Une confession

de Bure · Chapitre 47 sur 83

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Une confession

Chapitre 50

Savez-vous qu’il se trouve très proche de vous ? Lorsque je lui raconte nos entretiens, vos paroles, votre peinture, il me dit : « C’est incroyable comme nous nous ressemblons. » Je lui ai raconté votre ictus amnésique, il y a vu une expression de sa folie. Quand il n’a plus sa tête, qu’il lui semble ne plus savoir qui il est, quand il a si peur de devenir fou. Il aime votre peinture que je lui ai montrée, votre rapport à la couleur que je lui ai expliqué. Dans ce que vous appeliez votre « insensibilité », il reconnaît la sienne. Et lui aussi avoue « un faible pour les jolies aristocrates »…

Lui est une sorte de Figaro, il plaisante de tout, même de nous, quand je fais un drame de tout. Il m’appelle « mon amour », puis éclate de rire. Le peu de mots d’amour qu’il m’offre s’en trouve gommé d’un coup, et c’est un drame. Vous ai-je déjà parlé de son rire ? Car c’est un autre trait qui, étonnamment, vous rapproche. Il partage avec vous ce petit rire sardonique, presque satanique. Quand il rit, il est le diable. Quand vous riiez, et Dieu sait que nous riions souvent tous les deux, alors que vous frappiez le sol de petits coups saccadés, je ne voyais plus votre canne de mortel, mais bien la fourche de l’ange déchu. Dans ces moments-là, j’avais une sensation étrange, celle que vous étiez un être double. Dualité ou duplicité ? Comment savoir ? Cela faisait partie de votre mystère.

Et lui ? Qui est-il vraiment ? Comment pourrais-je le savoir alors qu’il prétend l’ignorer lui-même ?

Lui aussi me trouve tyrannique, autoritaire. Il me voit comme une sorte de Janus. Une face d’ange, une face de démon. Il n’aime pas trop le démon, il préfère l’ange que je suis parfois, ou la diablesse que je sais être aussi.

« La femme est ambiguë, écrivez-vous, comme la vie qui est toujours double, plus haut et plus bas qu’on ne le croit. C’est pourquoi la femme habite mal dans la zone intermédiaire de l’honnête et du médiocre ; elle est sainte ou pécheresse, ange ou démon… Quoi qu’elle fasse, il faut qu’elle se voue dans le bien ou le mal. »

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