Cible : Alex Cross (Thrillers) (French Edition)

James Patterson · Chapitre 82 sur 101

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Cible : Alex Cross (Thrillers) (French Edition)

Chapitre 87

Ce n’était pas une mauvaise idée. Je suggérerais à Bree de demander à ses contacts à Scotland Yard s’ils avaient réussi à tracer les comptes bancaires de Lawlor.

On frappa soudain à la porte. Dans mon oreillette, Carstensen maugréa :

— Qui se permet de nous déranger ?

Je me levai, entrebâillai la porte et découvris Keith Rawlins.

— Keith, je suis en…

— Prenez une pause. Votre souricière a fait une prise. Peut-être même deux.

 

87.

 

Lorsque je détachai enfin les yeux des écrans et données que me montrait le consultant du FBI, il était 5 h 21 du matin en ce dimanche 7 février, deux jours après les assassinats du président Hobbs et des autres personnalités politiques.

— Lancez la deuxième requête dont nous avons parlé, Keith. Je reviens tout de suite.

Je courus vers la cabine contiguë à la salle d’interrogatoire où Kasimov continuait de répondre aux questions de Ned. Je frappai un coup sec et glissai la tête par l’embrasure.

— Madame la directrice adjointe, vous devriez venir voir quelque chose. C’est urgent.

Bien qu’ennuyée par cette interruption au moment où le Russe était en train de détailler la façon dont il réglait les prestations de Lawlor, Carstensen sortit de la pièce.

— Alors, de quoi s’agit-il ?

— Il vaut mieux que Rawlins vous l’explique lui-même. Ça intéressera aussi Mahoney. Kasimov peut attendre quelques minutes.

Une fois dans le bureau de l’informaticien, ils se placèrent de sorte à observer par-dessus ses épaules les trois écrans en face de lui.

— Cet algorithme est l’idée de Mister Cross, commença-t-il. Il m’a demandé d’en concevoir un qui soit capable de trier les données récoltées par la NSA pour les appels et échanges de fichiers à l’international, en fonction de huit endroits spécifiques et dans certains créneaux horaires.

Il pianota sur le clavier. L’un des moniteurs afficha une carte satellite des États-Unis. Huit épingles vert fluorescent y brillaient. Rawlins zooma sur chacune d’elles à tour de rôle tandis que je les identifiais mentalement :

 

1. le lieu du meurtre de la sénatrice Walker à Georgetown

2. l’appartement dans le même quartier où l’on avait supprimé le tueur à gages Sean Lawlor

3. l’hôpital où était décédé l’ancien président pro tempore du Sénat deux jours auparavant

4. DC Arena où le président Hobbs et le ministre de la Défense avaient été pris pour cibles

5. la rue où s’était déroulé l’affrontement entre les membres du gang de Romero et Bree épaulée par le SWAT

6. le lodge dans l’ouest du Texas où le président de la Chambre et le ministre des Affaires étrangères avaient été assassinés, ainsi que, un peu au nord, le ranch incendié

7. la chambre de motel piégée par Kristina Varjan

8. la rue de Lower Manhattan où avait été abattue la ministre des Finances

 

— Le but, précisai-je, était de trouver d’éventuels points communs entre ces positions géographiques. Soit des numéros de téléphone, soit d’importants transferts de données vers un site spécifique.

— Et donc ? s’impatienta Carstensen.

Rawlins prit le relais :

— L’algorithme n’a rien relevé d’inhabituel pour le Texas, les environs du domicile de la sénatrice, DC Arena, le lieu de la fusillade avec le gang ou l’hôpital. Par contre…

L’informaticien joua du clavier et un fichier s’ouvrit sur un autre écran. Il pointa le doigt vers une suite de chiffres : 011 7 812 579 5207.

— Ce numéro de téléphone à l’indicatif étranger a été composé depuis l’immeuble où se trouvait Lawlor ou dans les parages, bien avant la découverte de son corps. Ainsi que via Skype depuis l’hôtel Mandarin Oriental, deux jours avant les assassinats, et enfin sur un portable à Lower Manhattan peu de temps après le meurtre d’Abbie Bowman.

— Le Mandarin Oriental ? répéta Carstensen. Kasimov nous balade. C’est lui le cerveau !

— À moins qu’un autre client ou un employé de l’hôtel ne soit impliqué, avançai-je.

Repensant au témoignage du Dr Winters, je voulais retourner interroger Kasimov au sujet des masques et du maquillage.

— Bon, mais c’est le numéro de qui ? intervint Ned.

— La ligne est située à Saint-Pétersbourg, en Russie. Pour l’instant, je n’en sais pas plus. Si les Russes acceptaient de coopérer un peu, ça simplifierait les choses.

— On peut toujours rêver, ricanai-je. Sinon, avez-vous lancé la deuxième recherche que j’ai suggérée ?

— Oui, mais je n’ai pas encore eu le temps de checker les résultats.

Il fit pivoter son siège et tapa des commandes.

— Je lui ai demandé de vérifier si ce numéro figurait dans des appels vers ou depuis les États-Unis au cours des dix derniers jours, expliquai-je à Ned et Carstensen.

— Bingo ! s’écria Rawlins. Visez-moi ça !

Cinq épingles bleues brillaient à présent sur la carte des États-Unis. L’une dans l’ouest du Texas, non loin du ranch incendié. Une autre à proximité du motel de Varjan à Gaithersburg, Maryland. La troisième aux abords de Lancaster, Pennsylvanie. La quatrième au sud de Washington, près de la I-95 à Ladysmith, Virginie. Et la cinquième non loin de la précédente, dans le hameau de Storck.