Une confession

de Bure · Chapitre 63 sur 83

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Une confession

Chapitre 66

Lui, je ne l’ai jamais vu en pyjama. Il ne m’a jamais invitée à converser auprès de lui sur son lit défait. Nous n’avons pas grignoté des Petits Cœurs ensemble en regardant la télévision. Laissons cela aux vieux couples. Nous sommes condamnés à l’intimité glacée d’une chambre d’hôtel. Je ne connaîtrai jamais sa maison, l’accès m’en est interdit. Il ne veut pas que ma présence hante à jamais ses murs. Les cloisons qu’il tente d’ériger entre ses deux vies sont déjà trop perméables, elles me laissent trop souvent passer, même lorsqu’il est seul avec elle. S’il se fabriquait des souvenirs de moi dans sa propre maison, cela deviendrait invivable. Un fauteuil, un canapé, le pas d’une porte même, s’imprègnent si facilement de la présence de l’autre. Alors nous abritons nos baisers dans le secret d’un habitacle de voiture, dans la pénombre d’un parking, d’une cage d’escalier, d’une salle de cinéma. C’est le lot des couples illégitimes.

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