Une confession
Chapitre 59
Aviez-vous perçu chez moi cette prétention qu’aujourd’hui je vous avoue, à vous qui cultiviez l’orgueil d’être modeste ? Ou bien l’admiration que je vous portais me permettait-elle de jouer mon rôle à la perfection ? N’étions-nous que deux comédiens, chacun soucieux de donner à l’autre une image qui lui agrée quitte à ce qu’elle fût fausse ? Mais n’est-ce pas le propre de la séduction ? Me trouviez-vous seulement intelligente, d’ailleurs ? Je pense que mon intellect vous était parfaitement égal. Vous vous préoccupiez peu de mon esprit, préférant vous soucier de mon âme. Seule vous importait cette communion de nos âmes que vous aviez ressentie dès ma première visite et qui vous ravissait, vous intriguait. Notre lien était irrationnel. Je ne vous ai jamais rien dit de ces douleurs qui m’agitaient pourtant déjà. De mes crises d’orgueil, de mon ego plusieurs fois blessé. Cela m’aurait paru déplacé. Et puis, dès que j’étais chez vous, je les oubliais. Votre seule présence apaisait mes démons.
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