Une confession

de Bure · Chapitre 23 sur 83

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Une confession

Chapitre 24

Il veut davantage, bien sûr. Il ne va pas se satisfaire de quelques baisers échangés, si passionnés fussent-ils. Lorsque nous sommes bien cachés, ses caresses se font plus précises. Nous n’avons pas le même vécu, lui et moi. Il a eu quantité d’amours illégitimes, pour lui les baisers ne sont que les prémices du péché. Alors que moi, je suis déjà en enfer.

J’ai trente-cinq ans et je n’ai pas évolué depuis mes seize ans. Je n’étais pas de celles qui couchaient, et cela me valait l’estime des garçons, surtout des plus coureurs. Pourquoi les années m’auraient-elles changée ? J’avais longtemps fait attendre celui qui deviendrait pourtant mon mari. C’était toujours ainsi que j’avais évalué le degré d’attachement de celui qui me convoitait. Je n’avais pas d’autre échelle de mesure. Alors lui aussi devrait attendre.

J’étais déjà affolée d’avoir embrassé un autre homme et frémi sous ses caresses. Quant à partager son lit, je ne parvenais pas à l’imaginer. C’était tout simplement hors de question. Et puis, de toute façon, où aller ? « Tu n’es pas le genre de fille qu’on emmène à l’hôtel », m’avait-il dit après notre premier baiser. J’avais confirmé, horrifiée. Des images floues d’hôtels de passe étaient soudain venues se superposer à ma vision idéaliste d’une relation presque platonique. Je croyais pouvoir encore être sauvée.

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