Mon ami Leonard
Chapitre 5
J’appelle le chiot Cassius. C’est un chiot malin il reconnaît son nom au bout de quelques jours. Je lui apprends à être propre en une semaine. Il s’assied, bouge, reste tranquille, se couche au bout de deux semaines. Il me suit partout, m’accompagne dans mon pick-up, dort dans mon lit.
Je vais dans des fêtes avec mes amis. On va dans des appartements dans les cours des immeubles dans des maisons sur les collines de Hollywood. Quand je rencontre des gens nouveaux la première question qu’en général on me pose c’est qu’est-ce que tu fais ? Je leur réponds que je suis un écrivain en herbe qui n’a pas de travail, ils comprennent que je ne peux les aider d’aucune manière, que je ne peux leur être utile d’aucune façon et s’en vont, en général.
J’envoie mon scénario partout à tous ceux que je rencontre que ça pourrait intéresser je les relance sans succès sans succès. Ça ne m’embête pas, ne me décourage pas d’entendre les gens me dire non. J’ai confiance en ce que je peux faire et je crois que, dans une certaine mesure, c’est comme à la loterie. Si je rencontre assez de gens et leur montre mon travail, tôt ou tard quelqu’un l’appréciera.
Je me remets à essayer d’écrire un livre je passe la majeure partie de mon temps à fixer l’écran vierge de l’ordinateur.
Jaylen et moi décidons de combler la troisième chambre de notre maison, on se dit que ce serait bien d’avoir quelqu’un pour partager les dépenses. Jaylen ramène dans la maison un vieil ami de Chicago, qui s’appelle Tommy. Tommy est Coréen, a grandi dans une petite ferme à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Chicago, son père et sa mère sont tous deux médecins. Tommy s’habille comme une racaille et parle comme une racaille, avec un fort accent des ghettos. Il veut devenir soit une star du rap, soit DJ ou réalisateur de clips de rap. Je lui demande s’il a déjà eu l’impression d’être un imposteur avec ses vêtements et son accent et il dit enculé, j’ai peut-être grandi à la campagne, mais mon cœur, sa mère, il vient de la rue. Je lui demande s’il s’est déjà battu, s’il a déjà été arrêté, s’il a possédé un flingue ou vendu de la drogue, il dit qu’il est naturel avec un style non violent.
Je vois Leonard le mercredi il ne cesse de mincir, d’avoir l’air en bonne forme.
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