sont mauvaises ?

— Qu’elle n’est au courant de rien !

Je le pointe du doigt.

— Et ça, tu vois, c’est le signe qu’il y a trop de samedis ciné !

Il sort son portable en ronchonnant et le manipule.

— Il y a quoi à cette adresse ? Un club échangiste ? BDSM ? Un endroit où tout le monde baise devant tout le monde genre ciné en plein air ? Un abattoir pour mari pas si légendaire que ça, finalement ? C’est l’adresse de Christian Grey ? Tu veux qu’il m’enseigne deux ou trois tours de passe-passe ?

Je le laisse râler, tout vexé qu’il est, et ma bouche s’étire en un sourire quand ses yeux s’interrogent sur ce qu’ils voient sur l’écran.

— Un cabinet médical…

L’air hagard, il fixe son téléphone quelques secondes avant de revenir vers moi, ses iris sombrent brillent d’une lueur craintive.

— Qu’est-ce qu’il y a, Ava ?

— Tu seras libre, ce jour-là ?

— Je serais toujours libre pour toi, mais…

— Si tu acceptes ce nouveau jeu, il y aura huit autres rendez-vous comme celui-ci…

— Non, bredouille-t-il, les yeux tremblants comme s’il ne pouvait pas croire à ce que cet indice laisse supposer.

— Il y en aura un tous les mois.

Dans un soupir torturé, il fait courir ses mains sur ses joues en m’appelant à l’aide à travers son regard.

— Tu veux que je te parle de ce qu’il y a à gagner au bout de ces neuf mois…

— Dis-moi, m’implore-t-il en attrapant mes bras pour m’attirer à lui.

Il disparaît dans mon cou, ses mains me touchent, me caressent, comme s’il cherchait à s’assurer que je suis réelle.

— Un petit bout de nous qui t’appellera papa…

Un boum résonne dans la cuisine quand Théo se laisse tomber à genoux sur le sol. Tirant ma chaise vers lui, il s’enroule de toutes ses forces autour ma taille et pose sa tête à l’endroit exact où grandit notre bébé. Je l’entends sangloter. Il essaie de le retenir, mais c’est plus fort que lui.

— Théo, dis-je moi-même au bord des larmes, mes mains dans ses cheveux.

— Merci, merci, merci, psalmodie-t-il contre mon ventre.

— Pardon, mon amour.

Il se relève quand je lui présente mes excuses. J’emprisonne son visage dans mes mains et l’embrasse.

— Quand Mack et Jake nous ont appris qu’ils allaient avoir un bébé, j’ai senti combien tu les enviais. Tu as essayé de m’en parler et j’ai éludé le sujet, mais pas pour te faire de la peine. Dès le lendemain, j’ai arrêté la pilule, mais ça a mis quelques mois avant de fonctionner. Je voulais juste te faire une belle surprise.

— Une belle surprise, dit-il ému. Ava, tu ne pouvais rien me donner de plus beau. Je n’ai jamais vraiment envisagé la paternité avant. Tu m’as donné envie d’être amoureux, d’être un couple, d’avoir une vraie famille et les enfants, c’était logique. Mais quand Ally est né, quand j’ai vu le lien entre lui et ton père, j’ai compris combien je voulais connaître ça.

— Il est plein d’enseignements ce papounet…

— Et je l’aime pour ça. Et toi, ma puce, ce n’est plus de l’amour que j’ai dans le cœur quand je pense à toi. Il n’y a pas que lui que tu possèdes, c’est tout mon être qui t’appartient.

— Tu es foutu, Allen !

Il fonce sur ma bouche en riant.

— Tu ne vaux pas mieux que moi, Allen !

— Sans aucun doute, ris-je avec lui.

Théo m’emporte dans un baiser humide de ses larmes, mais aussi follement torride. Le baiser qui nous conduit tout droit dans la chambre. Je me suspends à son cou, certaine qu’il va me soulever dans ses bras.

— Attends, dit-il dans ma bouche en tâtonnant sur la table.

Je remarque qu’il a récupéré son téléphone. Il le manipule sans cesser de m’embrasser et une sonnerie résonne quand il le met sur haut-parleur.

— Salut, Théo !

Mais il a bien du mal à me lâcher quand Molly décroche.

— Allô ?

— Molly, dit-il à bout de souffle.

Je m’occupe de lui manger le visage.

— Je ne vais pas…

Il émet un petit cri quand je capture sa lèvre entre mes dents.

— Est-ce que tout va bien ?

— Je ne viendrai pas au bureau aujourd’hui.

— D’accord, mais qu’est-ce qui se passe ? Tout va bien ?

Nous continuons de nous embrasser, incapables de nous arrêter. Mon peignoir est déjà ouvert et sa chemise déboutonnée.

— Je crois que je n’ai pas envie de savoir, dit Molly écœuré.

Elle doit entendre nos baisers.

— Je suppose qu’il en va de même pour Ava.

— Tu supposes bien, gloussé-je contre la bouche de mon homme.

— On vous racontera ce week-end.

— Ah ! bah non ! Surtout pas !

Nous voilà partis à rire. Théo me délaisse le temps de finir avec elle.

— Venez à la maison, ce week-end. Vous comprendrez.

— OK !

— Tu m’appelles au besoin.

— Ça marche.

Il raccroche et après avoir balancé son portable sur la table, il me prend la main pour me guider vers le couloir.

— Il est bien accroché, hein ?

— Bien sûr, mais il faut peut-être nous montrer plus prudents.

— On ne va pas prendre de risque, affirme-t-il quand nous nous engageons dans l’escalier.

Arrivés au premier, il me soulève dans ses bras. Je m’enroule autour de son cou.

— Je t’aime, Ava chérie.

— Je t’aime aussi.

— Tu sais que ce n’est qu’un début. J’en veux d’autres.

— Tu auras tout ce que tu désires, chéri. Je ne veux que ton bonheur.

— Mon bonheur, souffle-t-il sur mes lèvres. Je le tiens dans mes bras.

 

FIN

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Elma Hilde

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