Mon ami Leonard

James Frey · Chapitre 28 sur 97

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Mon ami Leonard

Chapitre 28

 

Tandis que je compose le numéro mon cœur bat la chamade mes mains tremblent. Première sonnerie, deuxième sonnerie je pense à raccrocher. Elle répond.

Allô ?

Salut.

Qui est-ce ?

Tu sais bien qui c’est.

Non.

Si.

Il est 8 heures du matin.

Et alors.

Pourquoi est-ce que tu appelles si tôt ?

Tu dormais ?

Non, en fait. Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ?

Tu aimes le base-ball ?

C’est pas une question qui occupe mes pensées.

T’as déjà vu un match ?

Non.

T’as envie d’en voir un ?

Quand ?

Demain.

À quelle heure ?

À 13 heures.

Cubs ou White Sox ?

Cubs.

Laisse-moi vérifier sur mon agenda.

Je ris.

Pourquoi tu ris ?

File-moi plutôt ton adresse.

Il y a un silence. Mon cœur continue de battre la chamade, mes doigts continuent de trembler.

65 East Scott.

Quel est le numéro de l’appartement ?

Il y a un gardien. Il m’appellera quand tu seras arrivé.

J’y serai à midi.

Je raccroche. Je souris. Mon cœur bat la chamade mes mains tremblent, mais pas parce que je suis nerveux, plus maintenant. Je me lève décris un cercle en marchant souris décris un cercle en marchant. J’éprouve autre chose que le chagrin et un sentiment de perte, de la confusion et de l’incertitude. Je sens une pulsion que je n’ai pas à combattre, qui ne fait pas partie de l’horreur de mon ancienne vie, qui ne va pas me tuer si je lui cède. Je sens, quelque chose de plus, je sens. Je décris un cercle en marchant.

Je prends une douche souris sous la douche. Je passe le restant de la journée à me promener en souriant, m’assieds dans un parc près du lac en souriant, je mange un énorme banana split dans l’après-midi je ne suis pas rassasié j’en mange un deuxième en souriant. Je ne fais rien, mais quand l’après-midi arrive, j’ai envie de dormir. Ne rien faire, c’est un sacré boulot et ça peut se révéler extrêmement fatigant. Je décide d’essayer et fais une sieste. Je n’arrive pas à me rappeler la dernière fois que j’ai fait une sieste. Si j’en suis capable, ça doit vouloir dire que mon corps est finalement en train de se rétablir, de devenir normal.

Je rentre chez moi m’allonge dors. Le sommeil vient facilement, profond complet sans rêves un sommeil de sieste. Il fait noir quand je me lève je me brosse les dents sors vais au bar voir si mes amis sont dans le coin ils se trouvent dans la salle du fond jouent au billard et picolent. Je vois Danny il se dirige vers moi.

Tu l’as appelée ?

Ouais.

Tu vas la voir ?

Je l’emmène à un match des Cubs demain.

Il rit.

J’y crois pas, putain.

Et si, putain.

Comment ça s’est passé ?

Je l’ai appelée et je lui ai demandé si elle voulait venir voir le match. En tout, ça a dû durer deux minutes. J’ai gardé mes distances parce que je sais que les filles dans son genre sont tout le temps sollicitées, et si tu ne gardes pas tes distances, tu ne les intéresses pas.

Qu’est-ce que tu sais d’elle ?

Je sais qu’elle s’appelle Brooke. Je sais que t’as grandi avec elle. Je sais qu’elle habite dans un quartier chic, et qu’elle n’a pas l’air d’avoir besoin de travailler. Je sais d’autres trucs, mais je ne suis pas certain que ce soit tes oignons.

Quoi par exemple ?

J’ai dit que j’étais pas certain que ce soit tes oignons.

Allez.

Je sais qu’elle est belle. Je sais que je me sens nerveux quand je suis près d’elle. Je sais qu’elle ressent la même chose que moi.

C’est plutôt des chouettes trucs à savoir.

Ouais.

Tu veux en savoir plus ?

Du genre ?

