Une confession

de Bure · Chapitre 65 sur 83

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Une confession

Chapitre 68

Peut-on aimer l’autre et lui en vouloir pourtant ? Lui en vouloir de m’avoir changée. D’avoir révélé ma face la plus sombre. La face hautaine, égoïste, intolérante, prétentieuse. Depuis lui, ma vie simple m’apparaît terne. Les gens qui m’entourent, ma famille, mes amis, ont perdu leurs couleurs. Je suis agacée, impatiente. Mes valeurs s’effondrent. L’épouse fidèle, épanouie dans son foyer, est désormais ennuyeuse, insipide, comment peut-elle se contenter de ça ? Plus que jamais je méprise le sot, me détourne de l’inculte, déconsidère l’ordinaire. Je m’affirme et me revendique dans ce que j’ai de plus exécrable. En rabaissant les autres, je crois me grandir. Illusion pitoyable. Quand il me fait du mal, ceux qui s’acharnent à me ramasser me voient sans fard, blême et chiffonnée. J’ai perdu ma fraîcheur.

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