Atteindre l'excellence
A contrario
illimité d’apprentissage et d’absorption de puissance.
A CONTRARIO
Il n’est jamais sage de rejeter a priori l’intérêt qu’il y a à trouver un mentor
dans la vie. Sans lui, on perd un temps précieux à découvrir et à mettre en
forme ce que l’on a besoin de savoir. Mais parfois, on n’a pas le choix. Il ne
se présente personne avec le bon profil et on doit se débrouiller seul. Dans
ce cas, la nécessité étant mère de l’invention, on doit procéder à l’instar
d’un des plus grands personnages historiques parvenus seuls à la maîtrise :
Thomas Alva Edison (1847-1931).
Tout jeune déjà, Edison s’habitua à faire les choses par lui-même, faute
de meilleure solution. Sa famille était pauvre et, dès l’âge de douze ans, il
lui fallut gagner de l’argent pour aider ses parents. Il vendit des journaux
dans les trains et, pour ce travail, circula dans tout son Michigan natal ; tout
ce qu’il voyait l’intéressait énormément. Il voulait savoir comment les
choses fonctionnaient : machines, gadgets, tout ce qui avait des pièces
mobiles. Faute d’école et d’enseignants dans sa vie, il se replia sur les livres
et notamment tout ce qu’il pouvait trouver de scientifique. Il commença à se
livrer à ses propres expériences dans le sous-sol du domicile familial, et
apprit tout seul à démonter et à réparer les montres. À l’âge de quinze ans, il
devint apprenti télégraphiste et pour cela voyagea plusieurs années dans
tout le pays. N’ayant pas eu la chance de recevoir une éducation classique,
il ne rencontra personne susceptible de lui servir d’enseignant ou de mentor.
Par conséquent, dans toutes les villes où il séjournait, il fréquenta la
bibliothèque publique.
Un livre marqua un tournant de sa vie : Recherches expérimentales sur
l’électricité en deux volumes, de Michael Faraday. Ce livre fut pour Edison
ce que Le perfectionnement de l’entendement avait été pour Faraday. Il lui
procura une approche méthodique de la science, et un guide sur la façon
dont il pouvait étudier son thème favori : l’électricité. Il était capable de
suivre les expériences imaginées par le grand maître dans ce domaine et
d’intégrer également son approche philosophique de la science. Jusqu’à la
fin de sa vie, Faraday resta son modèle.
Grâce aux livres, aux expériences scientifiques et à un parcours
professionnel diversifié, Edison s’astreignit à une éducation méthodique
pendant une dizaine d’années jusqu’au jour où il devint inventeur. Le
succès de cette méthode était fondé sur le désir incessant d’apprendre tout
ce sur quoi il tombait, et sur son sens de l’autodiscipline. Il prit l’habitude
de surmonter son manque d’instruction structurée par sa détermination et sa
persévérance. Il travaillait plus que tout le monde. Comme c’était un
autodidacte complet et que son esprit n’avait pas été déformé par une école
de pensée, il abordait d’un œil neuf tous les problèmes auxquels il
s’attaquait. Il avait transformé en atout son manque de connaissances de
base.
Si vous êtes acculé à cette solution, vous devez suivre l’exemple
d’Edison en ne comptant absolument que sur vous-même. Dans des
circonstances semblables, c’est vous qui devenez votre propre mentor.
Faites flèche de tout bois, c’est-à-dire puisez vos connaissances à toutes les
sources possibles. Lisez davantage que ceux qui ont suivi un parcours
scolaire normal, cela vous servira toute votre vie. Dans la mesure du
possible, cherchez à appliquer vos connaissances de façon pratique, et
inventez des expériences. Trouvez-vous des mentors au second degré en la
personne de gens connus pouvant vous servir de modèles. Lisez leurs expériences et réfléchissez-y, inspirez-vous d’elles. Tentez de donner vie à
leurs idées, intégrez leurs messages. En tant qu’autodidacte, gardez un
regard pur, directement issu de vos propres expériences : cela vous
montrera le chemin de la maîtrise.
« Apprendre par l’exemple, c’est se soumettre à une autorité.
C’est faire confiance au maître, sans être capable de tout
analyser en détail. En observant le maître et en l’imitant, l’élève
absorbe les règles de l’art, “y compris celles qui ne sont pas
explicitement connues du maître lui-même”. »
MICHAEL POLANYI
OceanofPDF.com