Atteindre l'excellence

Greene Robert · Chapitre 53 sur 82

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Atteindre l'excellence

Généraliser d’emblée et ignorer les détails

réfléchissant de cette façon, les problèmes sont le plus souvent plus

complexes et globaux ; nous les simplifions en vertu de la règle selon

laquelle notre esprit est toujours à la recherche de raccourcis.

Chercher le « quoi » au lieu du « comment » signifie se focaliser sur la

structure : comment les parties s’organisent en un tout. Pour en revenir au

livre, peut-être n’arrive-t-il pas à sortir faute de plan, et probablement faute

de réflexion, les idées n’ayant pas été mûrement pesées. Ce qui se conçoit

mal s’énonce malaisément. L’analyse l’emporte sur la synthèse ; une fois

que l’on a conçu un plan clair, l’écriture suit. Dans l’exemple de

l’entreprise, il faut revoir l’organigramme, la façon dont les gens

communiquent, la rapidité et la souplesse de la transmission d’informations.

Si les salariés ne communiquent pas, s’ils ne sont pas au diapason, aucun

changement dans les produits ou le marketing n’améliorera les résultats.

Dans la nature, tout a une structure ; la façon dont les parties sont

réunies en un tout est en général souple et facile à définir. Notre esprit a une

tendance naturelle à disséquer les choses, à penser en termes de noms et

non de verbes. Si vous accordez davantage d’attention aux relations entre

les choses, vous percevrez mieux l’ensemble. C’est en étudiant la relation

entre électricité et magnétisme, et la relativité de leurs effets, que les

chercheurs ont révolutionné la pensée scientifique, ce qui a conduit de

Michael Faraday à Albert Einstein, et à l’élaboration de la théorie des

champs. La même révolution ne demande qu’à transformer notre pensée

quotidienne.

 

Généraliser d’emblée et ignorer les détails

Attention aux généralisations hâtives, souvent issues d’informations

insuffisantes. Nous nous précipitons pour nous faire une opinion conforme à nos préjugés, et nous n’accordons pas d’attention suffisante aux détails.

Pour combattre ce penchant, il nous faut changer d’échelle et passer du

macro au micro, c’est-à-dire insister sur les détails. Quand Darwin voulut

vérifier sa théorie, il consacra huit ans de sa vie à l’étude exclusive des

patelles. En étudiant à fond cet infime élément de la nature, il trouva la

confirmation sans équivoque de sa théorie générale.

Quand Léonard de Vinci envisagea un style radicalement nouveau de

peinture, plus vivant et affectif, il s’engagea dans une quête obsessionnelle

de détails. Il passa de longues heures à faire des expériences sur la façon

dont la lumière frappe différents volumes géométriques, pour tester la

manière dont la lumière modifie l’aspect des objets. Dans ses carnets de

notes, des centaines de pages sont dédiées à l’exploration des différentes

formes d’ombres, dans toutes les combinaisons possibles. Il accordait la

même attention au drapé d’une jupe, à la forme d’une coiffure, au plus

faible frémissement du visage humain. Quand nous étudions son œuvre,

nous n’avons pas conscience des efforts qu’il y a consacrés, mais nous

trouvons ses peintures merveilleusement vivantes, car il avait su saisir la

réalité.

En général, essayez d’approcher tout problème ou toute idée avec un

esprit plus ouvert. Que l’étude des détails guide votre pensée et façonne

votre théorie. Concevez la nature et le monde comme une sorte

d’hologramme dont chaque élément, le plus infime, révèle quelque chose de

fondamental concernant l’ensemble. En vous immergeant dans les détails,

vous combattez la tendance qu’a le cerveau à tout généraliser, et vous serrez

la réalité de plus près. Mais ne vous noyez pas, ne perdez pas de vue que

chacun d’eux est un reflet de l’ensemble et s’inscrit dans une idée plus

générale. C’est simplement l’autre face de la même médaille.