Une confession

de Bure · Chapitre 51 sur 83

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Une confession

Chapitre 54

On ne peut pas se passer l’un de l’autre. C’est une drogue, une dépendance, une souffrance. Les gens sentent-ils ce courant qui passe entre nous ? Quand on est ensemble, toute autre présence est une interférence. Il nous faut lutter contre nos mains aimantées que l’on maintient de force sur nos cuisses ou qu’on laisse pendre bêtement dans l’attente que l’autre tourne enfin le dos, juste un instant, le temps de se toucher, se rassurer, peau contre peau, oui je suis là, tu es toujours là.

« L’amour plénier, écrivez-vous, suppose que l’inachèvement de l’un, comme une clé bien faite, aura la forme exacte de l’inachèvement de l’autre. » Lui et moi sommes deux êtres inachevés. Deux insatisfaits, deux angoissés. À nous deux nous avons peur de tout. Du noir, du vide, de la foule, de l’avion, de l’échec, de l’orage, des virus, de vieillir, de mourir. De nous aussi, de notre histoire, où cela va-t-il nous mener ?

Nous sommes des vases communicants. Quand l’un est malheureux, il ne supporte pas le bonheur de l’autre et le lui fait payer. Nous nous déversons l’un dans l’autre, nous nourrissons de la détresse de l’autre qui nous renvoie si bien la nôtre.

Nous sommes perfectionnistes. Excessifs. Impatients. Égocentriques. Exigeants, avec les autres comme avec nous-mêmes. Nous voulons trop, toujours. De nous. Des autres. De l’autre.

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