Une confession

de Bure · Chapitre 49 sur 83

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Une confession

Chapitre 52

Je voudrais rester avec lui, toujours. Quand il me quitte, c’est un arrachement. Des lambeaux de ma chair restent accrochés à sa peau. Je voudrais entrer en lui, être tout entière aspirée au fond de lui, me blottir tel un fœtus dans son ventre, dans son cœur, dans sa tête. Je veux l’habiter jour et nuit. Que nous devenions indissociables. Une fusion totale. Ne plus exister qu’à l’abri de lui. Alors il me semble que je trouverais enfin la paix.

Lorsque je doute de mon existence, que je me sens éparpillée, je vais me réfugier en lui. Il me fait de ses bras un abri duquel mes petits carrés ne peuvent plus s’échapper. Il me limite, me redessine, et j’aime l’image qu’il me donne. Je retrouve des contours. Je peux de nouveau avancer. Il me fait exister. Je l’aime de cet amour dont vous disiez qu’il « consiste à faire que deux solitudes se protègent, se limitent et s’honorent ». Parfois, au téléphone, quand sa voix devient rauque et se fait très tendre, enveloppante, il me semble sentir ses bras autour de moi et je m’abandonne. Mes jambes ne me portent plus, je m’appuie au chambranle de la cheminée du salon, surmontée d’un trumeau qui me renvoie mon image. J’aime me regarder dans la glace quand je suis avec lui au téléphone. Je suis radieuse. Dieu que je m’aime quand il m’aime. Quand notre union compose la plus merveilleuse mosaïque, la plus douce et la plus flamboyante, celle où ses couleurs viennent se mêler aux miennes, à la fois complémentaires et si semblables. N’avez-vous pas écrit qu’il faut à chaque aurore un soleil pour éveiller les couleurs endormies ? Lorsque je quitte ses bras, les ténèbres s’emparent à nouveau de moi et j’attends la prochaine aurore.

Il est mon soleil. Il est ma cuirasse. J’ai froid quand il s’éloigne, et quand il me lâche, je m’effondre.

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