Mon ami Leonard
san francisco
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Je prépare mon bordel il n’y a pas grand-chose. Je quitte Seattle dès que possible. Danny peut s’occuper de ce qu’il reste à faire sans moi.
Je descends vers le sud, traversant l’État de Washington, l’Oregon, la Californie du Nord. Bella m’accompagne, on s’arrête pour manger, acheter des cigarettes, boire des cafés, une promenade toutes les deux ou trois heures, une pause aux toilettes toutes les deux ou trois heures.
Je traverse le pont de la baie de San Francisco. Je dors chez une amie que j’ai connue à Paris, une femme appelée Colleen. Colleen a des cheveux noirs, des yeux noirs, porte toujours des vêtements noirs, ressemble à une star de cinéma des années 1940. Elle a sept ans de plus que moi, travaille dans une entreprise Internet la journée, fait de la peinture et du collage la nuit. À Paris elle faisait des chapeaux, des chaussures, des vêtements, travaillait dans une agence de publicité, et elle était ma seule amie à ne pas être tarée.
Je trouve sa maison, située dans l’une des vallées de San Francisco. Elle me serre dans ses bras, me fait un gros bisou, s’écrie James est à San Francisco, je suis tellement contente de te voir. Je ris la prends dans mes bras, lui fais un gros bisou. Je laisse mes affaires chez elle, elle veut m’emmener déjeuner je lui dis qu’il faut d’abord que j’aille quelque part, je lui donne l’adresse. On prend mon pick-up je prends Bella avec moi elle sera contente de voir Leonard il sera content de la voir. L’adresse se trouve de l’autre côté de la ville, Colleen connaît grosso modo le quartier. On monte et on descend les collines, on monte et on descend une colline. On est dans la bonne rue je regarde les numéros sur les portes. On est à deux blocs, un bloc. J’aperçois une Mercedes blanche garée contre le trottoir je ris. C’est une vieille Mercedes, des années 1950 ou 1960, une petite décapotable en parfait état. Colleen me demande pourquoi je ris je lui réponds par un sourire.
Je me gare. Je dis à Colleen qu’on va peut-être devoir reporter notre déjeuner, ou au moins changer d’endroit, je lui dis que j’en saurai plus dans une minute. Je sors de la voiture, Bella me suit.
On approche de la porte d’entrée. C’est une petite maison, de deux étages, une maison blanche avec des volets noirs. La pelouse est bien entretenue, il y a des parterres de fleurs des deux côtés de la porte d’entrée. C’est une belle maison, propre, c’est discret, il n’y a aucune raison de l’observer plus longtemps.
J’avance vers la porte, sonne. Je suis tout excité à l’idée de voir mon ami, mon vieil ami Leonard. J’attends que quelqu’un réponde, je sonne une seconde fois. J’attends, j’attends, personne ne vient ouvrir la porte. Je me demande si la sonnette est cassée. Je referme mon poing et frappe. J’attends, rien, frappe encore, rien. Je songe à laisser un mot, me ravise, je ne sais pas quelle est exactement sa situation. Bella et moi retournons à la voiture. Je ne suis pas déçu, je sais qu’il est là à cause de la Mercedes. Je reviendrai jusqu’à ce que quelqu’un réponde. Je reviendrai.
On va déjeuner. J’essaie de nouveau après le déjeuner, il n’y a personne dans la maison.
J’essaie encore avant le dîner, il n’y a personne dans la maison.
J’essaie encore après le dîner.
Personne dans la maison.
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