Mon ami Leonard

James Frey · Chapitre 95 sur 97

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Mon ami Leonard

Chapitre 11

 

C’est le matin je suis réveillé je suis tellement crevé j’ai du mal à me mouvoir. Je descends. Freddie a du café et des cigarettes. On boit le café et on fume les cigarettes et on pleure ensemble.

On nettoie la maison, on emballe les affaires de Leonard il n’y a pas grand-chose, quelques fringues, quelques livres d’art, quelques paires de pantoufles, on jette les fournitures médicales.

On déjeune. Je raconte à Freddie des anecdotes à propos de Leonard on rit entre deux larmes.

On nettoie la maison.

On dîne on rit entre deux larmes.

Je m’endors en pleurant.

Je me lève. Café et cigarettes. Freddie me donne le numéro de téléphone d’un avocat qui s’est occupé de la succession de Leonard. Leonard a demandé à Freddie de me donner le numéro une fois qu’il serait parti. J’appelle l’avocat prends rendez-vous dans l’après-midi. Je vais voir l’avocat, il ne s’agit pas d’Andrew, l’avocat, mais d’un avocat pour les successions. Il a un bureau en chêne, des murs recouverts de chêne, porte un costume gris, a un assistant grisonnant qui m’appelle M. Frey. Il me dit que Leonard a fait deux testaments. L’un d’eux, qui est pour moi, me laisse une coquette somme d’argent. Je lui dis que je n’en veux pas, que je veux la donner à la clinique où on s’est connus. Il me dit qu’il y a assez d’argent pour que je n’aie plus jamais besoin de travailler, plus jamais à me soucier d’argent. Je lui dis que je n’en veux pas, que j’aimerais qu’il fasse tout ce qui est en son pouvoir pour que l’argent revienne à la clinique où on s’est connus. Il hoche la tête me dit que l’autre testament fait en sorte que deux tombes à Chicago soient toujours entretenues et qu’elles soient toujours décorées avec des roses fraîches. Je lui demande pendant combien de temps cela va durer. Il regarde quelques papiers, me regarde à nouveau dit les instructions stipulent qu’il y a une somme d’argent placée afin que les tombes soient entretenues tant que la ville de Chicago existera. Je me remets à pleurer. Je reste assis dans le bureau de l’avocat à pleurer.

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