Une confession

de Bure · Chapitre 40 sur 83

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Une confession

Chapitre 43

Votre défaut capital était, disiez-vous, le tourment inutile. Comme vous, je prévois toujours le pire. Dans vos mémoires, évoquant votre nature inquiète, vous reprenez cette phrase de Léon Bloy : « Nous souffrons par imagination de ce qui n’existe pas. Ce qui est ne fait pas souffrir. » Vous dites encore : « La présence du mal, je la supporte, alors que je ne supporte pas l’incertitude du bien. Je n’aime pas attendre ; toute attente chez moi est inquiète. Si mon ami téléphone qu’il ne pourra pas venir, je suis déçu, mais je suis soulagé. L’esprit des humains préfère le malheur à la crainte. »

J’ignore ce qui me serait le plus insupportable : la certitude d’une autre, ou l’incertitude de son amour pour moi ? Le réel m’est aussi cruel que l’incertain. Et si souvent ce que j’ai redouté, échafaudé dans mon imagination galopante quand il s’agit d’envisager le pire, finit par advenir.

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