Une confession
Chapitre 19
J’ai eu très peur des embouteillages ce mardi. Il m’avait demandé de lui consacrer ma journée. Un jour entier avec lui, seule avec lui. Nous irions « à la campagne ». J’ignore ce qu’il a raconté à sa femme. De mon côté, je n’ai pas eu à mentir. Je n’ai rien dit, tout simplement. Une journée comme les autres, avec des rendez-vous, un déjeuner, je ne serais sans doute pas beaucoup à la maison… Il est venu me chercher. Je suis habillée de manière sage. Jupe et débardeur assortis, agnès b. tout de même. Je sais, cela ne vous dit rien.
Nous avons passé la journée à nous embrasser. C’était presque trop, il m’a fait peur : et s’il m’aimait trop ? s’il voulait trop de moi ? Sa fougue m’effraie un peu.
Au retour, dans la voiture, nous ne parlons pas. Il tient ma main. Sur le siège, je suis droite comme un i. J’ai peur. La circulation est dense et nous non plus n’avons pas de gyrophare. Et si l’on nous voyait ? Il y a tant de voitures, quelqu’un qui me reconnaîtrait, le hasard ne fait pas toujours bien les choses… Sa petite Polo ne m’inspire pas trop confiance. Et si le moteur chauffe, si nous tombons en panne ? Mon cerveau se met à bouillir. Déjà je cherche des solutions, des raisons plausibles à un retard inéluctable, à un retour dans la nuit. Comment justifier que je me trouve là, sur l’A6, en panne avec lui, à sept heures du soir ?
À l’approche de la porte d’Orléans, alors que nous sommes sauvés, nous ne retrouvons la parole que pour évoquer déjà notre future rupture. Il me le jure : « Je ne te ferai pas de chagrin. »
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