Elle vient d’une des familles les plus fortunées de Chicago, si ce n’est pas la plus fortunée.

Ça, j’en ai rien à foutre.

Elle est aussi du genre pas facile, et ne supportera pas les conneries.

J’ai pas l’intention de déconner.

En plus, elle est aussi très difficile.

C’est pas un problème, Danny. Je suis le meilleur parti de tout cet enfoiré de siècle.

Il rit de plus belle.

Si jamais tu dois rencontrer ses parents, j’espère que je serai là.

Pourquoi ?

Ils sont sympas, mais ils sont très conservateurs, ce sont des gens de vieille fortune. Ils vont sûrement se mettre à flipper si tu leur racontes quoi que ce soit à propos de ton passé.

Je ris, passe les deux heures suivantes à fumer des cigarettes, boire du cola, assis dans un coin, à regarder la table de billard, en parlant de temps à autre à l’un de mes amis. Je suis fatigué, m’en vais, songe à aller voir Lilly, rentre chez moi, décide d’essayer de dormir, j’ai besoin d’une putain de bonne nuit de sommeil. Ça vient facilement je ferme les yeux et sombre.

Je me lève tôt. Une douche avec du savon, mets des habits propres, prends un café, marche. Je vais vers la Gold Coast, le quartier le plus riche de Chicago. Il se trouve dans le North Side, devant le lac et juste au-dessus de Michigan Avenue et du quartier des boutiques. Les rues sont bordées de briques recouvertes de lierre, de grandes maisons en pierres grises et marron construites au tournant du e XX siècle par de riches industriels. Des berlines européennes sont garées le long des trottoirs, certaines avec leur chauffeur à l’intérieur. Les femmes avec enfants sont accompagnées de nourrice, les hommes sont vêtus de costumes sombres classiques et se promènent le journal à la main. Je vais et viens dans les rues, regardant les maisons, regardant le nom des rues, recherchant East Scott. Je la vois, elle est parallèle au lac, le pâté de maisons se trouvant derrière Lakeshore Drive. Par rapport au reste du quartier, l’immeuble de Brooke est neuf, construit dans les années 1960 ou 1970, vingt-cinq ou trente étages, de simples pierres blanches avec de grandes fenêtres.

J’entre dans le hall. Un homme qui a la cinquantaine avec un manteau et une cravate se tient derrière un comptoir d’accueil. Il lève les yeux, parle.

L’entrée de service est de l’autre côté.

Je ne suis pas là pour travailler.

Puis-je vous être utile ?

Je lui donne le nom de Brooke, il me demande comment je m’appelle, décroche le téléphone et fait un numéro. Il parle dans le téléphone, raccroche, me dit qu’elle sera là dans une minute. Je le remercie, sors, allume une cigarette. Je suis nerveux, j’ai peur. Je n’ai jamais eu de rencard à jeun. À part avec Lilly, je n’ai jamais été avec une fille en étant à jeun. Le temps que j’ai passé avec elle s’est déroulé dans une institution où nous étions en sécurité, où nous étions protégés des tentations et des cauchemars du monde extérieur, où nous pouvions faire semblant d’être normaux, où nous pouvions rêver que nous avions un avenir. Tout est différent aujourd’hui, c’est différent parce que Lilly est partie, parce que je suis seul, parce que Brooke et moi ne nous connaissons pas, parce que je suis fragile, parce qu’on peut me faire du mal. La nicotine ne réduit ni ma nervosité ni ma peur. Elle ne me rend pas invincible. Elle me permet de m’occuper en attendant que Brooke descende.

J’entends la porte s’ouvrir derrière moi. Je fais demi-tour. Elle vient vers moi elle porte un jean, des baskets, un pull, elle est souriante elle parle.

Salut.

Salut.

Je jette ma cigarette, l’écrase. Nerveux.

T’es prête ?

Oui.

Tu préfères marcher ou prendre le métro ?

On a le temps d’y aller à pied ?

Sûrement.

Marchons.

