Mon ami Leonard
Chapitre 17
Le téléphone sonne je décroche.
Allô.
Mon fils, MON FILS, MON FILS !
Quoi de neuf, Leonard ?
Où est-ce que t’étais, bordel ?
Dans le coin.
Dans le coin mon cul. J’ai dû te laisser une dizaine de messages.
Je ne les ai pas écoutés. Tout va bien ?
Ouais, mais t’as manqué notre déjeuner.
Je ne savais pas que tu étais rentré, je ne savais pas qu’on devait déjeuner.
Parce que tu n’as pas écouté tes putains de messages.
Je ris.
Excuse-moi. Comment ça s’est passé sur la côte Est ?
Pas bien.
Ça fait chier.
J’ai décidé que j’allais faire cramer ce putain de golf. Brûler ce putain de terrain.
Vraiment ?
Non. Bordel, non. Mais je n’ai pas réussi et ça m’emmerde.
Je suis désolé.
Qu’est-ce que t’as fait ?
J’ai rencontré une fille.
Qui ?
Elle s’appelle Allison.
Joli nom. Comment tu l’as rencontrée ?
J’étais à la fac avec elle, je l’avais repérée, à l’époque. Elle est venue en vacances chez une de ses amies et on est tous allés au restaurant.
Et ?
Et on est allés au restaurant le lendemain, puis elle est restée chez moi pendant cinq jours, puis on est allés passer trois jours à Santa Barbara, puis elle est rentrée chez elle.
Mon fils, oh mon fils. On dirait que c’est du sérieux.
Peut-être.
Est-ce que t’es amoureux d’elle ?
Comme un fou.
Tu lui as dit ?
Non.
Pourquoi tu ne lui as pas dit ?
Je ne sais pas.
Pourquoi tu l’as laissée rentrer chez elle ?
Je ne sais pas.
Tu te sens prêt à vivre un truc comme ça ?
Je crois que oui.
Tu as suffisamment fait ton deuil de Lilly pour être avec quelqu’un d’autre ?
Je crois que oui.
Je crois que oui, ça ne va pas suffire. Si tu veux dire à Allison que tu l’aimes, il va falloir que tu en sois sûr.
Est-ce que j’ai dit que je voulais lui dire que je l’aimais ?
T’en es certain ?
Pourquoi t’as besoin de le savoir ?
Je n’ai pas besoin de le savoir, c’est toi qui en as besoin. Est-ce que t’es prêt à aimer quelqu’un, et est-ce que tu as confiance en elle ?
Ouais, je suis prêt, et ouais, j’ai confiance.
J’imagine que tu dois avoir le numéro d’Allison.
Ouais.
On va raccrocher. Tu vas l’appeler. Tu vas lui dire que tu l’aimes, que tu veux qu’elle emménage à Los Angeles, que tu ne peux pas vivre sans elle. Après on ira dîner.
Je ris.
Et si elle ne m’aime pas, ou si elle ne veut pas venir habiter ici.
Dans ce cas notre dîner sera minable.
Je ris de nouveau.
Maintenant, on raccroche, mon fils.
D’accord.
Et tu vas l’appeler.
D’accord.
Et après tu vas me rappeler et on verra ce qu’on fait pour le dîner.
Ça m’a l’air bien.
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