Cible : Alex Cross (Thrillers) (French Edition)

James Patterson · Chapitre 40 sur 101

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Cible : Alex Cross (Thrillers) (French Edition)

Chapitre 42

Toutefois moins celui-ci en saurait, mieux ce serait. Étant donné la nature des nouveaux contrats qu’il lui avait confiés, elle se doutait bien que toute faille dans le plan modifierait leur accord ; par prudence, il la ferait éliminer dans un avenir très proche.

Une telle menace lui compliquerait trop les choses, elle ne pourrait pas la gérer tout en exécutant ses missions aussi vite que possible.

Non, décida Varjan tandis qu’elle dépassait la sortie pour la marina de Baltimore. Elle allait laisser son employeur dans le noir, achever le boulot, ramasser le fric et disparaître définitivement.

 

42.

 

Que mijotait donc Varjan ?

Cette question parmi d’autres tournait en rond dans ma tête quand je descendis du Uber qui m’avait ramené chez moi. Le soleil était couché. Dans le petit salon de devant, les lampes étaient allumées ainsi que le téléviseur à grand écran.

Je gravis les marches du perron, encore plein de gratitude envers le Sauveur. Dès que j’ouvris la porte, Bree cria :

— Alex ?

— Papa ! hurla Ali.

Ils déboulèrent tous en trombe dans le vestibule, Bree, Ali, Jannie, et même Nana Mama. Ma femme avait les larmes aux yeux.

— Oh, c’est si bon… que tu sois là ! balbutia-t-elle.

Je la pris dans mes bras, l’embrassai et chuchotai à son oreille :

— Je serai toujours là.

Elle me serra fort, puis s’écarta pour me laisser étreindre ma fille, mon benjamin et ma grand-mère.

— Aux infos, ils disent que c’est une tueuse à gages qui a fait exploser la bombe ! pépia Ali.

Jannie ajouta :

— Ils ont montré sa photo. Tu l’as vue, papa ?

— Non. Mais elle, elle nous a vus. Elle a téléphoné la première fois juste après notre entrée dans la chambre, donc on en a déduit qu’elle était en planque dans les environs au moment où elle a passé le deuxième appel pour déclencher la bombe.

Nana Mama porta la main sur son cœur.

— Grâce à Dieu, tu es sorti de là à temps !

— Oui, et je l’ai remercié mille fois depuis ! J’en ai encore les genoux qui flageolent.

Dans la cuisine nous attendait une soupière fumante. Ma grand-mère avait concocté un potage roboratif : poulet, céleri, oignons, basilic, ail et origan et tomates cerise coupées en deux. Elle avait aussi cuit deux grosses miches de pain aillé, dont les tranches étaient beurrées en couche généreuse.

Pendant que Jannie aidait Bree à verser la soupe dans des bols qu’Ali transportait jusqu’à la table, je ressentis un bonheur indicible. Ce qui n’était pourtant que routine, être en famille, s’apprêter à dîner ensemble, me donnait ce soir-là envie de pleurer de joie.

— Et sinon, papa ? demanda mon benjamin. Tu sais où elle est partie ? Varjan ?

D’ordinaire, je détournais la conversation des enquêtes en cours, mais puisque Ned Mahoney avait déjà vendu la mèche aux médias, je n’eus pas de scrupule à partager toutes mes informations sur Varjan : sa réputation de tueuse impitoyable, sa récente arrivée aux États-Unis sous le nom de Martina Rodoni, et notre conviction qu’elle se trouvait là pour éliminer quelqu’un d’autre que Ned et moi.

Nana nous rejoignit à table et nous récitâmes le bénédicité en nous tenant la main.

Ma grand-mère termina par ces paroles :

— Merci, mon Dieu, d’avoir sauvé la vie d’Alex ce matin au motel. Et continue de le protéger à l’avenir.

— Amen, fit tout le monde à l’unisson.

J’avais déjà avalé deux tranches du pain maison, vidé un bol du délicieux potage et m’en resservais un autre, lorsque Bree me demanda :

— Évidemment, il n’y avait aucun indice dans la chambre ? Enfin, à part les matériaux de la bombe.

Je commençai par faire non de la tête, avant de me souvenir d’un détail. Je sortis mon téléphone de ma poche.

— La seule chose qui a résisté à l’explosion, c’est une bible, et cela n’a peut-être aucun lien avec cette affaire, mais j’y ai découvert une liste de…

Je cherchai l’image puis tapotai dessus pour l’agrandir.

— Là.

Tournant l’écran vers eux, je leur montrai la liste en question :

 

Celes Chere

Élim. 2

Les Marston, idem

Gabriel, idem

Conker 3

 

— C’est Varjan qui l’a écrite ? fit Jannie avant de passer le téléphone à Nana. Ça correspond à quoi ?

— Aucune idée. Je l’ai trouvée dans la bible et j’ai pris une photo juste au cas où.

Ali retira l’appareil des mains de ma grand-mère, qui haussa les épaules.

— Quels sont ces noms ? demanda-t-elle.

Les yeux rivés à l’écran, Ali marmonna :

— Eh, on dirait… (Il me regarda, tout excité.) P’pa, c’est Kristina Varjan ! Pas de doute.

— Et comment le sais-tu ? le défia Jannie en fronçant les sourcils.

— Bon, d’abord, Conker. C’est un écureuil, genre déjanté. Il boit. Il fume. Il s’amuse à assommer les gens avec une poêle.

— Hein ? s’exclama ma grand-mère.

— Je parle d’un jeu vidéo, Nana, vraiment cool. Conker est le héros de Conker’s Bad Fur Day. Je t’assure, papa, vérifie.