Une confession
Chapitre 17
Il m’a embrassée. Un baiser hésitant, presque timide. Je m’affole. Que suis-je en train de faire ? Qu’est-ce qui m’arrive ? Il ne faut pas. Il ne faut pas, il ne…
C’était un 6 mai. Être amoureuse au début du mois de mai est si doux. Il se passe quelque chose entre la nature et soi, plus qu’une harmonie, une espèce de connivence charnelle, une incitation à la rêverie. Encore pleine de ce baiser qui m’a bouleversée et paniquée, j’entre dans le jardin du Luxembourg. J’ai besoin de récupérer. De me retrouver. De remettre un peu d’ordre dans ma pauvre tête, dans mon cœur. Mais qu’il est doux ce désordre. Je serre le poing et l’approche de mon nez, je ferme les yeux, je hume l’odeur que sa main a laissée sur mes doigts. J’ai rendez-vous du côté de la rue d’Assas. Je traverse le Luxembourg et sors rue Guynemer, face à la terrasse de votre appartement qui fait l’angle de la rue de Fleurus. Au temps de notre histoire, elle était à l’abandon. La porte-fenêtre en était toujours fermée, je doute que vous l’ayez ouverte un jour. Lorsque vous vouliez vous aérer un peu, vous descendiez au jardin. Cette terrasse superbement placée n’avait pour vous aucun intérêt, vous n’auriez pas songé à y faire croître le rosier d’un archevêque. Aujourd’hui, les nouveaux propriétaires l’ont fleurie. Ils ont fait pousser un mur d’arbustes au vert encore tendre. On a mis aux fenêtres des nouveaux rideaux et des voilages. Deux années ont passé. Comme j’ai changé, moi aussi, depuis nous…
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