On se met à marcher, on parle en marchant, les conneries qu’on se raconte lors des premiers rencards. Comme on se rapproche du stade, les rues deviennent de plus en plus bondées. On n’a pas de billets, alors je me mets à chercher des revendeurs. Je vois trois types dans un coin qui font semblant de s’affairer. Je m’approche d’eux leur demande s’ils ont des billets l’un d’eux me demande si je suis flic je dis non il me donne le prix. Je lui tends de l’argent il me donne des billets.

Brooke et moi entrons dans le stade. Je lui propose de lui acheter des babioles, un chapeau, un T-shirt, peut-être qu’elle aimerait une batte miniature, elle se moque de moi. On trouve nos places, elles sont situées en haut des gradins le long de la ligne de la troisième base. On s’installe je lui demande si elle connaît les règles elle sourit dit je n’ai jamais vu de match, mais je ne suis pas complètement conne.

L’hymne national retentit, le match commence. Une minute plus tard, un vendeur de bières remonte notre allée.

Tu veux une bière ?

Tu viens pas de sortir de cure de désintoxication ?

Je viens pas juste de sortir, mais ça fait pas très longtemps.

Ça ne va pas te mettre mal à l’aise ?

J’en prendrai pas, mais si t’en veux une, n’hésite pas. La bière, ça fait partie de la grande tradition du base-ball américain.

D’accord, j’en prends une.

Je fais signe au vendeur, le paye, tends la bière à Brooke, elle avale une gorgée.

C’est comment ?

Bon. Merci.

Bien.

Est-ce que ça te dérange si je te pose une question ?

Demande-moi tout ce que tu veux.

Pourquoi t’étais là-bas ?

Alcool et cocaïne.

Tu es alcoolique ?

Ouais, je suis alcoolique et je suis toxicomane. J’ai aussi un casier.

Un casier, pour quoi ?

Trafic de stupéfiants, deux conduites en état d’ivresse, vandalisme, deux voies de faits, toutes sortes de trucs à la con.

Je suis désolée.

T’as pas à être désolée. Ce n’est pas ta faute, ce n’est la faute de personne, à part la mienne.

Combien de temps es-tu resté là-bas ?

En désintox ?

T’as été ailleurs ?

J’ai été en prison après la cure.

Combien de temps es-tu resté à la clinique ?

Quelques mois.

Combien de temps es-tu resté en prison ?

Quelques mois.

Qu’est-ce qui était pire ?

La clinique, c’était pire mais c’était aussi mieux. Mon corps était en vrac à cause de l’excès d’alcool et de drogue, j’ai été malade pendant un bail, j’ai morflé, putain, un vrai cauchemar. Quand j’ai commencé à me sentir mieux, j’ai dû choisir entre rester en vie ou non, et c’est une décision difficile parce que ça voulait dire en finir avec pas mal de saloperies assez horribles. Après avoir fait mon choix, j’ai rencontré une petite bande de gens chouettes, j’ai commencé à aller un peu mieux, c’était assez incroyable. La prison, c’était chiant et ça me foutait les jetons, mais surtout c’est une putain de perte de temps.

Comment tu te sens maintenant ?

En ce moment je me sens bien, et en général ça va, mais tout ça est relatif. Par rapport aux gens normaux je suis une loque, vachement perturbé, vachement déglingué.

Elle rit.

Au moins tu ne racontes pas de craques.

Si on devient amis, tu finiras bien par le savoir un jour ou l’autre.

Elle sourit.

Si ?

Je souris.

Si.

Dès que le match commence le temps se met à tourner. De gros nuages noirs arrivent sur nos têtes, on entend au loin le grondement sourd de l’orage. La température chute de trois degrés, de cinq degrés. Le soleil s’en va, le vent revient. Je regarde Brooke.

Tu crois que ça va aller ?

Ici, c’est n’importe quoi, la météo. Il pourrait faire soleil dans quinze minutes, ou bien se mettre à neiger.

Tu veux tenter le coup, ou tu préfères qu’on s’en aille ?

