Atteindre l'excellence

Greene Robert · Chapitre 35 sur 82

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Atteindre l'excellence

A contrario

illimité d’apprentissage et d’absorption de puissance.

 

A CONTRARIO

 

Il n’est jamais sage de rejeter a priori l’intérêt qu’il y a à trouver un mentor

dans la vie. Sans lui, on perd un temps précieux à découvrir et à mettre en

forme ce que l’on a besoin de savoir. Mais parfois, on n’a pas le choix. Il ne

se présente personne avec le bon profil et on doit se débrouiller seul. Dans

ce cas, la nécessité étant mère de l’invention, on doit procéder à l’instar

d’un des plus grands personnages historiques parvenus seuls à la maîtrise :

Thomas Alva Edison (1847-1931).

Tout jeune déjà, Edison s’habitua à faire les choses par lui-même, faute

de meilleure solution. Sa famille était pauvre et, dès l’âge de douze ans, il

lui fallut gagner de l’argent pour aider ses parents. Il vendit des journaux

dans les trains et, pour ce travail, circula dans tout son Michigan natal ; tout

ce qu’il voyait l’intéressait énormément. Il voulait savoir comment les

choses fonctionnaient : machines, gadgets, tout ce qui avait des pièces

mobiles. Faute d’école et d’enseignants dans sa vie, il se replia sur les livres

et notamment tout ce qu’il pouvait trouver de scientifique. Il commença à se

livrer à ses propres expériences dans le sous-sol du domicile familial, et

apprit tout seul à démonter et à réparer les montres. À l’âge de quinze ans, il

devint apprenti télégraphiste et pour cela voyagea plusieurs années dans

tout le pays. N’ayant pas eu la chance de recevoir une éducation classique,

il ne rencontra personne susceptible de lui servir d’enseignant ou de mentor.

Par conséquent, dans toutes les villes où il séjournait, il fréquenta la

bibliothèque publique.

Un livre marqua un tournant de sa vie : Recherches expérimentales sur

l’électricité en deux volumes, de Michael Faraday. Ce livre fut pour Edison

ce que Le perfectionnement de l’entendement avait été pour Faraday. Il lui

procura une approche méthodique de la science, et un guide sur la façon

dont il pouvait étudier son thème favori : l’électricité. Il était capable de

suivre les expériences imaginées par le grand maître dans ce domaine et

d’intégrer également son approche philosophique de la science. Jusqu’à la

fin de sa vie, Faraday resta son modèle.

Grâce aux livres, aux expériences scientifiques et à un parcours

professionnel diversifié, Edison s’astreignit à une éducation méthodique

pendant une dizaine d’années jusqu’au jour où il devint inventeur. Le

succès de cette méthode était fondé sur le désir incessant d’apprendre tout

ce sur quoi il tombait, et sur son sens de l’autodiscipline. Il prit l’habitude

de surmonter son manque d’instruction structurée par sa détermination et sa

persévérance. Il travaillait plus que tout le monde. Comme c’était un

autodidacte complet et que son esprit n’avait pas été déformé par une école

de pensée, il abordait d’un œil neuf tous les problèmes auxquels il

s’attaquait. Il avait transformé en atout son manque de connaissances de

base.

Si vous êtes acculé à cette solution, vous devez suivre l’exemple

d’Edison en ne comptant absolument que sur vous-même. Dans des

circonstances semblables, c’est vous qui devenez votre propre mentor.

Faites flèche de tout bois, c’est-à-dire puisez vos connaissances à toutes les

sources possibles. Lisez davantage que ceux qui ont suivi un parcours

scolaire normal, cela vous servira toute votre vie. Dans la mesure du

possible, cherchez à appliquer vos connaissances de façon pratique, et

inventez des expériences. Trouvez-vous des mentors au second degré en la

personne de gens connus pouvant vous servir de modèles. Lisez leurs expériences et réfléchissez-y, inspirez-vous d’elles. Tentez de donner vie à

leurs idées, intégrez leurs messages. En tant qu’autodidacte, gardez un

regard pur, directement issu de vos propres expériences : cela vous

montrera le chemin de la maîtrise.

 

« Apprendre par l’exemple, c’est se soumettre à une autorité.

C’est faire confiance au maître, sans être capable de tout

analyser en détail. En observant le maître et en l’imitant, l’élève

absorbe les règles de l’art, “y compris celles qui ne sont pas

explicitement connues du maître lui-même”. »

MICHAEL POLANYI

 

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