Cible : Alex Cross (Thrillers) (French Edition)

James Patterson · Chapitre 46 sur 101

Pages du PDF

Cible : Alex Cross (Thrillers) (French Edition)

Chapitre 49

— Ça ne pouvait pas attendre ?

Une expression compatissante plaquée sur le visage, la tueuse gonfla le brassard du tensiomètre.

— Je ne fais qu’obéir aux ordres du médecin.

Elle ausculta Jones avec un stéthoscope, puis vérifia sa pression artérielle.

— Ne me dites pas à quel point mes chiffres sont mauvais, grommela-t-il. De toute façon, on s’en fiche, puisque je serai sur le billard cet après-midi.

— Des gens survivent à une opération du cœur tous les jours, le rassura-t-elle tout en lui retirant le brassard.

— Il paraît. Où allez-vous me piquer maintenant ?

— Au bras gauche.

Sans protester, Jones ferma les yeux, ajusta le tuyau de perfusion au dos de sa main gauche, et exposa le creux de son coude. Après avoir entouré d’un garrot le biceps affaibli, Varjan chercha une veine.

Elle prit une aiguille, la fixa à un tube de prélèvement, puis…

— Hé, vous êtes qui, vous ? l’interpella soudain la femme dans le fauteuil.

 

49.

 

Varjan sursauta.

— Pardon. Je suis Terri Le Grand. La phlébotomiste. Et vous ?

— Eddie, la sœur, répondit l’autre, qui l’observait d’un œil critique. On lui a déjà pris du sang hier soir.

La tueuse la dévisagea.

— C’est normal de lui en prélever davantage avant l’opération.

Eddie fit la moue.

— Vous allez le vider avant même qu’il soit sur la table.

— Surprise ! soupira Jones, les paupières toujours closes. Ma chère sœur s’est encore levée du bon pied ce matin.

— Ces vampires te tirent beaucoup trop de sang, Arthur, insista celle-ci.

— Une partie est stockée pour l’intervention chirurgicale, rétorqua Varjan tout en glissant l’aiguille dans la veine. Ça va pincer un peu.

— Aïe ! s’écria Jones, les yeux brusquement ouverts. Vous m’avez fait mal !

Rouge d’embarras, Varjan s’excusa aussitôt :

— Je… je suis désolée. Cela ne m’arrive jamais.

— Ne vous gênez surtout pas, torturez-le, railla la mégère.

— Eddie ! intervint Jones, qui détourna son regard de Varjan. Arrête, s’il te plaît.

— Moi, pour ce que j’en dis, bougonna-t-elle en reniflant.

Varjan surveilla le tube bientôt plein et se prépara à le remplacer. Mais cette fois par le réservoir d’une seringue. Elle fixa l’embout à l’aiguille et appuya sur le piston. La seringue contenait une forte dose de propranolol, un médicament utilisé pour ralentir le rythme cardiaque et diminuer la tension artérielle.

Lorsque toute la dose fut injectée, Varjan tira le piston en arrière jusqu’à ce que le réservoir soit partiellement rempli de sang. Elle enleva ensuite l’aiguille et appliqua un tampon d’ouate sur la lésion, le maintenant en place avec du sparadrap.

— Et voilà, dit-elle, tout sourire. Ce n’était pas si terrible.

Eddie lui lança alors :

— Vous prenez votre pied à piquer les gens comme ça ?

— Ça suffit ! s’énerva Jones. Pourriez-vous demander à l’infirmière de téléphoner à Rebecca, ma femme ? Pour qu’elle vienne avant que ma frangine me rende dingue ?

Celle-ci afficha un air outragé.

— Hein ? J’ai dormi dans un fauteuil pour toi, Arthur !

Varjan ne savait que penser de la relation entre ces deux-là et s’en fichait pas mal.