Le match vient de commencer. Tentons le coup.

On reste, mais je ne fais pas très attention au match. Je lui pose des questions sur sa famille, elle a une sœur aînée, une sœur cadette, elle s’entend bien avec les deux, ses parents sont heureux ensemble. Je lui demande où elle a fait ses études elle me dit qu’elle est allée dans une petite fac privée. Je lui demande ce qu’elle a étudié elle dit la psychologie, je lui demande ce qu’elle veut faire elle dit qu’elle ne sait pas, qu’elle essaie de trouver.

Il se met à pleuvoir. Au bout de quinze minutes la pluie se mue en neige fondue. Nous sommes sous l’auvent en haut des tribunes, donc on reste au sec, mais il fait froid et je vois en observant ses bras que Brooke a la chair de poule. Je lui demande si elle veut partir elle dit essayons de tenir, dix minutes plus tard je lui redemande, je ne veux pas qu’elle se sente mal, elle dit essayons de tenir. Je lui repose la question lorsque le match est reporté et qu’une bâche est posée sur le terrain, elle sourit et dit, oui, je crois qu’on peut y aller maintenant.

On sort du stade, on commence à retourner vers le centre, à pied, on se fait tous les deux mouiller j’essaie de tenir le programme au-dessus de la tête de Brooke, ça ne change pas grand-chose. Je l’entraîne loin du stade loin des bars loin des gens elle demande où nous allons je dis dans un endroit que je connais.

On longe quelques blocs. On essaie de s’abriter sous des arbres ou des auvents afin de rester au sec. On va dans un petit bar. J’ai déjà été dans ce bar, c’est un troquet doté d’un billard. Je sais qu’on y sera au calme. Je sais qu’on y sera seuls.

On rentre il y a deux personnes au comptoir et les tables sont vides. Je demande à Brooke si elle veut boire un verre elle dit oui je lui prends une bière, je me prends un cola. On va dans la salle du fond où il y a le billard et quelques tabourets.

Je regarde Brooke, parle.

Tu veux faire une partie ?

Oui.

Tu sais jouer ?

Plus ou moins.

Tu veux que je t’apprenne ?

Tu peux me donner des conseils.

Je mets les billes dans le triangle, tends une queue à Brooke.

Tu veux casser ?

D’accord.

J’enlève le rack, lui donne la bille du joueur, recule. Elle se penche en avant, aligne la bille, tire, la bille du joueur éparpille les autres billes sur toute la table.

On dirait que t’as pas vraiment besoin de conseils.

Elle sourit.

On joue pendant une heure. Elle sirote lentement sa bière, je bois cinq colas. On fume tous les deux. Elle gagne deux parties, j’en gagne trois. On parle facilement, sans silences gênés, sans interruptions maladroites. Elle demande si j’ai souvent envie de boire ou de me droguer je lui réponds tout le temps. Elle me demande si c’est dur d’être dans un bar je lui dis je peux trouver de l’alcool partout, n’importe où, il y a des magasins de spiritueux à chaque coin de rue, être dans un bar, c’est comme être ailleurs. Elle me demande si c’est dur de ne pas boire, je lui dis que c’est abominable, que je passe beaucoup de mon temps à pleurer, que parfois j’ai envie de mourir. Elle me demande comment je m’en sors, je lui dis je garde à l’esprit qu’à un certain moment je vais me sentir mieux et que si je suis patient et que je m’accroche, ce moment viendra. Elle me demande ce que je veux faire de ma vie je lui dis que la plupart du temps j’ai du mal à passer la journée et que pour l’instant je ne m’en préoccupe pas vraiment. Elle me demande comment je gagne ma vie, je lui dis que je n’ai pas beaucoup d’argent, que je vivote en faisant des petits boulots à la con. Je m’ouvre à elle, je m’ouvre plus à elle qu’à presque tous les autres, mais il y a des choses qu’elle n’a pas besoin de savoir, et il y a des choses que je n’ai pas l’intention de lui dire.

