Une confession

de Bure · Chapitre 2 sur 83

Pages du PDF

Une confession

Chapitre 3

J’avais vingt-huit ans.

Je n’avais rien lu de vous. Pas une ligne. Je savais à peine le propos de vos écrits.

L’on disait que vous étiez « le plus grand philosophe chrétien vivant ». Vous étiez l’intime d’un pape, un proche du général de Gaulle ; vous receviez des confidences aussi bien de Jacques Chirac que de François Mitterrand ; vous entreteniez d’étroits liens d’amitié avec l’impératrice du Japon et le roi des Belges. Voilà, c’est à peu près tout ce que je sais de vous à l’époque.

À Apostrophes, je vous avais regardé débattre avec maître Gisèle Halimi. L’œil malicieux, vous sembliez ravi de vous trouver aux prises avec cette femme brillante et jolie, assise tout près de vous et pourtant si loin de vous. Je vous écoutais, émerveillée.

C’est ce soir-là, indomptable et bondissant sur votre fauteuil, à côté d’un Bernard Pivot désespéré – exaspéré ? – qui ne parvenait plus à vous faire taire, que vous m’avez séduite.

OceanofPDF.com