Une confession

de Bure · Chapitre 82 sur 83

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Une confession

Chapitre 86

« Allons ! Au revoir, Véronique, revenez me voir… »

Ainsi terminiez-vous la plupart de nos entretiens.

Parfois, il me semble vous entendre frapper la Terre de votre canne céleste. Que tentez-vous donc de défendre encore auprès du bon Dieu, des anges, de saint Pierre ou de saint Paul ?

Plaidez-vous la cause de Louis, l’ami de toujours ?

Avez-vous retrouvé Bergson ? Êtes-vous devenu l’intime de Pascal ? Et de Teilhard de Chardin ?

Avez-vous enfin rencontré Proust ?

Et qu’est devenue Colette, votre amour d’enfance, que vous aviez épousée aux douze coups de minuit, une douce nuit d’avril, dans votre septième année ?

Oui, bien sûr, je reviendrai vous voir. Mais là où vous êtes il n’y a plus ni jour ni nuit, ni passé ni futur, ni heures ni minutes qui s’étirent péniblement. Chaque seconde est éternelle. Là où vous êtes, le temps n’existe plus. Alors, avant de m’accueillir dans votre éternité, me permettez-vous de prendre encore un peu le mien ?…

– Comment ?

1 Trois noms pour une vie, Robert Laffont, 1988.

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