Une confession
Chapitre 40
Là où lui voit parfois une diablesse, quand mon corps se fait provocant, vous voyiez un ange, certes un ange parfois terrorisant, mais un ange toujours, même lorsque je vous « tuais ». J’étais asexuée, désincarnée. Mon âme était celle d’une femme et peu vous importait le corps qu’elle habitait. Votre corps d’homme n’abritait-il pas une âme féminine. Pourtant, eussé-je été laide, j’ai la coquetterie de penser que notre histoire aurait été moins étonnante, et peut-être même qu’elle n’aurait pas été du tout.
Vous étiez capable d’émotion, cependant. Mais c’était une émotion purement esthétique. N’avez-vous pas peint de très beaux nus ? À celui qui vous avait demandé, comme une évidence, si vous effectuiez vos croquis à partir de clichés photographiques, vous aviez répondu, outré : « Mais enfin, je peins à partir de modèles vivants ! »
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