Atteindre l'excellence
Généraliser d’emblée et ignorer les détails
réfléchissant de cette façon, les problèmes sont le plus souvent plus
complexes et globaux ; nous les simplifions en vertu de la règle selon
laquelle notre esprit est toujours à la recherche de raccourcis.
Chercher le « quoi » au lieu du « comment » signifie se focaliser sur la
structure : comment les parties s’organisent en un tout. Pour en revenir au
livre, peut-être n’arrive-t-il pas à sortir faute de plan, et probablement faute
de réflexion, les idées n’ayant pas été mûrement pesées. Ce qui se conçoit
mal s’énonce malaisément. L’analyse l’emporte sur la synthèse ; une fois
que l’on a conçu un plan clair, l’écriture suit. Dans l’exemple de
l’entreprise, il faut revoir l’organigramme, la façon dont les gens
communiquent, la rapidité et la souplesse de la transmission d’informations.
Si les salariés ne communiquent pas, s’ils ne sont pas au diapason, aucun
changement dans les produits ou le marketing n’améliorera les résultats.
Dans la nature, tout a une structure ; la façon dont les parties sont
réunies en un tout est en général souple et facile à définir. Notre esprit a une
tendance naturelle à disséquer les choses, à penser en termes de noms et
non de verbes. Si vous accordez davantage d’attention aux relations entre
les choses, vous percevrez mieux l’ensemble. C’est en étudiant la relation
entre électricité et magnétisme, et la relativité de leurs effets, que les
chercheurs ont révolutionné la pensée scientifique, ce qui a conduit de
Michael Faraday à Albert Einstein, et à l’élaboration de la théorie des
champs. La même révolution ne demande qu’à transformer notre pensée
quotidienne.
Généraliser d’emblée et ignorer les détails
Attention aux généralisations hâtives, souvent issues d’informations
insuffisantes. Nous nous précipitons pour nous faire une opinion conforme à nos préjugés, et nous n’accordons pas d’attention suffisante aux détails.
Pour combattre ce penchant, il nous faut changer d’échelle et passer du
macro au micro, c’est-à-dire insister sur les détails. Quand Darwin voulut
vérifier sa théorie, il consacra huit ans de sa vie à l’étude exclusive des
patelles. En étudiant à fond cet infime élément de la nature, il trouva la
confirmation sans équivoque de sa théorie générale.
Quand Léonard de Vinci envisagea un style radicalement nouveau de
peinture, plus vivant et affectif, il s’engagea dans une quête obsessionnelle
de détails. Il passa de longues heures à faire des expériences sur la façon
dont la lumière frappe différents volumes géométriques, pour tester la
manière dont la lumière modifie l’aspect des objets. Dans ses carnets de
notes, des centaines de pages sont dédiées à l’exploration des différentes
formes d’ombres, dans toutes les combinaisons possibles. Il accordait la
même attention au drapé d’une jupe, à la forme d’une coiffure, au plus
faible frémissement du visage humain. Quand nous étudions son œuvre,
nous n’avons pas conscience des efforts qu’il y a consacrés, mais nous
trouvons ses peintures merveilleusement vivantes, car il avait su saisir la
réalité.
En général, essayez d’approcher tout problème ou toute idée avec un
esprit plus ouvert. Que l’étude des détails guide votre pensée et façonne
votre théorie. Concevez la nature et le monde comme une sorte
d’hologramme dont chaque élément, le plus infime, révèle quelque chose de
fondamental concernant l’ensemble. En vous immergeant dans les détails,
vous combattez la tendance qu’a le cerveau à tout généraliser, et vous serrez
la réalité de plus près. Mais ne vous noyez pas, ne perdez pas de vue que
chacun d’eux est un reflet de l’ensemble et s’inscrit dans une idée plus
générale. C’est simplement l’autre face de la même médaille.