Une confession

de Bure · Chapitre 33 sur 83

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Une confession

Chapitre 36

Vous seriez auprès de moi, vous m’enverriez au confessionnal. J’ai commis l’un des pires péchés, le péché d’adultère. Vous l’avez bien pardonné à Althusser, mais c’était un homme. Venant de moi, quelle aurait été votre réaction ? Vous aurais-je déçu, ou bien amusé… ? Auriez-vous jugé ma faute moins grave que le fait de ne pas croire ? Que m’auriez-vous conseillé de faire, de dire, de taire ? Et vous aurais-je seulement écouté ?

Vous m’aviez étrangement hissée sur un piédestal. J’étais femme, j’étais mère, j’incarnais pour vous la Femme. En me confiant à vous, je serais retombée parmi les femmes.

Pourtant, j’ai la faiblesse de croire que vous ne m’auriez pas condamnée. Jamais vous ne m’avez jugée.

Je n’irai pas me confesser, bien sûr, vous le savez bien. Si vous insistez, je peux ressortir votre chapelet et réciter une trentaine de « Je vous salue, Marie ». Peu m’importe, du moment que je peux retourner dans son lit.

 

« Le saint demeure dans la tentation », écrivez-vous. Je ne suis pas une sainte. Je suis faible. Je suis incapable de faire ce « sacrifice » que vous définissez ainsi : « Faire sacré ce à quoi on renonce. »

Et puis, il n’a pas une tête de sacré.

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