Le Sourire des Fées (2020)
Chapitre 52 – Annoncer la bonne nouvelle
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Annoncer la bonne nouvelle
Après ce moment aussi romantique qu’inattendu, là-haut, ils sont redescendus vaille que vaille, à petits pas mal assurés, mais avec des papillons dans le cœur, et Rose en soutien physique. Ils ont discuté du mariage. De comment ils voyaient cette journée, pour confronter leurs souhaits. Ils avaient les mêmes : en petit comité, avec les personnes les plus chères. Un mariage simple, sans chichis. Un joli projet qui allait donner du goût à l’été.
Rose a demandé à Antoine : « Pourquoi ? » Pourquoi se marier, alors qu’il n’en avait pas le désir jusque-là, et pourquoi maintenant ? Il a répondu que la maladie lui faisait porter un autre regard sur l’existence. Qu’elle lui montrait un nouvel ordre des priorités, un autre chemin : celui de l’urgence de vivre. Qu’il voulait aussi préparer l’après et lui apporter une certaine sécurité. Qu’il recherchait du sens dans ses actions, et que rien ne pourrait en avoir plus que d’officialiser leur amour et qu’elle porte son nom – si elle le voulait bien. Quant à la question du « maintenant », si vite… C’était tout simplement lié à sa santé. Il ne voulait pas attendre, ni des mois, ni que sa santé se dégrade. Il voulait l’épouser debout.
*
* *
Ils ont choisi la date : dernier week-end d’août. Les proches seraient revenus de vacances. Ils ont l’été pour organiser les festivités. Et le reste de la semaine pour se préparer à l’annoncer à Lou.
Le week-end suivant, au retour de l’internat, elle est accueillie par des visages plus souriants que d’ordinaire. Plus détendus. Rose et son père ont l’air étonnamment heureux. Si elle avait été optimiste ou naïve, elle aurait pensé que les médecins avaient trouvé un remède miracle et allaient sauver son père. Elle ne dit rien. Elle attend d’en savoir plus.
Quand elle constate que l’apéritif de ce vendredi soir est inauguré par l’ouverture d’une bouteille de champagne et que, ô magie, elle va y avoir droit puisque trois flûtes ont été disposées sur la table basse, elle est persuadée qu’ils ont quelque chose à lui annoncer. Elle attend toujours. Son père semble tout gêné. On dirait un enfant timide. Elle le trouve mignon, bien que presque ridicule.
– Lou, ma chérie. J’ai une grande nouvelle à t’annoncer.
– Sans rire ? Parce que ça ne se voit pas du tout, là… avec ce cérémonial et vos têtes… Sérieux, P’pa, t’es hyper prévisible…
Antoine feint d’être vexé. Sa fille s’attend-elle vraiment à ce qu’il va lui dire ?
– J’ai demandé la main de Rose…
L’expression datée provoque un sourire chez Lou. Hermance aurait aimé ces mots et être là pour voir ça, assurément.
– Et elle a dit oui ! finit l’ado, coiffant son père au poteau.
– Exactement ! confirme Antoine, un large sourire en travers du visage.
Il se tourne vers Rose, qui lui sourit. Le spectacle de ce bonheur conjugal fait chaud au cœur de Lou. Ils s’aiment tellement… Dire que les jours de leur amour sont limités… Parfois, Lou se dit qu’elle a mal compris. Comment pourraient-ils être aussi heureux en se sachant un jour prochain séparés ? Et pourquoi se marier, alors ? Lou ne comprend pas, mais choisit sa première réaction : elle est très contente pour eux. Elle se lève pour les embrasser chaleureusement et les féliciter. C’est une jolie nouvelle…
Son bonheur à elle serait complet s’ils la rendaient aussi complice des mauvaises nouvelles que des bonnes. Quand la vérité est positive, ils n’attendent pas longtemps pour l’exprimer. Mais pour le reste… elle leur en veut de la laisser, une fois encore, dans une demi-réalité, dans une apparence gris clair alors que le filtre de leurs jours à venir est plutôt anthracite. Il n’y a que le mariage pour apporter une touche de rose, de vieux rose un peu terne. Joli, mais discret. Une touche de rose dans un océan de gris.
Rose remplit les coupes, à moitié pour Lou. Ils trinquent au mariage, à ce beau projet qui les réjouit tous les trois. L’adolescente pose mille questions. La date, le lieu, les invités, la robe de Rose, le menu… Tout y passe. Les réponses sont évasives. Tout est encore à décider !
Rose va s’appeler Rose Dussac. Comme Antoine, comme Lou. C’est comme si elle faisait partie de la famille un peu plus. Du clan.
– Papou et Mima sont au courant ? demande Lou.
– Pas encore. Il n’y a que toi. Nous voulions que tu sois la première à l’apprendre, lui explique Rose, la main dans celle d’Antoine.
Lou sourit. Elle a au moins la primeur de la nouvelle. Pour une fois qu’elle se sent privilégiée et à la place qui lui revient…
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La nouvelle est accueillie dans la joie. Joie pour les deux amoureux, joie de se retrouver bientôt pour fêter ce moment tous ensemble… Peut-être, au fond des esprits, se cache-t-il un peu d’étonnement ou de tristesse, eu égard à ce mariage qui ne durera pas. Quelle chance Rose et Antoine auront-ils de célébrer leurs noces de cuir ?
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