Une confession

de Bure · Chapitre 39 sur 83

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Une confession

Chapitre 42

Je voulais déjeuner avec lui. Il ne peut pas, il déjeune avec une autre. Nous nous retrouverons donc pour un café, vers 14 heures. J’enrage. Il l’aime bien, je le sais, il me l’a dit souvent. Il la trouve « intéressante », autrement dit bien pire que jolie. D’ailleurs, elle n’est pas très jolie. Je ne peux rien manger, ma gorge est serrée, ne laisse plus rien passer. L’image d’eux deux ensemble m’obsède. Je regarde passer les minutes lentement. Je ne tiens pas en place. Je me lève, tourne en rond, me rassois, attrape un livre, n’arrive pas à lire, le repose, me relève, me regarde dans la glace, me trouve moche.

À l’heure du café, je suis encore à la maison. Je ne peux pas croire qu’il en ait déjà terminé. Devoir rester assise seule à l’attendre serait une humiliation terrible. Je laisse passer un quart d’heure, une demi-heure, et j’arrive, affichant un air de nonchalance odieuse, avec une heure de retard. Il est fou. Il allait partir. Devant tout le monde, il m’inflige une leçon de savoir-vivre en bonne et due forme. Il m’attend depuis une heure. Il n’a pas déjeuné avec elle, il avait annulé.

C’est notre première dispute. Ma défense est pitoyable. Que va-t-il penser de moi, à présent ? Ai-je déjà tout gâché ? J’étais jalouse, c’est tout. Je ne peux pourtant pas le lui dire, ce serait déchoir.

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