Mon ami Leonard

James Frey · Chapitre 40 sur 97

Pages du PDF

Mon ami Leonard

Chapitre 41

 

Le printemps succède à l’hiver.

J’écris un autre scénario. Je le trouve génial jusqu’à ce que je le montre à mes amis. Ils me font savoir qu’il n’est pas génial, qu’il est très loin d’être génial, qu’il faudrait le jeter.

Je rencontre une fille qui s’appelle Tanya au Local Option. Elle est petite, blonde, britannique. Elle a des yeux bleus qui brillent et elle aime rire. Quinze minutes après notre rencontre, elle me demande si je veux l’emmener chez moi. Je sais que je n’en serai jamais amoureux, alors je dis ouais. On passe une merveilleuse soirée ensemble.

J’achète un Matisse. Il en jette, accroché à mon mur.

Je fête le 1er Avril. Le jour des fous, le seul dans l’année où l’on se souvient qui on est les trois cent soixante-quatre autres. Poisson d’avril, enfoiré, poisson d’avril !

Je tombe sur Brooke dans la rue. Elle fait des courses, je me promène. On bavarde trois ou quatre minutes et ça me fait mal pendant trois ou quatre jours.

Je sors tous les soirs avec mes amis. On va dans les bars on joue au billard, on va dans les clubs écouter de la musique, on va dans des fêtes ils boivent, on va manger au restaurant.

Je n’arrive toujours pas à dormir correctement après un an et demi putain je n’arrive toujours pas à dormir correctement. Je lis chaque nuit jusqu’à 4 ou 5 heures je lis jusqu’à ce que mes yeux se ferment jusqu’à ce que les grondements et les tremblements me bercent et me plongent dans le noir.

Je ramène Tanya chez moi encore et encore je la ramène chez moi. Elle ne veut rien de moi elle n’attend rien de moi c’est facile d’être avec elle aime rire et elle me fait rire. Je la ramène chez moi encore et encore.

L’été succède au printemps.

OceanofPDF.com