Mon ami Leonard
Chapitre 19
Je dors la journée, je rêve encore d’alcool et de drogue. Parfois je me réveille avec la gueule de bois, parfois je me réveille avec un filet de sang qui s’écoule de mon nez, parfois je me réveille apeuré et tremblant.
Je lis, vais dans les musées et rends visite à Lilly les après-midi. Parfois je lui fais la lecture, parfois je lui parle, parfois je ne fais que m’asseoir et je me rappelle les moments, je me rappelle les moments, je me rappelle les moments.
Je sors le soir. Vais dans des bars avec mes amis. Je bois du cola, fume des cigarettes, joue au billard, parle, parfois je ne parle pas, je reste simplement assis à regarder. Je me mets à rire de plus en plus facilement, commence à me sentir plus à l’aise.
Quand les bars ferment, je marche, marche au hasard dans la ville déserte, marche parmi les immeubles, dans les parcs, le long du lac. Je m’assieds sur les bancs, le vent et le froid me font mal, m’engourdissent, je ne sens plus rien. La paix se trouve dans cette douleur tellement accablante qu’elle annihile toute sensation. C’est la seule paix que je connaisse.
Je rentre chez moi.
Dors.
Rêve.
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