Une confession

de Bure · Chapitre 76 sur 83

Pages du PDF

Une confession

Chapitre 79

Il fait très beau en cette fin d’octobre. Il m’appelle, il voudrait me voir, passer un moment avec moi, que nous allions nous promener, profiter du soleil dans un endroit tranquille, un joli jardin. Il est d’humeur tendre. Je lui propose le petit jardin de Babylone.

Nous allons nous asseoir sur un banc un peu à l’écart. Il y a peu de monde en ce début d’après-midi. Quelques jeunes enfants s’amusent sagement sous l’œil attentif de leur mère ou de leur nounou. Sur la pelouse, derrière notre banc, un grand-père joue au foot avec son petit-fils.

Nous parlons, assis tout près l’un de l’autre. Il m’embrasse doucement, plusieurs fois. Sur notre banc, nous devons ressembler à deux vieux adolescents. Il me dit, songeur, que nous aurions pu être mari et femme. Je lui aurais fait un bébé, à lui qui n’a jamais eu d’enfants. Une fois déjà, nous avions parlé de ça, de ce bébé que j’aurais pu lui donner, dans une autre vie. C’est la seule fois que je l’ai vu les yeux humides. « Arrête, ne dis pas ça », m’avait-il dit dans un souffle, serrant ma main à la broyer.

Puis il a voulu m’offrir un thé. Nous sommes allés au Tea Caddy, le plus vieux salon de Paris, près de l’église Saint-Julien-le-Pauvre, en plein quartier Latin. Nous avons partagé une part de tarte aux quetsches. Nous étions seuls dans ce cocon feutré à l’odeur de thé et de gâteau tout chaud.

Le temps semblait suspendu. Nos gestes étaient au ralenti, nos mots presque chuchotés, nos silences pleins de ce regain de tendresse. Comme à nos débuts, nos regards peinaient à se détacher.

Une dernière fois peut-être, il redonne des couleurs à notre histoire qui s’achève. Nous sommes à l’automne de notre amour, une sorte d’été indien. Notre fin est douce.

OceanofPDF.com