On s’en va vers 17 heures. On prend un taxi pour aller chez elle. Je passe tout le trajet à me demander si je vais l’embrasser. Bien qu’on bavarde, je n’entends pas un mot, je n’ai pas la moindre idée de ce que je dis. Je me contente de la regarder en me demandant est-ce qu’elle va me laisser faire est-ce que j’essaie est-ce qu’elle va me laisser faire est-ce que j’essaie est-ce qu’elle va me laisser faire.

On arrive près de son immeuble, on sort du taxi.

Je peux te raccompagner à la porte ?

N’espère pas te faire inviter à entrer.

Qui a dit que je voulais être invité à entrer ?

Elle sourit.

Ouais, tu peux me raccompagner à la porte.

On entre dans l’immeuble, est-ce que j’essaie, on se dirige vers l’ascenseur, est-ce qu’elle va me laisser faire. Elle appuie sur le bouton de son étage, lève les yeux vers moi.

Merci de m’avoir emmenée voir le match.

Merci d’être venue.

Elle sourit, nous ne parlons plus, nous contentant d’échanger des regards gênés. L’ascenseur s’arrête, les portes s’ouvrent. On sort, on se dirige vers sa porte. Mon cœur se met à battre la chamade mes jambes sont lourdes je suis nerveux j’ai peur j’ai envie de l’embrasser je n’ai pas envie d’être éconduit je pense qu’elle me rendra mon baiser mais on ne sait jamais nerveux apeuré. On s’arrête devant sa porte. Elle parle.

C’est ici.

T’as une belle porte.

Elle regarde la porte. C’est une porte sans prétention, grise, avec un chiffre dessus. Elle me regarde à nouveau.

Je ne l’avais jamais remarqué.

Elle est belle. Elle me plaît.

Elle rit.

Merci pour cette chouette journée.

Nerveux.

Tout le plaisir était pour moi.

Apeuré.

On se voit bientôt ?

Mon cœur bat la chamade.

Ouais.

Elle tend la main, je la prends, l’attire contre moi, l’embrasse. C’est un baiser tout simple. Les lèvres entrouvertes, quelques secondes. Je m’écarte lentement, ouvre les yeux. Brooke a l’air surprise. Comme déstabilisée. Comme apeurée. Je souris.

Salut.

Je fais demi-tour, vais vers l’ascenseur, appuie sur le bouton la porte s’ouvre, je pénètre à l’intérieur, attends que la porte se referme. Je ne me retourne pas, ne regarde pas derrière moi, ne la cherche pas des yeux, je la laisse avec le baiser. La porte se referme, je me mets à sourire, prends une longue inspiration, expire. J’appuie sur le bouton l’ascenseur commence à descendre. Un flash me traverse, quelque chose qui ressemble au flash de la drogue, à un flash de plaisir, de sécurité, de joie, un flash d’espoir réalisé, un flash d’amour ou quelque chose qui pourrait être l’amour.

Je sors de l’ascenseur le sourire encore aux lèvres sors de l’immeuble le sourire toujours aux lèvres. Je descends la rue je pense à Lilly mon sourire s’évanouit. Quelque chose à l’intérieur me fait mal quelque chose entre la joie d’avancer et le chagrin de renoncer. Je vais chez un fleuriste dépense tous les sous que j’ai en poche en roses rouges en roses.

Je tombe à genoux. Dépose les fleurs devant moi.

Salut.

J’ai vu la fille dont je t’avais parlé.

Ça s’est bien passé avec elle.

Je ne me suis jamais senti bien depuis que tu es partie, mais aujourd’hui si, je me suis senti bien, j’ai fini par me sentir bien.

J’ai envie de la revoir.

J’ai besoin de voir ce qui va arriver.

Je ne viendrai plus aussi souvent dans le coin.

Tu me manques, et j’aimerais que tu sois là, et si tu étais là ça ne se produirait pas.

Je me mets à pleurer.

Tu m’as quitté.

Je pleure.

Tu m’as quitté.

Pleure.

Je ne viendrai plus aussi souvent dans le coin.

Pleure.

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