Mon ami Leonard
Chapitre 12
Cassius et moi rentrons à la maison rentrons dans notre petite maison dans la colline. Je passe mon temps devant l’ordinateur, il passe son temps devant la télé. On fait des promenades trois fois par jour, une fois dans la matinée, une fois dans l’après-midi, une fois le soir. Je prends la plupart de mes repas à la maison, je sors rarement avec mes amis. Je lis trois ou quatre heures avant d’aller me coucher.
J’ai une vie agréable, simple, pour la première fois de ma vie je suis heureux, tranquille, équilibré. Ma Fureur, qui a modelé la majeure partie des vingt-cinq premières années de ma vie, s’est évanouie, privée du carburant de la drogue et de l’alcool, elle s’est évanouie quand j’ai appris à ne pas me détester. D’un côté j’ai appris à rester humble devant la vie, cette belle vie. D’un autre côté je me sens incroyablement chanceux. J’attends en partie une occasion de tout foutre en l’air, d’une manière ou d’une autre, j’attends de prendre des décisions débiles qui la détruiront, j’attends qu’elle finisse. Je ressens en partie comme un vide sans Lilly, ce qu’elle et moi avions rêvé de vivre ensemble. Parfois je fais comme si elle était ici avec moi. Je parle à la chaise vide de l’autre côté de la table, j’enroule mes bras autour du néant et lui dis que je l’aime. Je lui dis je reviens vite quand je m’en vais, je lui dis je suis fatigué et j’ai envie d’aller me coucher à la fin d’une dure journée. Même sans elle j’ai tout ce dont j’ai besoin, ma petite maison, mon gros chien rigolo, mon argent gagné honnêtement, mon temps, mon temps à moi, mon temps précieux pour faire tout ce que j’ai envie de faire. J’ai des choses simples, une vie simple, tout ce dont j’ai besoin.
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