Cible : Alex Cross (Thrillers) (French Edition)

James Patterson · Chapitre 19 sur 101

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Cible : Alex Cross (Thrillers) (French Edition)

Chapitre 18

— Donc il est comme Bree ? constata Ali.

J’acquiesçai :

— On dirait bien.

— Au fait, où est-elle passée ? s’enquit Damon.

 

18.

 

Lorsque Bree arriva à Takoma, un quartier à la limite nord de Washington, des véhicules du MPD bloquaient les extrémités d’Aspen Street entre la 7 et la 10 . e e

— Le FBI est là ? demanda-t-elle à un agent en faction.

— Pas encore, chef.

— Le Secret Service ? La police du Capitole ?

— Négatif. Par contre, le SWAT est en route. 1

Un groupe d’intervention serait en effet bien utile. Bree se glissa sous la rubalise jaune qui délimitait la zone puis, tout en restant courbée, se hâta vers une voiture de patrouille à l’abri de laquelle un homme et une femme se tenaient accroupis, arme au poing. Les vitres latérales avaient explosé. De même que le pare-brise. À quelques dizaines de mètres de là, au beau milieu de la rue, étaient abandonnés un Cadillac Escalade bleu nuit immatriculé en Californie, ainsi qu’un chasse-neige.

— C’est vous qui les avez stoppés pour une infraction routière ? demanda-t-elle aux policiers en les rejoignant.

— Oui, chef. Je suis Wiggins et voici Flaherty, répondit la femme, une blonde d’une trentaine d’années.

Flaherty rapporta que le central ne l’avait alerté des mandats à l’encontre de Romero qu’au bout de quelques minutes, le temps pour le caïd et ses comparses de devenir méfiants.

— Dès qu’ils m’ont vu descendre de voiture, un des types à l’arrière nous a canardés pendant que Romero mettait les gaz.

Les patrouilleurs les avaient poursuivis sur deux kilomètres, jusqu’à ce qu’un chasse-neige débouche dans Aspen Street, entre la 8 et la 9 . Comme e e ils ne pouvaient contourner l’engin, les gangsters avaient abandonné leur SUV sur la chaussée.

Ils étaient tous les trois munis de pistolets et de fusils semi-automatiques AR. Romero avait déchargé son arme sur le chasse-neige, détruisant le pare-brise et obligeant le conducteur à fuir, pendant qu’un autre ouvrait le feu sur le véhicule de patrouille. Puis ils avaient forcé la porte d’un pavillon jaune, côté nord de la rue.

— À quand remontent les derniers tirs ? demanda Bree.

— Il y a neuf minutes, répondit Wiggins. Des collègues surveillent l’arrière de la maison. Personne n’est sorti.

— Des otages ?

— Nous le pensons, confirma Flaherty. D’après les registres fonciers, toute une famille habite là. Matthew Sheridan, son épouse, Sienna, et leurs jumelles de huit ans, Emma et Kate.

C’est alors qu’une détonation retentit dans le pavillon.

Une femme se mit à hurler, puis les voix suraiguës de petites filles se joignirent à la sienne.

Bree contacta le central par radio, fit un rapport sur la situation, et réclama des renforts pour bloquer tout le secteur.

À peine avait-elle coupé la communication que son téléphone sonnait : c’était le chef de la police, Michaels.

— Comment ça se passe ? voulut-il savoir.

Elle lui expliqua qui était Romero et conclut :

— Il a menacé la sénatrice Walker il y a quinze jours à Oakland. Et le voilà à Washington, armé jusqu’aux dents avec deux membres de son gang.

— Vous pensez que c’est lui, l’assassin de Walker ?

— Lors d’un contrôle de routine à cinq mille kilomètres de chez eux, lui et ses hommes ont réagi avec violence, et maintenant ils ont pris des otages. Par ailleurs, on a une autre victime d’homicide à Georgetown, qui pourrait bien avoir un lien avec tout ça.

— Quel bordel ! s’exclama Michaels. Bon, de quoi avez-vous besoin ?

Se retournant, elle vit un gros fourgon noir du SWAT qui se garait.

— La cavalerie vient d’arriver, chef. Je vous tiens au courant de…

De nouveaux cris s’élevèrent dans le pavillon.

— Désolée, chef, faut que j’y aille, lança Bree.

Elle raccrocha et jeta un coup d’œil prudent par-dessus le capot de la voiture de patrouille.

Emma et Kate Sheridan, les jumelles, apparurent à la porte de la maison avec deux des gangsters dans leur dos. Le bas du visage dissimulé sous un foulard, ils en agrippaient chacun une par le col de sa chemise de nuit tout en pressant un pistolet contre son crâne, se servant des petites filles terrifiées comme de boucliers humains.

— On n’attend pas le SWAT ou un négociateur, aboya l’un d’eux. Dégagez vite fait ce chasse-neige ! Laissez-nous filer, sinon on bute tout le monde et ça sera un carnage !

— Non ! hurla une femme.

Bree regarda à nouveau et vit une brune en chaussettes, portant un pull

des Washington Redskins et un jean, sortir à son tour, le troisième 2

malfaiteur derrière elle. Bree reconnut Romero d’après la photographie que le central lui avait envoyée. Il appuyait un AK-47 contre la tête de Sienna Sheridan, qui sanglotait.

Il lui dit quelque chose.

— Ce n’est pas du bluff ! cria-t-elle. Il vient de tirer sur mon mari. Il va toutes nous tuer !

— Vous préférez que ça finisse comment ? vociféra-t-il, tandis que ses hommes descendaient les marches du perron avec les jumelles. Dans le calme ? Ou dans un putain de bain de sang ?