Une confession
Dédicace
© Éditions Stock, 2009
978-2-234-06560-4
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À mon père, parti sur l’autre rive
À Erwan, l’enfant du puits
À Titien, né sept ans après
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La messe était belle. J’ai reconnu çà et là quelques personnalités, la plupart de vos confrères académiciens, bien sûr, des politiques, l’un de vos éditeurs aussi, celui à qui vous devez d’avoir rédigé peut-être le plus beau de vos livres, vos mémoires. Et pourtant, tout vous opposait, me disiez-vous. Il était votre contraire. Sans doute est-ce pour cette raison que lui seul a su vous conduire au fond de vous-même, lui votre envers, comme un miroir inversé qui vous a permis de tourner un moment le dos aux occupations présentes afin de remonter le temps.
La cérémonie fut sobre. Pas de grands discours. Dans cette chapelle des Invalides chère à votre cœur, monseigneur Lustiger a retracé une à une les quinze stations de votre Chemin de Croix, celui que vous aviez peint dix-huit années plus tôt. Combien de fois m’aviez-vous incitée à aller le voir. Je l’ai vu aujourd’hui, pour la première fois, les yeux humides. Je ne regrette pas d’avoir attendu, je ne l’aurais pas regardé avec autant d’émotion si j’y étais allée avant.
Après la messe, en présence de madame Bernadette Chirac, on vous rendit les honneurs dans la cour des Invalides. La pluie s’était affaiblie. Nous étions parqués entre des barrières de métal : la famille, peu nombreuse ; les académiciens ; les politiques ; et les autres, les anonymes. J’étais parmi les anonymes.
J’échangeai quelques mots avec Gonzague que je n’avais pas revu depuis longtemps, saluai Bernard Billaud, visiblement très ému, et je m’éclipsai.
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