Mon ami Leonard
Chapitre 2
J’appelle Leonard je lui ai dit que j’appellerai dès mon arrivée. Il veut déjeuner avec moi. Il me donne le nom d’un restaurant, me dit qu’il y sera mercredi à 13 heures.
On me dépose devant le restaurant. J’arrive avec quelques minutes d’avance. Je rentre le maître d’hôtel se tient juste devant la porte d’entrée. Je lui donne le nom de Leonard il me dit que Leonard n’est pas arrivé je peux l’attendre au bar. Je vais au bar, qui se trouve quelques mètres derrière lui. Je m’assieds sur un tabouret, regarde autour de moi. C’est plein de monde, bruyant, je suis le plus jeune client du restaurant, et le plus mal fagoté. La plupart des clients sont des hommes d’âge moyen en costume, les costumes sont gris, noirs ou bleu marine ils ont l’air de coûter cher. La plupart des hommes ont les cheveux impeccables parfaits tirés à quatre épingles, un bronzage léger, des ongles manucurés, ceux qui ne sont pas ainsi ont l’air soigneusement décoiffés, comme s’ils passaient toutes leurs matinées devant leur miroir pour s’assurer que leurs cheveux sont négligés comme il faut. Les murs sont couverts de caricatures sur lesquelles sont dessinés les gens célèbres, presque tous des hommes, qui sont des clients réguliers, certains sont des stars de cinéma, d’autres des athlètes, d’autres des réalisateurs célèbres et des producteurs. Je demande un bon cola bien frais et j’attends Leonard.
Il arrive cinq minutes plus tard il porte un costume, il est accompagné par Barracuda qui porte lui aussi un costume. Il me voit je me lève on s’étreint.
Bienvenue en Californie, mon fils.
Merci, Leonard.
On se sépare, je serre la main de Barracuda.
Bienvenue, fiston.
Merci, Barra.
Le maître d’hôtel nous conduit à une table. On s’assied dans un box contre un mur Leonard et Barracuda d’un côté, moi de l’autre. Leonard parle.
Te voilà arrivé au pays du soleil et des rêves. Tu vas soit adorer, soit détester, et tu vas soit réussir, soit échouer.
Il me tarde d’être fixé.
Adore, mon fils, et réussis. RÉUSSIS.
Qu’est-ce que tu fais ici ?
Je vois un nutritionniste.
Pourquoi ?
Parce que je veux vivre éternellement.
Je ris.
Sérieusement ?
Oui, sérieusement. Un régime étudié peut être la clef de l’immortalité. J’aimerais être immortel.
Je ris à nouveau.
C’est dingue, Leonard.
Barracuda parle.
C’est ce que je lui ai dit.
Leonard parle.
Chacun son truc.
Tu penses vraiment qu’un régime spécial te rendra immortel ?
Non, mais je crois que ça me permettra de tenir un peu plus longtemps.
Peut-être.
C’est sûr. Alors, maintenant je consulte un nutritionniste une fois par semaine, le mercredi, pour un avenir prévisible.
Je regarde Barracuda.
Tu l’accompagnes ?
Barracuda.
Putain, non. J’aime les cheeseburgers, les pizzas, les frites, les glaces, tout ce qui est bon. Je m’en fous que ça me tue, je les bouffe.
Je suis comme toi.
J’irai danser sur vos tombes, tournoyer et crier et chanter de joyeuses chansons pour pierres tombales.
Je ris, Barracuda parle.
Si je meurs, ça sera pas à cause d’un putain de régime.
On éclate de rire en chœur. Un serveur vient à notre table dit bonjour Leonard dit content de vous revoir, monsieur il nous donne le menu on commande. Je prends une côte de bœuf et des épinards à la crème, Barracuda prend un chateaubriand, des frites, des beignets à l’oignon, des tomates et des oignons et une salade au roquefort, Leonard demande une salade mélangée. Comme on attend les plats Leonard me pose des questions sur Liza je lui dis qu’il est trop tôt pour en parler. Il me demande où je vais vivre je lui dis que je vais vivre chez Liza. Il me demande quel boulot j’ai en vue je lui réponds que je vais peut-être faire des petits boulots dans la production tout en essayant de vendre le scénario. Il me dit qu’il a des amis à Hollywood qui pourraient m’aider si je le désirais, je lui dis que je veux y arriver par moi-même. Le serveur apporte des couteaux à viande pour Barracuda et moi, remplit nos verres. Comme il s’éloigne, un autre homme vient dans notre direction, Barracuda le repère prévient Leonard de sa présence. L’homme doit avoir la cinquantaine, mais il a l’air plus vieux. Il a des cheveux foncés et ondulés, qui ont l’air d’être teints, il est extrêmement maigre et extrêmement bronzé sa peau ressemble à du cuir. Il porte un costume, une montre étincelante, une bague au petit doigt. Barracuda regarde Leonard parle.
Il t’est toujours redevable ?
Leonard parle.
Oui.
Comment tu veux t’y prendre ?
Je ne veux pas avoir affaire à lui. Ce n’est ni le lieu ni le moment.
L’homme arrive à notre table il a l’air nerveux tremble légèrement il transpire il parle.
Bonjour, Leonard.
Leonard le regarde, parle.
Ce n’est pas le moment.
Il faut que je te parle.
Ce n’est pas le moment.
Je suis désolé pour les remboursements, je suis vraiment désolé, je n’oublierai plus…
Barracuda l’interrompt.
On est en train de manger. Tu ferais mieux de t’en aller.
L’homme continue. Leonard détourne le regard.
Je suis désolé, Leonard. Si tu pouvais seulement me donner…
Barracuda l’interrompt de nouveau.
Tu ferais mieux de t’en aller.
Les gens aux tables les plus proches se tournent, observent la scène, Leonard secoue la tête, l’homme continue.
Je t’en prie, Leonard, je t’en prie…
Je vois Barracuda attraper son couteau à viande l’homme ne le voit pas il regarde Leonard qui regarde ailleurs. BOUM. Barracuda plante le couteau dans la table et retire sa main. Le couteau est enfoncé dans la table il oscille un peu l’homme a l’air choqué. Barracuda se lève, se dresse de toute sa hauteur, le toise, parle.
Ce n’est pas le moment.
Autour de nous tout le monde s’est tu, tous nous observent, les yeux de l’homme sont grands ouverts et remplis de peur, il fait demi-tour et sort du restaurant. Barracuda se rassied, retire le couteau de la table, l’essuie sur sa serviette. Leonard parle.
C’est une vraie tête de con.
Barracuda parle.
T’as qu’un mot à dire.
Laisse tomber. Profitons de notre repas.
Barracuda glousse.
Un jour tu me laisseras bien le faire.
Nos plats arrivent on mange Leonard lorgne sur mon steak je lui en propose un peu il dit non. Une fois qu’on a fini on commande les desserts Barracuda prend un cheesecake je prends un sundae au caramel chaud Leonard prend une assiette de fruits. Après le dessert Leonard dit on se voit mercredi prochain ?
Je réponds on se voit mercredi prochain.
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